dimanche 26 octobre 2014

Lecture jeunesse en folie

Mardi, achat de 45 livres..... dimanche matin suivant, déjà tout ça de lu .....

 Il reste ........


Et en cours .......




A présent, bilan rapide de ces lectures (Les Orphelins Baudelaire bénéficieront d'un billet à part), en les classant par thèmes :

POLICIER
- Menaces dans la nuit de Marc VILLARD : Ce tout petit polar de la collection Mini Syros reprend les mêmes personnages Des Doigts rouges pour une nouvelle aventure d'effroi. Villard reprend les mêmes ingrédients : un petit garçon qui vit avec ses grands frère et soeur et tombe sur une affaire louche. Ces romans font dans les 36 pages, donc autant dire qu'il faut pour l'auteur vite faire entrer le lecteur dans l'intrigue, c'est assez réussi. Néanmoins je l'ai trouvé bien moins frappant que son précédent où le dénouement valait la peine.
- J'ai tué mon prof de Patrick MOSCONI : Gageons que celui-ci plaira aux élèves rien qu'à son titre. Pourtant j'ai été déçu de son contenu, l'intrigue policière est faible, en plus le dénouement est carrément hors de réalité. Dommage.
- Peur sur la ferme de Sophie DIEUAIDE : Panique à la ferme, des animaux sont atrocement assassinés, mais qui donc peut faire une chose pareille  ? Heureusement Rex, le chien (préféré) du fermier est bien décidé à démêler l'affaire. Alors là, on tombe sur du roman vraiment vraiment sympa : une histoire racontée par un chien en premier lieu, un chien de ferme qui plus est (et tout le monde sait que ce ne sont pas forcément les chiens les plus gâtés), rédigé à la première personne, en interaction avec des animaux de ferme plein de répondant. C'est rempli d'humour et l'intrigue "polar écologique" est bien menée. Bon j'avoue avoir trouvé le coupable dans les premières pages, mais c'est pour les enfants et je le leur conseillerai.

HISTOIRE
- Juillet 42, les enfants aussi de Claude IZNIER : Ce roman a valeur historique dans le sens où il raconte un épisode bien particulier de la Seconde Guerre Mondiale, à savoir la sordide affaire du Vél d'Hiv où plus de 12 000 juifs furent arrêtés à Paris pour être déportés ensuite.
 Le roman commence avec la vie de Dinah et Tauba qui vivent presque normalement en dépit des lois anti-juives sorties en masse : comme les autres petites filles, elles aiment sortir librement et aller au cinéma, même s'il faut porter cette maudite étoile jaune cousue sur ses vêtements. D'ailleurs pourquoi ne pas porter autre chose juste une fois pour aller voir le film dont on a tant envie ? Malgré le drame, l'histoire reste relativement positive, l'objectif n'est pas non plus de s'appesantir sur les conditions difficiles de vie mais avant tout de prendre une sorte de photographie mémoire de ce que pouvait être la vie à cette époque précise, lorsqu'on ne savait pas tout et qu'on reste deux petites filles qui ne comprennent pas bien ce qui se passe .... C'est très bien réussi, un bon roman en complément à l'étude de cette période.

CLASSIQUE
J'entends par classique les livres écrits par des auteurs connue dans l'univers de la jeunesse et très appréciés globalement, notamment ceux publiés par l'Ecole des Loisirs qui reste une référence en la matière.

- Le Chat assassin, le retour et Le Noël du chat assassin d'Anne FINE : Même si ces suites (et il y en a d'autres) ne valent pas le tout premier tome"Journal d'un chat assassin" ("C'est ça, c'est ça. Allez-y, pendez moi. J'ai tué un oiseau.  C'est que je suis un chat, moi.  En fait c'est mon boulot de rôder dans le jardin à la recherche de petites créatures qui peuvent à peine voleter  d'une haie à l'autre. Dites-moi, qu'est-ce que je suis sensé faire quant une petite boule de plumes se jette dans ma gueule ?"), ils restent dans la même tendance : le point de vue d'un chat tout ce qu'il y a de normal qui reste incompris par les membres de sa famille parce qu'il se laisse aller à ses travers de chat : comme jouer avec les boules de sapin, ou grimper sur ledit sapin à la recherche de la mignonne étoile tout en haut, ou encore grimper à un arbre mais ne plus savoir en redescendre .... Bref, le côté amusant des romans réside bel et bien dans la narration d'un chat qui a oublié d'être ennuyeux. C'est plein d'humour, cela fait sourire ou rire, les enfants adorent et ma foi les adultes aussi.

- Le bonheur est coincé dans la tête ; Supermoyen ; La liste des fournitures de Susie MORGENSTERN : Cette auteure est un peu à la littérature enfantine ce que GAVALDA est à celle d'adultes : c'est-à-dire qu'elle a parfaitement compris la psychologie des humains, en l'occurrence des enfants, et qu'elle sait mettre le doigt sur ce qui est important. Par exemple, l'histoire de cet enfant qui se sait moyen en tout et qui aimerait, mais aimerait tellement briller dans quelque chose, quel enfant ne l'a pas ressenti un jour ? (et j'oserais dire quel adulte ?) un encore cet autre qui se lève, la tête dans une humeur sombre mais sans savoir vraiment pourquoi, sans raison et qui du coup a bien du mal à trouver un sens à sa journée .... 
Des petits romans qui se lisent très bien et qui sont très proches des enfants, j'adhère !
D'ailleurs cela m'a donné d'exploiter quelques idées de réflexion avec mes élèves
"Pour s'améliorer, il faut changer. Donc, pour être parfait, il faut avoir changé souvent. (Winston Churchill).
Qu'est-ce que vous aimeriez changer en vous ?"
" Que désirez-vous le plus ardemment dans la vie ? La richesse, le savoir, la célébrité, l'admiration de votre entourage, l'amitié, l'amour, être à la mode, contribuer au bien-être de l'humanité, trouver une passion, nettoyer la planète ?"
- La rivière à l'envers Tomes 1 et 2 de Jean-Claude MOURLEVAT : Je ne présente plus cet auteur dont j'ai lu somme de livres, notamment Le combat d'hiver. N'en déplaire à ce qu'il m'a dit un jour ne jamais avoir écrit de la fantasy, j'aurais tendance à placer les quêtes de Tomek et d'Hannah dans ce thème-ci :  ces deux enfants qui, pour diverses raisons mais lesquelles vont les rapprocher, sont à la recherche d'une rivière qui coule à l'envers et dont son eau empêche de mourir. Lors de leurs voyages initiatiques, ils découvriront la Forêt de l'oubli, la Route du Ciel ou le Village des Parfumeurs et somme d'autres choses toutes plus fantastiques les unes que les autres. A la frontière entre le conte et la fantasy, ces deux livres se lisent très aisément, peut-être un peu plus difficilement par des élèves un peu frileux avec la lecture. Car il y a déjà un bon vocabulaire et une bonne structuration du récit, j'ai trouvé que cela avait un petit côté "Le pays où l'on n'arrive jamais" de André DHÔTEL ou encore "Le 35 mai" de Erich KÄSTNER pour le côté fantastique.

Il me reste La Balafre du même auteur mais je l'avais déjà lu il y a quelques années, je ne pense pas que j'y reviendrai, je me souviens que je l'avais trouvé fort bien.

CHEVAUX
- Black Beauty  de Anna SEWELL : Eh oui je ne l'avais jamais lu, juste tenté, en anglais il y a fort longtemps (et jamais dépassé d'une page !). Black Beauty reste un classique de la littérature du XIXè siècle, c'est-à-dire une littérature non consacrée spécifiquement à la jeunesse comme maintenant. Ce qui en fait au final un roman pas forcément accessible aux enfants de maintenant, en tout cas il faut déjà être un sacré bon lecteur pour l'aborder. Pour le reste que ce roman ait contribué à améliorer le sort des chevaux dans l'Angleterre victorienne, je veux bien le croire car même sachant que ces animaux n'ont pas toujours été traités justement depuis leur conquête on se rend compte à quel point à cette époque les conditions étaient dures à faire évoluer. Je pense d'ailleurs que le principal intérêt de ce roman réside dans son aspect historique, pour l'histoire en elle-même j'avoue que j'en attendais du mieux.4
Par contre je connais beaucoup de cavaliers qui rêveraient d'avoir un cheval aussi courageux, beau et rapide que ce Black Beauty !
- L'ïîe des Chevaux  de Eilis DILLON : Encore un roman qui me laisse dubitative .... face aux capacités de mes plus grands à parvenir à le lire, j'espère que je me trompe, cela dit c'est écrit "à partir de 11 ans" et pour une fois c'est réel (Quand on prend les Orphelins de Baudelaire donc la lecture est conseillée aussi à partir de 11 ans, je pense que cette série peut être abordée plus tôt si on aime lire). L'île des Chevaux est un très bon roman d'aventure, de légendes des années 60, écrit de manière très classique, mais je l'ai trouvé intelligemment construit et intéressant. Reste à savoir, comme Black Beauty, s'ils seront appréciés par des CM.
- A l'oreille d'Atlas de Charlotte BOUSQUET : En voilà au contraire des deux autres qui restera largement abordable (et pourtant, estampillé à partir de 11 ans lui aussi, comme quoi ...) Ce livre je l'avais repéré aux précédentes Imaginales mais sans me décider à l'acheter, il faut dire que des romans sur les chevaux j'en ai lus tellement que je suis devenue très difficile en la matière et que je rejette tout ce qui est niais. Or il y en a un sacré paquet ! 
A l'oreille d'Atlas n'en fait pas partie mais pour autant j'en ai gardé un petit arrière goût amer. Certes il est bien écrit, on sent que Charlotte Bousquet connait parfaitement les chevaux et a de solides requis en équitation éthologique, c'est une histoire charmante mais qui ne m'a pas transportée. En plus j'ai trouvé un peu dommage de mettre en parallèle l'histoire du cheval ombrageux qu'il faut réapprivoiser et celui du garçon en rejet de la société que tant qu'à faire on va remettre dans le droit chemin aussi. Par contre je suis certaine que mes élèves cavalières aimeront.
- 5 Histoires de chevaux (multi auteurs) : C'est étrange car j'étais sûre de ne pas aimer ce format de nouvelles moi qui n'aurais juré que par les anciens recueils : "15 histoires de chevaux". En fait si ce dernier consiste en des extraits de livres, 5 histoires de chevaux sont de réelles nouvelles et finalement cela se lit très bien. J'ai d'ailleurs été plus touchée par la toute courte nouvelle "Galop dans le noir" que par A l'oreille d'Atlas.
A souligner que dans ces nouvelles, il y en a une, très chouette, de SF où des terriens se retrouvent sur une planète inconnue habitée uniquement par des chevaux télépathes dont la robe change en fonction des humeurs, la fin fut très émouvante. Globalement c'est un bon petit recueil dont les récits ont été soignés, il en existe beaucoup d'autres (policier, moyen age, chiens etc ...), une bonne manière pour faire aborder le format "nouvelles" aux enfants.

Suite au prochain numéro ^^

vendredi 24 octobre 2014

Les Utos, c'est dans très bientôt !!!!

Cette année la quinzième édition des Utopiales à Nantes abordera le thème Intelligences sous quatre formes :

- Intelligences terriennes : Sur Terre, l'humanité a-t-elle l'apanage de l'intelligence ? Y-a-t-il un modèle d'intelligence non humaine et qui puisse être utilisée à des fins de survie de l'espèce ?
- Intelligences artificielles : Le thème de l'intelligence artificielle, qui s'inscrit dans la lignée de celui des robots, est l'un des plus profonds de la science-fiction. Le rapprochement du biologique et du cybernétique fera-t-il naître un monde meilleur ?
- Intelligences extraterrestres : Depuis les origines de la science-fiction s'est posée la question  du "premier contact" avec une intelligence extraterrestre. La science d'aujourd'hui  peut-elle faire sienne une telle hypothèse et réfléchir à ses conséquences ?
- Le cerveau humain : La science-fiction a souvent abordé le cerveau humain par le biais psychologique et identitaire, plutôt que par celui biologique : le cerveau reste une terra incognita d'une déroutante complexité. Qui suis-je ? Nombre de personnages de science-fiction se posent la question.

Questions qui seront débattues durant les tables rondes et conférences qui jalonnent les 5 jours de ce Festival.

Les Utopiales, dont l'affiche est signée Christ Foss, sait chaque année offrir surprises, découvertes et plaisirs : des débats donc, mais aussi des expositions
- Chriss Foss
- François Bourgeon
- La recherche et l'art
- Au coeur de la supra-activité
- Robots :  des films aux jouets
- Explornova 360 °

Des Prix littéraires : Le Prix Utopiale Européen,  Le Prix Utopiales Jeunesse, Le Prix Verlanger,dans oublier le Prix Planet SF des blogueurs.

Une bibliothèque immense qui nous rapproche du Paradis du livre avec plus de 25 000 ouvrages !

Et aussi mais surtout des auteurs que nous pouvons croiser ou rencontrer ou aborder pour faire signer une dédicace : ils sont ici ! Il y aura bien entendu Lionel Davoust, Pierre Bordage, Yann Ayerdhal entre nombreux autres ...

J'ai déjà jeté un coup d'oeil aux conférences susceptibles de m'intéresser, comme :
- L'avenir sera-t-il un combat entre l'intelligence humaine et l'intelligence artificielle ?
- Lire de la science-fiction nous rend-il plus intelligents ?
- La science-fiction nous aide-t-elle à mieux comprendre l'Histoire ?
- L'âge de raison : enfance, intelligence et pouvoir en science-fiction.
- Rencontre avec Christopher Priest
- Rencontre avec Philippe Ward et Sylvie Lainé
- Vivre en bonne intelligence : la terre, l'univers et le reste
- Existe-t-il des intelligences terrestres non-humaines ?

Bon évidemment, il est certain que je ne pourrai assister à toutes mais certaines me tentent terriblement.
Il faut dire qu'entre les expos, la librairie, les conférences sans oublier les papotages avec les blogopotes, on ne s'ennuie jamais et qu'il est impossible de tout faire !
Et aussi d'ajouter que les Utos ..... c'est toujours un moment extraordinaire !

En attendant, j'y serai du Vendredi matin au Samedi soir ...
Hâte !!!


mardi 21 octobre 2014

A l'école des livres c'est Noël avant l'heure ....


Mon taff c'est beaucoup de  mauvais moments comme le fait de se retrouver directrice contre son gré (mais mes gentils collègues disent que je m'en sors super bien, donc ....) ou subir des tas de tristesses ou agressions dans la figure (il faut dire qu'on a signé pour être aussi bouc émissaire ... dixit une de mes Conseillères péda, l'an dernier) ou encore se révolter contre des absurdités (mais le dire, cela peut faire du bien même si cela ne change rien ....)

Mais c'est aussi de supers moments qui compensent les moins bons : comme ces gamins debout derrière leurs chaises qui suivent la chorégraphie déjantée d'un maitre (mon super binôme assurant mon mi-temps classe lorsque je suis enfermée dans mon bureau dans mon nouveau métier) leur passant "happy birthday" sur You Tube (avec de charmantes créatures de DA, un grand moment si si !!! je me suis jointe à ce moment de folie EVIDEMMENT !) ou l'élève qui se réveille brutalement et trouve un sens à sa présence à l'école en étudiant "Une histoire à quatre voix" ...

Ou encore avoir comme super amie la personne qui travaille en BCD et qui vous propose de venir avec elle dépenser tout un budget en livres pour la fin d'année .... soit une somme dont on aimerait avoir en mains dans toute librairie pour craquer ....
J'avais déjà décidé l'an dernier de faire entrer la SFFF dans la BCD de mon école, parce que quoi, il faut bien hein ? Il y avait déjà Erik L'Homme avec la Trilogie Le livre des étoiles. Et Harry Potter (deux premiers tomes), Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire ( deux premiers tomes aussi) ainsi que Tara Duncan (premier tome mais on en restera là visiblement lol) sont arrivés joyeusement il y a quelques mois !

Alors maintenant place aux photos de notre folie livresque du jour : nous y avons passé presque 2 heures, un délice,mais aussi parce que  finalement il n'est pas si facile de choisir des livres qui conviennent à des enfants entre 9 et 11 ans et qui ne sont pas toujours des lecteurs enthousiastes. En fait entre l'enfant qui n'aime (ou n'ose pas se lancer) pas trop lire et celui qui dévore les Tara Duncan et les Oksa à la pelle (véridique j'en ai un cette année), il y a un monde qu'il faut s'efforcer de combler ...

Aussi à côté des SFFF, on trouvera un peu de policier, un peu d'histoires de chevaux (il manque d'ailleurs Flicka dans les prises de vues, mon amie l'a pris pour sa fille), un peu d'histoire (j'ai un élève féru d'histoire, tellement doué et savant dans le domaine qu'il a déjà piégé mon binôme, si si , d'ailleurs je songe à l'adopter, ihih ... l'enfant, pas le binôme !), un peu de lectures plus classiques, quelques albums, même deux mangas d'initiation .... Bref, suis plutôt contente de nos achats ..... reste à lire tout cela maintenant (ou tout du moins une bonne partie).

Petite anecdote avant de passer aux photos ...
Dialogue avec la vendeuse 
- Vous avez du Tara Duncan ? car je n'ai vu que le dernier tome en poche
- Tout est là, mais les premiers tomes sont dans cette édition-là .... l'auteur a beaucoup changé d'édition
- Ah oui ? peut-être a-t-elle tout tenté pour publier cette série qui est tout de même assez mauvaise ?
- Et il parait que l'auteure n'est pas très sympa ....
- Ah tiens .....

Résultats des courses, pas de tome 2 (le tome 1 est déjà à l'école) en poche, donc pas de Tara Duncan (dommage j'aurais bien voulu voir s'il était aussi faible que le premier ....)

Les albums

Des classiques et des petites histoires

Vive la SFFF avec un Charlotte Bousquet au milieu ^^

Un peu d'Histoire pour mon élève surdoué

Un peu de classique, parce que Roald Dahl, Susie Morgenstern et Anne Fine, c'est juste super bien

Un peu de Manga

Un peu de Mourlevat parce qu'il écrit formidablement

Un peu de Policier .. parce qu'il faut apprendre à tuer son prof !

Et la bonne nouvelle, c'est que nous y retournons après les vacances pour les enfants un peu plus jeunes ce coup-ci .. Vive Noël au mois d'Octobre !!!

dimanche 19 octobre 2014

Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworsky

"Au bout de dix heures de combat, quand j'ai vu la flotte du Chah flamber d'un bout à l'autre de l'horizon, je me suis dit "Benvenuto, mon fagot, t'as encore tiré tes os d'un rude merdier". Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d'écraser les escadres du Sublime Souverin de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passée. Je me gourais sévère ..."

Le moins que l'on puisse dire c'est que la quatrième de couverture annonçait joyeusement la couleur de ce qui allait être mon livre de chevet durant 10 jours .... 
"Je me gourais sévère" .... Benvenuto Gesufal pouvait bien le prédire maintenant que la victoire acquise, il allait falloir se partager le butin mais surtout intriguer pour ne jamais perdre la face, pour bien asseoir ses acquis et ses ambitions ..... Car Leonide Ducatore, tout fin stratège qu'il soit, est un sacré politicien véreux, manipulateur, n'hésitant aucunement au sacrifice pour parvenir à ses fins .... et comme le dit si finement Benvenuto, c'est son patron ..... et lui en sera le plus grand jouet afin d'assouvir ses désirs et buts.

Gagner la guerre c'est déjà un fort beau livre, magnifique (de ceux qui me confirment que jamais je ne passerai au numérique même si en parallèle avec de vrais livres) .... une couverture à tomber par terre (j'ai passé 10 jours à la contempler systématiquement avant d'ouvrir le livre, en plus un voilier quoi, je me pâme !!!), un livre fort lourd aussi (presque 1,2 kilos ! ce fut du grand art pour ne pas le faire tomber dans la baignoire celui-ci !) ....

C'est aussi un roman dont  on est happé dès les premières pages, non que dis-je, dès les premières lignes, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, si ce n'est qu'après avoir lu Janua Vera, je savais que j'aimais la façon d'écrire de Jaworsky. En réalité, ce fut juste un coup de coeur, j'ai dévoré d'un bout à la fin, complètement dedans, c'est bien écrit, c'est rythmé, on a la sensation de se tenir à côté de Benvenuto à chaque instant et de vivre intensément ce qu'il traverse. Une immense partie d'échecs dont les personnages sont des pions que l'on déplace de cases en cases selon les intrigues, j'ai même eu la sensation certaines fois de me trouver dans un jeu de rôle. J'ai vécu chaque combat, chaque fuite comme si cela se passait devant mes yeux, c'est vraiment très prenant et tellement bien écrit, tellement bien décrit qu'on le vit intensément.
J'ai encore un souvenir percutant de certaines scènes : comme la fuite de Benvenuto à travers les toits, ou alors le final incendiaire .... OMG quoi ! C'est du grand grand art !

L'autre point fort du roman, c'est le personnage en lui-même : Benvenuto Gesufal, donc, rédige son histoire à la première personne, c'est le type même du mauvais garçon : soudard, brutal, le langage fleuri, sans pitié, n'hésitant pas à étendre toute personne se mettant en travers de son chemin, même pour des raisons futiles (genre un excès de mauvaise humeur) ou culbuter le jupon au détour d'une rue .... Il ne montre ni émotion, ni sentiment .. en bref un beau salaud ...mais .... un salaud que j'ai adoré, Jaworsky réussit à nous faire aimer un mauvais personnage ! Il faut dire que chacun est manipulateur dans l'âme, chacun est pourri à sa façon, c'est brutal et cru. On a affaire à de vrais durs, qui n'épargnent pas le lecteur, on s'en prend plein les mirettes !

Autant dire aussi que Jean Philippe n'épargne pas davantage son personnage principal : le nombre de coups qu'il se prend dans la gueule, c'est juste hallucinant et il n'y va pas avec le dos de la cuillère, on est loin des héros qui se prennent des coups et se relèvent "même pas mal" .... Non Benvenuto se relève parce que c'est une tête brûlée, une tête de lard mais il souffre, on lui défonce la tronche au gantelet, pas de faux-semblants, c'est aussi gore qu'un Urgence en pleine panique, le sang, les dents déchaussées, le nez cassé, la mâchoire fracturée, du grand art ! L'auteur a du sacrément bien se renseigner pour être aussi au courant de ce genre de blessures !
Je suis d'ailleurs assez étonnée d'avoir aussi bien supporté les scènes horribles, probablement grâce à l'humour noir dévastateur de Benvenuto :
"Lui aussi, je le traînai jusqu'aux gaffres endormis, histoire qu'ils se tiennent chauds entre refroidis"
C'est imparable ! Il aurait fallu que je les note au fur et à mesure mais j'étais trop envoûtée pour m'arrêter en pleine lecture afin de prendre des notes, déjà qu'il fallait que je le laisse à la maison lorsque j'allais à la mine (j'avoue je l'ai emmené une seule fois mais je n'ai même pas eu le temps de l'ouvrir).

Quant à l'intrigue, commencer par la victoire constitue déjà une façon particulière d'aborder un récit, on entre de toute façon en plein dans l'action .... L'histoire fait penser à la Renaissance Italienne, de par les descriptions des demeures, des rues, mais aussi aux Romains, on ne sait pas bien donc à quelle époque on se situe. Le côté fantasy est très dilué mais savamment ajouté : des elfes discrets, un nain très grincheux, des magiciens qui pratiquent la nécromancie. Pour le reste, intrigues politiques bien menées, vision économique et militaire d'un monde parfaitement bien construit et sensé, tout se tient.
Il y a aussi un côté très noir dans ce roman, la présence de ces fantômes, de ces morts qui hantent Benvenuto, ce qui distille une sorte d'angoisse sourde, d'autant plus forte que c'est rédigé à la première personne et que l'on suit notre personnage pas à pas.

Je me rends compte à quel point mon billet est décousu et qu'il ne rend pas assez hommage à ce formidable roman, il faut dire que c'est difficile de structurer ses pensées quand on a adoré à ce point, je viens juste de l'achever et j'ai envie de dire que Benvenuto me manque déjà !

Merci Jean-Philippe Jaworsky pour ce pur bonheur de lecture, pour ce bijou qui comptera désormais dans mon panthéon des "livres préférés".
Gagner la Guerre est juste un Chef d'Oeuvre !

Extrait
"La vie est une chierie.
Vivre, c'est souffrir. La naissance, c'est une expulsion obscène, pleine de cris, de sang et de mucus ;  c'est un coup de dé où la mère peut claquer, où le morveux peut claquer, quand ce n'est pas maman et bébé qui parent ensemble faire un câlin définitif entre quatre planches. C'est aussi la première occasion pour le chiard de se retrouver la tête au carré ; à peine dégringolé, on le tabasse jusqu'à ce qu'il gueule ; ensuite, on le rectifie au couteau, histoire de le couper du paradis terrestre et de lui signifier que c'est la vie, que les ennuis ne font que commencer. Mourir, par comparaison, c'est déconcertant de facilité -et croyez- moi, je sais de quoi je parle. Il suffit d'être distrait, de  trébucher ou de lâcher prise. Ce qui est dure, ce qui est effrayant, ce qui fait la différence entre un beau mort et un cadavre torturé, ce n'est pas la camarde :  c'est l'obstination avec laquelle la vie s'est accrochée à une viande condamnée."

Ailleurs

mercredi 15 octobre 2014

A l'école lisons (9)

Voilà une éternité que j'avais laissé tomber cette rubrique ..... Il est temps de la reprendre, car même ayant hélas ma classe à mi-temps durant quelques mois, le mercredi est arrivé à point nommé pour replacer cette fameuse matière "littérature" qu'on avait tant de mal à caser avant .... Car quand je parle de littérature, il ne s'agit pas seulement de LIRE mais aussi de décortiquer, de trouver des sens, des explications, des hypothèses, bref réfléchir sur ce qu'on lit .....

Cette année pour commencer, j'ai choisi des valeurs sûres, deux albums (dont l'un est une BD en réalité) que j'ai toujours énormément appréciés.

CM1 : Une histoire à quatre voix d'Anthony BROWN


Cet auteur là est une référence dans la littérature enfantine, il a écrit somme d'albums qui ont tous rencontré un bon succès. Une Histoire à quatre voix, comme son titre l'indique, est un récit raconté à quatre voix, une mère, son fils et un père, sa fille ... lesquels sont symbolisés par des singes (personnages de référence de l'auteur).

Il est difficile en quelques lignes de décrire la richesse de cet album si ce n'est qu'il couvre un panel de sensations et d'impressions très vaste : la solitude, la joie, la tristesse, les différences entre la richesse et la pauvreté, la liberté mais l'oppression aussi, les différences de points de vue ... le tout servi par des illustrations absolument sublimes qui renforcent le texte mais qui fourmillent de tas de détails et surtout de plein de symboles .... sans oublier toutes les référentes artistiques à Magritte, Léonard de Vinci, Rembrandt .....

Cet album est juste une perle et je suis certaine de faire un sans faute lorsque je les présente aux gamins : ils adorent de façon inconditionnelle et participent toujours de manière exponentielle au fur et à mesure des séances. Cet album aura même réussi l'exploit cette année de brancher un élève qui depuis ses débuts à l'école n'avait pas encore compris ce qu'il y faisait .... et rien que cela c'est du bonheur !!!!
Comme quoi l'école sert encore à quelque chose .... 




CM2 : Les trois chemins de Lewis TRONDHEIM et Sergio GARCIA

Cette BD fait partie de mes préférées tellement elle est géniale .... 
Trois chemins donc empruntés d'une part par un grincheux avare, riche et son valet persécuté ; d'autre part par une gamine Roselita naïve et joyeuse qui se lance à la recherche du maître des nuages et enfin de H-Deuzio un robot amnésique qui se retrouve sur un bateau. 

Si ces trois chemins démarrent séparément ; dès la deuxième page, ils commencent à se croiser, se décroiser, pour se recroiser un peu plus loin, amenant des contacts entre les personnages et des situations particulièrement cocasses. 

J'ai du le lire au moins 10 fois déjà cet album et je me marre toujours autant à certains moments tant le décalage entre les personnages est bien construit, plein d'humour ...  Le summum étant les dialogues entre Roselita,  convaincue que H Deuzio est son chevalier dont elle est amoureuse, tandis que lui la prend pour une folle et en a une peur panique. Bref c'est savoureux, les enfants adorent aussi et cela leur permet un sacré exercice de repérage dans les pages (bon heureusement que je n'ai pas de dyspraxiques cette année dans ce niveau, ce serait un peu ardu !!)
Il existe un autre album du même auteur, qui se passe sous la mer mais j'avais moins accroché.




dimanche 12 octobre 2014

Le prestige de Christopher Priest

"Alfred Borden et Rupert Angier, deux prestidigitateurs hors du commun, s'affrontent dans un duel sans merci.
Trois générations plus tard, au cours d'une enquête sur une secte, le journaliste Andrew Wesley fait la connaissance de Kate Angier. Elle lui révèle qu'il s'appelle en fait Andrew Borden et qu'une guerre oppose leurs deux familles depuis la fin du XIXe siècle ..."

Ce roman fut ma première découverte de cet auteur et je ne présageais de rien dans la mesure où je suis loin d'être fan de magie et de prestidigitation. Et pourtant l'alchimie a merveilleusement fonctionné.
En premier lieu, c'est un roman qui se lit vraiment bien, je suis tout de suite entrée dedans.
Ensuite, cette histoire à quatre voix -dont deux journaux intimes des deux magiciens - est vraiment une façon originale et intéressante d'aborder un récit, d'autant plus qu'elles sont rédigées à la première personne avec des personnalités différentes et même des façons différentes d'écrire.
Et enfin le fait d'exposer chaque point de vue des deux antagonistes est d'autant plus passionnante que l'on ne sait en fin de compte plus qui est le "méchant" dans l'affaire qui a opposé Border et Angier, c'est d'ailleurs toute la magie qu'a opéré Christopher Priest.

On s'attache, au travers de leurs journaux, aux deux personnages, avec cette sensation de les voir être victimisés, chacun leur tour, au point que l'on ne sait plus où l'on en est. En réalité, c'est le travail sur ces deux points de vue qui fait toute la qualité du roman, car dans le fond, aucun n'avait raison et aucun n'avait tort, ce sont juste deux humains qui à un moment donné, se sont retrouvés opposés et en ont souffert toute leur vie : qui aurait pu céder en premier ? qui aurait pu accéder au pardon ? On leur trouve à tous les deux mille raisons d'en vouloir à l'autre et mille raisons de regretter à leur place ce conflit. Je salue vraiment cette façon de mettre le lecture en porte à faux avec ses pré-requis après avoir lu le tout premier journal et cette manière de nous faire réfléchir sur le ressenti d'un être humain. Pour chacun des personnages, c'est évidement l'autre qui est l'auteur de la haine et c'est l'autre qui doit être puni mais en dépit de cela, chacun d'entre eux ressent de la culpabilité à faire mal à son rival, aussi voit-il qu'il a une part de responsabilité dans l'affaire. Pourtant, parce que c'est lui qui souffre (on ne peut guère souffrir à la place de l'autre, si ce n'est tenter de se mettre à sa place et ressentir par empathie quelque chose que de toute façon on ne vit pas réellement dans son corps et dans sa tête) il a du mal à accepter sa faute.

Le côté fantastique du récit est complètement masqué par la perspective de pénétrer un monde tout à fait mystérieux : celui de la prestidigitation dont Priest nous révèle certains côtés tout en cachant les réelles explications, la rencontre d'Angier avec le scientifique Tesla opérant un véritable tournant dans le fantastique qui nous conduit à une fin effrayante et surprenante, bien que des indices aient été donnés peu à peu au fil du récit.
Ce qui est très bien mené dans ce livre, c'est que toute la résolution du mystère se trouve condensée dans la dernière partie, on est emmené peu à peu vers l'irréel mais sans en savoir les tenants et aboutissants avec la fin.

En tout cas j'ai vraiment dévoré ce livre d'un bout à l'autre, c'est une première découverte qui m'a enchantée, je pense que je vais en lire d'autres de cet auteur.

Ailleurs

mercredi 8 octobre 2014

Le protectorat de l'ombrelle Sans honte *** Sans coeur **** de Gail Carriger

Le Protectorat de l'ombrelle ... c'est le bien ... une délectation de tous les instants, romans après romans ...
J'ai lu ces deux-ci durant l'été, presque coup sur coup (m'en reste plus qu'un que je ne vais pas tarder à acheter) et comme à chaque fois c'est du pur bonheur !!

Notre héroïne favorite, donc, Alexia Tarabotti , ne cesse de défrayer la chronique. Dans "Sans honte", elle est obligée de retourner vivre chez ses parents, au grand dam de ses soeurs qui la jugent telle une Cendrillon qui risque de leur faire de l'ombre .... pas par sa beauté mais par son indécrottable culot .... Tout va pourtant mal pour Alexia, elle est exclue du Cabinet fantôme par la reine Victoria, son plus cher ami Lord Akeldama a quitté la ville et pour couronner le tout elle se retrouve la proie de vampires qui ont juré sa mort .... sans oublier le manque évident de soutien de son mari qui l'a répudié lui aussi ... Car Alexia est dans une condition "délicate" .... condition qui saura évidement être traitée avec beaucoup d'humour par Gail Carriger.

"Le désagrément embryonnaire et elle semblaient être parvenus à un accord. Il la laissait manger le matin. En retour, Alexia commençait à penser au petit être sinon avec affection, du moins avec une certaine tolérance."

Cette fois-ci c'est en Italie, auprès des Templiers qu'Alexia part trouver la vérité, d'une part pour fuir ceux qui veulent la mort de son enfant, d'autre part pour prouver à son crétin obtus de mari que le petit être est bien de lui ! On retrouve aussi avec délice les personnages secondaires qui font la saveur de cette série vraiment chouette. J'adore notamment Lyall le Béta de la meute de Woolsey, lequel prendra encore plus d'importance dans le tome suivant Sans coeur, dans lequel c'est la reine cette fois-ci qui est menacée par un fantôme fou.

Cela dit, Alexia n'est pas au bout de ses peines, elle doit désormais partager sa maison avec Lord Akeldama, sa soeur a rejoint le mouvement des suffragettes et des porcs-épics zombies envahissent Londres. Heureusement son benêt de mari est enfin revenu à la raison ( ce dont je suis bien satisfaite, j'ai détesté son comportement dans Sans honte) : les retrouver à nouveau réunis fut un vrai bonheur, surtout lorsqu'on sait qu'Alexia avec son fort caractère n'est pas prête à se ranger, toute enceinte qu'elle est. On en arriverait presque à plaindre ce pauvre Lord Maccon ... presque parce qu'au final c'est un juste retour des choses après ce qu'il lui a fait subir dans le tome précédent.

En bref, je m'éclate toujours autant à lire cette série qui parvient à garder son intérêt jusqu'au bout, sans s'essouffler. Je le dis et le répète c'est vraiment très très chouette.

Romans qui entrent dans le cadre du Challenge SFFF Féminin de Tigger Lilly

dimanche 5 octobre 2014

Nos étoiles contraires de John Green

"Un jour viendra où nous seront tous morts. Tous. Un jour viendra où il  ne restera plus aucun être humain pour se rappeler l'existence des hommes. Un jour viendra où il ne restera plus personne pour se souvenir d'Aristote ou de Cléopâtre, encore moins de toi. Tout ce qui a été fait, construit, pensé et découvert sera oublié et tout ça n'aura servi à rien. Ce jour viendra bientôt ou dans des millions d'années. Quoi qu'il arrive, même si nous survivons à la fin du soleil,  nous ne survivrons pas toujours. Du temps 'est écoulé avant que les organismes acquièrent une conscience et il s'en écoulera après"

Il est des livres au destin improbable, des livres qui se retrouvent entre vos mains complètement par hasard, des livres dont on redoute la lecture parce qu'ils ont été soit encensés, soit adaptés au cinéma, soit ... soit ...
Nos étoiles contraires est l'un d'eux ... Prêté par une amie qui avait chargé mon binôme (oui binôme c'est plus élégant que décharge de direction n'est-ce pas ? faut bien trouver des termes plus élégants à ma nouvelle situation professionnelle) de le ramener à la médiathèque le lendemain ... une soirée donc pour m'enfiler les 350 pages de ce roman dont je savais qu'il avait son petit succès au cinéma (à tort ou à raison, je n'ai pas vu le film bien évidement) et qui pouvait apporter le pire comme le meilleur ..

Ce roman fut une véritable claque en vérité ....  pour le résumer en quelques mots, il raconte la rencontre entre Hazel et Augustus, deux adolescents qui luttent, chacun à leur façon contre le cancer mais qui ont encore des rêves plein la tête.  Une sorte de Roméo et Juliette façon moderne sans excès de dramatisme. Autant dire qu'un tel livre me faisait appréhender le pire. Or rien de misérabilisme, juste une histoire d'amour même pas niaise, des adolescents qui vivent tout simplement. Si leur maladie est omniprésente, il n'y a aucune trace de pathétisme, même si évidement c'est triste, j'ai fini le roman en sanglotant comme une perdue mais à la rigueur c'était prévisible.

Ce que je trouve vraiment intéressant dans ce livre, destiné aux ados, c'est la façon dont ses jeunes personnages appréhendent leur vie, leur maladie, avec courage certes mais aussi avec humour, ("J'ai scintillé comme un sapin de Noël, dixit Augustus après son passage au scan) sans occulter la peur, la souffrance. On n'est pas face à des super héros qui nous donnent des leçons de savoir vivre, d'abnégation, chacun d'eux peut péter un plomb, en avoir marre, leur courage n'est pas dans la supportabilité de la maladie mais dans leur façon de vivre comme les autres ... même si Hazel traîne derrière elle une bouteille à oxygène pour pallier la déficience des ses poumons métastasés et Augustus une jambe artificielle, suite à un ostéosarcome .... même si Hazel ne veut pas s'engager dans l'amour car elle est telle une grenade dégoupillée, autant limiter les souffrances d'autrui lorsqu'elle partira .... sans savoir qu'en réalité on peut être tous la grenade de quelqu'un et en être aussi bien la victime.
John Green nous livre là une histoire franche et spontanée, que nous savons être terrible "le monde n'est pas une usine à exaucer les voeux"mais qui parvient à nous faire oublier que ces deux jeunes là sont en sursis, car finalement, même si le cancer est présent, il est relégué au second plan, bien qu'il nous rattrape insidieusement au fil des pages tout en surprenant par son retournement de situation.

En parallèle à l'histoire, celle d'un livre qui porte la jeune héroïne "Une impériale affliction" d'un certain Van Houten qu'Hazel rêve de rencontrer parce qu'il a achevé son unique roman, narrant la maladie d'une certaine Anna, sur une phrase en suspens, sans le conclure .... Hazel, puis Augustus, une fois qu'il aura découvert le roman à son tour, ont alors à coeur de partir en Hollande tenter de rencontrer l'auteur.
Une sorte d'aventure, une course contre la montre, pour ces moments rares de prise sur leur vie.

Il aurait été dommage de passer à côté de ce roman, même si son sujet fait partie de ceux que je supporte le moins. Sensible, bien écrit, entre rires et larmes, c'est comme je le disais au début une sacré claque ...

Je conclue ce billet en ayant une pensée pour une étoile partie trop tôt il y a maintenant 5 ans ....  et que je n'oublie pas ...


mercredi 1 octobre 2014

Tour de niche ....

Durant cet été, quelques livres lus, à chroniquer à présent en faisant ce qu'on peut lorsqu'il s'agit de lectures datant en terme de mois ....

En littérature jeunesse
- Mémoire à vif d'un poilu de quinze ans de Arthur TENOR : Maxilimilien a 15 ans, lorsqu'éclate la première Guerre Mondiale. Son plus vif désir devient alors de couvrir l'évènement afin de se préparer à son futur métier de grand journaliste ... sauf que cette guerre vue de près ce n'est pas joli joli.
Ce petit roman de moins 150 pages se lit très bien et si l'on met de côté le fait peu probable qu'un gamin ait pu un jour se retrouver en première ligne, c'est un beau témoignage de la vie des tranchées, des horreurs de cette véritable boucherie, de la souffrance de ces hommes livrés en pâture à l'ennemi ....le seul reproche que je pourrais faire à ce roman, c'est que cela reste très factuel, très appliqué dans l'écriture avec un manque de spontanéité. Je le conseillerai néanmoins à mes bons lecteurs CM2 pour sa qualité historique indéniable.
Extrait :" Je n'arrive pas à admettre qu'on laisse crever un être humain qui souffre à moins de cinquante pas ! Je ne peux pas admettre qu'on puisse tirer sur un adversaire qui sauve un de ses copains blessé. Je ne peux pas, je ne peux pas .... Je refuse d'admettre toutes ces infamies ! Parce que ce n'est pas ça, la guerre. La guerre, c'est honorable ..."
Il raya ces derniers mots, car il faut pris d'un doute : la guerre pouvait-il être honorable ? "

- Ceux qui osent de Pierre BORDAGE : Ce roman fait suite à Ceux qui sauront et Ceux qui rêvent, une trilogie uchronique sur les lendemains d'une Révolution française qui n'aurait pas eu lieu et de ce fait un vingt et unième siècle encore sous le joug des bourgeoisie et du Tiers Etat. Après avoir fui en Amérique pour trouver l'Eldorado, une province qui échappe encore à la tyrannie des royaumes coalisés, Jean et Clara doivent affronter l'impensable, en effet les autres royaumes ont décidé de déclarer la guerre à l'Arcanecout.
Le récit se déroule entre les lettres adressées entre les deux protagonistes et ce qu'ils vivent, ce qui donne une légère répétition des évènements. Ce n'est pas mon préféré de la trilogie, loin de là, au contraire je m'y suis un peu ennuyée, sans compter que cette guerre avec ses atrocités (eh oui je suis désolée mais je suis toujours aussi allergique aux tortures gratuites et au sadisme de ceux qui les perpétuent, il n'y a rien à faire, cela m'écoeure et qui plus est, cela n'apporte strictement rien au récit si ce n'est montrer la barbarie des hommes que personne n'ignore !) qui s'éternise m'a assommée. De plus la romance entre Jean et Clara, séparés et souffrant de cet éloignement, est carrément insupportable. Déception donc pour la conclusion de cette trilogie qui avait pourtant bien démarré.

- Deux ans de vacances de Jules VERNE :  C'est en allant à Fontenoy le Village du Livre, au mois de Juillet, que je suis tombée sur ce roman de Verne, que j'avais lu dans mes jeunes années. Sitôt acheté, sitôt dévoré. Jules Verne est un conteur, un vrai, une fois le nez dedans on n'en sort plus, même si on est loin à présent des clichés de son temps : le mousse qui est noir évidement, qui vouvoie et se dévoue à ses pairs (qui ont son âge), l'unique femme du récit qui, aussitôt secourue par ces braves anglais polis et bien élevés, s'empresse d'endosser son rôle de femme au foyer (clin d'oeil à Tigger Lilly qui adorerait cette image ^^) et de mère pour orphelins désoeuvrés, sans oublier les méchants hommes sans foi ni loi contre qui ces braves et honnêtes jeunes doivent lutter.
Bon, en dépit de cela, j'avoue, c'est du Jules Verne alors forcément j'aime, parce que j'ai un peu du mal à être objective face à des lectures d'enfances que j'avais adorés (inutile de me demander un jour de porter le moindre regard négatif sur la série de l'Etalon Noir, ce sera juste impossible). Je me souviens d'ailleurs qu'une série avait été tirée de ce livre et diffusée à la télé, que je regardais avec beaucoup de plaisir. Ce côté enfants Robinson sur leur île a un côté très rafraichissant même si c'est désuet. Deux ans de vacances reste l'un de mes préférés de l'auteur.

En littérature adulte
- Le Dragon Griaule de Lucius SHEPARD : Il est une région placée sous la domination d'un dragon géant, une bête immense qui aurait régné sur un âge antique et qui maintenant use de son influence pour gouverner habitants de ces alentours. Ce roman, à la couverture superbe, se décline en 6 nouvelles qui dépeignent les actions "psychiques" de cet animal et les réactions des uns et des autres à son contact. En réalité je n'en ai lu que 2 et demi parce qu'il faut bien l'avouer, je suis passée complètement à côté de ce roman que tant décrivent comme un chef d'oeuvre, un très beau recueil etc .... Personnellement je n'ai pas accroché du tout, certes c'est magnifiquement écrit mais rien n'a titillé ma fibre sensible, sauf la seconde nouvelle : La fille du chasseur d'écaille qui plonge dans les entrailles du monstre pour y vivre plusieurs années, j'ai vraiment été conquise par cette nouvelle pour ensuite craquer à la suivante et refermer le livre. Evidemment j'aurais pu me forcer mais je n'ai plus envie de cette façon d'appréhender la lecture, surtout en ce moment alors tant pis, ce livre fait partie de ceux qui ne sont pas pour moi.

- Dictionnaire amoureux du Cheval de HOMERIC: rien à voir avec de la fantasy mais il me fut offert par Tigger Lillly pour mon anniversaire. Comme son nom l'indique c'est un dictionnaire et comme son nom l'indique aussi, pour les amoureux du cheval, en fait c'est surtout son auteur qui en est réellement amoureux, la façon dont il les dépeint ressemble de façon troublante à la façon dont serait décrit un amant. C'est très chouette, c'est très poétique, c'est même piquant à certains moments, je ne résiste pas à livrer là un extrait 
"Nos hommes politiques sont de grands enfants qui s'imaginent qu'une fois en selle sur une monture comme sortie d'un bain de lait, les peuples reconnaîtront leur grandeur, leurs desseins géniaux à défaut d'être vertueux. Vous souvenez-vous de ce président de la République nommé Nicolas Sarkozy, de son empressement à grimper sur le dos d'un cheval camarguais qui se serait bien passé, en ce jour ensoleillé mais ô combien funeste, de cette publicité tapageuse ? Tel Napoléon sur ses fiers chevaux de sang arabe, le jockey Sarkozy entendait se grandir sur une monture éclatante de blancheur".
Homeric donc aime profondément les chevaux de course et les pare de mille qualités, beautés et noblesse, au point que quand on aime ces grandes bêtes fougueuses, on ne peut être que conquis ... Le seul reproche que je pourrais lui faire c'est que pour ces quelques cracks qu'il pare d'or et d'argent, il en oublie les milliers restés dans l'ombre, poussés aux extrêmes, quelquefois conduits aux abattoirs, ceux que l'on peut retrouver dans les clubs, un peu dingos, abîmes, marqués par le dur travail demandé. N'en reste pas moins que ce dico du Cheval est tout de même un bel hymne à la plus conquête de l'homme.

dimanche 28 septembre 2014

Lasser mystère en Atlantide de Sylvie Miller et Philippe Ward

Après les dieux Egyptiens, ce sont les Grecs qui commencent à s'intéresser à Jean Philippe Lasser, détective des dieux depuis quelques temps, et pas n'importe quels dieux : c'est Zeus en personne qui vient lui demander .... de retrouver l'Atlantide ... Rien que cela, c'est pour dire à quel point notre détective préféré est monté en grade depuis ses premières enquêtes en Egypte.

" - Donc je dois chercher quoi ?
- L'Alantide.
J'étais habitué aux requêtes extravagantes ds dieux -j'avais déjà récupéré un chat, un manuscrit sacré et même le sexe d'Osiris -, mais là, je n'en revenais pas. L'Atlantide, rien que ça ! Un continent disparu depuis des milliers d'années, si toutefois il avait vraiment existé.
J'ai fixé Zeus en me demandant s'il ne se payait pas de ma tronche, s'il ne cherchait pas à me mener en bateau."

L'Atlantide donc ..... heureusement Lasser sait qu'il peut compter sur ses amis  : Fazimel qui l'a déjà assisté dans pas mal d'enquêtes,du chat Ouadou (en réalité le Dieu Nefertoum) et Amr le Djinn qui l'avait déjà aidé lors de ses précédentes enquêtes.

Ce Tome-ci, bien qu'il soit empreint d'un peu moins d'humour que les précédents, se laisse lire avec toujours beaucoup de plaisir, le dépaysement est assuré avec ce nouvel univers (j'ai particulièrement aimé toute la partie concernant l'Atlantide même), avec un bon soupçon de science-fiction pour couronner le tout.
Encore une fois le duo Miller-Ward fait mouche et nous entraine dans un récit haut en couleurs.
J'ai envie d'ajouter que c'est aussi le genre de roman idéal lorsqu'on a envie d'une lecture divertissante, sans prise de tête.
Vivement le Tome suivant !

Ailleurs

Ce livre entre dans le Challenge SFFF Féminin de Tigger Lilly.


dimanche 21 septembre 2014

La trilogie des abîmes de Danielle Martinigol


En guise de trilogie, il s'agit en réalité des deux premiers tomes : Les abîmes d'Autremer et l'Envol de l'abîme puisque le troisième tome est malheureusement épuisé et introuvable même en occasion ...




Cette série prend naissance sur une étrange planète appelée Autremer qui, comme son nom l'indique, est recouverte par les eaux.
Dans le premier tome, Sandiane est une jeune fille assistante de son père, journaliste, à la recherche d'un scoop, et quoi de mieux pour se faire connaître qu'enquêter sur ces mystérieux Abîmes les vaisseaux qui sillonnent le ciel ? C'est alors que les découvertes qu'elle va faire vont dépasser le simple besoin de la célébrité mais elle risque de l'apprendre à ses dépens ....A moins qu'elle évolue dans un destin qu'elle n'avait pas choisi ....

Dans le second tome on en apprend de plus en plus sur ces fameux (fameuses en réalité) abîmes et surtout leur alliance avec les humains à travers l'histoire de Corian qui rêve d'être un élu : un de ceux qui peuvent piloter ces incroyables vaisseaux ...

J'ai lu ces deux romans il y a un bon moment déjà donc mes souvenirs sont hélas déjà relativement flous, néanmoins j'ai vraiment énormément apprécié .... Sous une trame écologique de protection des grands fonds marins, Martinigol nous entraine dans des récits palpitants dont le point clé est le lien qui unit abîmes et pilotes .... liens qui ne sont pas sans rappeler ceux qui liaient chevaliers dragons et leurs montures dans la sage de Mc CAFFREY ..... jusqu'aux instants de l'imprégnation et du choix de leurs maitres par les animaux .... il y a énormément de similitude entre les deux, mais Martinigol s'en démarque par la nature même de ses abîmes et l'étrange façon de les piloter.

J'ai toujours été conquise par ses relations fusionnelles entre animaux et humains, à l'instar de Fitz et Oeil de Nuit dans la Citadelle des Ombres de Robin HOBB ou les daemons de A la croisée des mondes de PULLMAN, ou même celle qui existe entre le vaisseau animal Espérance et Légyria dans la trilogie de Johan HELIOT La quête d'Espérance. Celle qui prend forme dans les romans de Martinigol est captivante, car dévoilée par les yeux d'une personne qui, au préalable est cynique et imbue d'elle-même et du coup peu encline à respecter les secrets d'Autremer, elle fait prendre peu à peu conscience de la fabulosité de ces créatures.
En parallèlement, l'auteure aborde un sujet qui est très d'actualité : jusqu'où les révélations d'une presse peuvent aller au détriment des personnes qu'elle concerne ? n'y a-t-il pas une limite à ne pas franchir ? peut-on tout dévoiler au risque de faire souffrir autrui ?

Dans le second tome c'est au réalité show que Martinigol fait référence, au travers la sélection des candidats-perls, sous l'oeil de multiples caméras diffusant l'émission "Les vainqueurs de l'impossible" dans toute la Galaxie. Heureusement ces dérives des systèmes modernes ne sont qu'un aparté dans L'envol de l'abîme et c'est avec un regard émerveillé qu'on découvre le majestueux abîme sauvage et le parcours du jeune Corian.

Deux très chouettes livres pour jeunesse donc , vraiment dommage que la collection soit épuisée, d'autant que les couvertures sont signées de Manchu !

Lu dans le cadre du Summer Star Wars de Lhisbei.