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mercredi 31 octobre 2012

Le Seigneur des Anneaux : Le retour du Roi de Tolkien

Voici donc le tome qui va conclure cette trilogie qu'autrefois je fus incapable de lire jusqu'au bout (je me demande toujours pourquoi)  et qui à présent figure dans les lectures de haute qualité en fantasy, mieux vaut tard que jamais comme on dit !
Ce qui est étrange, c'est que si j'ai lu cette troisième partie très rapidement, avec une certaine délectation, je me retrouve toute bête pour en parler .... Mais je crois que tout simplement la dénouement, après tant d'aventures, de suspense, d'empathie avec les héros, de désespoir et espoir, de crainte, de peur et j'en passe, m'a quelque peu dépitée .... Bon je m'explique.

Alors que Frodon se retrouve dans les griffes des Orcs, que Sam part courageusement à sa poursuite, Pippin et Merry se retrouvent séparés, le premier emporté par Gandalf sur Gripoil afin de le soustraire à la puissance de Sauron et le second qui, aux côtés d'Aragorn, Gimli et Legolas, prendra une part active à la guerre. Le récit est haletant bien évidemment, tout est assombri, les armées se défont, l'oeil de Sauron, soutenu par ses terribles Nazgûl, entraine le désespoir .... et en même temps tout espoir n'est pas perdu : Aragorn trouve sa vraie place, Sam se révèle un véritable héros (c'est pour moi le personnage au final le plus touchant et le plus méritant de l'histoire).

La traversée finale de ce dernier et de Frodon est terrible à tous points de vue, la soif, la peur, la fatigue, le poids de l'Anneau de plus en plus grand, la présence discrète mais omniprésente de Gollum qui poursuit son trésor, tout est fait pour noircir au maximum le tableau et engendrer la terreur. Comme précédemment dans le tome 2, on craint à chaque instant pour la vie de nos deux Hobbits qui semblent terriblement vulnérables face à l'adversité. Et le style de Tolkien n'y est pas pour rien :
"Au loin, planaient les ombres de Sauron ; mais, déchirés par quelque coup de vent venu du monde ou remués par une grande agitation intérieure, les nuages enveloppants tournoyèrent et s'écartèrent un moment ; et il vit, alors, dressée toute noire, plus noire et sombre que les vastes ombres au milieu desquelles elle s'élevait, la plus haute tour de Barad-dûr avec ses cruels pinacles et son couronnement de fer. Elle ne se détacha qu'un moment, mais, comme d'une grande fenêtre incommensurablement haute, jaillit vers le nord une flamme rouge, le clignement d'un Oeil perçant ; et puis les ombres se replièrent et la terrible vision disparut."
On s'y croit réellement et ce que je trouve incroyable c'est qu'au final Sauron ne restera qu'un Oeil dans toute la trilogie et pourtant il est absolument terrorisant. C'est un Hitler de la fantasy avec ses fanatiques à sa solde, qui engendrent la frayeur, au nom de son idéologie, et de l'autre côté l'espoir dans la résistance ... Celle ci finalement n'était pas si évidente, car si l'on pense aux vaillants guerriers comme des Faramir, ou des Legolas, ou des Aragorn, les réels personnages qui font tourner la face des choses ne sont autres que les Semi-Hommes qui, armés de leur seul courage (et un peu de folie il faut bien l'avouer), font front à l'adversité (ce qui ne remet bien évidement pas en cause la vaillance des autres).
La scène dans laquelle Merry se porte au secours d'Eowyn est juste fabuleuse.

Les scènes de batailles sont palpitantes elles-aussi, sans oublier les "à côtés" : le roi Dénethor pris de folie, la crainte pour son fils Faramir, les derniers faits de Saroumane .....
Alors pourquoi dépitée ? Tout simplement parce qu'après avoir vécu des moments tellement poignants, tout a ralenti pour raconter le couronnement d'Aragorn, le retour des Hobbits ..... Alors certes tout ceci était normal, mais ce qui m'a gêné c'est le côté légèrement nunuche du bonheur de ces braves gens. Autant Tolkien excelle dans la tragédie, la bataille et la peur, autant il en fait trop dans le bonheur ... un peu à la manière du conte "ils vécurent heureux jusqu'à la fin de leur vie"  : tout redevient lumière, l'air est pur, les gens sont beaux et souriants... Alors peut-être est-ce fait exprès après tout, le Seigneur des Anneaux est justement bourré de légendes et contes des peuples, de leurs origines, de leurs histoires. Pour autant cela m'a un tantinet agacée : après le malheur le bonheur mais celui ci arrive d'un seul coup, comme si d'un grand coup de vent, toutes les exactions de Sauron avaient été gommées et que les gens pouvaient recommencer à vivre comme avant, or il y a eu quand même des morts et des destructions.
Et puis en même temps je n'avais pas envie que la Communauté se sépare, bien que ce fut dans la logique des choses.

Heureusement l'auteur a tout rattrapé vers la fin lorsque les Hobbits rentrés au pays, ont du faire face à ceux qui avaient profité de la terreur pour faire régner la leur. Je suis d'ailleurs très étonnée que le film n'ait même pas évoqué ces autres hauts faits des Hobbits et soit resté sur cette fin interminable et niaise (c'est ainsi que je l'avais ressenti il faudrait que je le revoie, au cas où cela me renverrait d'autres impressions).
J'ai d'autant plus aimé cette fin qu'elle a définitivement révélé le caractère de Frodon, lequel tient en cette simple phrase :
"Mais s'il y a beaucoup de ces bandits, dit Merry, cela voudra certainement dire un combat. Tu ne vas pas libérer la Comté, simplement en étant choqué et contristé, mon cher Frodon."
Ce qui me fait conclure qu'en fin de compte, même si ce personnage est bien moins agaçant que dans le film, il ne restera pour moi que le Porteur de l'Anneau, couvrant certes avec une certaine opiniâtreté sa mission (et même avec un certain courage il faut l'avouer) mais sans le soutien et l'amitié indéfectible de Sam, il ne serait pas parvenu à grand chose car à la base son tempérament n'est pas celui d'un battant (ni combattant). Après il faut lui rendre quand même justice : sa sagesse l'honore.

Voilà qui conclue donc cette lecture du mois d'Octobre et ma résolution tenue pour l'année 2012.
J'ai enfin affronté le Seigneur des Anneaux et j'en ressors enchantée et emballée. C'est un très grand livre.

Ailleurs
Vert ; Olya ....

mardi 23 octobre 2012

Le Seigneur des Anneaux Les deux tours de J.R.R Tolkien

Après la traversée de la Moria qui aura vu la perte de deux d'entre eux, la Communauté de l'Anneau est dissoute : Frondon et Sam partent seuls dans leur coin en direction du Mordor tandis que Legolas, Aragorn et Gimli se lancent à la poursuite des Orcs (redonnons la bonne orthographe à ces créatures, Orques cela ne veut vraiment rien dire !) qui ont enlevé Pippin et Merry ...

Et durant ce temps, le pouvoir de Sauron continue de grandir et à semer malheur et noirceur partout où il passe. C'est qu'il a, par l'intermédiaire de Saroumane, fait créer une nouvelle race : les Ourouk-Haï, plus terrifiants et dangereux encore que les Orcs. Le danger guette ... et l'Oeil prend de l'ampleur ...
En aparté, je me demande vraiment si Rowling n'aurait pas été fortement inspirée de ce personnage là pour créer son Voldemort : un homme surpuissant qui fait régner la terreur, homme défait qui ne vit ensuite qu'à l'état latent, en attente de ce qui lui redonnera consistance et force ...

Ce deuxième tome du Seigneur des Anneaux se divise en deux parties :
- Le Livre III qui suit Aragorn et ses compagnons d'une part, et les deux hobbits d'autre part, lesquels vont prendre part de façon plus active à l'histoire et surtout au déroulement des évènements .... à la résistance notamment contre les forces du mal.
- Le livre IV qui suit Frodon et Sam en proie aux tourments de la puissance de l'Anneau et guidés par Gollum qui aura fini par les rejoindre.

Ce découpage n'est pas anodin, d'un côté il y a encore un simili espoir : contrées enchanteresques de l'Emyn Muil que parcourent Aragorn, Legolas et Gimili, rencontre avec les cavaliers du Rohan (je trouve ce passage d'une grande beauté), délivrance du roi Théoden, combat du gouffre d'Helm et surtout le retour de Gandalf, tandis que Pippin et Merry font la plus incroyable des rencontres en la personnage de Sylvebarbe.
On a encore la sensation que les héros se battent avec opiniâtreté et qu'ainsi la nuit ne gagnera pas les Terres du Milieu. Le rythme est assez vif, dynamique, en dehors du moment plus lent dans la forêt de Fangorn où l'on lit au rythme de ces Ents légendaires, avec une bonne reprise d'action lors de la  bataille du gouffre d'Helm.

Alors qu'en contrepartie, c'est tout le côté sombre du mal qui accompagne Frodon et son fidèle Sam (voilà un beau personnage secondaire qui fait figure à la fois d'ami loyal et de héros) : c'est l'angoisse qui prévaut tout au long des pages du lent périple des deux Hobbits .... la traversée glauque des marais, l'arrivée en Mordor où la nuit semble avoir pris possession des lieux, l'affreux combat contre Arachnée (heureusement lu le matin, sinon je ne garantis pas que mon arachnophobie n'ait pas fait un retour en force) ..... Tout n'est que terreur et tristesse et tout est du coup très lent au rythme de leur marche harassante ... Sauf durant la rencontre avec Faramir qui apporte un moment de réconfort et de protection.

Cette sensation ne perdurait pas évidement lorsque la Communauté était complète, avec des guerriers comme Legolas ou Aragorn ... mais seuls avec Frodon et Sam, on se sent aussi démuni et en danger qu'eux. J'ai beau connaître l'histoire, j'appréhendais chaque geste de Gollum, chaque rencontre avec des Orcs ou des Nazgûl ..... Je ne parlerai même pas de la grotte .....  Tolkien le fera mieux que moi pour tirer des frissons :
"Ils n'avaient parcouru que quelques mètres quand vint de derrière un son, saisissant et horrible dans le lourd silence ouaté : un gargouillis, un bruit glougloutant et un long sifflement venimeux ..... [...] C'étaient des yeux monstrueux et abominables ; bestiaux et pourtant emplis de résolution et d'une hideuse délectation, couvant leur proie piégée sans aucun espoir d'évasion."

Du coup, selon l'endroit où l'on se trouve dans le livre, on vit les choses très différemment, j'ai vraiment apprécié cette vision particulière des évènements.
Les personnages se révèlent aussi dans ce Tome 2 .... On découvre une amitié naissance entre Legolas et Gimli, les anciens ennemis, à grand renfort d'humour, Aragorn, jusque là relativement discret, relève la tête tout successeur au trône du Gondor qu'il est, Sam surtout prend de l'importance comme je le disais précédemment ... je trouve que c'est le personnage le plus intéressant et le plus évolutif des deux livres.
Pippin et Merry eux aussi après avoir vécu un tel enlèvement, prennent courage et persuasion, ce qui ne les empêche pas néanmoins de commettre des bêtises plus grosses qu'eux.
Le personnage de Gollum-Sméagol est évidement un gros point du récit, celui qui autrefois fut un homme, rendu créature psychotique par le pouvoir de l'Anneau ..... son côté double est bien rendu et il finit par susciter encore plus de pitié que de dégoût.
Quant à Frodon .....Après avoir lu le premier tome, j'ai eu envie de revoir le film ... je pensais bien qu'une grande part de ma non acceptation du personnage de Frodon venait de la manière dont il était vu dans le film. Eh bien, après l'avoir revu, je dirais que ce n'est plus une grande part mais une entière part !
Au point que durant tout le film je n'ai pas cessé de répétér "mais bon sang, il n'est pas comme cela dans le livre !" , cela m'a agacée au plus haut point :  pourquoi est-il présenté à ce point comme un être geignant, faible avec des yeux de chien battu ?
Alors soit le choix de l'acteur est mauvais, soit ce dernier joue très mal, soit le metteur en scène n'a rien compris à ce personnage. Car autant il apparait boulet dans le film (désolée d'employer ce mot fort mais c'est exactement cela, le boulet qu'il faut trainer et protéger) autant il est courageux dans le livre .... Et on comprend du coup bien mieux le poids de l'Anneau qu'il a à porter, sa faiblesse au cours des longs jours de marche .... Ce qui n'est pas le cas dans le film durant lequel il va geindre et gémir tout du long. Bof bof ....

Un deuxième tome donc tout aussi palpitant et inquiétant que le premier, avec des passages complètement féériques, d'autres atroces, c'est vraiment très bien écrit. J'ai hâte de reprendre le troisième tome !

Extraits
"Je ne sais pas, dit Frodon d'une voix de rêve. Mais je les ai vus aussi. Dans les mares, quand les chandelles sont allumées. Elles gisent dans toutes les mares, ces faces pâles au plus profond de ces eaux sombres. De fiers et beaux visages en grand nombre, avec des algues dans leur chevelure d'argent. Mais tous immondes, pourrissants, tous morts. Une redoutable lumière est en eux."

"Deux ! dit Gimli, caressant sa hache. Il avait regagné sa place sur le mur.
- Deux ? dit Legolas. J'ai fait mieux, encore qu'il me faille maintenant chercher à tâtons des flèches tirées ; j'ai employé toutes les miennes. En tout cas, j'évalue mon compte à une vingtaine au moins. Mais cela ne fait que quelques feuilles dans une forêt."

Ailleurs
Vert ; Olya ; Shaya ....



mardi 9 octobre 2012

Le Seigneur des Anneaux : la communauté de l'anneau de J.R.R Tolkien

"Trois anneaux pour les Rois Elfes sous le ciel,
Sept pour les Seigneurs Nains dans leurs demeures de pierre,
Neuf pour les Hommes Mortels destinés au trépas,
Un pour le Seigneur Ténébreux sur son sombre trône,
Dans le Pays de Mordor où s'étendent les Ombres.
Un Anneau pour les gouverner tous. Un Anneau pour les trouver,
Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les  lier
Au Pays de Mordor où s'étendent les Ombres."

Il s'arrêta, et puis dit lentement d'une voix grave :
- Celui-ci est le Maître Anneau, l'Anneau Unique pour les gouverner tous. C'est l'Anneau Unique qu'il a perdu, il y a bien des siècles, au grand affaiblissement de son pouvoir. Il le désire immensément - mais il ne faut pas qu'il l'ait."

Ainsi parle Gandalf le Magicien Gris, grand ami de Frodon un Hobbit de la Comté à qui a été légué l'Anneau ... autrefois trouvé par Bilbo (devenu là Bilbon ...) ... Et parce que Sauron le Seigneur Ténébreux s'est levé à nouveau, que son Ombre croît , tous les peuples de la Terre du Milieu risquent de tomber sous son joug s'il se retrouve en possession de cet Anneau Unique. 
Il n'existe qu'une solution pour le détruire .... le jeter dans les profondeurs de la Montagne de Feu. Mais le chemin sera long et périlleux surtout pour un jeune Hobbit. Heureusement il ne sera pas seul : la Communauté de l'Anneau va se former pour l'accompagner une partie de sa route.

Il est des livres avec lesquels on entretient une relation étrange. Le Seigneur des Anneaux en fait partie ... Ce livre là j'ai tenté de le lire à deux reprises déjà .... La toute première fois, il y a fort longtemps car c'était avant les films, je l'ai très vite abandonné, déroutée par les longueurs de son récit.
La seconde fois, après avoir vu les films, je n'ai pas accroché davantage ... agacée par le côté naïf de Frodon et encore une fois dégoûtée par un début qui ne démarre que très lentement.
On dit "jamais deux sans trois", et la troisième fois devait impérativement se passer en 2012 puisque c'était mon unique résolution de l'année ... Eh oui, si la fin du monde doit avoir lieu, autant avoir au moins lu Le Seigneur des Anneaux.
Est-ce que cette troisième fois pour l'aborder fut la bonne ?
Eh bien ...... OUI !!!! Et encore plus que oui, je me pose désormais une nouvelle question : mais comment cela se fait-il que je n'ai jamais accroché à ce roman auparavant ?
Etrange comment il a pu me repousser à deux reprises et là m'accrocher au point que je l'ai dévoré, sans ennui, ni lassitude ....
Alors peut-être est-ce du au fait que j'ai muri mes littératures de fantasy, à force d'en lire, et aussi parce que j'ai découvert Bilbo le Hobbit juste avant, qui m'a fait découvrir les Hobbits d'une autre manière.

Il faut avouer qu'en fin de compte Frodon n'a pas forcément le beau rôle dans les films de Peter Jackson, j'entends par là que si je l'ai toujours pris pour un personnage limite faible, c'est parce qu'il était joué comme cela, l'acteur a un tel air misérable du début à la fin que cela me tapait sur les nefs.
Or, autant dans Bilbo que dans la Communauté de l'Anneau, il n'en est rien. Certes Bilbo est très naïf et relativement peureux au début de son périple mais il se révèle rapidement comme un personnage plein de ressources. Il en est de même pour Frodon, c'est courageusement qu'il accepte tout le fardeau de l'Anneau et je ne comprends absolument pas comment il a avait pu tant m'agacer au préalable. Je mets donc cela sur l'effet film ..... qui a eu aussi l'autre effet négatif (par ceci je ne critique absolument pas le film, c'est pour moi l'une des meilleurs -si ce n'est LA meilleure -  adaptation de livre de toute l'histoire du cinéma) de m'empêcher de laisser libre cours à mon imagination concernant les personnages et les paysages.
Legolas, Aragorn, Frodon, Gandalf ont dans mon esprit les visages des acteurs qui ont joué leurs rôles. Il est certain que je les aurais imaginés autrement dans le support des images. C'est d'ailleurs pour cela que je préfère voir les films après avoir lu les livres et non le contraire.

Bon ceci étant, même si les personnages, les paysages, les orques et autres m'étaient familiers, cela n'a pas gâché ma re-découverte de ce livre.

Je suis donc heureuse de dire que j'ai passé un réel très bon moment avec cette Communauté de l'Anneau. L'univers créé par Tolkien est à la mesure de celui inventé par Herbert dans son Dune : des peuples, une prise en main de leurs coutumes, de leurs langues, chants et vies, des légendes, des créatures maléfiques, des objets qui ont leur spécificité .... C'est tout un monde sur cette Terre du Milieu dont nous prenons rapidement connaissance, sous le joug de la peur.

Car comme le récit suit de près les sensations et sentiments de Frodon, qui n'est ni un guerrier, ni un magicien, ses peurs, ses angoisses, deviennent les nôtres. Tout est vu à hauteur de Hobbit, soit un semi-homme et tout autant que lui, on craint l'obscurité, les bruits étranges et ces Cavaliers Noirs qui hument dans la nuit. Tout au long de son périple qui le conduira à Bree , puis en forêt de Fondcombre, dans les tempêtes du Caradhras, ensuite dans les profondeurs de la Moïra, avant d'arriver dans la Lorien .... on n'a de cesse de craindre qu'il soit poursuivi par quelque abominable monstre .... ou qu'il succombe déjà à l'assaut maléfique de cet Anneau doué d'une vie propre.
Heureusement il, et nous avec, pouvons compter sur la protection de la Communauté de ceux qui l'accompagnent : 3 autres Hobbits, Gandalf le magicien, Legolas l'elfe, Aragorn le rôdeur, Boromir l'homme du Sud et Gimli le Nain. Des peuples très différents réunis pour la même mission ... c'est une quête qui abolit les différents et différences .... On assistera ainsi à la réconciliation des Nains et des Elfes à travers l'amitié qui se créé entre Gimli et Legolas.

Tous ces personnages sont bien entendu très caricaturaux dans la représentation de leurs peuples : le Nain grincheux mais fort comme un turc, l'Elfe léger et aérien, le Magicien sombre et valeureux, le rôdeur loyal et mystérieux .... l'homme corruptible, Boromir se révèle bien entendu le plus inquiétant de tous ... par petits indices, on comprend peu à peu qu'il est en train de changer, que le pouvoir de l'Anneau l'attire de plus en plus lui aussi ... un homme en somme ....
On fait aussi la connaissance du fameux Gollum dès ce premier Tome, sans encore réellement le voir, il fait partie de ces mystérieux bruits qui se font entendre lorsque le soleil plonge la Terre du Milieu dans son sombre manteau.
Je me souvenais d'un épisode sombre et relativement terrifiant, c'est effectivement le cas, on sent le danger et la menace partout, on ignore comment les choses peuvent tourner, le summun se retrouvant dans les Mines de la Moîra, avec le Balrog. Ceci avait été d'ailleurs parfaitement rendu dans le film, au point que j'avais sursauté et frémi un sacré paquet de fois et souhaité au bout de trop de minutes d'angoisse que le film se termine vite pour que je retrouve la lumière rassurante du jour (eh oui on ne se refait pas).

En définitive, si cette troisième fois devait être la bonne, elle le fut .... et tout comme j'avais apprécié le style de Tolkien dans Bilbo le Hobbit, j'ai continué de le savourer dans le Seigneur des Anneaux .... un style toujours très imagé, qui rend parfaitement compte des paysages et contrés traversées. C'est avant tout un voyage à travers les Terres du Milieu et il est très bien rendu, avec des moments très lyriques et très poétiques comme ces passages parmi les Elfes, peuple ô combien proche de la nature et baigné de chansons, de contes et à l'apparence douce (quoique redoutables guerriers et chasseurs).
Bien entendu mon personnage préféré reste et restera Aragorn, dont j'attendais avec impatience l'arrivée.

A suivre donc ...

Ailleurs

dimanche 30 septembre 2012

Bilbo le Hobbit de J.R.R.Tolkien

Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible. L'aventure tombe sur lui, un beau jour, lorsque Gandalf le magicien et treize nains barbus l'entraînent dans une chasse au trésor périlleuse à la Montagne Solitaire gardée par le dragon Smaug ....

Voici comment débute la quatrième de couverture ... et à moins de savoir quasiment toute l'histoire il est primordial de s'en arrêter là : en effet, tout ou presque y est évoqué : la traversée des Monts Brumeux et la forêt elfique de Mirkwood, les rencontres diverses avec les trolls, les gobelins, sans oubliés les araignées et le fameux Gollum à qui il prendra le fameux anneaux ... De plus nous savons d'avance que tout se terminera bien pour le petit Hobbit .... C'est vraiment lamentable de rédiger une quatrième de couverture qui déballe ainsi tout de l'histoire. A la rigueur, j'aurais tout aussi bien pu ne pas lire le livre, j'aurais su en parler quand même !

Premier point d'énervement donc ... Le second concerne le "Bientôt au cinéma" dessiné en rond sur la couverture .... grrrrr .... Pourquoi donc ne pas l'avoir collé pour donner la possibilité de pouvoir l'enlever à qui le veut ? Du coup mon exemplaire restera à jamais avec cette pastiche collée presque sur le dragon, désolée mais ça gâche complètement l'image, de plus personnellement je n'ai pas besoin que l'on me fasse de la pub cinéma pour que cela me donne envie d'acheter le livre. Bilbo le Hobbit est avant tout un roman écrit par Tolkien et ne doit pas être résumé à son passage prochain au cinéma !
Surtout que dans quelques années, il suffira d'évoquer ce titre pour entendre des "oh je l'ai vu au cinéma, c'est super bien !" ... "oui sauf qu'à la base c'est un roman et non un film".
Cela fait des années que j'entends ces réflexions de la part de mes élèves dès que j'évoque le titre de certains livres (oui je parle de fantasy dans mes classes, il existe tellement de bons livres jeunesse dans ce domaine que je ne peux passer à côté) et oui cela m'énerve au plus haut point, que les films consacrés aux livres soient bons ou non, ce sont des romans avant tout et non pas une mise en scène et ils ne méritent pas de passer dans l'oubli !

Bon ... fin de coup de gueule ....
Avec une note positive, l'autre jour, j'ai vu posé sur la table d'un de mes CM1 : "Harry Potter et les reliques de la mort", ouf en voilà un au moins qui saura me citer le livre avant le film !

Ces deux points négatifs évoqués, passons donc au roman de Tolkien.
Ayant toujours eu beaucoup de difficultés à entrer dans le Seigneur des Anneaux (mais ce coup ci, il est prévu à mes lectures d'Octobre, que ce soit dit ! n'est-ce pas Olya ?), j'appréhendais évidemment cet opus qui démarre bien des années avant.
J'ai heureusement vite été rassurée, si j'ai eu du mal à entrer dedans car je trouvais Gandalf un tantinet ferme avec ce pauvre Bilbo qui ne demandait rien du tout (il l'envoie tout de même à l'aventure sans lui demander aucunement son avis mais on se rend compte par la suite qu'il savait pertinemment que Bilbo pouvait s'en sortir glorieusement et intelligemment), les nains assez impersonnels et Bilbo lui-même trop plaintif.

Tout ceci change au final lorsqu'il , après avoir rencontré Gollum et résolu ses énigmes, prend de l'assurance et devient capable de se sortir de situations périlleuses. Au fil des pages il devient de plus en plus dégourdi et les nains qui le subissaient jusqu'alors le prennent en considération voire même l'admirent et le considèrent comme un chef. C'est là qu'on réalise que Gandalf avait fait le bon choix concernant le petit Hobbit qui du coup m'est devenu beaucoup plus sympathique.
Le récit se déroule sans temps mort, j'ai adoré le passage de la rencontre avec Gollum (il suscite presque la pitié ce petit personnage rendu schizophrènes par une vie de solitude et d'abandon), j'ai été très contente de lire celui sur le combat avec les araignées géantes en plein jour (oui car le soir je suis sûre à 100% que j'en aurais rêvé !), j'ai aimé la façon dont c'est écrit, comme un conte que l'on lirait au coin du feu.
C'est exactement cela en fait ... c'est un conte .. un conte merveilleux avec des elfes, des gobelins, des nains, des hobbits, des enchantements et un méchant dragon (d'ailleurs dans la plupart des contes les dragons sont de méchants personnages) .... C'est très riche.

Alors roman pour enfant ou non ? Il est vrai que Bilbo le Hobbit est mixte : en hachette jeunesse par exemple ou en livre de poche adulte .... En fait il peut se lire à tout âge .... enfin à tout âge, à moins tout de même d'être un bon lecteur. Je le ciblerais personnellement plus pour des "à partir de 11.12 ans" qu'avant mais si l'enfant est bon lecteur, pourquoi pas ? Il bénéficiera d'une excellente littérature, bien traduite, très riche en vocabulaire, très imagée : on a la sensation de voir les évènements se dessiner devant nous.

Et puis je trouve que cela prépare magnifiquement le terrain pour le Seigneur des Anneaux, comme le conflit entre les Nains et les Elfes, ou tout simplement comment le fameux anneau entre en possession de Bilbo. Une bonne introduction à la trilogie que j'attaquerai par la suite du coup. C'est une réussite donc à tous points de vue. J'ai juste été un peu déçue du comportement des nains à la fin, de leur côté égoïste à fond concernant leur trésor et leur côté "je ne fais aucune concession je suis intransigeant".

Extrait
Séquence frisson pour les arachnophobes !
 "Il avait parcouru une certaine distance avec précaution et à pas de loup, quand il remarqua devant lui un endroit où s'étendait une ombre dense et noire, noire même pour cette forêt ; c'était comme un morceau de nuit qui n'eût jamais disparu. En s'approchant, il vit que l'ombre était faite de toiles d'araignée, l'une derrière l'autre, superposées et tout emmêlées. Il vit aussi qu'il y avait, installées dans les branches au-dessus de lui, des araignées énormes et horribles ; en dépit de son anneau, il trembla de la peur d'être découvert."

"Gollum n'avait pas d'épée. Gollum n'avait pas positivement menacé de le tuer, ni encore tenté de le faire. Et il était misérable, seul, perdu. Une compréhension soudaine, une pitié mêlée d'horreur s'élevèrent dans le coeur de Bilbo : il vit la suite interminable de jours non marquée, sans lumière, sans espoir d'amélioration, la pierre dure, le poisson froid, les mouvements furtifs, le chuchotement."

Ailleurs
Sur le Cercle d'Atuan où ce fut lu en Lecture Commune
Tigger Lilly ; Vert ; Olya ; Linou ...