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lundi 20 juin 2016

Entre Clair et Obscur (3)

Quelles lectures depuis le 1er Mai ?



Deux gros pavés, trois livres un peu moins gros dont un de littérature générale.


- La voie des Rois, les archives de Roshar de Brandon SANDERSON Tomes 1 et 2

Brandon SANDERSON c'est un auteur que je considère comme sûr, peu de risque d'être déçue ... 
Les archives de Roshar ne déroge pas à la règle, je me suis enfilé les quelques 749 et 655 pages plutôt rapidement. Ce que j'aime avant tout chez cet auteur, c'est que bien qu'il parle toujours de magies étranges et atypiques, il se renouvelle toujours .... Dans Fils de Brume, il évoquait les éléments liés à des pouvoirs, dans Warbreaker il mettait en scène les Souffles donnant des sens surhumains et là il invente une magie portant sur les sphères ... ainsi que des armes de guerre comme les cuirasses et les lames d'éclat qui donnent des pouvoirs presque surnaturels à ceux qui parviennent à les gagner ; ils deviennent alors des Porte Eclats.

En dehors de cette magie particulière, on suit particulièrement trois personnages très attachants qui ont chacun une personnalité très fouillée, j'avoue avoir une nette préférence pour Kaladin, l'ancien militaire devenu esclave mais qui va se battre pour survivre .... 
 
Tout le roman prend forme autour d'une guerre insensée, où interviennent vengeance, prise de pierres sur des monstres chrysalides et batailles sur des plateaux qu'il faut relier par les ponts portés à dos d'hommes ... le tout dans un univers aride, balayé par des tempêtes majeures et peuplé d'animaux étranges, sorte de crustacés fauves géants.

Bref, un récit vraiment passionnant, qui malgré quelques longueurs, nous entraine dans un monde de fantasy vraiment original, j'ai adoré. 
Par contre il parait qu'il y en aura 10 tomes en tout, je ne suis pas prête de finir cette série et de  trépigner en guettant les sorties des prochains tomes !



 - Le roi des fauves de Aurélie WELLENSTEIN

Je ne connaissais pas du tout cette auteure et d'un coup aux Imaginales, j'ai acheté deux livres, celui-ci et Chevaux de Foudre (qui tourne actuellement dans ma classe). 

Dans le Roi des Fauves, trois jeunes hommes, accusés injustement de meurtre, sont condamnés à un sort pire que la mort, il leur reste sept jours d'humanité avant de sombrer dans la bestialité.
L'univers créé par Aurélie WELLENSTEIN est très brutal, violent et brute et l'on ne s'ennuie vraiment pas, le récit est très entrainant avec des moments de tension et d'inquiétude bien frissonnant.

Elle aborde intelligemment le thème de la transformation de l'humain en animal en jouant sur la bestialité de créatures, les Bersekirs, qui au fond sont plus des victimes que des bourreaux.
Qui de l'animal et de l'humain va l'emporter ?

Si l'on ajoute à tout cela que la plume de l'auteur est vraiment fluide et agréable à lire (une belle mention pour Chevaux de foudre un roman pour adolescents vraiment prenant), je pense que je lirai d'autres romans de sa part, d'ailleurs son dernier en date me fait fortement de l'oeil.
Une belle découverte.

- Les chaussures italiennes de Henning MANKELL

C'est mon père qui m'a offert ce roman pour mon anniversaire. 
Fredrik Welin vit reclus sur une île de la Baltique avec pour compagnons un chat et une chienne. A 66 ans, il n'a pour seule activité qu'une baignade dans un trou d'eau glacial. Jusqu'au jour où Harriet, son amour d'enfance resurgit ... La vie de Fredrik vient de recommencer. 
C'est un roman qui même s'il met en scène un personnage relativement âgé, peut toucher n'importe quel lecteur de par la justesse de ses réflexions psychologiques et philosophiques. Fredrik est un homme égoiste et égocentrique, qui pourtant va se tourner peu à peu vers les autres (tout en se livrant à une belle introspection qui va le remettre peu à peu en cause) et en cela il est touchant (car dans le fond c'est tout de même un mec pas très sympathique), son évolution est plus qu'enrichissante.
Cela fait du bien de lire de temps en temps de la littérature générale aussi riche en humanité.
Je ne sais pas si je lirai d'autres romans de cet auteur mais celui-ci est vraiment chouette.

- Les dames blanches de Pierre BORDAGE

"Une étrange bulle blanche d'une cinquantaine de mètres de diamètres est découverte un jour dans une bourgade de l'ouest de la France. Elle attire et capture Léo, trois ans, le fils d'Elodie." 

Voici l'étrange début d'un roman de Science fiction se passant sur Terre, sur plusieurs années.  D'autres Dames Blanches apparaissant un peu partout dans le monde et étant à l'origine de la disparition de centaines d'enfants, les humains vont alors se livrer à une bataille sans merci et complètement immonde. 
Car si ces Dames Blanches créent des turbulences électromagnétiques, plongeant la Terre des années en arrière, sans réseaux sociaux, ni téléphone, ni même électricité .... une sorte de post-apo progressif, elles ne se montrent ni hostiles, ni agressives, or la réaction des humains, elle, l'est, multipliée par 100, n'hésitant pas à sacrifier des millions d'enfants.

Ce roman a quelque chose d'à la fois hallucinant et de terriblement cruel. La façon dont la lutte contre ces envahisseuse extraterrestres prend des proportions dantesques met presque mal à l'aise et on constate une fois de plus que lorsque tout va mal, les gens se tournent vers les partis extrêmes et ceux qui proposent les solutions les plus radicales. C'est à la fois prenant et terrible.
 

mercredi 1 juin 2016

L'envol du dragon de Jeanne A.Debats

Aux Imaginales (article qui suivra quand j'aurai un peu plus de courage et de pêche) j'ai acheté, entre autres, trois petits livres de Jeanne A-Debats : L'envol du Dragon ; Rana et le dauphin et L'enfant satellite. Ces trois livres me paraissaient idéals en terme de longueur et d'intérêt pour donner envie à mes zouzous de se lancer dans la lecture SFFF, sans trop de difficultés.

Aussi j'ai lu ce matin L'Envol du Dragon devant eux ....

Je l'avais évidement lu déjà chez moi et ressenti cette émotion que j'ai toujours en moi lorsque l'on aborde cette si terrible maladie .... L'Envol du dragon raconte ainsi comment Valentin, un enfant gravement malade, s'immerge dans un monde virtuel et devient un dragon sur le point de s'envoler.

Ce texte court et poignant narre avec sensibilité et pudeur les derniers instants et les rêves d'un enfant qui se sait condamné.

Ce matin, j'avais 26 regards posés sur moi qui me suivaient pas à pas tandis que je déambulais dans la classe tout en leur lisant ce roman -je suis incapable de rester immobile lorsque je leur lis quelque chose - il y avait aussi une sorte de tension que je n'avais jamais ressentie auparavant .... Si je connais évidement l'expression "être suspendu aux lèvres de quelqu'un", je ne l'avais jamais éprouvée à ce point ... Même mes élèves qui n'aiment pas trop lire, même ceux qui ne sont pas trop attentifs d'ordinaire, même eux  .....  étaient présents par ce regard intense.

Il est des fois aussi où l'on sent une espèce d'émotion que l'on a du mal à juguler, je ressens cela souvent en fin d'année lorsque je leur dis "au revoir" ou quelquefois dans l'année lorsqu'on aborde des sujets qui touchent, ou alors quand un enfant me raconte une souffrance qui me serre le coeur.
Et là ... ce livre .... cette fin ..... j'ai senti que cela montait, que ma voix s'enrouait .... qu'il allait falloir mobiliser toute sa maitrise de soi pour ne pas pleurer.

J'ai réussi à achever ma lecture, j'ai fermé le livre, je les ai regardés ..... Silence de mort ... toujours ces regards .... ce truc qui passe entre nous .... par cette lecture partagée ....

Etre enseignant ce n'est pas seulement se prendre des coups dans la tronche, des propos diffamatoires, des peurs et des douleurs .... C'est aussi faire découvrir un tout petit roman bouleversant et le partager avec vingt-six autres âmes ....

Merci Jeanne A-Debats pour ce moment intense ...

 

dimanche 1 mai 2016

Entre Clair et Obscur (2)

Ceci n'est pas un billet de livre... il n'y aura probablement plus de billet de cette sorte sur Clair Obscur ....
Pour moi Clair Obscur tel qu'il a pu l'être avec ses défauts et peut-être ses qualités est bel et bien mort.

Je sais aussi  désormais ce qui n'a pas fonctionné et ce depuis quelques mois, c'est apparu très clairement, brutalement, en mettant plusieurs éléments de ma vie en comparaison et notamment les points communs de mes échecs ..... Je n'en dirai pas plus, ce blog n'est pas là pour faire office de catharsis et rien ne changerait de toute façon cet état de fait ... 

Clair Obscur fera désormais office de mémoire de mes lectures, de temps en temps .... Histoire de garder trace de ce que je lis.

J'y songeais cependant depuis un moment sans oser me lancer (parce que l'envie me manquait et surtout que j'ai traversé une énorme panne de lecture en SFFF, une sorte de dégoût probablement du à la réalisation de tout cela) et puis je me suis décidée en lisant le gentil et touchant commentaire de Alys qui m'informait "garder un oeil sur sa colonne de droite au cas où" ..


Alors quelles lectures depuis ces derniers mois ? 

Pas grand chose suite à ma panne donc, j'ai relu beaucoup d'anciens livres qui n'avaient rien à voir avec la SFFF et peu lu de livres de ma Pàl.

- Port d'âmes de Lionel DAVOUST : Il est normal que je commence par celui-ci car sa lecture a pile poil coïncidé avec mon retrait de lecture, ce qui fait que je l'ai démarré il y a fort longtemps, arrêté et puis complètement repris depuis le début .... Ce qui ne m'arrive presque jamais mais c'est Lionel et pour la qualité de ses romans, c'est complètement mérité.

J'ai une fois de plus beaucoup apprécié sa plume dans ce roman complètement différent de tout ce que j'avais pu lire auparavant ... et différent aussi de ses autres livres bien que se passant dans l'univers d'Evanégyre ... mais tout simplement parce que c'est un auteur qui sait tellement se renouveler à chaque fois que j'ai la sensation de le redécouvrir. Lionel a ce don de nous basculer dans des lectures différentes à chacun de ses écrits tout en réussissant encore à nous surprendre.
Qu'ai-je particulièrement aimé dans Port d'âmes ? Eh bien le personnage même de Rhuys qui, tout en ayant ce côté un peu naïf de Mickaël Pertersen dans sa trilogie  de Léviathan, n'en porte pas pour autant ses travers agaçants et je l'ai suivi avec beaucoup d'intérêt car il est tellement anti-héros par excellence qu'on ressent profondément tout ce qu'il traverse. 
Je me souviens particulièrement de ce passage où il se met à dos l'Administration, de ce sentiment un peu humiliant d'avoir fait quelque chose auquel on croit profondément mais que l'on sait vecteur d'ennui à coup sûr ... cette sensation d'avoir agi en son âme et conscience mais qu'on regrette ensuite car la justice n'est pas la même pour tous .... Rhuys est un personnage profondément humain qui, avec des valeurs d'équité et d'honnêteté, devra se défendre dans un monde gouverné par le pouvoir, la duplicité et le mensonge .... 
C'est finalement très proche de la réalité actuelle du monde .... Être pourri est quelque fois plus profitable qu'être droit dans ses bottes, hélas ...

Le deuxième point que j'ai aimé dans cet excellent roman est tout ce qui tourne autour du Transfert, de ces dons d'âmes et de souvenirs.... J'en avais déjà été touchée dans La route de la Conquête mais là que cet aspect de ce monde est vraiment mis en valeur, cela revêt quelque chose d'à la fois terrible et poignant .. Le tout servi par ces mots si ciselés et justes de la plume d'un auteur que, même sans blog, je continuerai à suivre fidèlement tant je suis conquise.

- Le fou et l'assassin III ; En quête de Vengeance de Robin HOBB : Si j'avais trouvé le tome précédent un peu moins puissant que les précédents, celui-ci m'a littéralement subjuguée ... 

Une fois de plus il faut laisser le temps à Robin Hobb de poser son décor et de laisser les lecteurs renouer avec ses personnages ... Ce fut l'apothéose des retrouvailles avec Fitz dans En quête de vengeance et quel bonheur de se trouver à nouveau en symbiose avec son personnage fétiche (c'est bel et bien mon personnage préféré de tous les livres que j'aurai pu lire et le cycle de la Citadelle des Ombres restera  à jamais le cycle qui me transporte le plus) .... Quel bonheur aussi de retrouver les autres personnages et de voir enfin Fitz mis en valeur tel qu'il le mérite. En parallèle le récit s'accélère avec la disparition de la petite Abeille et les secrets du Fou enfin retrouvé .... J'aime aussi que Oeil de Nuit ne soit pas si loin, même en tant que souvenirs, toujours présents dans la mémoire des personnages en peu sous forme de fantôme qui communiquerait avec eux lorsqu'ils se trouvent en danger.
Bref j'ai adoré, ce fut un coup de coeur, je l'ai dévoré et j'ai hâte de lire la suite, mais que c'est long d'attendre !

- Lasser dans les arênes du temps de Sylvie MILLER et Philippe WARD : On retrouve notre célèbre détective et sa secrétaire (qui fait désormais office d'enquêtrice aussi) au Caire. Si j'ai moins accroché à ce tome-ci - probablement parce que la formule use un peu - j'y ai particulièrement aimé la mise en valeur de Fazimel, de la découverte de ses pouvoirs et surtout de son passé, cela donne un renouveau tout à fait bienvenue à la série. C'est toujours très agréable à lire cela dit, sans prise de tête et je pense que je continuerai à suivre les aventures de nos deux personnages atypiques et sympathiques.




- Eldorado de Hina COREL : J'avais acheté ce roman l'an dernier aux Imaginales en me faisant un peu "alpaguer" par son auteure .... Bon c'est de bonne guerre lorsqu'on a envie de faire découvrir son roman et du coup je l'avais acheté puis complètement oublié avant de le redécouvrir dans ma Pàl. 
C'est de la Young Adult post apocalytique dans lequel un jeu vidéo a pris le contrôle de la population ... Ses concepteurs s'en servent même pour réguler cette population. 
L'idée est intéressante et l'intrigue plutôt bien menée. J'ai bien accroché au début du fait de l'originalité du sujet mais ensuite mon intérêt est quelque peu retombé notamment à cause du style même de l'auteur. Je l'ai trouvé trop soigné, pas assez spontané et ce genre de style m'ennuie à la longue. Je ne dirai pas qu'elle écrit mal, non Hina Corel écrit bien mais il manque ce petit plus qui fait que je m'emballe grâce au pouvoir et à la magie des mots que certains savent si bien employer ... Cette écriture là est trop "scolaire" en quelque sorte, trop ficelée. Un peu dommage.

- Wormworld Saga de Daniel LIESKE : J'ai fait acheter ces trois albums  pour mon école, en pensant que cette BD serait une bonne entrée dans la fantasy pour mes élèves ; car depuis 2 ans j'ai réussi à faire entrer la SFFF dans notre BCD et ainsi à la faire découvrir à mes p'tits loups (ce qui trouve cette année son apogée de par notre participation au Prix des Ecoliers 2016 pour les Imaginales ... j'ai trop hâte d'y être d'ailleurs !).

Wormworld raconte donc le voyage d'un jeune garçon dans un monde de fantasy franchi par la porte de son grenier (on trouve là des similitudes avec Le monde de Narnia et L'Histoire sans fin, des lectures qui ont accompagné l'auteur dans sa jeunesse) ... A la base, cette histoire était partie d'un tableau qu'il avait réalisé pour un concours (et qui avait d'ailleurs remporté le second Prix) et a été conçue comme un film 3D (ce qui se voit immédiatement en feuilletant les albums).
Si l'histoire est relativement conventionnelle : quête d'un enfant à moitié orphelin mais qui dans le nouveau monde est attendu tel un messie, lutte contre une phobie qui le paralyse et qu'il devra vaincre, rencontre de personnages qui vont l'aider ..... les illustrations sont absolument formidables avec un jeu de clair obscur des plus réussi .... Elles sont littéralement subjuguantes et cela gomme un peu le côté classique de cette fantasy ... Il ne faut pas oublier non plus que ces BD s'adressent à un jeune public et que par là c'est parfaitement réussi, mes élèves ont terriblement hâte de les découvrir (je les ai alléchés avant ih ih) et je pense que ce sera une magnifique entrée dans la fantasy ... qui plus est qui se passe dans un monde où tout un univers de bêtes et de plantes étranges ont été conçus. J'espère juste qu'il ne faudra pas attendre trop longtemps pour les suites ....


 

samedi 24 octobre 2015

Les carnets de Cerise de Joris Chamblain et Aurélie Neytet



Chaque année scolaire, deux fois par ans, mon amie qui bosse à la bibliothèque de l'école et moi-même partons à l'assaut du Hall du Livre de Nancy à la recherche des livres ..... perdus ...... trouvés.

L'an passé, l'exercice était extrêmement facile ayant des élèves formidablement lecteurs et passionnés que je pouvais éveiller à des tas de littératures différentes .... et surtout à la fantasy ....
Ainsi Oksa PollockLes Désastreuses aventures de orphelins Baudelaire, Rose et ien d' autres avaient fait leur entrée triomphale dans la BCD de l'école.
Les années ne se ressemblant hélas pas, ma classe cette année se révèle beaucoup moins intéressante de ce point de vue et surtout passive et pas du tout encline à la découverte .... snif snif .... Aussi choisir des livres dans ces conditions n'est pas si aisé que cela.

Heureusement il reste les albums et des fois on fait de sacrés découvertes.
Les Carnets de Cerise, je les avais repérés dans un catalogue et j'avais été séduite par les illustrations.
Il existe aujourd'hui 3 albums portant sur les aventures de cette petite fille qui s'appelle Cerise et qui rêve d'être une romancière.

"Il était une fois ...
Quand j'étais petite, je me suis fait la promesse que si un jour j'avais un journal intime, il commencerait comme ça. J'aime lire des histoire et mes préférées commencent toutes par " Il était une fois".
Alors, il était une fois ... ben moi, Cerise !
J'ai dix ans et demi et mon rêve c'est de devenir romancière. J'adore écrire. Et j'adore lire des romans, des bd, des magazines un peu scientifiques .... Ma maman m'a toujours dit que le vocabulaire était ma meilleure arme dans la vie. Avant je ne comprenais pas vraiment pourquoi. Maintenant si.
Lire, c'est découvrir, voyager, mais aussi apprendre le sens des mots et surtout apprendre à s'en servir. C'est très important pour comprendre les choses, et faire attention à ce que l'on dit."

En attendant de devenir romancière,  Cerise observe les gens, imagine leurs vies, leurs secrets .... Et elle aime découvrir "quelque chose" quand elle croise des personnes.
Du coup ces Carnets constituent ses "enquêtes" : un mystérieux vieil homme couvert de peinture qui passe dans les bois pour une direction inconnue pour le premier Carnet, une vieille dame qui a l'air très triste et emprunte toujours le même livre à la bibliothèque dans le second Carnet et enfin les secrets du traumatisme d'une jeune relieuse de livres dans le troisième Carnet.
La particularité de ces Carnet et qui fait tout leur charme, c'est que les deux auteurs ont choisi de mélanger le journal intime de la petite Cerise à ce qui lui arrive sous forme de BD, du coup on navigue sans cesse entre l'histoire racontée et ses réflexions, tristesses et sentiments sous forme d'introspection agrémentée de photos, de dessins .... 




 C'est vraiment super chouette et en plus comme la BD est soutenue par des illustrations tendres, pastels et réalistes, cela donne un résultat superbe.
Je suis fan de tous ces paysages enneigés du troisième tome ! 




Ces Carnets sont bourrés de qualités : la forme d'une part dont je viens de parler, les illustrations d'autre part dont j'ai parlé aussi mais en bonus la profondeur des personnage.

Cerise tout d'abord, qui est une petite fille introvertie bien qu'ayant deux meilleures amies avec lesquelles elle partage ses enquêtes .... une petite fille aussi qui semble en souffrance, on apprend peu à peu pourquoi et qui livre au travers de son journal intime ses difficultés relationnelles avec ceux qu'elle aime pourtant profondément. Et malgré tout, c'est une enfant tournée vers les autres, dans le désir de les aider. Qui plus est, avec une belle évolution dans ses rapports à elle-même et aux autres au fil des Carnets.

Les autres personnages sont haut en couleurs aussi ... Une maman qui fait du mieux qu'elle peut face à une fille qui devient adolescente, deux amies toujours là en cas de problèmes mais qui peuvent être impitoyables quand Cerise les délaisse, une étrange vieille voisine qui écrit des romans et est l'amie de Cerise, au grand dam de sa maman ... on se demande pourquoi et on a hâte d'en avoir l'explication (dans les tomes suivants ?) et les personnages rencontrés qui ont une réelle profondeur d'âme.

En plus, ces Carnets qui se suivent révèlent peu à peu des bribes du passé et de la vie des personnages, c'est vraiment passionnant.

On l'aura compris, ces albums sont un grand grand coup de coeur pour moi, une découverte que j'ai hâte de prolonger dans les suites (prochaine sortie du Tome 4 : Janvier 2016) et surtout hâte de faire découvrir à ma classe, parce que cela vaut vraiment vraiment le détour.

Je le conseille aussi en guise de cadeaux de Noël pour des lecteurs de 9.10 ans et plus (être un minimum bon lecteur car il y a pas mal de texte) qui veulent de la vraie qualité.

dimanche 30 août 2015

Ki et Vandien Tomes 1 et 2 de Megan Lindholm

Tout le monde connait Megan LINDHOLM mais pas sous ce nom-là .... sous celui de Robin HOBB la fabuleuse conteuse de La Citadelle des Ombres et Les aventuriers de la mer (entre autres).

Avant d'être Robin HOBB, elle était donc Megan LINDHOLM et avait à son actif beaucoup de romans. Etant fan absolue de cette auteure, je me devais de me plonger un jour dans ses précédentes oeuvres. Cela tombait bien, une intégrale d'un cycle était proposée aux Imaginales.
Après avoir beaucoup hésité, je me suis décidée à l'acquérir.

Cette Intégrale comporte 4 Tomes dont j'ai choisi de ne chroniquer que les deux premiers dans un premier temps. La raison étant que je veux faire des pauses dans les lectures d'intégrales car lorsque je suis à fond dedans, j'ai beaucoup de mal à lire autre chose après.
Bon cela dit, la coupure de ce cycle là ne fut pas un problème insurmontable : les deux premiers tomes, s'ils mettent en scène les mêmes personnages principaux, comportent deux aventures qui pourraient se lire indépendamment (sauf qu'évidemment on aurait peut-être quelques soucis à tout comprendre de la psychologie des personnages en démarrant dès le second tome).

Ki est une jeune femme roumi qui vit dans un univers où se côtoient humains et créatures, telles que des Harpies, des Ventchanteuses et autres peuples. C'est lorsque les Harpies lui prennent son mari et ses enfants qu'elle décide de se venger. C'est plus tard, au cours de sa route, qu'elle rencontrera Vandien un jeune voleur. Le premier tome est donc accès sur les Harpies et les premières relations entre Ki et Vandien au cours du long périple qu'ils font au travers les montagnes.

On sent la patte déjà existante de l'auteure sur la psychologie fouillée des personnages, le soin qu'elle apporte à leurs relations et quelques indices qui font déjà penser à ses futures romans. Le roman est soigné (il me semble que c'est son tout premier) et bien écrit mais sans arriver à la cheville de La Citadelle des Ombres. Quelque chose d'indéfinissable m'a gênée, peut-être parce qu'on a la sensation que le potentiel pourtant présent dans ce cycle n'est pas complètement exploité, peut-être aussi parce que j'ai lu du tellement bon de sa part que j'accroche moins à du moins qualiteux.

Dans le second opus, Vandien doit se rendre au village de Faux-Havre afin de retrouver le coffre caché sous les eaux par les Ventchanteuses, des créatures mystérieuses qui ont appris à commander le temps. C'est que l'enjeu est important pour lui, s'il retrouve le coffre, il retrouvera son visage d'avant.
Plus centré sur Vandien (encore que Ki n'est tout de même pas mise de côté car elle oeuvre un peu en parallèle de son ami, on comprend pourquoi au fil de la lecture), "Les Ventchanteuses" nous permet de mieux connaitre Vandien et la tragédie qu'il a vécue lors du Tome précédent.
En même temps, on commence à saisir certains prémisses de magie qui restent assez discrets, mais la magie, si elle a toujours fait partie de l'univers de Robin HOBB, n'a jamais pris le pas sur le reste : la vie des personnages, leurs interrogations, angoisses et bonheurs et des mondes où l'on découvre des peuples avec coutumes, moeurs et rêves.

Megan LINDHOLM offre là sur ses deux premiers tomes une oeuvre soignée, honnête, qui se lit avec plaisir et met en scène des personnages qu'on a envie de découvrir plus intimement, même si j'ai une nette préférence pour Vandien. 
Pour autant si on sent tout le potentiel de l'auteure dans ce cycle, elle n'a pas encore su trouver les clés pour passer de la lecture plaisir à la lecture coup de coeur.
Ce sont de bons romans, avec beaucoup de qualités mais pas des grands romans.

Suite aux prochains tomes.

Ailleurs

vendredi 21 août 2015

Les pirates de l'Escroc-Griffe de Jean-Sébastien Guillermou

Caboche, jeune orphelin, à la recherche de son père, ne se doutait pas, en embarquant à bord du brick-goélette l'Escroc-Griffe - dirigé par le capitaine Bretelle et encadré par un équipage pour le moins hétéroclite ressemblant plus à une troupe de cirque qu'à des marins - qu'il allait être entrainé dans un voyage surprenant sur les Mers Turquoises vers les Terres Interdites -des terres inexplorées et considérées comme extrêmement dangereuses .... Une quête périlleuse car ils ne sont pas les seuls à vouloir atteindre ce que cachent ces Terres .... l'immortel et invincible Amiral-Fantôme les poursuit inlassablement ....

Haletant et dense - le ton est donné par un style vif et enlevé et des chapitres extrêmement courts - ce premier tome de cette trilogie nous entraine à la fois dans une quête initiatique et  dans une aventure de piraterie fantastique et fantasy mâtinée de quelques éléments steampunk et soulignée de magie.

Les personnages sont très haut en couleurs -servis par des noms marquant leurs personnalités bien marquées et des physiques insolites  -  mais pour autant pas forcément figés, certains promettant une belle évolution comme le capitaine Bretelle le Lymphogateur ou encore Syco l'alcoolique notoire dont on aimerait connaître un peu mieux le passé. 

Le décor est riche mettant en scène un monde-fleur dont les pétales se ferment à la tombée de la nuit (j'ai trouvé cela très poétique) et des Terres Interdites camouflant des secrets enfouis profondément et des technologies incroyables .... les aventures s'enchainent à un rythme trépidant nous emmenant de découvertes en découvertes, à la rencontre d'animaux fantastiques - j'ai adoré la grenouille des sable de Bretelle et les Do kar's-  , de civilisations dont plus personne ne sait rien et de phénomènes étranges tels que la Vrume, la lymphe ...

Dense et haletant étaient les premiers mots de mon billet .... parce qu'ils forment à la fois la qualité et le défaut de ce roman.

Qualité parce que l'on ne s'ennuie absolument pas et que les pages s'enchainent avec délectation, sitôt un chapitre terminé, on plonge dans le suivant .... Mais tout à la fois défaut parce qu'en contrepartie on ne souffle pas, tout va très - trop - vite et j'ai eu un peu de mal à m'approprier correctement cet univers si riche qu'il aurait mérité d'être approfondi plus doucement ... au contraire, sitôt un élément apparu qu'un autre surgit et au final je me rends compte que j'aurais bien du mal à tout restituer et surtout à y trouver des repères stables.

L'autre côté un peu négatif aussi des Pirates de l'Escroc-Griffe est la façon quelquefois trop facile dont les héros se démêlent de situations pourtant bien inextricables .... sans qu'il y ait beaucoup de casse ou de pertes. J'aurais aimé un peu plus de menace de la part de l'Amiral-Fantôme (mais peut-être cela est-il prévu dans la suite ?) avec un peu plus de suspense pour nos personnages héros.

Néanmoins ces deux défauts ne masquent évidement pas le côté intéressant du roman qui met en scène un voyage rocambolesque parmi des personnages vraiment passionnants - je pense notamment à Goowan le Kazarsse  ou au mystérieux Amiral-Fantôme - et non empreints d'humour et de dérision.
Ces personnages sont des loosers à la base, des hommes désabusés qui n'ont plus aucune crédibilité et du coup ils en deviennent très humains et attachants surtout lorsque l'on se rend compte de leur énorme potentiel.

 Le monde dans lequel navigue l'Escroc-Griffe est pour le moins original, plein de surprises et de merveilles -que d'inventions a fait preuve Jean-Sébastien, quelle imagination !-  avec des éléments qui s'emboitent parfaitement ....  c'est trop rapide certes mais l'on retombe immanquablement sur ses pieds car c'est très bien structuré : faune, flore, rien n'est laissé au hasard.

D'autre part le roman aborde pas mal de thèmes tels que la tolérance, le courage et renvoie à certains épisodes historiques de colonisation des hommes blancs au détriment des civilisations et de leurs brillantes cultures ; l'histoire des Karzasses et la façon dont on les traite sous couvert de l'être inférieur est ce qui m'a le plus touchée, et j'ai aussi beaucoup aimé la découverte du mode de vie des Sartoniens .... On pense évidement aux civilisations disparues telles les Mayas qui possédaient tant de savoirs en avance sur le reste du monde et qui sont tombés dans l'oubli avec eux.

Et puis je ne peux que souligner ce que évidement ne peut que me faire craquer dans un tel roman : c'est qu'il se passe sur les mers à bord d'un voilier, quel bonheur de se replonger dans le vocabulaire bien spécifique de la navigation (j'avais appris par coeur toute la voilure de la Surprise, la frégate du Capitaine  Jack Aubrey (par Patrick O'Brian : "Maitre à bord" ou "La Surprise" entre autres : pour info un film appelé Master and Commander avait été tiré de ces romans avec des plans de l'Endeavour le 3 mâts du Capitaine Cook, restauré il y a quelques années, mon coup de coeur de Brest 2004 et qui m'a valu mon pseudo mais je digresse) et de participer aux combats navals.

En conclusion, Les Pirates de l'Escroc-Griffe est un roman plein de bonnes surprises, bien écrit et entraînant, avec de l'originalité, de l'humour et de l'aventure, dans un univers bien construit .... des petits défauts certes mais qui n'ont pas entamé mon enthousiasme lors de ma lecture et mon envie de découvrir la suite .... que j'ai hâte d'avoir  en espérant néanmoins un peu plus de calme pour me poser un peu dans cet univers incroyable.

Ailleurs
Une interview de l'auteur ici ...
Le blog de Jean-Sébastien, cliquer ....



Pour le plaisir des yeux ..... une petite photo souvenir ......

Endeavour
 

samedi 15 août 2015

Dans les veines de Morgane Caussarieu

"La nuit, Bordeaux a peur. Tandis que l'on repêche des cadavres exsangues dans la Garonne, des filles perdues poussent leurs derniers soupirs au son du Bathory, nouveau repaire de la faune interlope. Le lieutenant Baron suit la trace de tueurs dégénérés avides de sexe, de drogue et de rock'n'roll, bien décidés à saigner la cité girondine ..."

La quatrième de couverture promettait un livre qui tordait le cou aux clichés bit-lit pour mieux revenir sur l'essence première du vampire : un être amoral, violent, à l'érotisme déviant ...
Parce que les gentils vampires, ça n'existe pas.

Ceci je l'avais déjà mesuré dans Je suis ton ombre, encore que c'était moins gore  - plus du genre glauque avec beaucoup d'atrocités mais suggérées - alors que dans ce premier roman de Morgane Cassarieu, tout est montré, c'est cru, c'est brutal, c'est dur. On est effectivement très très loin du gentil vampire complètement éthéré et ridicule des livres de Stéphanie MEYER.

Dans les veines se lit avec une sorte de fascination morbide, parce que ces vampires tout horribles soit-ils, n'en sont pas moins étonnants, dans le sens d'envie de les découvrir mieux que cela. C'est tout simplement leur nature comme Lily, la fille du lieutenant Baron, le comprend si bien en tombant éperdument amoureuse de Damian, l'un d'entre eux, qui, pour elle, parviendra à mettre de côté sa nature ... un temps.

C'est gore certes parce qu'il y a malgré tout le vampire qui tue parce que c'est sa nature mais celui qui tue avec une sorte de plaisir exacerbé. Bon la scène finale m'a tout de même mise terriblement mal à l'aise, il y a des limites à ce que je peux supporter. J'avais limite la nausée en lisant ces pages.

Mais ce qui fait aussi la force, la puissance de ce roman, c'est que même les humains sont sordides : inceste, vulgarité, alcoolisme, indifférence  .... Tout est sombre dans ce roman qui pourtant une fois dedans se lit avec une sorte de rage ..... au rythme de l'écriture ciselée, tranchante et sans détour de Morgane Cassarieu.

samedi 8 août 2015

Entre Clair et Obscur

Qui dit ne blogue pas, ne veut pas dire, ne lit pas.
Et les livres se sont accumulés, non chroniqués avec le temps passant, les oublis habituels et l'envie de le faire qui s'éloigne.
Du coup, je vais faire un court résumé de tous afin de pouvoir enfin les ranger dans ma bibliothèque.

Alors quelles lectures depuis le mois d'Avril ?

- Haut Royaume L'héritier de Pierre PEVEL : Cette série est maudite, cela fait la seconde fois qu'elle se trouve au coeur de mes pannes de blog et que du coup, non chroniquée à temps, fait l'office d'un formatage de cerveau ..... En plus entre le premier tome et le second, donc celui-ci, j'avais déjà presque tout oublié. Voilà pourquoi je déteste commencer des séries inachevées et pourtant je continue à le faire .... moins mais à le faire quand même.
Du coup .... je ne sais vraiment pas quoi dire de l'Héritier si ce n'est que de manière générale, même si je lis avec plaisir cette nouvelle saga je la trouve un gros poil en dessous des précédentes, du coup j'en oublie d'autant plus vite le contenu.



- Ferrailleurs des mers de Paolo BACIGALUPI : Un très chouette roman jeunesse sur la survie d'adolescents à la fin du XXè siècle. L'histoire est très cohérente et les personnages vraiment bien posés, j'ai vraiment beaucoup aimé. Au travers d'un livre, destiné à un jeune public, l'auteur aborde intelligemment un monde post-apocalyptique avec des enjeux économiques et des manipulations génétiques dans un décor bien construit. Son prix Locus est amplement mérité. C'est du tout bon.

- Serpentine de Mélanie FAZI : Dommage que je n'ai pas trouvé l'envie de le chroniquer celui-ci car j'avais pris des tas de notes sur chacune des nouvelles qui ponctuent ce recueil.  J'ai retrouvé avec plaisir cette plume sensible et humaine d'une auteure qui a tout compris des relations humaines et des ressentis de chacun. Si je parcours rapidement mes notes prises à l'occasion de ma lecture, je peux relever sa maitrise du récit, notamment dans "Nous allons prendre la route" ; sa façon de faire prendre forme à ses mots, comme dans Rêves de cendre. J'avais trouvé la nouvelle Mathilda très intense au gré des morceaux de musique qui la composent et Ghost town blues la plus angoissante de toutes (il faut dire qu'une ville fantôme dans laquelle des êtres malsains se font les vampires de souvenirs pose les choses en la matière !)
En résumé, encore un excellente recueil de nouvelles de cette "sorcière" de l'écriture  qui m'a envoûtée une fois de plus.



- Ados sous contrôle de Johan HELIOT : Un livre pour adolescents mais qui ne m'a pas vraiment marquée, j'ai eu déjà la sensation d'en avoir pas mal lu sur le sujet : un camp de rééducation pour adolescents rebelles dont certains, surnommés les APO, ont une comportement de zombie.
Je n'en garde que peu de souvenirs.




- Cinquante nuances de Grey de EL James : C'est le livre gag du printemps. Déjà, pourquoi s'est-il retrouvé entre mes mains ??? Tout simplement parce que j'en avais assez d'entendre des personnes autour de moi s'extasier sur le film et me répondre lorsque je leur donnais mon avis "tu ne peux pas savoir tu ne l'as pas vu". Bon .... exact et je ne l'ai d'ailleurs toujours pas vu, je ne vais de toute façon pas au cinéma. Du coup une amie m'a proposé le livre et j'ai accepté pour avoir matière à critique si je retombais sur quelqu'un qui mettait cette histoire sur un piédestal.
Je ne vais pas y aller par quatre chemins : c'est un des livres les plus nuls qu'il m'a été donné de lire depuis des années. Je crois qu'il bat même Twilight ! En premier lieu, il est atrocement mal écrit et complètement inintéressant. Je ne parle même pas des personnages, entre cette cruche d'Anastasia prête à faire absolument n'importe quoi pour ce bellâtre de millionnaire qui manque à ce point de charisme qu'on aurait juste envie de le claquer ... et l'autre avec pour qu'elle ouvre les yeux. 
Bref, ce livre ne mérite même pas une ligne de plus de chronique.  Quant au côté "histoire érotique" c'est d'un lassant épouvantable. Si on souhaite une belle histoire d'amour avec du cul dedans, je conseillerais plutôt de lire Les vaisseaux du coeur de Benoite GROULT : ça c'est du vraiment bon !!! 

- Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire de Lemony SNICKET tomes 6 et 7. Rien de très nouveau dans ces tomes-ci, à force le concept  lasse un peu malgré l'envie de savoir ce qu'il est advenu des amis des enfants Baudelaire et la hâte que le Comte Olaf soit enfin entre les barreaux. C'est distrayant quand on n'a rien d'autre à lire. Par contre pour les enfants, c'est vraiment une série sympa surtout qu'elle est émaillée de réflexions sur la vie ou les façons de percevoir les choses qui sont intéressantes.





- Adèle les noces de la Reine Margot 2015 le jour, 1572 la nuit de Silène EDGAR : cette auteure avait remporté un véritable succès avec 14.14 un roman mettant en scène la première guerre mondiale. Dans Adèle les noces de la Reine Margot, elle reprend le même principe : un personnage (cette fois-ci une jeune fille) de notre temps qui bascule dans un temps d'autrefois, à la différence que cette fois-ci c'est au travers de songes (dans le précédent, c'était au travers de lettres). C'est à la fois agréable à lire et très pédagogique puisque l'on aborde les évènements historiques de 1572 et notamment la terrible Saint Barthélémy qui se prépare. Un très bon roman jeunesse donc.

- Le Fou et l'Assassin Tome 2 La fille de l'Assassin de Robin HOBB : je m'étais promis d'en faire un billet pour lui tout seul mais une fois encore le courage m'a manqué. Comme le premier tome de sa nouvelle sage qui remet au grand jour Fitz, je l'ai littéralement dévoré. Certes je le trouve moins puissant que les précédents le concernant - j'ai d'ailleurs relu les deux premières intégrales pour le plaisir et on ne retrouve pas le souffle extraordinaire qui sous-tendait la Citadelle des Ombres dans cette suite. Après évidemment, cela peut être du au fait que les tomes sont découpés et que du coup, à peine entré dedans, il faut en ressortir. La nouveauté dans cette nouvelle saga est la prise de parole par deux personnages au lieu d'un seul, avec une prédominance de plus en plus marquée d'Abeille la fille de Fitz (j'espère d'ailleurs que ce n'est pas de mauvaise augure pour ce dernier) et une intrigue qui peu à peu se met en place et révèle ses atouts. Et comme d'habitude une fin qui laisse sur sa faim.
Pour le reste, c'est Robin HOBB, alors c'est toujours aussi prenant et haletant d'autant plus que l'on a pas besoin d'apprivoiser les personnages, même les nouveaux viennent à nous sans effort.
J'adore vraiment cette auteure. Vivement la suite !

- Millenium  Tomes 1 à 3 de Stieg LARSSON : Une collègue me les a  prêtés pour les vacances et cela tombait bien car j'avais toujours eu envie de les découvrir. A une époque je lisais beaucoup de policier avant de m'en lasser jusqu'à ce que je raccroche avec Transparences et Résurgences d'AYERDHAL qui sont des romans exceptionnellement bons et intelligents en la matière. Millenium ne m'a pas déçue, avec néanmoins un peu de mal à me mettre dans le premier tome mais ensuite le rythme s'est emballé et n'a plus lâché jusqu'au troisième. C'est haletant et les personnages vraiment haut en couleur : avec une magnifique place à l'héroïne qui porte les trois tomes à bout de bras. Voilà du policier non sexiste et non machiste (ce qui ne veut pas dire que les autres le soient forcément) : il faut dire aussi qu'il a été écrit par un Suédois, société par excellence où la femme a sa véritable place. On peut dire que j'ai adoré de bout en bout, je pense que je me les achèterai pour les relire.

mercredi 1 avril 2015

De la littérature jeunesse, des chevaux et de l'égalité des sexes ....


L'esprit est décidément bien étrange .... Quand il faudrait fuir à toutes jambes tout ce qui peut rappeler des mauvais souvenirs, on se jette quelquefois justement dans tout ce qui peut entretenir la déception et la tristesse ... mais peut-être une certaine façon de faire le deuil ?

Au lieu de continuer à vider ma pàl en prévision de la remplir aux Imaginales, mais parce que je suis juste incapable de lire de la SFFF en ce moment (sauf le nouveau cycle de Robin Hobb qui vaudra un billet parce que c'est Fitz !!!!!), je me jette à corps perdu dans tout ce qui peut me tomber sous la main en terme d'histoires de chevaux, d'amitiés de chevaux et d'humains .... et notamment en littérature jeunesse dont le sujet couve un sacré paquet de bouquin !!

Ainsi me suis-je enfilé tous les livres parlant du sujet de ma bibliothèque avant de faire la chasse à tout ce qui existe en littérature jeunesse dernièrement sorti ....
D'où un certain constat (qui a valu ce drôle de titre).

 Presque tous les livres écrits entre 1941 et 1987 mettent en scène des personnages principaux garçons alors qu'à partir des années 1990 cette tendance s'inverse à un point juste incroyable.
La collection Passion Cheval en forme le parfait exemple avec pour 7 romans, 2 seulement parlant de garçons, les 5 autres de filles.

Un petit tour d'horizon
- 1941 : La série des Etalon noir de Walter FARLEY : Alec Ramsay.
- 1946 : Le poney rouge de John STEINBERG : Jody
- 1947 : Mon amie Flicka de Mary O'HARA (qui reste après mes nombreuses lectures le meilleur roman traitant de l'amitié entre un enfant et son cheval parce qu'il met aussi en scène beaucoup plus que cela) : Ken
- 1947 : Misty le poney de l'île sauvage de Marguerite HENRY : Jane et Paul
- 1951 : Au galop cow-boy (et ses suites, et son précédent) de Henry LAROM : Andy Marvin
- 1955 :Fred et Sunny de Priscilla WILLIS : Fred
- 1955 : Le cheval fantôme de Christine PULLEIN-THOMPSON : Jane
- 1961 : Deux garçons pour un cheval de René GUILLOT : Jean Louis et Bertrand.
- 1977 : Poly en Espagne de Cécile AUBRY (entre autres car elle en a écrit une paire) : Juanito et Pedro (il est fait référence aussi à Pascal le véritable propriétaire du poney)
- 1982 : Charlie l'impossible de Barbara MORGENROTH : Jackie
- 1987 : Un amour de cheval de Nancy SPRINGER : Erin

Soit 10 garçons pour 4 filles. Et encore dans Misty le poney de l'île sauvage, c'est Paul qui est considéré comme le meilleur cavalier des deux.

- 1998 : Ebène fils de l'Etalon noir (et ses deux suites) de Steven FARLEY : Dina (et en fond Alec Ramsay mais il ne compte pas vraiment)
- 2001 : Mon cheval ma liberté de METANTROPO : Amidou (c'est un roman historique se passant au temps de l'esclavage en 1861)
- 2001 : L'Etalon des mers de Alain SURGET : Leif (un autre roman historique du temps des Vikings)
- 2002 : Mon cheval, mon destin de Pierre BOTTERO (ouiiiiii il a écrit deux romans sur les chevaux ! ) : Tsina
- 2003 : Un cheval en Irlande de Pierre BOTTERO (la suite du précédent)
- 2005 : Le cheval venu de la mer de  Victoria HOLMEN : Nora (roman historique)
- 2007 : Le cheval de Margot de Florence REYNAUD : Margot (roman historique de la seconde guerre mondiale)
- 2009 : Mon cheval pour passeport de Patricia REILLY GIFF : Lidie
- 2009 : Les chevaux n'ont pas d'ombre de Hélène MONTARDRE (un très très bon roman) : Léa
- 2014 : A l'oreille d'Atlas de Charlotte BOUSQUET : Pénélope

Soit 7 filles pour 2 garçons.


Plusieurs réflexions me sont venues évidement suite à ce constat :

- Auparavant en littérature jeunesse on avait tendance à cibler "livres pour garçons" et "livres pour filles", d'ailleurs l'extrait de la quatrième de couverture de Mon amie Flicka, rédigée par André Maurois en témoigne : "Une lecture saine pour des garçons jeunes". Et il était relativement courant alors de mettre les personnages en rapport avec le public destiné. (Heureusement comme beaucoup d'enfants nés plus tard, moi je n'étais pas encline à suivre ce genre de tendance : je préférais Oliver Twist et Croc-Blanc aux Comtesse de Ségur ou Martine ; bon la comparaison n'est pas très pertinente j'avoue.)

- D'autre part il est prouvé aussi que l'équitation actuelle compte beaucoup plus de licenciées filles que garçons, pas étonnant donc que les romans les plus récents mettent en scène des filles. Il existe cela dit encore beaucoup trop de séries aujourd'hui qui sont un peu trop ciblées "filles" "garçons", mais encore une fois les enfants (je pense à mes élèves) n'en tiennent pas tant compte que cela.

- Les garçons mis en exergue dans les romans les plus anciens étaient toujours des sortes d'aventuriers merveilleux cavaliers, je pense notamment à Alec Ramsay qui au terme de quelques mois d'équitation parvient à monter un étalon sauvage ou à Ken, presque né sur un cheval. Alors que Jane dans Le cheval fantôme était une cavalière moyenne, ainsi que Jackie dans Charlie l'impossible.
Alors alors ..... Je pense à Jules Verne et à son deux ans de vacances : les garçons intelligents et débrouillards et l'unique femme destinée à la cuisine ou à la série des Six Compagnons : Mady la seule fille de la bande est considérée comme la plus intuitive et la plus fine (mais c'est une fille comme il est spécifié dans chaque livre, une fille sans chichi et sans manières comme il est précisé à la suite) mais elle doit toujours rester dans l'ombre de ses camarades car c'est dangereux pour elle de s'exposer au danger.
Ces livres antérieurs aux années 80 confirme vraiment cette tendance : aux garçons l'aventure et aux filles l'attitude plus mesurée et moins casse-cou.
Comme quoi les clichés ont la vie dure.

- La plupart des romans actuels notamment de la collection Cheval Passion parle certes de filles mais dans un contexte tout ce qu'il y a de classique, des jeunes filles vivant avec leurs parents et rencontrant leurs chevaux en Club équestre ou à domicile. Des contextes à mille lieux des romans de Walter Farley (mais il traitait tout de même du monde des courses qui était à l'époque exclusivement masculin) ou de Mary O'Hara ou Henry Larom (mais ce sont des mondes de cow boy, profession exclusivement masculine). Ce n'est pas pour autant que les filles sont considérées comme la Mady des Six Compagnons, bonne évolution des moeurs !

En conclusion tout ceci montre à quel point l'évolution de la littérature jeunesse (et c'est extrapolable à la littérature en général) aura suivi l'évolution sociétale de nos pays industrialisés sur la place des lectrices et aussi des héroïnes de romans. Et c'est plutôt encourageant.

Quant à moi j'avoue quand même avoir beaucoup plus d'affinités et de passion pour les plus anciens de ces romans ..... sauf les très qualiteux Les chevaux n'ont pas d'ombre et les deux romans de Pierre Bottero qui sortent du lot. 

Mais est-ce du au fait qu'ils étaient réellement de meilleur qualité (peut-être aime-je aussi plus des textes qui se rapprochent de la façon dont j'ai appris à lire) ou que c'est parce qu'ils font partie de mes lectures d'enfance qu'ils ont plus de valeur et me paraissent plus passionnants ?