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lundi 21 janvier 2013

La Ballade de Pern Les Ciels de Pern Intégrale V de Mc Caffrey

Et voici que depuis Tous les Weyrs de Pern, les chevaliers Dragons, sous la conduite de SIAAV, ont réussi à dévier la trajectoire de l'Etoile Rouge, garantissant ainsi un futur désormais sans Fils.
Tout pourrait aller parfaitement dans ce meilleur des mondes s'il ne subsistaient pas encore des trouble -fêtes : ceux qui abominent le progrès apporté par la redécouverte du passé des premiers colons et n'ont de cesse que d'abolir toute avancée technologique. Voire même détruire SIAVV alors que celui-ci s'est tu depuis plusieurs années.
Ces Abominateurs, ainsi se nomment-ils, multiplient les sabotages afin de parvenir à leurs fins. En même temps, certains refusent aussi de croire en la disparition des Fils, lesquels continuent à tomber puisque c'est le Passage actuel. Tout comme ils refusent que les chevaliers dragons se choisissent un avenir ...Pourtant il leur faudra bien penser à l'Après Fils ...
C'est alors qu'une boule de feu tombe sur Pern ....

Je me demandais vraiment quel allait être le contenu de cet ultime ouvrage de la Ballade de Pern ... ce que Mc Caffrey avait encore à narrer après avoir fait le tour du passé et du présnet de la planète, ainsi que des différentes castes mais aussi des différents héros de Pern ....  Déjà j'espérais retrouver les personnages qui m'avaient conquises depuis le début, sur ce fait je n'ai pas été déçue puisque avec les Ciels de Pern, elle reprend son histoire après le dernier exploit de F'lar, Lessa, Jaxom, entre autres .....
D'autre part, j'ai été agréablement surprise de constater qu'elle avait encore à raconter .... Un autre danger menace désormais Pern .... attribué par certains par l'éloignement forcé de l'Etoile Rouge (à vrai dire j'avoue y avoir pensé aussi) : ainsi une tempête s'est abattue déjà sur Pern, et voici maintenant qu'une météorite créé un gigantesque tsunami, mettant en danger Forts et habitants.

En même temps, elle met en valeur les Messagers, chose non faite jusqu'à présent, achevant son tour d'horizon des métiers et ateliers. Ces Messagers qui craignent que le progrès informatique leur fasse perdre leur métier.
J'ai trouvé très intéressant justement cette notion de progrès technologiques, amenant par là le confort, chaleur dans les Forts et Wehrs. On ne peut éviter de faire le parallèle avec l'histoire de  notre pays, lorsque les progrès de la Renaissance ont sorti la France des années noires et régressives du Moyen Age.
Un passage m'a particulièrement marquée, celui où les Abominateurs détournent les différents clichés des opérations sur humains afin de les faire passer pour des preuves de tortures. Cela m'a fait penser au tableau "Leçon d'anatomie de Willem Van Der Meer" de Jansz van Mierevelt (1617).
Ces images d'écorchés avaient de quoi frapper et entraîner n'importe quelle interprétation !

J'ai particulièrement accroché aussi à l'histoire de F'lessan et de Tai la Dame Verte .... d'une part parce qu'elle a permis de parler plus précisément des dragons verts qui, jusque là, n'avaient pas le plus beau rôle : souvent en chaleur, pas très obéissant ni malins ..... Zaranth prouvera le contraire, en étant à l'origine de la découverte de la troisième capacité des dragons ... qui tombe à point nommé il faut dire. D'autre part, leur relation a permis d'aborder quelque chose qui avait été survolé lors de la première union de F'lar et Lessa, à savoir que lorsque les reines prennent leurs envols et se font couvrir par le pus fort de leurs prétendants, leurs maitres s'unissent aussi, pris par les ardeurs de leurs dragons ... sauf que l'expérience peut ne pas être si agréable pour les deux partenaires. C'était déjà le cas pour Lessa, ce le fut de façon bien plus dramatique pour Tai, littéralement violée lors de ces accouplements .... C'est la première fois que l'auteure met en avant les conditions des dames dragons dans l'amour, qui ne sont pas forcément si enviables, lorsque cela se passe mal ... et en définitive les partenaires ne se choisissent pas.
D'ailleurs je ne peux m'empêcher de reparler de la traduction chaotique de la Ballade de Pern, je cite quelques phrases qui ne manqueront pas de faire grimacer .... "puis se mit à pratiquer les gestes d'amour" ou "il voulait la féconder avant qu'elle ne soit totalement submergée par la sensualité de Zaranth" .... comme c'est poétique !

Un petit bémol par contre sur la fin du roman ... le fait que Toric passe entre les mailles du filet alors que l'on sait qu'il est de mèche avec les Abominateurs .... ceux-ci sont démasqués les uns après les autres, lors du récit et puis brutalement, au moment où l'on comprend que le Seigneur est derrière tout cela et que deux Abominateurs sont encore en liberté, bien que découverts par l'espion Pinch, cela s'arrête brutalement et on ne sait pas ce qu'il advient de la résolution de ce problème .. Etrange ...  et frustrant, j'aurais bien aimé que l'histoire de Toric, ce Seigneur grincheux, mesquin, trouve un dénouement .. On peut supposer que cela le sera mais hors des lignes, c'est dommage.

Sinon .... ce tome qui est celui des adieux, mille fois hélas, fut quand même une lecture des plus agréables .... Déjà il y eut des moments véritablement palpitants comme l'instant de la Boule de Feu et les actions de chevaliers dragons pour sauver le plus d'habitants possible ... ensuite l'attaque des tigres contre les dragons de F'lessan et Tai ..... imprévisible et tellement prenante que je n'ai pu lâcher le livre avant de savoir ce qui allait leur arriver .... J'ai adoré aussi la solidarité des dragons, la façon qu'ils ont de réagir, seuls, lorsque l'un d'entre eux est en danger, leur façon de veiller sur les leurs, je crois qu'avec la relation qu'ils ont avec leur maître, c'est ce qui me séduit le plus dans cette Ballade. 
J'avoue que je suis toute dépitée que cette lecture qui m'aura quand même duré près de 6 mois, soit finie ... j'avais pris l'habitude de retrouver ce monde entre d'autres lectures, toujours avec le même plaisir, toujours en lisant de manière compulsive. Cela va me manquer ... passer tant de temps dans un univers induit forcément une certaine addiction. D'où mon contentement supplémentaire d'avoir terminé cette Ballade en compagnie de F'lar et Lessa et leurs fabuleux dragons .... juste le regret qu'on ait laissé un peu de côté F'nor et son Canth, ils avaient pourtant tenté de résoudre le mystère de l'Etoile Rouge à leurs risques et péris, dommage qu'ils aient juste été évoqués dans ce final.

En tout cas La Ballade de Pern sera passée au rang de mes lectures préférées de la fantasy, en compagnie de la Citadelle des Ombres ..... 
Je referai peut être un billet bilan de cette lecture pas comme les autres.En attendant, Pern, ses dragons et ses chevaliers vont me manquer .....

Extrait
Puis il n'y eut plus que des dragons dans le ciel ! Stupéfaite, elle leva les yeux sur le demi-cercle furieux, planant, aile contre aile, juste au-dessus de la terrasse supérieure : l'immense Ramoth dorée, Arwith, Mnementh, Monarth, Gadareth, Heth, Path, Ruth et d'autres qu'elle ne reconnut pas. Elle fixa Zaranth, dressée sur sa croupe, ses ailes déployées, luisante de liquite vert - Tai sentit la souffrance dans l'esprit de sa verte. Tous ensemble, les dragons tendirent le cou et claironnèrent d'un ton triomphants pour quelque chose qu'elle ne comprenait pas.
Ils sont vivants ! l'assure leur choeur, avec tant de conviction que, anéantie, elle s'effondra, rampant vers F'lessan avant de perdre connaissance.

Ailleurs
Vert ...


dimanche 6 janvier 2013

La Ballade de Pern : L'Oeil du dragon Intégrale 1 de Anne Mc Caffrey

Lorsque les premiers colons, venus de Terre, s'installèrent sur la planète Pern, ils ignoraient encore à quelle menace ils allaient avoir à faire face, or peu à peu ils s'organisèrent, créant les Dragons, construisant des Forts, des abris et surtout mettant tout en oeuvre pour ne plus se laisser surprendre. Chaque Passage des Fils devait durer environ 50 ans et ne pas revenir avant 250 ans.
C'est peu avant ce laps de temps que démarre L'Oeil du Dragon. Les colons sont alors bien implantés sur leur planète sur le continent Septentrional, les Forts et les Weyrs se sont développés, les chevaliers s'entraînent activement avec leurs dragons pour faire face au nouveau Passage imminent, les Seigneurs veillent à faire en sorte que leurs populations soient protégées ... Pourtant il en est, parmi le peuple, qui ne croient pas à cette nouvelle menace et qui, non seulement la nient mais en plus, ne font rien pour s'y préparer.

Ce roman démarre un peu comme Le Vol du Dragon, dans la mesure où certains ne croyaient pas au retour des Fils, certes dans ce dernier, c'est parce que leur Passage avait tardé, ce qui n'est pas le cas ici .... Néanmoins on constate qu'à chaque fois finalement c'est la même problématique, lorsque le danger est loin, il en est toujours pour croire qu'il ne reviendra jamais .....  De façon plus certaine là puisque ces Fils ne sont tombés qu'une seule fois et qu'il faut tout baser sur la foi de ceux qui ont prédit les mouvements des planètes pour l'avenir, ordinateurs à l'appui certes mais ces derniers, au bout de quelques 300 ans d'existence, sont entrain de mourir peu à peu (tiens tiens, mon cher ordinateur devrait en prendre de la graine, lui qui est HS à 5 ans !!!).

Le côté intéressant de ce tome ci se situe dans tout le contraste entre les acquis très avancés des premiers colons et ce qui a déjà été perdu, comme le langage .... certains termes qui peu à peu ont disparu : les chevaux, les Universités, les Dauphins pour être remplacés par d'autres. Mais aussi, volontairement, l'effacement de toute une partie de l'Histoire de la planète Terre pour se consacrer uniquement à celle de Pern, dans une volonté de survie et surtout de réduire toutes les connaissances à absorber pour les futures générations.
C'est un choix qui explique pourquoi la civilisation si avancée des débuts de Pern s'est peu à peu sclérosée puis a peu à peu régressé.

"A quoi servaient aux jeunes Pernais les anciennes subdivisions géographiques et politiques de Terra ? Connaissances inutiles. Ils n'iraient jamais ! Ces matières n'avaient plus aucune utilité dans leur vie quotidienne. Ce qu'il leur fallait, c'était une révision complète des priorités, adaptés à  ceux qui étaient fermement et irrévocablement installés sur cette planète."

Ainsi les nouvelles priorités se situent dans l'élevage des animaux dans les conditions climatiques de Pern, dans la trouvaille de  nouveaux gisements de minerais, dans  l'utilisation de piments, de matériaux, de tissus issus de Pern, ou dans l'enseignement de l'océanographie .... Et aussi séparer les différentes disciplines pour que chaque étudiant se spécialise dans un domaine sans s'encombrer de données inutiles.
Et avec la perte progressive des ordinateurs, et le début de manque de papier, c'est toute la mémoire de la planète d'origine et des premiers pas sur Pern qui allait progressivement disparaitre.

"L'histoire que nous commençons à considérer comme inutile pour notre vie actuelle ? demanda-t-elle avec douceur. Les descriptions d'appareils archaïques qui n'ont plus aucune utilité sur Pern, puisque nous ne vivons plus dans une société technologiquement avancée ? N'est-ce pas ce que tu voulais faire de toute façon, Clisser ? Changer l'enseignement pour le mettre en accord avec ce dont nous avons besoin à notre époque, sur cette planète et oublier je ne sais combien de mégabits d'informations qui ne nous servent plus à rien !"

Evidemment on ne peut s'empêcher de penser que mettre toute cette avancée de côté n'a pas eu que des répercussions positives sur l'avenir de Pern, comme ces maladies épidémiques dont il fut si difficile de retrouver les remèdes, ou encore le non respect de la Charte pourtant si précise au tout début. Quand on voit comme il a été dur de mettre de côté des hommes comme Fax, au temps de Lessa et F'lar, alors qu'en fin de compte, la déposition de Chalkin, qui ne respectait pas cette Charte, fut relativement facile.

L'autre aspect à marquer dans ce tome est le rôle de plus important que prendront les ateliers au fil des années pernaises et notamment les harpistes, qui par les Ballades, apprendront le passé, les contes, les légendes de Pern aux jeunes générations, mais aussi les menaces des Fils .... Ainsi se transmettront par oral toutes les traditions et les moeurs de cette planète, ce sont eux finalement qui ont le rôle le plus important.
Pour aparté, tout comme Fax le faisait avec ses Harpistes, leur interdisant d'enseigner certaines ballades, le mauvais seigneur de ce tome ci fait en sorte que son artiste peintre soit le plus mal logé possible, lui niant le droit à son art .... voilà des personnages, qui, comme lors de notre Moyen Age, bloquèrent les transmissions de savoir et par là même le progrès, l'ouverture d'esprit et de paroles.

Voici donc un tome qui achève de préciser les conditions d'installation sur la planète, explique aussi ce qu'il est advenu de SIAAV et de la technologie passée, avec bien entendu toujours le même schéma des gentils et de quelques méchants qu'il faut bien entendu punir. En tout cas la justice était pour le moins expéditive : castration suite à un viol, au moins c'est radical !

Ayant déjà lu Le Maitre harpiste de Pern qui normalement venait après celui-ci, je vais bientôt démarrer le tout dernier tome de cette fabuleuse balade entamée l'été dernier.
En avant pour Les ciels de Pern !

Ailleurs
Vert ...

dimanche 16 décembre 2012

La Ballade de Pern Les dauphins de Pern Intégrale 1 de Mc Caffrey

102 ans après l'atterrissage
Kibbe tira une dernière fois la corde de la cloche. Il s'était relayé avec Corey toute la matinée, mais maintenant le soleil déclinait, et on ne leur répondait toujours pas. Généralement, quelqu'un, ne fût-ce qu'un pêcheur, sortait du lieu de l'Homme sur la jetée. Mais les bateaux se balançaient sur leurs ancres, et, à l'évidence, ils n'étaient pas sortis depuis un certain temps.

Et les dauphins d'attendre désespérément que se renoue la tradition de l'union Homme-cétacé ... Heureusement Readis, le fils de Jayge et d'Aramina, sauvé d'un naufrage par ces étranges poissons-bateaux qui parlent, va tout mettre en oeuvre pour recréer la symbiose qui existait autrefois entre les deux espèces.

Nous voici dans une autre ramification de la Ballade de Pern, le récit se situe juste avant que les Chevaliers Dragons, avec l'aide de SIAAV, parviennent à détourner l'Etoile Rouge de sa trajectoire, et se prolonge encore après et cette fois-ci du côté des Seigneurs du Fort de la Rivière Paradis. Une histoire donc parallèle au roman Tous les Weyrs de Pern, comme l'aime à faire Mc Caffrey (et qu'elle accomplit si bien). 
Ainsi les rôles de personnages récurrents comme F'lar et Lessa, Menolly et Sebell, deviennent à nouveau secondaires au profit de Readis, au début du récit, petit garçon, d'Alémi son oncle qui va tout lui apprendre de la mer et de T'lion, jeune chevalier dragon, ami à la fois de Readis et des dauphins.
Ces fameux dauphins que l'on évoque lors de la colonisation de Pern, dans L'Aube des dragons. Rendus capables de communiquer par la parole, ils avaient été amenés sur la planète afin d'aider à l'apprivoisement des mers nouvelles, autrefois les hommes qui travaillaient en étroite collaboration avec les dauphins se nommaient les Dolphineurs et humains comme cétacés se rendaient mutuellement de grands services. Puis cette relation s'éteignit peu à peu au fil des générations, bien que les dauphins gardent en mémoire au cours des ans, comment parler et comment sauver les hommes. Et aussi comment les appeler.

Il est étrange de constater à quel point la mémoire de l'animal fut fidèle alors que celle de l'humain s'estompa peu à peu, celle des dauphins était mise à jour par des histoires et légendes sans cesse racontées comme les Ballades relataient les hauts faits des hommes. Et pourtant ceux-ci oublièrent les dauphins, jusqu'à même effacer de leurs souvenirs ce qu'ils étaient, pour les appeler bizarrement des poissons-bateaux.

Evidement dans ce récit là précisément, on est à fond dans le côté gentillet de Mc Caffrey, avec ses Flipper en herbe qui cherchent à tout prix à aider les humains (ces ingrats qui pourtant ne prêtaient même plus attention à eux ! ), on assiste ainsi à des parties de jeux, de solidarité de la part de ces sympathiques animaux. Celui qui n'aime pas les dauphins et la mer passera son chemin, voire même pourra s'ennuyer, ce n'est pas mon cas et puis c'est toujours la Ballade de Pern et j'aime avoir les points de vue différents des personnages sur les mêmes évènements.
Ces Dauphins de Pern, ont une similitude avec Le chant du dragon : un jeune homme qui veut faire ce que lui interdisent absolument ses parents, ce n'est pas sans rappeler la tragédie de Menolly qui n'avait pas le droit de chanter, heureusement pour Readis, ses parents sont moins monstrueux que ceux de la jeune fille mais il devra lui aussi passer par la fuite de son milieu familial pour imposer ses idées. Je vais finir par croire que la fuite est un bon moyen sur Pern pour faire entendre raison à son entourage !

En même temps cela se lit toujours aussi bien et puis peu à peu, au fil des romans annexes à l'histoire des chevaliers dragons, on entre de plus en plus profondément dans la vie des autres castes : après les Ateliers, après les Seigneurs, voici les Pêcheurs. Mc Caffrey sait toujours nous trouver des personnages éminemment sympathiques sans oublier de faire référence à l'empêcheur de tourner en rond je cite le nouveau Fax : Toric (un peu moins mesquin que le premier cela dit). Et elle a aussi le chic pour faire adhérer à toutes les idées des bons pour ennuyer les méchants : ainsi le plan de Lessa et F'lar contre Toric m'a grandement réjouie et du coup cela me permet de mettre le doigt sur ce que j'apprécie particulièrement dans la Ballade de Pern, en décalage complet avec la réalité :  c'est qu'il y a une justice et que ceux qui trichent, qui mentent ou qui font du mal, finissent toujours par être punis.
Et comme c'est ce que je supporte le plus mal dans notre Société (cette pseudo injustice qui fait qu'au final certaines personnes qui sont des véritables "saloperies" tirent toujours leur épingle du jeu au détriment des autres, ceux qui respectent, ceux qui n'enfreignent ni les lois ni les codes de la vie avec autrui), je suis profondément heureuse de lire une histoire qui se passe dans un monde où au final l'injustice finit toujours par se réparer, c'est complètement idyllique, mais tant pis, cela fait un bien fou.
Je devrais me plonger dans Pern à chaque fois que je constate cette injustice à l'oeuvre dans ma vie !

Voilà qui conclue ce billet, je me rapproche de la fin, je pressens que je vais être fort fort malheureuse !

Ah si en aparté tout de même : la traduction !!! Je parlais du tutoiement, vouvoiement aléatoire dans le tome précédent ? Eh bien là la traductrice a trouvé le truc : tout le monde, absolument tout le monde se tutoie et vive le grand n'importe quoi !

Extrait
Il s'ensuivit de longues nages avec la bande, fatigantes mais passionnantes. Quand il avait soif, ils connaissaient toujours un ruisseau qui se jetait dans la mer. Ils avaient toujours un poisson prêt quand il avait faim, et ils continuaient à lui faire cadeau des objets qui leur plaisaient. Il trouvait des offrandes tous les matins. 

Ailleurs
Vert ;


jeudi 6 décembre 2012

La Ballade de Pern Tous les Weyrs de Pern Intégrale V de Anne Mc Caffrey

Avec la découverte de SIAV (Système d'Intelligence Artificielle Activé par la Voix), endormi depuis 2 525 ans, c'est toute la planète de Pern qui s'en trouve bouleversée. Déjà l'histoire des premiers colons est portée au grand jour, de manière assez extraordinaire pour un peuple vivant selon des traditions moyenâgeuses, puis les inventions réactualisées des premiers habitants changent radicalement la vie dans les Forts, Ateliers et Weyrs, et ensuite, et je devrais dire, surtout, il devient envisageable de débarrasser à jamais la planète de ces dangereux Fils contre lesquels il faut toujours lutter.

Avec cet épisode ci de la Ballade de Pern, qui s'étend à peu près sur 4 Révolutions, la saga de Mc Caffrey continue de s'enfoncer plus profondément dans la SF mais encore mieux elle allie fantasy et SF de façon subtile et tellement naturelle que voir des dragons se téléporter dans un vaisseau spatial ou assister à leurs déplacements dans l'espace ne nous semble même pas bizarre. Mieux que cela, c'est vraiment passionnant.
Avec quelques réserves bien sûr sur l'aspect purement hard science (bon c'est du gentillet de gentillet en cette matière) que j'aime toujours un peu moins, mais sans que cela soit trop compliqué pour mon cerveau désespérément atrophié pour tout ce qui est du domaine de la chimie et de la physique.

Tous les personnages présentés depuis le premier tome de la Ballade sont présents, avec un accent évidemment plus mis sur Jaxom, Fl'ar, Lessa et Robinton, néanmoins sans oublier Mirrim, Menolly, Piémur, j'ai eu la sensation de retrouver tous mes amis pour un superbe final qui conduirait à un dénouement attendu.
Sauf que ce n'est toujours pas la fin de la Ballade de Pern et je dis tant mieux tant mieux, même si j'ai maudit MC Caffrey dans ses dernières pages parce qu'elle m'a fait pleurer comme une madeleine !

[Une petite anecdote ? Allez je me lance ! Üma a été très perturbée de mes larmes et est venue se blottir contre moi qui lui expliquais que ce n'était pas grave, que c'était totalement débile de pleurer pour un roman mais que j'avais de la peine, que cela passerait. 
Si si je suis une personne tout à fait saine d'esprit, je vous rassure. Fin de l'anecdote ....]

La découverte de cette incroyable machine omnipotente (et un tantinet agaçante en même temps) n'a évidemment pas entraîné que de l'enthousiasme et nos héros ont du faire face à ses détracteurs, ceux qui l'appellent l'Abomination et ont cherché à la détruire (voire même détruire ceux qui la protégeaient) :
" J'ai fait ce que me dictait ma conscience, pour débarrasser  ce monde de l'Abomination et toutes ses oeuvres mauvaises. Il encourage la paresse et l'oisiveté chez notre jeunesse, l'éloignant de ses devoirs traditionnels. Je prévois qu'il détruira la structure même de nos Ateliers et de nos Forts. Qu'il contaminera notre Pern de ses vicieuses complexités qui priveront d'honnêtes artisans de leur travail et de leur fierté, éloignant des familles entières de ce qui a été trouvé bon et salutaire pendant deux mille cinq cents Révolutions."
Certes il était normal qu'un bouleversement pareil ne fasse pas que des émules. J'ai moi-même eu des doutes quant à  son utilité, dans le sens où trop de bouleversements, trop de progrès dans un monde encore très primitif risquaient de dérégler des choses et d'entraîner des effets néfastes et changer le visage de la planète à jamais. Inquiétudes partagées par Robinton et désamorcées partiellement par SIAV :
"L'esprit des premiers colons est toujours intact. Même la technologie que nous devons utiliser pour empêcher le retour de la planète errante sera du même niveau que celle de vos ancêtres. [...] Une fois que vous aurez retrouvé ce niveau de base, vous pourrez, au choix, continuer ou non à progresser."

Et encore les habitants de Pern ont été relativement tolérants et adaptables, avec une volonté d'évoluer, car une telle découverte dans un monde médiéval en Europe aurait fait l'objet d'une Hérésie et ce pauvre SIAV aurait été mis sur le bûcher.
Quoique certaines fois je n'aurais pas été contre le fait de lui clouer le bec, cet incroyable ordinateur avait un côté très agaçant de donneur de leçons tout en cachant des faits importants, j'avais la sensation d'un professeur un peu hautain qui enseignait ce qu'il voulait, au moment où il le désirait, sans forcément expliquer les tenants et aboutissants de toutes ses leçons. Comme quoi l'auteure a du le rendre partiellement humain pour que l'on puisse ressentir de l'énervement contre lui.

Ainsi un tome vraiment palpitant, qui pose absolument tout ce qui a été développé auparavant, et fait intervenir à nouveau tous les Weyrs dans une sorte de combat final haletant. Et une bonne revanche en prime pour le petit dragon blanc de Jaxom qui prend une importance capitale, tout en permettant l'accomplissement de son jeune maitre qui passe définitivement à l'âge adulte.

J'ai adoré encore une fois seulement cela n'empêchera pas mon coup de gueule final qui couve depuis les tous premiers tomes .... sur ce que tout lecteur doit subir : à  savoir la lamentable traduction de cette Intégrale.
Je trouve incroyable que l'on puisse à se point gâcher une traduction ..... car depuis le début c'est
- erreurs de syntaxe
- erreurs de noms, notamment sur les lézards de feu qui d'un coup s'appellent autrement
- fautes d'orthographe
Mais alors dans Tous les Weyrs de Pern, cela bat des records : carrément des noms de personnages qui sont cités alors qu'ils n'ont rien à faire là et comble du comble les erreurs de traduction des paroles des personnages en ce qui concerne le tutoiement et le vouvoiement.
Depuis le début il est clair que Lessa et F'lar se vouvoient (ce que je trouve bizarre mais bon, admettons), ainsi que des personnages qui se fréquentent depuis tant d'années qu'ils sont des amis intimes, mais continuent de se dire Vous à tout va .... On va dire que bon c'est encore plausible, le You comptant pour Vous et Je dans notre langue, au traducteur de choisir. Et puis cela reste plausible dans ce monde-ci.

Mais lorsque d'un coup F'lar et Lessa se mettent à se tutoyer et qu'ensuite Ruth, qui a toujours vouvoyé Jaxom, lui dit de temps en temps "Tu" (d'ailleurs en ce qui concerne le choix du traducteur, il est aberrant de mon point de vue de faire se vouvoyer des êtres vivants ayant une telle proximité, un tel lien, jamais il ne serait venu à l'esprit du traducteur de la Citadelle des Ombres de faire se vouvoyer Fitz et Oeil de Nuit, ou encore celui de A la croisée de mondes pour Lyra et Pantalaimon !!!), c'est du grand n'importe quoi !
Pour moi c'est tout simplement du manque de respect à cette oeuvre que de bénéficier d'une traduction aussi minable et pitoyable.
Heureusement que je suis totalement conquise par l'univers de Mc Caffrey car elle est bien mal servie par cette mauvaise traduction hasardeuse et sans aucun sens commun.

Voilà c'est dit !
Sur ce je vais bien entendu achever cette Ballade. Prochain épisode : Les dauphins de Pern.

Ailleurs
Vert ;


mercredi 28 novembre 2012

La Ballade de Pern : les renégats de Pern Intégrale II de Mc Caffrey

Après avoir évoqué les chevaliers dragons, les seigneurs, les harpistes et autres compagnons qui résident dans les Wehrs,  Fort ou Ateliers, Mc Caffrey aborde là dans ses Renégats de Pern, tous les sans abris, les SDF d'antan de la planète .. ceux qui se retrouvent sans Fort pour X et X raison : parce qu'ils ne sont pas assez productifs, parce qu'ils sont de trop dans un Fort déjà surpeuplé ..... Ainsi devenus nomades pour certains et renégats pour d'autres, ils voyagent de Forts en Forts, pour commercer ou piller, voler .... 

Il est vrai que jusqu'à présent Mc Caffrey avait toujours fait entrer ses personnages dans des cases précises, dans ce monde rigide régi par castes, tout le monde à sa naissance était destiné à remplir tel ou tel rôle .... 
Mais au final, c'est un monde qui n'est pas réaliste, cela mettait automatiquement de côté ceux qui justement ne rentrent pas dans les cases, les exclus de la société, les parias etc ..... C'est chose faite avec Les Renégats de Pern qui, après un prologue assez décousu permettant de suivre les évènements à partir du règne de cet insupportable Fax jusqu'au retour des Fils sur la planète, met en scène essentiellement deux personnages opposés : Thella, fille de Seigneur, qui par révolte contre son frère qui veut la marier de force, s'enfuit, se constitue une bande et devient une hors la loi et Jayge, jeune nomade, dont la destinée va se modifier suite à la tragédie qui atteint sa famille.
Ces deux personnages, de par leurs chemins parcourus bien que divergents, vont finir par se croiser, entrer en interaction et c'est de cela que va se construire une grande partie de ce tome-ci.
En même temps un tome qui recolle parfaitement à l'histoire de Jaxom et de Piémur dans Le Dragon Blanc et Les Tambours de Pern ....

C'est très intéressant la façon dont est construite la Ballade de Pern lorsqu'on suit l'ordre de parution (et non ce pseudo ordre chronologique des Intégrales qui n'a réellement aucun sens), j'ai vraiment la sensation que Mc Caffrey a écrit ses romans selon le fil de ses idées : en les situant à tel ou tel instant T de l'histoire de la planète, ou tel ou tel endroit ... selon ses envies, selon ses désirs ... Ainsi a-t-elle démarré sa Ballade sur le sort des Wehrs après la disparition temporaire (mais prolongé des Fils) et la reprise de pouvoir des Chevaliers Dragons, puis abordant ensuite divers autres castes de son royaume, plongeant dans le passé de la planète (sans oublier d'expliquer la fameuse ballade de Moreta), revenant en avant, reprenant ses mêmes personnages mais en changeant de points de vue ... amenant ses découvertes mais aussi d'autres histoires en parallèles qui finissent toujours par se recouper.

Cette construction donne un aspect vraiment vivant et réel à toute cette histoire .... bien plus que si elle l'avait rédigée dans l'ordre, ainsi on retrouve ses personnages favoris au détour de page, avec beaucoup de plaisir, parce que l'on ne s'y attend pas.
C'est particulièrement flagrant dans les Renégats de Pern, qui démarre avant l'arrivée de Jaxom, mais rejoint l'histoire de ce jeune Seigneur, tout en gardant à l'esprit l'histoire en parallèle de Piémur et en l'achevant, en allant plus loin encore dans le temps.
C'est comme une ligne principale dont chaque ramification permet de la prolonger de tomes en tomes.
Ce n'est pas la première fois que l'auteure utilise ce procédé pour faire avancer son histoire et je pense que cela joue pour une grande part de mon grand plaisir de découverte de ses tomes.

Dans les Renégats de Pern, l'accent est mis à nouveau sur la redécouverte du continent Méridional, à travers les yeux de Jayge et Aramina, personnages qui vont fatalement finir par croiser les héros habituels de  la trame, et ainsi arriver à la découverte la plus incroyable du passé de ceux qui ont colonisé Pern il y a des milliers d'années : la mise à jour de SIAV .... dont l'histoire sera poursuivie directement avec Tous les Weyrs de Pern.
Ainsi les zones d'ombre de ses récits finissent toujours par s'éclairer dans le tome suivant. Procédé hautement habile je trouve.

L'autre aspect intéressant de ces zig zags entre les époques, les lieux et les personnages, fait que nous vivons plusieurs fois les mêmes évènements d'un point de vue différent. C'était flagrant dans le Chant du dragon où Menolly, complètement étrangère à la vie des chevaliers dragons, posant un regard neuf sur eux et leurs traditions, et évoquant à nouveau mais de manière différente les évènements qui arrivent à F'lar et Lessa.
Dans les Renégats de Pern, on retrouve un passage presque mot pour mot de la confrontation entre Jaxom et le Seigneur Toric au sujet de Sharra la fille de ce dernier, évoqué déjà dans Le Dragon Blanc, mais dans celui-ci vécu par Jaxom et dans les Renégats, vécu par Toric. On appréhende toujours chaque personnage par lui-même et par un regard extérieur.

Voilà qui donne tout son sens finalement à l'ordre de parution initial et tout l'intérêt à cette Ballade atypique, qui navigue entre fantasy et SF, mettant en jeu des personnages haut en couleur, tantôt méchants, la Thella de ce tome ci n'a rien à envier à Fax, dans son machiavélisme et son ambition, tantôt gentils ... Tout noir et tout blanc certes, c'est toujours un peu le défaut. Au moins on ne se pose pas de questions, on aime ou on déteste tel ou tel personnage. Et ça Mc Caffrey sait très bien nous amener à ces sentiments.
Reste que la découverte du vestige de passé de Pern et du continent Méridional demeure passionnante, se lisant comme une aventure, j'aime aussi beaucoup ces incursions dans ce nouveau monde, avec le développement de la vie dans un endroit pas tant accessible que cela, cette vie relativement primitive (pour autant que l'on considère déjà la vie des Weyrs, des Forts et des Atelirs un peu moins primitive), un peu à la Robinson Crusoé pour Jayge et même Piémur.

Bref, j'adore toujours autant et je ne m'en lasse pas, les tomes et les tomes défilent sans m'ennuyer, je crois que je me retrouverai en manque lorsque j'aurai fini cette Ballade (heureusement que j'ai choisi le biais de ne pas lire QUE cela durant des semaines !).

Ailleurs
Vert ...

mercredi 21 novembre 2012

La Ballade de Pern : L'aube des dragons Intégrale 1 de Mc Caffrey

Après avoir fait des incursions dans le passé de Pern avec La Dame au dragon et l'Histoire de Nerilka, nous plongeons cette fois ci aux origines de la planète. Pourquoi a-t-elle été colonisée ? Comment se sont passés les premiers jours des colons sur cette planète aux abords hospitaliers mais qui pourtant cache une terrible menace ? Quels sont les animaux qui donneront naissance aux fameux dragons ? Comment se sont créés les Forts ? Pourquoi une civilisation avancée, naviguant à bord de vaisseaux capables de traverser l'univers, est revenue à une vie médiévale ?

Autant dire que si mon enthousiasme a quelque peu baissé lors de la lecture des précédents tomes, il a remonté en flèche avec l'Aube des dragons.
J'aurais envie de dire que c'est génial mais cela ne ferait pas un billet très constructif !

La première pensée qui m'est venue à l'esprit en découvrant ce tome ci, c'est que j'ai été drôlement contente de lire la Ballade de Pern dans l'ordre initial plutôt que dans l'ordre des Intégrales .... Alors certes ma réflexion peut paraître un peu étrange compte tenu que L'Aube des dragons parle des origines de la planète et donc est chronologiquement le tout premier tome de l'Intégrale ... Mais pour autant, je persiste et signe ! Parce que tout simplement, si j'avais lu ce Tome là en premier, toute la magie, tout le mystère qui pesait sur certains aspects de Pern, auraient été gommés. Alors que là quel bonheur de comprendre les tenants et aboutissants après avoir connu la vie sur Pern des années après sa colonisation.
Quel bonheur de voir peu à peu les points importants élucidés : les trois étoiles statiques dans le ciel du Continent Méridional, le rôle des lézards de feu, la désertion du Continent Méridional pour le Continent Septentrional, toutes les découvertes et hypothèses que font Piémur dans Les tambours de Pern  et Jaxom dans Le Dragon Blanc, prennent leur sens.

Ensuite ce roman se lit d'une traite, on apprend à connaître de nouveaux personnages qui sont attachants, on connait à nouveau des tragédies, des bonheurs, des découvertes. J'ai beaucoup aimé l'histoire de Sorcha et de Sean ... leur découverte des lézards de feu, leurs premiers vols sur leurs dragons, toutes ces aventures sont littéralement palpitantes. On vit vraiment à leurs côtés. Et surtout ils grandissent devant nous puisque lorsqu'ils débarquent sur la planète ils sont enfants et qu'on les quitte, adultes. J'aime beaucoup suivre ainsi des personnages sur une grande partie de leur vie.

La première Chute des Fils est terrifiante aussi, cette menace qui subitement pèse sur la planète alors que l'installation était bien avancée. On comprend aussi à quel point les générations futures de Pern ont perdu tous les savoirs accumulés par leurs ancêtres, je pense notamment aux fameuses larves qui sauvent le sol des Fils .... et aussi aux lézards de feu (qu'on n'a pas toujours nommés ainsi) qui n'ont pas toujours été estimés à leur juste valeur alors qu'ils sont à l'origine de tout ! Ainsi qu'aux gueyt de garde, ces pauvres créatures désavouées par la suite, dont on apprend l'origine et leur utilité.
Le contraste entre cette civilisation ultra avancée et leur vie désormais médiévale à leur arrivée sur la planète est très intéressant parce que les humains sont en définitives tellement adaptables à tout qu'une régression après un cataclysme est tout à fait possible et même vivable. Ce qui est plus original dans l'Aube des dragons, à la différence de beaucoup de romans mettant en jeu des personnages qui repartent de zéro mais tombent ensuite rapidement dans le retour au progrès, aux évolutions de la science, les générations futures de Pern garderont à jamais cette vie médiévale et laisseront même de côté toute la technologie avancée importée pourtant à l'arrivée des colons. Technologie qui est peu à peu redécouverte à l'époque de F'Lar et Lessa. 
D'autres personnages comme Paul Benden ou Sallah Telgar nous informent sur les noms futurs des Forts par le rôle important qu'ils auront joué dans la colonisation de Pern mais aussi son bon fonctionnement.

Bon évidemment le côté manichéen est toujours présent avec la peste d'Avril et le lâche et égoïste de Tedd Tubberman. Mais à la rigueur cela n'est pas si gênant, le reste suffit à faire pardonner à Mc Caffrey ce petit côté tout noir, tout blanc.

Voilà donc un roman essentiel à la Ballade et qui compte désormais dans mes préférés. Je l'ai adoré d'un bout à l'autre.

Extraits
 " Deux choses se passèrent en même temps : elle faillit tomber dans un trou occupé par de gros oeufs clairs et mouchetés, et quelque choses lui piqua dessus, toutes serres dehors, manquant sa tête de justesse.
[...] S'aplatissant contre la roche, elle vit alors son assaillant. Détachée sur le ciel vert-bleu, la créature avait un corps doré, des ailes d'une nuance plus pâle, au squelette sombre clairement apparent, et des yeux flamboyants rouge orangé."

"C'était merveilleux d'être seule, et en sécurité, dans une partie de la planète qu'aucun pied n'avait jamais foulée. Sorka avait assez souvent étudié les cartes de l'EEE pour savoir que les intrépides découvreurs n'étaient jamais venus sur cette plage. Ce sentiment d'être la première avait quelque chose de magique, et elle soupira de contentement. Autrefois, elle désirait donner son nom à un endroit ; maintenant, elle rêvait plutôt de découvrir l'endroit le plus beau de cette planète, un endroit unique pour lequel on se souviendrait d'elle."

Ailleurs
Vert ; Julien ...

vendredi 26 octobre 2012

La Ballade de Pern : Histoire de Nerilka Intégrale II de Mc Caffrey

Nerilka,  fille de Tolomcamp, Seigneur du Fort de Fort,  s'enfuit afin d'aller aider les malades atteints de la grippe qui sévit sur Pern depuis quelques jours. Guérisseuse, elle finit par atterrir au fort de Ruatha où elle rencontrera Alessan et pourra ainsi aider à enrayer cette terrible épidémie.

Cette histoire, racontée à la première personne, très courte (à peine 200 pages), se déroule en parfait parallèle de La Dame aux dragons, elle démarre à peu près dans les mêmes temps : lors de la fête du Fort de Ruatha et se prolonge quelques temps après : sur quelques années lors du prologue.

La première question qui m'est venue à l'esprit en lisant ce tome ci fut : pourquoi l'avoir écrit ? Quel but a poursuivi l'auteure en écrivant presque la même histoire que précédemment, en plus raccourci et par un point de vue différent ? J'avoue que cela m'a travaillée un tantinet .... Car hormis le fait de raconter à la première personne, hormis le fait que cela permet d'approfondir certains évènements déroulées lors de La Dame au dragon, d'appréhender différemment les sentiments des divers protagonistes, je n'ai vu aucun intérêt à raconter cette nouvelle histoire
En terme d'intérêt, j'entends sur la globalité de la Ballade de Pern, cela n'apporte rien de nouveau sauf en ce qui concerne la Chevauchée de Moreta dont on apprend que la légende a "triché" sur le dragon avec lequel elle a disparu dans l'Interstice .

J'ai eu la sensation que Mc Caffrey jugeait sa première histoire incomplète et a voulu y rajouter les quelques détails en la reprenant racontée par Nerilka ..... Ou alors elle aime tellement ses personnages qu'elle ne peut résister à raconter plusieurs fois leur histoire de différentes manières.
J'ignore bien entendu quelle est la raison, et même s'il y en a une. Mais pour autant, même si j'ai lu très vite ce court roman, même si je l'ai apprécié, je n'en ai pas vraiment saisi son utilité ou importance.
En outre, le côté fleur bleu déjà très présent dans La Dame aux dragons l'était encore de façon plus exacerbée, décidément cet Alessan engendre des sentiments bien adolescents ! Et aussi les dragons se sont vus relégués au dernier plan.

Cela dit c'est paradoxalement ce qui a fait un intérêt sur ce tome là, pour la première fois, on est face à une protagoniste qui n'envie pas forcément les possesseurs de dragon et leur étrange symbiose.
Son indépendance et sa forte personnalité font qu'elle réalite qu'elle n'aimerait pas forcément partager en tous lieux et temps ses pensées avec un dragon. Voici qui est original dans ce monde où tout tourne autour des chevaliers dragons et leurs montures.
J'aime aussi les récits racontés à la première personne, cela donne toujours plus d'intensité à l'histoire. Le passage concernant la tragédie de Moreta engendra ainsi une bonne dose d'émotion ! Pour le reste, le passage au "Je" a aussi hélas accentué, comme je le faisais remarquer déjà, le côté amourette de l'histoire.

Après il est vrai qu'il m'en faudrait beaucoup pour me dégoûter de cette Ballade de Pern et si ce tome ci n'a pas remporté mon adhésion complète, j'ai toujours envie de replonger dans la suite.
Qui sera visiblement dans l'Intégrale 1.

Ailleurs
Vert ...

vendredi 19 octobre 2012

La Ballade de Pern : La dame au dragon Intégrale II de Mc Caffrey

Les habitants de Pern se pressent au Fort de Ruatha pour célébrer l'intronisation d'Alessan, son jeune Seigneur. Moreta, Dame du Weyr de Fort, passionnée de courses (ce sont des coureurs, une race adaptée de celle des chevaux d'antan), est de la fête. Le Passage des Fils doit se terminer dans 8 révolutions, les gens recommencent à faire des projets d'avenir et à se montrer plus sereins.

Hélas une épidémie frappe de plein fouet le monde de Pern : animaux et humains meurent en quelques heures ou quelques jours et les Chevaliers Dragons ne sont pas épargnés alors que les Fils continuent à tomber à intervalles réguliers. Moreta et sa reine Orlith se mobilisent pour la survie de leur peuple .... peut être au détriment d'elles-mêmes ?

Ce coup ci, on est parti pour un gigantesque bond dans le passé de Pern : tous les Weyr sont actifs et bien remplis de chevaliers et leurs montures ailées, le Continent Méridional est encore inexploré et assimilé à un monde dangereux, les Chevaliers savent jouer avec le temps (remonter le passé et même se projeter dans l'avenir). On doit entrer dans une histoire dont on ne connait plus du tout les protagonistes, pour moi cela a été un peu difficile, il faut dire aussi que les noms choisis pour les chevaliers sont tout de même assez alambiqués : K'dren, S'ligar, F'gal, L'bol .... on finit par se mélanger les pinceaux.
Heureusement ceux de leurs dragons sont un peu plus faciles à retenir. On en apprend d'ailleurs un peu plus sur ces créatures, déjà qu'elles furent créées génétiquement, ensuite on assiste à de véritables cours de zoologie concernant leur santé et comment soigner leurs blessures.

J'ai eu du mal aussi à entrer dans le récit parce qu'il peine un peu à démarrer et j'avoue que l'attirance entre Moreta- Alessan a un côté midinette qui m'a prodigieusement agacée. Certes le côté gentillet de la Ballade de Pern n'est plus à prouver et reste très supportable mais là sur ce genre de sentiments très adolescents, j'y ai vu certaines limites.

Malgré tout, lorsque l'épidémie éclate, le récit prend une tournure enfin active et tout à fait intéressante, même s'il ne s'agit que d'une banale épidémie de grippe (pas si banale puisque même à l'heure actuelle, on peut encore en mourir), elle risque de décimer la population entière et se montre aussi virulente que la Peste Noire des années sombres du Moyen Age. 
Il est étrange d'ailleurs de constater que malgré une colonisation de Pern, par des gens très évolués, cette planète reste très moyenâgeuse avec des techniques anciennes (la façon de faire le vaccin en inventant une sorte de centrifugeuse manuelle, l'administration de ce vaccin ...) et des moeurs sociétales de l'an mille : mariages arrangés (même dans les Weyr, comme ce sont les dragons de bronze les plus forts qui ont le privilège de s'accoupler avec la reine, il n'est pas évident que le couple humain fonctionne, c'est le cas pour Moreta et son chef de Weys : Sh'gall),  imposition etc ....

Le récit est au final prenant et la fin plus qu'émouvante. Etrange comme les sentiments passant à travers leurs dragons, peuvent revêtir un aspect dramatique et poignant pour le lecteur. Cela reste l'aspect que je continue à apprécie le plus dans cette Ballade de Pern :  cette proximité et symbiose entre les Chevaliers et leurs dragons,  le fait qu'ils ne puissent vivre les uns sans les autres.
J'ai beaucoup aimé aussi les scènes de combat contre les Fils et le quatuor Moreta-Orlith et Leri- Holth. Ce sont vraiment les véritables héroïnes de cette histoire.

Un nouvel épisode de la saga de Mc Caffrey qui, sans être au niveau des premiers tomes, est très agréable à lire. La suite sera avec Histoire de Nelrika.

Extraits
"Quand frappe la malheur, l'homme dénué d'imagination et d'intelligence regarde autour de lui, cherchant à attribuer le blâme à un autre ; l'homme résolu accepte l'infortune et s'efforce de survivre, de mûrir et de s'améliorer."

"Les voilà ! De nouveau, Moreta regarda derrière elle et vit comme un brouillard argenté dans le ciel, un frémissement flou tombant inexorablement vers le sol. Les Fils !
Le front de Chute ! A puissants coups d'ailes, Orlith partit à la rencontre de la pluie dévastatrice."

Ailleurs
Vert  ...

dimanche 7 octobre 2012

La Ballade de Pern : Le Dragon Blanc Intégrale V de Ann Mc Caffrey

Ruth, le dragon blanc, né de Ramoth et Mnementh, et dont Jaxom, futur Seigneur de Ruatha, a conféré l'Empreinte alors qu'il n'aurait pas du, n'aurait jamais survivre. Et pourtant, même s'il n'a pas grandi comme les autres dragons, il est bel et bien la monture de Jaxom, destiné à chasser les Fils tout aussi bien que les autres. Seulement Jaxom ne peut être chevalier dragon et n'est pas encore Seigneur. Partagé entre ses envies et ses devoirs, il lui est difficile de se positionner et de s'affirmer.

Durant ce temps, les chutes de Fils se poursuivent, les Anciens, pourtant exilés dans le Wehr méridional, continuent d'être en désaccord avec le Chef des Wehr F'lar .... et les Chevaliers se rendent compte que le côté méridional de Pern, alors quasiment inexploré, est immense et fut habité il y a fort longtemps ...

Avec le Dragon Blanc de Pern, l'on retrouve à la fois l'intrigue qui avait débuté avec Le Vol du Dragon et la Quête du Dragon mais aussi tous les personnages présents dans tous les tomes précédents : à savoir F'lar,, Lessa, F'nor, ainsi que Robinton, Menolly et Piémur, sans oublier Brekke, Jaxom évidemment et tous ceux qui gravitent autour de lui. L'on retrouve aussi les "méchants" anciens qui font des misères à F'lar et Torric, le Seigneur de Fort méridional parce qu'il faut bien un ambitieux dans l'intrigue.

Tout ce petit monde vit en harmonie, c'est presque trop beau pour être vrai, mais c'est la Ballade de Pern, c'est toujours très manichéen, c'est toujours très gentillet, plus que pour les tous premiers tomes en fait, à croire que Mc Caffrey a pris une dose de rose nounours durant sa trilogie sur les Harpistes ....
Mais bon j'avoue que malgré tout, j'aime ..

Parce que je suis toujours très attachés aux personnages et tant pis s'ils sont trop gentils, trop sages, trop parfaits, tels les romans des Chevaliers de la Table Ronde, ils chevauchent toujours leurs splendides dragons (qui n'a jamais rêvé de remonter le temps pour réparer ses erreurs ou de se retrouver à l'autre bout du monde pour une journée ? Il suffit de se fondre dans l'Interstice et hop le tour est joué) et sauvent la planète des Fils.
Je crains de toute façon manquer totalement d'objectivité à présent en ce qui concerne cette saga, j'ai été séduite dès les premiers tomes et mon enchantement continue. De plus l'univers de Mc Caffrey tient suffisamment la route pour lui pardonner le côté gentillet à ses romans.

Dans celui-ci, le côté SF s'accentue d'ailleurs car les Chevaliers découvrent peu à peu des vestiges du passé, mais surtout d'étranges étoiles qui seraient des vaisseaux ayant amenés les humains sur Pern. Ainsi se pose l'hypothèse d'une colonisation venue de l'espace.

On suit aussi Jaxom dans son évolution, le début de sa maturité vers l'âge adulte. Indécis au début, il va s'affirmer de plus en plus au cours du récit, prendre les décisions qu'il faut, grandir en somme. Avec l'aide de son dragon blanc si particulier Ruth .... Hors norme à plusieurs égards : anormalement petit, mais capable de communiquer avec les lézards de feu (qui lui vouent un attachement sans borne, même de la part de ceux qui n'ont pas été marqués), capable de voler presque mieux que les autres dragons et surtout encore plus proche de son maître que peuvent l'être les autres dragons. Il a un rôle primordial dans ce tome ci, ce n'est pas pour rien qu'il en porte le titre.

Voilà donc un roman qui se lit aussi plaisamment que les autres, dans lequel les lézards de feu tiennent encore une place primordiale .... Pour la première fois, ils apparaissent aussi comme des empêcheurs de tourner en rond, notamment de la part de ceux qui ne les comprennent pas bien, c'est qu'ils ne se font pas forcément comprendre aussi aisément que les dragons. Par ailleurs, ils semblent faire le lien entre le passé et le présent de Pern, aussi bien que les vestiges retrouvés. Ces petits animaux sont décidément plein de surprise.

Et Mc Caffrey continue à susciter mon intérêt et mon envie de poursuivre, donc suite au prochain tome.

Ailleurs 
Efelle ; Vert .........

vendredi 21 septembre 2012

La Ballade de Pern de Anne Mc Caffrey : Les tambours de Pern

Trois cycles après l'arrivée de Menolly au Fort, Piémur, l'un de ses meilleurs amis, à 14 ans, voit à son grand désarroi sa voix muer, ce qui lui interdit de chanter dans la ballade de Lessa. Heureusement le Maître Harpiste Robinton lui propose pas moins d'être son apprenti, en devenant à la fois messager et espion. Ainsi il sera apte à aider Robinton à comprendre ce que trament les Anciens renvoyés au Fort Méridionnal.

Un rôle sur mesure pour l'esprit vif de ce jeune garçon qui ne rêve désormais plus que d'une chose : posséder un lézard-de-feu, dusse-t-il voler un oeuf pour réaliser son souhait.

Si ce dernier tome de l'Intégrale IV de la Ballade de Pern se lit aussi bien et avec plaisir que les précédents, j'avoue qu'il m'a moins enthousiasmée. Tout simplement parce qu'en quelque sorte, l'histoire de Piémur ressemble un peu trop à celle de Menolly : un jeune garçon prometteur qui attire les convoitises et la jalousie de ses pairs qui le malmènent alors qu'il est porté aux nues par les "bons" de l'histoire. C'est exactement ce qui était arrivé à Menolly, à la fois persécutée par d'ignobles petites pestes et soutenue par Robinton, Sylvana et Sebell.  Avec une fin heureuse pour chacun d'entre eux.
C'est un petit peu dommage, surtout qu'on a la sensation de stagner en ce qui concerne les dangers qui menacent toujours Pern, à savoir les Fils qui continuent toujours à tomber.
D'ailleurs on n'a que très peu de vues sur les autres personnages de cette saga, à peine Lessa et F'Lar sont évoqués au moment de l'empreinte de leur fils Felessan, et un petit rappel sur Jaxom et son dragon blanc dont on apprend succinctement qu'il n'a pas atteint une taille normale, ce qui soulage pas mal de personnes.

En contrepartie, ce roman porte davantage sur le retour des soucis avec les Anciens et l'on retrouve aussi le Lord Meron qui était responsable en partie de la mort des deux reines dans La Quête du Dragon.
Ce tome ci est probablement une ouverture à de nouveaux conflits qui se préparent entre les Anciens exilés malgré eux et les chevaliers dragons. De plus il y a un véritable trafic d'oeufs de lézards de feu qui s'instaure avec une certaine arnaque en ce qui concerne particulièrement les lézards Verts qui ne sont pas les plus intéressants de cette race là. Il commence d'ailleurs à avoir pas mal de Lézards, ce qui est regrettable aussi car ils perdent de leur côté rare.
Cela dit ceux de Menolly tiennent toujours un rôle important dans l'histoire.

Ainsi, un roman qui se parcoure bien mais que je ne mettrai pas dans mes préférés de la Ballade de Pern, j'ai hâte maintenant de retrouver les habitants de Benden et de replonger un peu plus dans l'action et le combat contre les Fils.

Ailleurs
Vert ; Zahlya ...

vendredi 14 septembre 2012

La Ballade de Pern de Ann Mc Caffrey : La chanteuse-dragon de Pern

Après avoir été recueillie au Fort de Benden et retrouvée par le maitre harpiste Robinton, Menolly s'envole pour le Fort où elle poursuivra sa formation de musicienne auprès des meilleurs maîtres d'art de Pern. Rendue timide, réservée et méfiante suite à l'interdiction qu'elle avait auprès des siens de s'adonner à sa passion, Menolly craint de ne pas parvenir à s'intégrer dans son nouveau lieu. De plus les maîtres se montrent fort sévères à son égards, à l'exception de quelques-uns, et elle se retrouve en butte aux brimades de filles jalouses de ses qualités et de sa position auprès de Robinton. Heureusement elle a pour compagnie ses neuf lézards de feu et trouve un allié en la personne de Piémur un jeune apprenti à la voix d'or.

Présenté ainsi, La Chanteuse- dragon de Pern, qui fait suite directement au tome Le Chant du dragon, on a vraiment l'impression de se trouver face à un récit de littérature jeunesse, avec les ingrédients parfaits qui constituent des défauts dans beaucoup de romans : la jeune fille fragile face aux méchantes pestes, heureusement soutenue par le jeune garçon et défendue par ses adorables animaux de compagnie (cela fait un peu Candy non ?), mais qui surdouée de la musique va finir par vaincre tous les obstacles et triompher.

Ce sont les réflexions qui m'ont suivies durant ma lecture dévoreuse de ce tome (oui car la Ballade de Pern, je ne les lis pas, je les dévore) et dans n'importe quel autre livre, je les aurais faites passer pour des critiques d'un récit bien trop caricatural,  manichéen et un peu mièvre ...

Sauf ..... qu'il s'agit de la Ballade de Pern ... non que les romans de Mac Caffrey la mettent à l'abri de toute récrimination mais seulement que le côté que j'aurais trouvé bien trop gentillet dans tout autre livre, passe comme une lettre à la poste ici ... 
Tout simplement parce que l'univers créé est tellement magique, tellement poétique - c'est un magnifique hymne à la musique et au pouvoir de la composition, à la transmission d'un savoir primordial dans l'histoire de l'humanité ... sans musique, les humains ne seraient pas tout à fait ce qu'ils sont et c'est justement cet art qui leur donne encore un peu d'humanité - qu'on ne peut que gommer l'aspect plus juvénile des aventures de Menolly.

Alors oui c'est une jeune fille parfaite tellement douée qu'elle pourrait en être agaçante, oui les autres jeunes filles sont des pestes méchantes sans aucune qualité, oui le jeune Piémur est tellement dévoué à son amie qu'il pourrait en être ridicule ... Or il n'en est rien.
Non seulement on accède à cet état des choses mais en plus on l'accepte et pour moi Menolly n'était absolument pas agaçante et Piémue pas du tout ridicule. Quant aux jeunes filles mesquines, je jubile lorsqu'elles sont remises à leur place.
Il subsiste une naïveté, une fraicheur et une innocence dans cette trilogie sur la vie des apprentis musiciens que j'ai été emballée de la même manière que pour les tomes précédents.

Et les lézards de feu, leur rôle, leurs nouvelles capacités dévoilées, n'y sont évidement pas pour rien, ils prennent tellement d'importance dans ce roman, ils sont tellement attachants qu'à eux seuls, ils font tout l'intérêt de la Chanteuse-Dragon de Pern. Et qui n'a pas rêvé, ado, d'avoir un animal fidèle qui fonde sur votre ennemi dès qu'il sent votre désarroi, qui vous défend dès que l'on tente de vous faire du mal ?
Qui ne rêverait pas d'avoir pour compagnon ces petits dragons miniatures qui, une fois la marque faite, sont les plus loyaux de vos amis ?
J'ai peut-être été trop imprégnée, adolescente des romans de la Table Ronde, de ces chevaliers défenseurs, mais cette saga des nobles Chevaliers Dragons, toujours prompts à faire la justice, m'y font beaucoup penser et il n'y a rien à faire, cela m'enchante.

Et du coup, je suis très attachée à tous ces personnages, Menolly qu'on est heureux de voir prendre enfin de l'assurance, Piémur qui est un petit bonhomme rigolo, Robinton loyal et aussi noble qu'un chevalier très touchant lorsqu'il marque son premier lézard de feu, Camo l'homme handicapé mais si sensible, sans oublier l'ombre des autres, que l'on évoque de temps en temps, F'lar et Lessa, F'Nor ( le passage de son retour de l'Etoile Rouge, ressenti par toute la détresse de Menolly, transmise par ses lézards de feu, est très émouvant). Ces évocations des autres personnages ancrent ce récit parallèle aux évènements de la Quête du Dragon.

Alors tant pis pour le côté un peu gentillet de l'histoire de Menolly, j'aime toujours autant, je lis ces pages comme elle dévore sa passion, et je n'ai qu'un mot à ajouter : moi aussi je veux un lézard de feu !!!

Extraits
"Soudain, leur terreur monta en elle avec une telle intensité qu'elle cria :
- Non !
Son injonction était spontanée. Elle essaya de lever les bras pour se protéger de ce danger inconnu, mais ils étaient liés par les lézards. Leur peur était sienne, complètement, totalement. Et de manière incohérente, elle poussa de nouveau le même cri.
- Non ! Non !"

"Brudegan dirigea le choeur, donnant la réplique en divers endroits et chantant le déchant au refrain. Au-dessus des voix d'hommes, les tons des lézards de feu, purs, et d'une hauteur extrême, tissaient leurs propres harmonies autour de la mélodie."

Ailleurs
Vert ; Zahlya ....