vendredi 1 juin 2012

Lectures en cours (23)

Mes prévisions littéraires risquent de ne pas suivre tout à fait mon programme, Imaginales obligent, qui vont peut-être changer mes idées de lecture.

Du coup je ne vais pas prévoir trop pour l'instant.

- Le monde perdu de Michael CRICHTON
En cours de lecture avec Tigger Lilly.

- A comme association Tome 7 : Car nos coeurs sont hantés d'Erik L'HOMME

- Fils des Brumes *** : Le héros des Siècles de Brandon SANDERSON
Pour mettre fin à la tyrannie, Vin a tué le Seigneur Maître. Mais en essayant le Puits de l'Ascension, elle a laissé s'échapper une des formes maléfiques de l'Insondable. Depuis les Inquisiteurs et les brumes font toujours plus de victimes, tandis que les cendres qui tombent du ciel menacent d'affamer les hommes et d'ensevelir le pays ...
Bon celui ci il va être prioritaire je l'avoue, impossible d'attendre davantage pour lire la conclusion de cette Trilogie.

Voilà pour l'instant, et pour finir une petite photo d'un livre que je viens de recevoir en cadeau (histoire de commencer à refaire gonfler ma Pàl, merci hein Tigger Lilly ^^).


En attendant la suite après les Imaginales.

jeudi 31 mai 2012

Leviathan II La nuit de Lionel Davoust

Alors que Michael Petersen réchappe miraculeusement d'un naufrage dans les eaux glacées de l'Antarctique, des faits inexplicables se produisent dans son entourage .... évènements qui inquiètent fortement le Comité, cette organisation occulte dont les agents exercent une étroite surveillance sur le biologiste depuis des années en le plaçant dans une situation de soumission et de tranquillité. 
Quels sont ces cauchemars atroces qui assaillent Petersen et pourquoi semblent-ils suivis de meurtres ? C'est ce que va s'efforcer de découvrir l'Agent Andrew Leon que le paranormal n'effraie pas ....

Leviathan La Nuit, suite du premier opus La Chute, révèle peu à peu ses éléments tout juste esquissés dans le premier tome. On en apprend plus sur le Comité, la Main Droite et la Main Gauche, sur leurs façons de procéder : l'accommodat et l'obfuscation (discipline qui consiste à dissimuler ses traces à l'intuition des autres, cela m'a fait penser à l'héroïne de Transparences d'Ayerdhal qui savait parfaitement se rendre invisible), sur tout ce qui s'est tramé durant des années autour de Michael Petersen pour protéger un secret terrifiant au point de maquiller entièrement un entourage.
 Et sur ce fameux Leviathan étroitement lié à Petersen. Sans oublier la mer sans son rôle le plus sinistre et froid.
"Le bruit des vagues s'intensifia et elle vit surgir de nulle part un ressac d'obsidienne mouvante qui larda ses genoux, ses mollets, d'un million d'aiguilles glacées."

J'ai eu la même sensation qu'en lisant le premier tome, un démarrage un peu lent, cahotique, avec un Michael Petersen insupportable de mollesse, dans un rôle de victime manipulée qui au lieu de me le rendre attachant, me le fait paraître détestable.  C'est marrant car son ami Jean Claude prononce des paroles qui renvoient exactement à l'effet que produit sur moi le biologiste
"Oh Michael, si tu savais comme c'est bon de laisser tomber le masque ! D'arrêter d'écouter avec une bienveillance tes jérémiades, de ses montrer compatissant avec tes faiblesses grotesques, de feindre m'intéresser à tes ridicules affaires de famille !"

Et ce qui est frappant c'est le style même de Lionel Davoust qui, je ne sais pas s'il l'a fait exprès ou non, en devient lourd et presque ampoulé, avec un certain manque de naturel lorsqu'il s'agit de parler de ce personnage, alors qu'il est tout à fait excellent dès qu'il s'agit des autres protagonistes. Il est possible aussi que cette sensation m'a été dictée par l'antipathie ressentie envers ce Petersen, ce qui est très étonnant car la plupart du temps le côté victime titille chez moi ma fibre empathie mais là rien à faire, il est décidément trop mou, trop soumis aux évènements .... avec quelques améliorations vers la fin avec une velléité de révolte, et là on se dit "enfin !!!"

Bon heureusement il y a les autres personnages, Masha tout d'abord sa femme qui joue double jeu mais une combattante qui a cédé à l'amour et la protection, elle a un côté à la fois intransigeant et doux qui la rend fortement sympathique, plus que dans le premier tome. Puis l'Ombre, ce mystérieux personnage donc je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler. Et enfin Andrew Leon le fameux Agent du FBI, chargé de l'enquête.

Un petit encart spécial pour ce personnage qui m'a séduite au plus haut point ... un Agent fasciné par le paranormal, obsessionnel, qui en oublie de manger lorsqu'il est en pleine enquête, qui saute directement à la conclusion sans passer par les étapes intermédiaires (et se trompe rarement), doué d'une vive intelligence ... cela ne vous rappelle rien  ? Certes ses collègues l'appellent Dale Cooper, le personnage de Twin Peaks mais j'ai bien évidement pensé à Mulder le héros d'X Files ...
Bon après oui cela dépend de ses références sériesques ! En tout cas c'est rapidement devenu mon personnage fétiche, qui porte une grande part du récit, après tout le mystère à résoudre reposer désormais sur ses épaules et il est ouvert à tout !

Pour le reste, le récit est aussi prenant que dans le premier opus, des éléments se révèlent mais en gardant une part de suspense, ce qui fait que rien n'est encore joué ni dévoilé à la fin de ce second livre, on en sait plus mais pas encore assez pour rassasier la soif de découverte ... 
Le rythme est soutenu et d'autant plus en approchant du dénouement, on le sent dans les passages consacrés aux personnages qui se réduisent de plus en plus, activant l'envie et la hâte de tourner plus vite les pages pour savoir enfin ! Et finir frustrés car c'est la fin du roman et qu'il va falloir attendre pour découvrir la suite.

En conclusion un excellent roman fort bien écrit à la fois thriller et paranormal qui pose aussi beaucoup de questions sur les sens que l'on donne à nos existences, sur nos choix.

"Tant d'êtres humains, de consciences qui espéraient, souffraient, aimaient, bâtissaient -et pour quoi, en définitive ? Mourir, en ne laissant que des larmes et des regrets, bientôt oubliés à leur tour. Des existences tels des châteaux de sable balayés par la marée, dont il ne subsistait aucune trace. Et la génération suivante recommençait le cycle, persuadée, dans l'aveuglement de la jeunesse, de sa différence. Illusion et vanité. L'espèce humaine se rengorgeait de ses progrès mais, en vérité, elle n'avait pas accompli un seul pas vers la plus importante question entre toutes : comprendre ce qu'elle faisait là."

En aparté Lionel Davoust  a dédié ce livre aux lecteurs bien entendu mais aussi aux blogueurs, c'est un fait nouveau qui mérite d'être souligné et montre bien la part de plus en plus importante d'une communauté de lecteurs qui ont le désir de partager leurs lectures.

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Traqueur Stellaire ; ActuSF ...Tigger Lilly (à venir)

dimanche 27 mai 2012

Fils des Brumes ** : Le puits de l'Ascension de Brandon Sanderson

Vin, la jeune Fille des Brumes, durement entraînée par son mentor et ami Kelsier, a réussi à vaincre le Seigneur Maître, délivrant ainsi l'Empire Ultime du joug de ce tyran. Pourtant les choses ne se révèlent pas si simples par la suite. Une guerre de pouvoir commence pour s'emparer de Luthadel où règne pour l'instant Elend Venture le jeune noble qu'elle a connu il y a quelques mois, un noble, qui contrairement aux autres, se sent concerné par le sort des Skaa, ces esclaves du temps du règne du Seigneur Maître.
Les dangers sont nombreux : des armées campent à l'orée de la ville tandis qu'une ombre mystérieuse rôde autour de Vin, qu'un Fils de Brume tente de la séduire et que les Brumes semblent tuer .... Et si quelque chose de plus terrible encore que le Seigneur Maître se réveillait ?

Le Puits de l'Ascension, Tome 2 de la trilogie de Sanderson, suit de près L'Empire Ultime et  nous plonge dans une atmosphère toujours aussi lourde, un peu moins angoissante que lorsque le Seigneur Maître régnait, mais qui nous laisse toujours dans l'incertitude. Avec Sanderson rien n'est acquis, certes Vin semble avoir vaincu et Elend règne mais rien n'est facile et rien n'est sûr .... Et d'ailleurs les surprises continuent de pleuvoir, il n'y a aucune anticipation possible sur les évènements, c'est ce qui fait un gros point fort de ce récit.

En outre la mort du tyran est une remise en cause totale d'un système qui s'il était injuste fonctionnait quand même. Les Skaa en sont le témoignage et posent la question de la liberté. Qu'est-ce qu'être libre lorsqu'on a peur et que l'on meurt de faim ? Qu'est-il préférable ? Rester soumis à un régime qui au final n'induit aucune réflexion et aucune révolte ou avoir la liberté de penser mais par là même devoir faire des choix ?
 
" Il semblerait que les rebelles aient trouvé le chaos de la transition plus difficile à accepter que la tyrannie qu'ils connaissaient précédemment. Ils acceptaient le coeur léger le retour de l'autorité - même oppressante - car elle leur était moins pénible que l'incertitude."

Parce qu'aussi pour certains ce tyran les protégeait en les dirigeant et qu'à présent un danger plus grand que lui les terrifie, construire une nouvelle société basée sur la liberté n'est pas facile et Elend Venture en fait les frais tout en apprenant à être un bon roi, sous la gouverne d'une Terrisienne Tindwyl, une amie de Sazed.

Ce qui fait un autre point fort de ces romans, c'est le côté profondément humain des protagonistes. Certes Vin est une Fille des Brumes particulièrement douée, porteuse d'espoirs insensés de la part de ceux qu'elle a libérés, le lien de plus personnel et puissant du peuple avec le Survivant, un véritable symbole, mais elle reste au fond d'elle la petite fille à qui on a appris à se méfier de tous. Même si elle a progressé, elle garde une certaine fragilité qui nous la rend profondément attachante. Ses relations hésitantes avec Elend, ses doutes, ses peurs forment une part importante de sa personnalité .... alors qu'en dehors de cela, elle peut se montrer implacable lorsqu'elle se doit de protéger celui qu'elle aime.
Il est marrant de constater que du côté d'Elend les choses ne sont guère plus simples .. . Ces deux là s'aiment mais n'ont pas confiance en eux et pensent ne pas mériter l'amour de l'autre.
Pas facile ! Heureusement ils sont entourés d'amis un peu plus lucides sur leur relation, comme Tindwyl et Sazed.

Dans les nouveaux personnages qui gravitent autour du petit groupe formé par Kelsier, il y a Oreseur, un Kandra que peu à peu on apprend à connaitre à travers Vin et à apprécier. J'avoue avoir beaucoup accroché à la forme qu'il a pris pour protéger Vin, à savoir un chien loup ^^
Il y a aussi Zane, l'autre Fils des Brumes ....  tantôt l'ennemi tantôt l'ami, un être torturé dont les combats avec Vin forment des morceaux palpitants du récit. N'étant pas particulièrement attachée à Elend, bien qu'il s'améliore au fil des pages, j'aurais bien aimé un rapprochement avec Vin parce que si le premier ne m'émeut pas plus que cela, je trouvais ce Zane diablement mystérieux et intéressant.

Voilà au terme de ce second Tome, mon avis est toujours aussi enthousiaste .... c'est une série de fantasy que je placerais au niveau de la Citadelle des Ombres, ce qui pour moi est une sacré référence .. (et une bien meilleure que la citation sur la quatrième de couverture qui dit "Une fantasy épique grandiose .. Les fans de Terry Goodkind liront avec passion Le Puits de l'Ascension " ;  pour avoir lu une partie de l'Epée de Vérite, j'ai envie de dire qu'il ne faut tout de même pas trop pousser dans la comparaison ! Il y a là un gouffre en matière de qualité entre les deux séries, voilà c'est dit !!!).

Un seul regret ...  c'est de l'avoir trop lu en morcelé parce que j'avais d'autres livres en cours ....  ce qui me fait réaliser une fois de plus que je déteste lire plusieurs romans en même temps, surtout que je le fais des fois pour de mauvaises raisons : quand je suis sur un gros roman comme cela, j'ai peur de ne pas avoir matière à écrire pour mon blog et je me rajoute quelquefois des lectures intermédiaires.
Du coup cela gâche un peu ma plongée dans des livres comme Fils des Brumes pour lesquels j'aurais envie de m'y consacrer entièrement.
En tout cas lorsque je lirai le troisième Tome (ce qui à mon sens le sera au mois de Juin) je n'ouvrirai aucun autre livre !

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dimanche 20 mai 2012

Le livre des étoiles ** Le Seigneur Sha : *** Le visage de l'Ombre d'Erik L'Homme

Après avoir sauvé Agathe des griffes du commandant Thunku dans le monde Incertain et appris qu'un certain Seigneur Sha pourrait être son père, Guillemot reprend son apprentissage de magie auprès de Qadéhar. C'est qu'il est doué, et même tellement doué que son maître brûle les étapes. En même temps une expédition est organisée par la Guilde des Sorciers pour mettre en déroute l'Ombre qui menace le pays d'Ys ... La défaite les guette ...

Le tome ** du Livre des Etoiles démarre aussitôt après Qadehar le Sorcier et le récit reprend sans à coups, entre apprentissage de la magie et moments d'amitié entre Guillemot et ses amis.  

Du coup puisque les romans s'enchaînent sans transition, j'ai poursuivi immédiatement avec le Tome *** dans lequel Guillemot se fait enlever par l'Ombre et devra mobiliser toute sa magie pour pouvoir lui résister pendant que le monde Incertain et ses amis se mobilisent pour le sauver. C'est que l'Ombre a réussi à voler le Livre des Etoiles et compte bien s'en servir pour accéder à ses ultimes sortilèges.

L'univers posé par Erik L'Homme dans le tome 1  se développe peu à peu dans les suivants avec même une réunion au sommet de tous les individus et peuples rencontrés au préalable pour le final. Bon ce côté ci était un peu prévisible et un peu gros à la rigueur.
Pour le reste on fait la connaissance de nouveaux personnages, plus ou moins sympathiques mais toujours tournés dans le bon sens de la moralité : cela reste un livre pour les enfants. J'y ai trouvé tout de même un petit côté Club des Cinq  : ces enfants livrés à eux-même qui réussissent là où les adultes échouent.
Cela dit en même temps ce n'est absolument pas péjoratif de dire cela, parce que j'aimais beaucoup cette série lorsque j'étais enfant et qu'Erik L'Homme n'en a pas fait son crédo ... Son récit reste prenant, les éléments se tiennent, son univers est bien posé et surtout il écrit très très bien.
Dès le deuxième Tome on aborde un côté plus profond de la personnalité de Guillemot avec la recherche de ses origines et voire même une petite peur (pour lui) dans le Tome final avec un "Je suis ton père" digne d'un Dark Vador face au jeune Luke Skywalker .... J'avoue avoir souri tout de même à cette évocation, je ne sais pas si l'auteur l'a fait exprès  mais c'était tout de même flagrant.

J'ai été un tantinet déçue par la fin concernant les pouvoirs magiques de Guillemot, bien qu'il y eut une certaine logique dans cette révélation ... Tout se dénoue au final y compris ses origines un peu prévisibles depuis un certain nombre de pages. Ah et aussi j'avais évoqué le mélange très subtil du monde réel avec la magie qui ne dépareillait pas .. sauf sur un point .. l'usage des armes à feu au milieu de la magie m'a personnellement jeté un froid, j'ai trouvé cela incongru et cela a gommé un instant toute la magie du récit : autant un enfant qui mange du nutellas et regarde la télé peut pratiquer la magie sans que cela dérange, autant se servir de fusils pour arriver au bout d'un sortilège m'a paru presque choquant et sans grand intérêt.

Mais pour autant on ne va pas jeter la pierre à cette excellente trilogie pour enfants, bien rédigée, intéressante, avec de l'action, des personnages charismatiques. Bref des romans de qualité, vraiment. Qu'en tant qu'adulte j'ai pris plaisir à découvrir. J'aime décidément beaucoup cet auteur.
Et surtout j'ai beaucoup aimé tout l'univers de magie qu'Erik L'Homme a mis en place : ce Livre des Etoiles, ces graphèmes qui donnent accès au Wyrd et permettent d'agir sur toutes les choses, leur évocation, leur présence à l'intérieur de Guillemot ... c'est un tantinet compliqué peut être pour un enfant de 10.11 ans mais c'est original, fouillé, poétique et particulièrement réussi.

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Le Seigneur Sha : chez Olya ; Mina ; ActuSF ...
Le visage de l'ombre : chez Olya ; Mina...

L'ombre de l'Hégémon d'Orson Card

Peu de temps après avoir vaincu les doryphores, Bean - bras droit d'Ender - et les autres élèves de l'Ecole de Guerre retournent sur Terre, en triomphe. Seul leur commandant Ender doit s'expatrier ainsi de le protéger.
Seulement la paix est de courte durée car un à un les enfants sont kidnappés et qu'un nouveau danger menace la Terre, mais cette fois-ci de l'intérieur .. un conflit qui met en jeu la domination de la planète.
Bean, pour y faire face, doit se rapprocher de Peter, le frère aîné d'Ender. En même temps il va découvrir de nouvelle révélations sur ses origines et son avenir ...

L'ombre de l'Hégémon fait donc suite directement à la Stratégie de l'Ombre, le roman parallèle de la Stratégie d'Ender .. il se passe entièrement sur Terre et nous fait entrer dans une géopolitique mondiale dans laquelle vont s'affronter des génies dont le plus âgé n'a pas dépassé l'adolescence. 
Il y a Bean, bien entendu, cet enfant à l'intelligence fulgurante, Peter Wiggins qui n'avait pas été retenu pour l'Ecole de Guerre en raison de son tempérament ... et Achille, l'ennemi de Bean, déjà présent dans la Tome précédent ... un fou en somme qui n'a de cesse que dominer la Terre .... sans aucun respect pour la vie humaine. Et comme dans le fond Peter est du genre aussi à laisser souffrir inutilement des populations pour avancer sur le chemin de son ambition personnelle, nous voici dans un roman dont deux des personnages sont absolument abjectes, sans aucune conscience et antipathiques au possible. Si on prend en compte que Bean, là dedans, bien qu'il soit bien plus humain et sensible et surtout n'agit pas pour lui-même mais pour sauver son amie Pétra, a un côté suffisant un peu énervant, je me suis retrouvée confrontée à un livre dans lequel les personnages ne me sont pas du tout agréables .. et du coup aucun attachement possible envers eux.

Quant à l'histoire elle-même .... certes Card se lit toujours aussi bien avec un style qui coule tout seul .. mais sans être un style non plus qui reste dans les annales, c'est juste agréable à lire mais pas transcendent du tout ... j'avoue que si le début démarrait plutôt bien avec le suspense de l'enlèvement des petits génies, je me suis vite ennuyée ... Le récit est lent, porté sur tous les méandres d'une politique mondiale qui au final, même si elle se passe dans un futur, n'a pas évolué d'un iotas par rapport à notre quotidien ... Toujours le combat pour la domination d'un pays, au détriment des autres, sous l'égide d'un Napoléon ou d'un Hitler appelé Achille. La Russie est pointée du doigts comme au temps de la Guerre Froide et les dominants potentiels sont représentés par la Chine et le Pakistan. C'est terriblement caricatural.
Toutes les ficelles et les stratégies politiques me sont du coup prodigieusement passées au dessus de la tête, en attente de la délivrance des prisonniers et d'un dénouement expéditif concernant Achille ... j'ai été passablement déçue des deux, à moins que lassée et désireuse d'en finir le plus vite possible pour démarrer un autre livre, je sois passée à côté du réel intérêt de ce livre.

Bon en conclusion, il ne va pas me laisser un souvenir impérissable et je ne suis pas prête à démarrer le dernier Tome de cette trilogie !

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ActuSF ; nooSFere ;  LegoLegitisLegimus ...


mercredi 16 mai 2012

Le livre des étoiles * : Qadehar le Sorcier d'Erik d'Homme

Un des avantages de travailler dans une école (bah oui il faut bien les souligner de temps en temps), surtout dans une grosse école comme la mienne, c'est que l'on a accès aux livres ... et comme je traine beaucoup dans la BCD (avec ou sans les élèves), je peux de suite voir quelles nouveautés ont été acquises ...

Et là une très bonne surprise : deux livres de Pullman ainsi que la trilogie d'Erik L'Homme : Le livre des Etoiles.
Autant dire que j'ai fait de sacrés bonds (mes élèves ont l'habitude ils ne s'étonnent plus de voir leur maîtresse sauter de joie devant un livre et leur dire "chuuuuut je lis", cela les fait rire) et que j'ai piqué illico presto la trilogie.

En aparté, il y a quelques semaines j'ai vaguement parcouru un article qui parlait de la lecture de la littérature jeunesse par les adultes .. avec un regard plutôt négatif ... Lire de la littérature jeunesse quand on est adulte lorsqu'on exerce certains métier est loin d'être une hérésie, au contraire .... Pour ma part, en dehors du fait que j'aime en lire parce qu'il y a de la qualité (pas que ... des fois, certains auteurs n'ont pas compris qu'écrire pour les enfants ne se bornait pas à leur raconter une histoire simple avec des ingrédients censés leur plaire, non ce n'est pas tout à fait cela ... il y a donc de très mauvais livres pour enfants, tout comme il en existe aussi pour les adultes), j'estime qu'essayer d'amener des enfants vers la lecture sans en avoir au préalable une certaine connaissance, ne sert strictement à rien. Alors que s'ils savent que l'on a lu le livre qu'on leur propose, si on en discute avec eux, ils iront beaucoup plus facilement vers ... et surtout cela leur semblera bien moins inabordable.
Je ne connais pas tous les livres que contient la BCD mais un sacré paquet tout de même et cela induit de chouettes moments passés à discuter de tel ou tel livre avec les gamins.
Fin de l'aparté ...

Qadehar le Sorcier est donc le premier tome d'une trilogie intitulée Le Livre des Etoiles, dans lequel on fait la connaissance de Guillemot, jeune garçon qui vit dans le Pays d'Ys, situé à mi-chemin entre le monde réel (le nôtre) et le Monde Incertain (un monde peuplé de créatures étranges et dangereuses et surtout de l'Ombre une puissance maléfique qui s'est attaquée à plusieurs reprises au Pays d'Ys).
Si Guillemot rêve d'être un chevalier du Vent, c'est un autre destin qui l'attend, en effet il est remarqué par un sorcier parce qu'il a de fortes capacités en magie ...  le voilà devenu apprenti auprès de Qadehar qui va lui apprendre à se servir de Graphèmes, des formules magiques, contenues dans un livre mystérieux  qui a disparu depuis longtemps : Le Livre des Etoiles.

Il ne tardera pas au garçon de faire preuve de ses nouvelles facultés lorsqu'une fille de son entourage est enlevée et emmenée dans le Monde Incertain. Heureusement il ne sera pas seul pour accomplir cette mission...

Qadehar le Sorcier, s'il s'adresse aux enfants à partir de 10 ans, est un récit qui, restant à la portée de jeunes lecteurs, n'en développe pas moins un style littéraire et absolument pas simplifié à outrance comme on peut le voir dans certains livres.
A juger dans ce passage
" Les gens d'Ys se souvenaient tout particulièrement du jour  où l'Ombre elle-même fut aperçue rôdant à proximité d'un hameau des Montagnes Dorées que ses monstres venaient de réduire à néant Plus encore que les cadavres des malheureux villageois jonchant la route ou l'armée des Orks massés sur les hauteurs, c'était sa présence nébuleuse et glacée qui avait terrifié l'escouade de Chevaliers du Vent venue se porter à la rencontre de l'ennemi"
Phrasé, vocabulaire, temps .... c'est du bon, voire même du très bon. Du coup l'histoire est très fluide et très agréable à lire.

J'ai trouvé très original ce monde à la frontière du nôtre qui mêle fantasy à notre quotidien : ainsi télévision, ordinateurs, école et nutella côtoient magie, chevaliers, monstres des mers sans que cela paraisse dépareillé.
Après l'histoire en elle-même, si elle fait intervenir beaucoup de personnages, reste à la portée des enfants : intrigue simple, personnages héros qui malgré leurs jeunes âges et leurs peu de capacités parviennent à se défaire de dangers incroyables, secours qui arrivent à point nommé, dénouements heureux.
Pour autant le monde construit par Erik L'Homme est très riche : peuples divers, accompagnés de légendes et de traditions, villes animées, mondes bien définis .... C'est un très bon roman de fantasy qu'il propose là à des enfants qui doivent néanmoins être déjà de bons lecteurs.

Erik L'Homme reste une référence en matière de littérature jeunesse. On lui doit aussi la fameuse série A comme association, démarrée avec Pierre Bottero.

A suivre ...

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dimanche 13 mai 2012

Leviathan I La Chute de Lionel Davoust

Parce que, dans son enfance, il a vécu le naufrage tragique du ferry Queen of Alberta, dans lequel il a perdu ses parents, Michael Petersen conçoit désormais pour la mer une répulsion mêlée de fascination. Adulte et devenu chercheur en biologie marine, parviendra-t-il  à dépasser sa terreur de prendre la mer pour se rendre dans les glaces de l'Arctique ? Parce qu'en réalité, une organisation oeuvre dans l'ombre pour l'empêcher d'atteindre son but à tout prix ...

La Chute est le premier tome d'un thriller qui en comptera trois .... C'est pour cela que Lionel Davoust (auteur aussi de La volonté du dragon) prend tout son temps pour poser les éléments de son intrigue ... tellement de temps en fait qu'au début j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire. 
Les hésitations de Michael, ses doutes, ses adieux peu assurés auprès de sa famille, la veille de son départ pour l'Arctique, m'ont semblé interminables ... D'autant plus que l'auteur nous campe un personnage hanté par les souvenirs récurrents de son naufrage mais que j'ai trouvé un tantinet mollasson, sans caractère, un peu victimisé par sa situation d'ambivalence. De plus tellement peu charismatique qu'il se fait littéralement dominer par un de ses futurs collègues d'expédition, à un point qu'on a envie qu'il se réveille un peu et réagisse enfin !

Bon un début certes laborieux mais qui n'a heureusement pas duré ... Parce que j'ai fini par être prise par cette relation intense qu'entretient Michael avec celle qui lui a à la fois tout pris et induit chez lui un syndrome post-traumatique puissant (et fort bien analysé ) et qui en même temps lui promet liberté et délivrance en provoquant chez lui une fascination presque surnaturelle.
La mer ... c'est en quelque sorte un personnage à part entière .... servi sous une plume habile qui nous la fait passer  soit

- pour un élément puissant, meurtrier et terrifiant contre lequel aucun homme ne peut lutter : un monstre effroyable, noir et froid qui peut tuer sans pitié
Il ferme les yeux et pourtant il voit, il est trop petit et pourtant il se sait perdu au sein d'un relief liquide, noir et déchiqueté. Les lames sont écho aux fourches tranchantes des éclairs, écumantes comme un molosse enragé, incontrôlable. Chaque embardée folle est une agonie, un naufrage sans cesse renouvelé. Le navire s'immobilise au sommet d'une crête, fragile et fatal équilibre qui se soldera par un effondrement, et les cieux s'obscurciront d'une implacable fureur océanique.
- pour un élément capable de grande douceur et de grande beauté, une mer calme et paisible dans laquelle on a envie de se lover
Il fit un pas pour se placer juste à la limite de l'eau, et contempla la fine pellicule transparente qui battait doucement en retraite sur le sable, réfléchissant l'éclat du soleil. Autour, il devina le reflet de sa propre silhouette. La vague suivante vint lécher ses semelles, puis monta plus haut, infiltrant sa fraîcheur sous la plante de ses pieds, s'insinuant entre ses orteils.

Cette mer, que tant de marins maudissent autant qu'ils l'aiment, est vivante et passionnante ... Pour moi elle symbolise vraiment l'élément essentiel de ce tome-ci.

A côté de cela, les éléments du thriller, associés à cette mystérieuse organisation : le Jeu Supérieur qui se sépare en deux voies, celle de la Main Gauche et celle de la Main Droite, faisant appel à des phénomènes occultes, contenant des hommes et des femmes chargés de pouvoirs supérieurs aux capacités humaines, se révèlent peu à peu mais sans vraiment se dévoiler ..  On a la sensation d'avancer et puis en fin de compte tout nous est encore caché : pourquoi le naufrage que Michael a vécu enfant a-t-il une telle importance ? pourquoi faut-il absolument l'empêcher de découvrir ce secret dans l'Antarctique ? quelle est cette étrange relation qu'il semble avoir avec les mammifères marins mais aussi avec la mer elle-même ?

Sans oublier le rôle de cet agent, Masha, chargé de le faire échouer dont il ignore tout mais qui pourtant représente tout pour lui ... Un rôle que j'ai trouvé au préalable dévoilé trop tôt mais qui en fin de compte ne pouvait l'être plus tard au regard de la construction de l'histoire .... Trop tôt parce que cette révélation faisait paraître Michael encore plus victimisé voire niais .. mais que l'on accepte ensuite, surtout parce qu'il évolue heureusement dans un sens qui m'a fait oublié l'impression que j'ai pu avoir de lui au départ. Et surtout j'ai fini par me passionner aussi par toute la lutte que mène Mascha.

En conclusion, un livre qui passé les premières pages m'a vite accroché, du coup j'ai hâte de lire la suite.Cela tombe bien j'ai déjà le Tome 2 ^^

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lundi 7 mai 2012

Le filet d'Indra de Juan Miguel Aguilera

Un satellite nord-américain a détecté un objet profondément enfoui sous le plateau laurentien au Canada. 
Il s'agit d'une géode parfaite de deux kilomètres de diamètre qui plonge les scientifiques dans la perplexité. Et ce mystérieux artefact a au moins deux milliards d'années. 
L'équipe qu'on envoie alors sur place va vivre la plus incroyable des aventures lorsqu'elle est amenée à plonger dans la sphère elle-même, porte ouverte sur un futur inconnu ...

Ce livre là trainait dans ma Pàl depuis les Imaginales 2010 ... autant dire que cela fait un sacré moment, sans que je me résigne à l'ouvrir. 
Et puis comme il fait partie de mon Top Ten 10 : les 10 livres à lire en priorité en 2012, je me suis enfin lancée.

C'est un roman de science fiction qui se lit relativement facilement et rapidement si on fait abstraction de toutes les parties fortement axées hard-science, j'y reviendrai plus tard.

Il se compose de deux parties, la première concernant la découverte passionnante de cette étrange sphère et de son contenu, des investigations menées autour d'elle et des expériences pour l'ouvrir.
La seconde partie nous fait basculer dans un autre monde peuplé d'êtres étranges : des araignées, des crabes et des sortes de mutants pacifiques ressemblant à des zombies : un monde aussi terrifiant que fascinant qui amène à se poser les questions de la place de l'Homme dans l'Histoire de la planète mais aussi de l'évolution de celle-ci des millions d'années après notre ère.

On se prend vite au récit qui est construit comme une aventure avec pléthore de personnages aussi différents que complémentaires dans ce genre d'évènement :  des scientifiques bien sûr, biologistes, informaticiens, physiciens ... mais aussi des militaires ... autant dire des individus qui à la base tout sépare dans leur mode de fonctionnement et de pensées .... Des personnes relativement caricaturées surtout les militaires. 
Bon à la rigueur cela ne gène pas trop car bien qu'on apprenne peu à peu à les connaître, tout est fait pour qu'on les aborde en tant que collectivité et non individualité ce qui fait qu'en fin de compte, je me suis peu attachée à eux. Seul Neko  le jeune physicien surdoué a retenu mon attention.

Un récit soutenu aussi par une intrigue : il y a parmi les membres de l'équipe un traître qui semble tout faire pour capoter l'expédition et qui, pire que tout, n'hésite pas à mettre à mort ceux qui se mettent en travers de son chemin. 

Après l'aspect qui m'a le plus dérangée dans ce livre fut le côté scientifique : je l'ai déjà dit, je ne suis pas une scientifique et je n'ai vraiment aucune affinité avec la physique quantique et les trous noirs, alors ces explications sur des géodes disséminées parmi les galaxies et les étoiles, reliées entre elles par un réseau de trous de ver et communiquant comme les neurones d'un cerveau géant, me sont un peu passées au-dessus de la tête.

Il n'empêche que le Filet d'Indra reste un roman peu transcendant mais abordable et agréable à découvrir, avec toutefois un regret, une fin un peu en queue de poisson ... L'auteur après nous avoir fait vibré dans un épisode particulièrement intense et dangereux, nous lâche brutalement avec une fin qui n'en est pas une ... qui appellerait une suite parce qu'en fin de compte on n'a aucune idée de ce que vont découvrir au final les personnages et que c'est hyper frustrant.

Extraits
Naïvement, il avait essayé de l'effrayer en remuant sa lampe dans sa direction. Il n'avait réussi qu'à mettre au jour d'autres détails inquiétants. La créature s'approchait encore. Il avait discerné plusieurs extrémités articulées, épaisses et courtes, qui se déplaçaient très vite, écrasant les feuilles et les branches des sous-bois. Il avait vu aussi une espèce de bouche abominable, cernée de palpes, d'articulations et de mandibules.

Le mur vivant d'araignées se mit à onduler par vagues successives qui soulevaient les petits corps collés les uns aux autres. Puis il y eut un éclair aveuglant et un craquement épouvantable quand l'air se déchira et s'embrasa sous l'effet d'un rayon mortel.

Ailleurs

mardi 1 mai 2012

Lectures en cours (22)

Une fois n'est pas coutume j'anticipe certaines lectures avant même de les avoir dans ma Pàl mais après tout ce n'est pas de ma faute si Fnac Internet est si lente à la livraison.
[En aparté je ne commande jamais sur la Fnac quand je peux l'éviter je lui préfère mille fois Amazon, beaucoup plus rapide ; mais qui dit cadeau-Fnac-Anniversaire dit commande-à-la- Fnac.]

Du coup ma Pàl qui était  redescendue à 26 livres attend l'arrivée des livres suivants : 

- Fils des Brumes de Brandon SANDERSON : Le puits de l'ascension et Le héros des siècles
- Le monde perdu de Michael CRICHTON
- La ballade de Pern Intégrale 3 de Anne Mc CAFFEY
- Le cas Jack Spark de Victor DIXEN

Ce qui la remontera à 33, c'est toujours 2  de moins que mon dernier inventaire mais de toute façon elle va fatalement remonter ce mois-ci, anniv oblige.
Et comme cela ne me soucie pas plus que cela ...

 Alors quelle lectures pour le mois de Mai ?

- Leviathan La Chute de Lionel DAVOUST
1984 au large des côtés canadiennes. Surpris par une redoutable tempête, le ferry Queen of Alberta fait naufrage. Parmi les rares rescapés, le petit Michael Petersen, sept ans, a vu ses parents disparaître dans la tourmente. 2011, Los Angeles, Michael, désormais adulte et père d'un petit garçon, nourrit à l'égard de cette mer qui lui a tout pris une fascination mêlée de peur. Devenu chercheur en biologie marine, il se porte volontaire, malgré l'appréhension et la culpabilité d'abandonner les siens, pour une missions dans les glaces de l'Antarctique ...

- Fils des Brumes Le puits de l'ascension de Brandon SANDERSON
Le Seigneur Maître est tombé. La guerre peut commencer.
En mettant fin au règne brutal et millénaire du tyran, ils ont réalisé l’impossible. À présent, Vin la gamine des rues devenue Fille-des-Brumes, et Elend Venture le jeune noble idéaliste, doivent construire un nouveau gouvernement sur les cendres de l’Empire ...

- Le monde perdu de Michael CRICHTON
Six ans après la catastrophe de Jurassic Park, une rumeur court: quelque chose a survécu.
Au large du Costa Rica, deux équipes de scientifiques partent explorer une autre île où les inventeurs de Jurassic Park élevaient en secret des dinosaures.
Livrés à eux-mêmes, les animaux ont proliféré. L'île est devenue un monde perdu, sans hommes, peuplée de paisibles hebivores géants, mais aussi de féroces carnivores. 

Livre normalement prévu en LC avec Tigger Lilly.

- L'ombre de l'Hégémon d'Orson Scott CARD
Ender Wiggins et ses camarades de l'Ecole de guerre ont détruit les doryphores dans la douloureuse bataille qui conclut la Stratégie d'Ender comme la Stratégie de l'ombre. Et, tandis que son destin attend Ender sur le chemin des étoiles, ses camarades regagnent leurs familles sur Terre. Parmi eux, le brillantissime Bean, son second, son ombre, son alter ego. Mais voici qu'un à un disparaissent les dix enfants du djish d'Ender et qu'un nouveau danger menace la Terre, cette fois-ci de l'intérieur ...

Alors oui il est exact que j'avais été un tantinet dubitative sur cette série concernant Bean l'ombre d'Ender mais puisque l'on m'a gentiment prêté ses deux suites et que de toute façon c'est un auteur qui se lit bien, j'ai décidé que j'allais continuer sur ma lancée.

A voir si en cours de mois se rajoutent d'autres livres comme c'est souvent le cas, selon mon rythme de lecture et comme je suis en période "refuge dans la lecture pour abolir tout le reste" il y a fort à parier que  je lirai plus que prévu.

dimanche 29 avril 2012

Fils-des-Brumes * L'Empire Ultime de Brandon SANDERSON

Dans un monde de brumes et de pluie de cendres règne le Seigneur Maitre, un homme, presque un Dieu, qui gouverne et dirige de façon tyrannique les hommes depuis de 1 000 ans. Il a conçu un système rigide dans lequel chaque catégorie d'hommes a une place précise et inchangeable :
Les Nobles, sous le couvert des Obligateurs qui valident tout échanges commerciaux, évènement ou documents, ainsi que les relations, emploient à leurs service les Skaa, sorte de serfs dont ils usent et abusent à volonté : des esclaves qui peuvent être mis à mort selon le bon vouloir de leurs maîtres. Et les Inquisiteurs, sombres personnages qui protègent le Seigneur Maître et le défendent.

C'est dans cette société sombre et sans espoir que tente de survivre la jeune Vin, employée par une bonne de voleurs, avant de connaître Kelsier un homme brisé par le Seigneur Maître, mais qui, après avoir résisté, ne vit que pour renverser l'Empire et tuer le Dieu.
C'est que Vin et Kelsier possèdent un pouvoir dont seuls les Nobles ont le droit d'être affublés : l'allomancie, un pouvoir lié aux métaux, à chaque métal correspond un pouvoir particulier et ils sont au nombre de 8. Seuls un nombre restreint d'humains possèdent les 8, ce sont les Fils-de-Brume .. Vin et Kelsier le sont tous les deux.

Voici un roman que j'ai dévoré d'une traite et auquel j'ai accroché dès les premières lignes. Le récit est soutenu, angoissant, sombre et jusqu'au bout on reste sur le qui-vive. C'est qu'une grande part de l'histoire est consacrée à la confiance et l'amitié. Vin, élevée par son frère, dans la peur d'être trahie et rejetée, a construit une personnalité qui déteint sur le lecteur, à chaque instant on redoute que ses craintes soient réelles. Et pourtant elle va tomber sur des personnages dont on a envie qu'elle leur fasse confiance.

Du coup les personnages de L'Empire Ultime sont riches et complexes avec une capacité d'évolution énorme.
La Vin du début est à mille lieue de celle de la fin et idem pour Kelsier. Ce sont les deux personnages principaux mais ceux qui gravitent autour d'eux ne sont pas moins intéressants, notamment Sazed, un terrisien, un peuple qui possède un tel pouvoir que le Seigneur Maître a voulu tous les exterminer.
Chaque membre de la bande de Kelsier possède d'ailleurs un pouvoir particulier lié au métal qu'il sait extraire et utiliser.

Et voici une autre particularité de ce roman qui me l'a fait tant apprécier ... des pouvoirs tout à fait originaux ceux liés à cette allomancie qui se découvre peu à peu au cours du récit. C'est passionnant et leur utilisation donne lieu à des combats assez intenses, faits de Poussés et de Tractions sur des objets métalliques. Je n'en dirai pas plus, cela enlèverait tout le charme de la découverte de  Tome 1. Qui plus est un pouvoir qui reste mystérieux et qui demande beaucoup de travail pour l'utiliser correctement. Ce qui donne un autre cachet car le posséder n'est pas garanti de victoire ni d'invisibilité.

Les choses ne sont pas figées non plus, ni manichéennes, il existe des Skaa qui préfèrent rallier le pouvoir, par protection, comme des Nobles qui tentent de lutter contre cet état de choses, tel Elend Venture, fils d'une des plus grande maison de la Noblesse, qui se révèlera au cours du roman. La fin est déroutante (avec un passage que je ne dévoilerai pas mais qui m'a profondément émue  et donné envie de crier "non ce n'est pas vrai !!!" ), parce que tout est construit pour que l'on reste dans l'incertitude et les épreuves et tragédies ne manquent pas. Et en même temps les choses ont été posées de telle sorte qu'on est soi-même dans une angoisse perpétuelle, un Seigneur Maître entouré de gardes indestructibles face à des humains tout ce qu'il y a de mortels ... cela a de quoi faire sérieusement craindre pour leur vie d'un bout à l'autre de l'histoire.
Je me rends compte que je pourrai encore longuement en parler car ce fut un réel coup de coeur, mais il faut bien arrêter là, un dernier mot concernant les Inquisiteurs, ce sont des personnages réellement effrayants qui font vraiment mais vraiment flipper. J'ai ressenti à leur description et leurs actions les mêmes angoisses qu'envers les Nazgul dans le Seigneur des Anneaux (le film je précise).

Juste un tout petit point faible du roman, qui m'a un tantinet gêné : la répétition de certains faits, alors que c'était inutile, un peu comme si l'auteur craignait que le lecteur oublie. Et pourtant cela ne risquait vraiment rien. Cela dit je l'ai constaté à deux ou trois reprises, donc cela reste très largement supportable et n'entache en rien la réelle qualité de ce roman.
Une très très chouette découverte que  j'ai hâte de prolonger dans les tomes suivants, ils sont en commande (vive les cartes-cadeaux-FNAC-anniversaire ^^) et je me jette sur Le Puits de l'Ascension dès que je l'aurai reçu.

Extraits
L'homme qui se trouvait derrière lui l'attaqua, et Kelsier bondit hors d'atteinte, exerçant une Traction sur le coffre pour s'attirer vers le centre de la pièce. Dès qu'il atteignit le sol près du coffre, il s'élança dans les airs en diagonale. Il bondit par-dessus les têtes de deux de ses agresseurs, et atterrit sur le sol près de plantations. Il pivota, attisant son potin et levant le bras pour parer le coup qu'il anticipait.

Il jeta son sac sur son épaule et ouvrit nonchalamment la porte. Une brume épaisse commença aussitôt à s'engouffrer sur le corps de Kelsier pour se déverser sur le sol et ramper à terre comme un animal hésitant. Plusieurs personnages émirent des hoquets horrifiés, bien que la plupart soient trop stupéfaites pour proférer le moindre son. Kelsier resta planté là un moment, à fixer au-dehors les brumes sombres dont les braises éclairaient faiblement les courants changeants.

Quelque chose s'abattit contre sa flèche. Vin poussa un cri et s'écarta d'un bond. Elle s'attira vers une autres flèche, l'agrippa faiblement et s'en éloigna aussitôt d'une poussée. L'Inquisiteur la suivit, accompagné d'une série de chocs à mesure qu'il sautait d'une flèche à l'autre derrière elle.
Il m'a trouvée. Il ne pouvait ni me voir, ni m'entendre, ni sentir ma présence. Mais il m'a trouvée quand même.

Ailleurs




jeudi 26 avril 2012

La vestale du calix d'Anne Larue


Anna, jeune vestale jugée peu dégourdie mais consciencieuse vient de briser  malencontreusement le calix Esclarmonde, pour ce fait une vestale doit être ébouillantée. Or Anna échappe à ce sort en participant,  contre son gré, à une expérience de décorporation …. Ainsi elle surgit indemne dans un Paris d’une autre époque.
Un Paris futuriste où  campagne est synonyme d'ennui profond pour des enfants vivant dans des communes d'éducation et ville synonyme d' HLM dans laquelle on apparie les gens en colocation. C’est ainsi qu’Anna se retrouve habitant avec Ankh une médiéviste (autrement dit qui fait des recherches sur le Moyen Âge mais lequel n’est pas celui que l’on croit) avec laquelle elle se lie rapidement.
Par la suite, elle se retrouve mêlée malgré elle à un meurtre et est laissée pour morte. Enfin tout du moins c'est ce que croit Ankh ... jusqu'au moment où intervient Holinshed un cheval qui traverse les temps pour venir en aide aux humains ...

Un résumé laborieux pour une lecture qui le fut tout autant.
Commençons par le démarrage .. qui débutait sur de bons auspices:
- un style humoristique presque façon Pratchett
"  Elle casserait sa chaine et elle s'envolerait vers le Mercantour pour y vivre entre ses parents le reste de son âge"
ou "En somme mourir dans ces conditions fut la chose la plus remarquable qu'elle ait fait de sa vie".

- des références à des bastions de la fantasy
"Un homme, à la barbe blanche, monté sur un cheval, donnait ordre à ses troupes d'attaquer ses ennemis". [...] les cavaliers, précédés d'un homme en blanc qui ressemblait à Aleister, dévalaient à pic la colline" (je vous laisse deviner de quel livre il s'agit)

- une parodie de la société moderne : les colocations, le football symbolisé par le sport national du monde dans lequel atterrit Anna :  le trimslop qui engendre une sorte de suicide obligé collectif afin de réguler la population des villes, les supermarchés, le camping, l'université ... 
Et une parodie de la fantasy elle-même : des chevaux qui parlent et pensent mieux que des humains, un cheval volant (qui m'a fait fortement penser à Bigadin le cheval de la Mort dans Mortimer de Pratchett), une héroïne maladroite et complètement naïve, une amie qui devient une Xena grande défenseuse de la condition féminine - qui avouons-le n'est pas triste dans ce roman (viols en série, mépris total de la valeur de la vie des Vestales, des flagellations publiques et quotidiennes etc ...)

Sauf que .... j'ai rapidement eu la sensation qu' Anne Larue ne savait vraiment pas dans quelle direction aller, et assénait ainsi ses chapitres sans queue ni tête. Car d'un bout à l'autre du récit, j'ai trouvé que cela n'avait aucun sens la plupart du temps, aucune ligne de récit cohérente, des passages de personnages à d'autres sans lien, des idées amenées comme elles sont pensées, un personnage principal qui est évincé par le secondaire sans que l'on comprenne pourquoi, lequel devient une sorte d'héroïne de fantasy comme un cheveu sur la soupe, chevauche un cheval volant, affronte une sorcière et met en déroute des goules surgies dont on ne sait où ...
Des personnages d'ailleurs sans âme auxquelles il m'a été absolument impossible de m'attacher.
Sans parler de tous ces moments de violence brute (voire gore lors du match de trimslop) et de sexe qui finalement, si ils sont sensés dénoncer quelque chose n'en demeurent pas moins inappropriés.

J'avoue qu'en cours de récit je suis allée fouiner sur la blogo pour trouver des avis d'autres lecteurs et qu'étant tombée sur des chroniques enthousiastes qui avaient vu des choses qui m'échappaient complètement, j'ai tenté d'achever la lecture dans un autre état d'esprit.
En vain ... mon sentiment général reste d'un récit complètement incohérent à mon sens, qui avait peut-être tous les éléments pour faire une comédie burlesque mais qui ne les a pas développés, ou alors je ne les ai pas saisis.

Et du coup une grande déception ... car j'avais eu l'occasion de rencontrer l'auteure aux Utopiales, discuté avec elle et trouvé extrêmement sympathique et intéressante. Vue aussi dans une interview sur NoLife. Ce qui me navre d'autant plus de ne pas avoir apprécié son roman.

Lequel fut lu en LC avec AcrO avec beaucoup d'échange de mails très productifs sur nos ressentis et un grand soutien mutuel pour achever ensemble cette histoire.

Ailleurs
Traqueur Stellaire ; Les Humeurs de Svetambre ... lesquels ont signé des chroniques bien plus enthousiastes que la mienne.

mardi 24 avril 2012

La quête d'Ewilan L'ïle du destin de Pierre Bottero

Ewilan a rempli la mission qui lui était confiée, avec l'aide hétéroclite d'amis rencontrés sur sa route. Mais pourtant sa quête ne fait que commencer, désormais elle doit retrouver la Sentinelle qu'elle a sauvée contre son gré, certainement l'affronter mais surtout savoir ce qu'il est advenu de ses parents. Et pour ceci elle aura besoin de l'aide de son frère Akiro. Sans oublier celle de son fidèle ami Salim qui se révèle un allié pourvu de pouvoirs étranges et de ses autres compagnons ...

La quête d'Ewilan s'achève avec ce Tome ci, un épisode sans surprise, dans la continuité des autres, qui se lit sans heurt, avec plaisir mais toujours avec la sensation que tout est aisé et prévisible. 
L'amitié, l'amour, tout se déroule de façon un peu trop idéaliste, de même que les évènements qui s'enchaînent sans mauvaise surprise.

En fin de compte la véritable découverte de ce tome ci, moins passionnant que le précédent, est Salim, ce qu'il est en réalité, c'est le personnage le plus intéressant de la Trilogie en fin de compte, le plus normal du coup le plus humain et le plus susceptible de créer un attachement.
Ewilan reste un peu trop éthérée à mon goût quant aux autres, ils sont en fin de compte très prévisibles.

Cela reste néanmoins un bon roman pour jeunes lecteurs, avec des ingrédients qui sont étudiés pour leur plaire, on comprend d'ailleurs avec le Making Of certains choix de Bottero, faits à leur encontre.
Et d'ailleurs j'ai envie de parler de ce rajout à cette très belle édition de chez Rageot.

On y découvre au préalable deux interviews de deux des personnages de l'histoire : Duom Nil'Erg et Ellana comme s'il s'agissait d'acteurs, entretiens plein d'humours qui font regretter que Bottero n'en ait pas plus utilisé dans ses romans.
Ensuite nous avons le droit aux scènes coupées entre Edwin et un Ts'lich qui j'avoue m'ont fait beaucoup rire.
Je ne peux résister à écrire quelques extraits, ce sera un peu long mais tant pis, ceux qui ont lu la Quête d'Ewilan comprendront certainement le côté sympathique et marrant de la chose.

Edwin et le Ts'lich : première
[...] L'air se troubla une fraction de seconde et un second Ts'lich apparut à côté du premier
- Alors, Adwin Til'Illan, m'accordes-tu ce que je suis venu chercher ou tentes-tu de bouleverser les légendes ?
Un rictus sardonique vint déformer le visage du maître d'armes
- Je vais ouvrir vos ventres de sales reptiles puants, répandre vos entrailles dans cette clairière et bouffer vos coeurs encore fumants. Ensuite je ...
- COUPEZ !
- Quoi, coupez ?
- Edwin, mon chéri, il s'agit d'un livre jeunesse, pas un fil m gore ! Adapte son langage s'il te plaît. Allez, on reprend !

Edwin et le Ts'lich : deuxième
- Alors, Adwin Til'Illan, m'accordes-tu ce que je suis venu chercher ou tentes-tu de bouleverser les légendes ?
Le maître d'armes repoussa d'un geste vif la mèche de cheveux blonds platines qui lui barrait le visage
- T'es ouf ou quoi ? Je vais t'exploser la chetron si tu ne te casses pas fissa ! Alors tu nous lâches les baskets et tu ...
- COUPEZ !
- Qu'est-ce qu'il y a encore ?
- ça ne va pas du tout, Edwin ! Ton langage !
- Il faut savoir ce que tu veux. C'est un bouquin jeunesse ou pas ?

Edwin et le Ts'lich : troisième
- Alors, Adwin Til'Illan, m'accordes-tu ce que je suis venu chercher ou tentes-tu de bouleverser les légendes ?
Une flamme farouche illumina le regard opalescent du maître d'armes.
- Le doute ne vous étreint-il pas, vils laquais de l'ombre, à l'idée d'affronter mon courroux dévastateur ? Votre abjection me ..
- COUPEZ !
- Mais ..
- Non Edwin, c'est nul ! Sois toi-même. Simple.

Pour info il y a encore deux autres scènes coupées de la même trempe.

Ce making of s'achève avec Pierre Bottero lui-même qui parle de ses choix, de son métier d'écrivain et de sa relation avec ses personnages et rien que ce point est diablement intéressant. 
J'adore entrer dans la vie des écrivains, de leur passion, de la façon dont ils appréhendent leurs récits et la façon qu'ils ont de considérer leurs personnages comme des entités réelles, des hommes, femmes ou enfants qui prennent vie et qui empruntent un chemin qui leur est propre, et qui ne sera pas forcément celui que l'auteur aura prévu pour eux. Comme certains personnages voués à disparaître au cours du récit et qui se sont tellement accrochés qu'ils deviennent élément essentiel à l'histoire.
Je trouve cette entrée dans l'intimité de la relation entre un auteur et son livre passionnante .... 

Bottero nous explique les choix des noms de ses personnages, de son titre ( ce sont ses élèves de CM2 qui après vote ont sélectionné le titre Les Frontières de glace pour le deuxième tome de la trilogie, mais laissons Pierre conclure lui-même ce billet :
" Que diriez-vous d'une confidence ? Une vraie confidence s'appuyant sur une découverte que je peux qualifier d'importante puisque, lorsque je l'ai faite il y a peu de temps, elle a illuminé ma journée ...
Les auteurs n'inventent pas les personnages !
Non, ils ne les inventent pas, pas plus qu'ils ne les créent ou qu'ils ne les conçoivent !
La vérité, méconnue, est bien plus étrange .. Les auteurs le plus souvent à leur insu, sont connectés à un univers que l'on pourrait considérer comme magique et qui contient une infinité de caractères capables de s'adapter à la totalité des histoires imaginables, et croyez-moi, cela fait un bon nombre de personnages !
L'auteur en quête d'inspiration croit faire appel à son imagination. Erreur ! L'appel est détourné vers l'univers susnommé,  la requête analysée et les personnages intéressés se portent volontaires ... ou s'abstiennent ..."

La littérature jeunesse a perdu un grand bonhomme ..

Ailleurs
Olya ; Mina ...

Cette trilogie conclue ma participation au Challenge Bottero d'Edelwe dont je ferai le bilan dans un autre billet.