samedi 8 novembre 2014

Du sel sous les paupières de Thomas Day

"Saint-Malo, 1922. Sous la brume de guerre qui recouvre l'Europe depuis la fin de la Grande Guerre, Judicaël, seize ans, tente de gagner sa vie en vendant des illustrés. Mais, pour survivre et subvenir aux besoins de son grand-père, il lui arrive de franchir les bornes de le légalité. Jusqu'au jour où il rencontre la belle Mädchen. Et lorsque celle-ci disparaîtra, Judicaël fera tout pour la retrouver, en espérant qu'elle n'ait pas croisé la route d'un énigmatique tueur d'enfants surnommé le Rémouleur."

Au terme d'un livre, si on n'a pas su répondre à cette question avant, on se demande toujours si on a aimé ou pas .... J'avoue que pour Du sel sous les paupières, je suis restée mitigée. Ce mélange d'uchronie, steampunk et fantasy m'a un peu laissée sur ma faim avec une sensation d'inachevé, en fait probablement ce roman aurait-il mérité de s'étoffer un peu plus, le temps de trouver ses marques et de s'attacher à ses personnages.

En l'occurrence il n'en est rien, pas que cela soit mauvais, cela se lit bien, avec un petit air à la Cité des enfants perdus mais sans l'aspect terrifiant. Pourtant il y aurait eu de quoi : cette brume qui ternit la ville, ce mystérieux rémouleur qui rôde, cette horrible usine mangeuse d'enfants  .... 
Après, tout arrive un peu trop rapidement, l'amour de Judicaël envers Mädchen, le voile levé sur le mystère du rémouleur (et au final le personnage le plus intéressant et le plus émouvant du roman), le sauvetage dans l'usine : trop facile,  le passage du réel à la fantasy ... Ensuite le parallèle avec l'IRA m'a semblé un peu décalé, surtout qu'on vit essentiellement aux côtés des personnages de Judicaël et de Mädchen.

Et puis j'avoue que je m'attendais à du "un peu plus trash" après avoir lu "This is not america" (que j'avais bien apprécié), avant de découvrir que Thomas Day avait écrit celui-ci pour son fils, d'où cette tendance littérature jeunesse (sans être jeunesse totalement car certains passages en seraient pas adaptés ou compréhensibles, ne serais-ce que pour savoir ce qu'est l'IRA).

Bon après tout n'est pas à bannir dans ce roman : la partie fantasy -conte fantastique- est plutôt bien menée avec son petit côté gore (l'égorgement par la reine), la sympathie des petits Korrigans Gwynplaine et Mayflower, la vision de l'arme nucléaire, la bibliothèque de l'ogre ... avec des moments émouvants comme les larmes du Rémouleur ou la mort du grand-père. J'ai d'ailleurs plus accroché dans la seconde partie du roman.

En conclusion, j'aurais envie de dire : pas mal mais aurait pu mieux faire, de bonnes choses mais qu'il aurait fallu plus développer pour éviter cette notion de fouillis.

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