dimanche 23 septembre 2012

Bilan des Lectures d'été


Lors de mon Top Ten numéro 17 : les 10 livres que vous aimeriez lire cet été, j'avais ciblé quelques lectures que je comptais découvrir durant ces trois mois.

Alors pari réussi ou pas ?

Eh bien oui, à 100 %, j'ai exactement respecté mes engagements, voire même plus car ce fut un été comblé en terme de lecture, j'ai lu plus de 10 livres.

Petit bilan de ces lectures
 
- La Ballade de Pern de Mc CAFFREY : ce fut le gros gros coup de coeur de cet été, une sage que je ne connaissais absolument pas et qui m'a vraiment enthousiasmée, au point qu'elle va compter parmi mes livres préférés. Je devais seulement lire l'Intégrale III, mais j'ai poursuivi avec la IV.
5/5 pour cette série

- Résurgences d'AYERHAL : une très bonne suite à Transparences, j'ai eu plaisir à retrouver les personnages, me replonger dans ce thriller politico économique, pas facile à lire mais vraiment intéressant. Je lirai sans aucun doute d'autres romans de cet auteur.
4/5

- Sourcellerie de Terry PRATCHETT : Une déception, ressentie déjà à la lecture de Mortimer, je me rends compte que si le principe même de ces livres me séduit toujours (l'humour décalé, la façon de désacraliser la fantasy, les personnages particuliers, surtout la MORT et Mortimer), je me suis lassée de la tournure des évènements et de la répétition d'un même mode de rédaction. A voir pour la suite avec celui que je lirai pas la suite.
3/5

- Une prière pour Owen de John IRVING : De cet auteur je connaissais déjà Le monde selon Garp que j'avais adoré, j'ai eu pourtant du mal à entrer dans celui-ci. Pourtant pas la suite, quel choc ! Un roman dense et passionnant, incroyable.
4,5/5

- Le cas Jack Spark de Victor DIXEN : Ce fut la moins appréciée de mes lectures de cet été, je n'ai pas été du tout séduite par ce Jack Spark : ce roman a certes des qualités mais j'ai trouvé qu'il manquait de profondeur. Et puis alors OMG les onomatopées qui jalonnent le récit, mais quelle horreur quoi !
1/5

- Druide d'Oliver PERU : Ma plus grosse déception de l'été, j'en attendais beaucoup et cela m'a laissé un goût amer : trop de violence, d'horreur, une morale à laquelle je ne peux adhérer. Dommage.
2/5

- Les fables de l'Humpur de BORDAGE : Encore une heureuse surprise que ces Fables, ce fut un roman extraordinaire, avec des personnages tout à fait originaux, et un récit qui ne l'est pas moins. Vraiment très très chouette, une grande qualité.
4,5/5

- Le déchronologue de Stéphane BEAUVERGER : Encore du très bon avec ce récit de flibuste mêlée à la SF : intemporel, original, brut de décoffrage, ce récit ne laisse pas de répit, et la couverture est juste divine.
4/5

- Cleer une fantaisie corporate de L.L. KLOETZER : Un roman servi par une écriture splendide qui nous plonge dans des enquêtes au pays de l'entreprise. Pas si facile à lire mais très enrichissant.
4/5

- La vallée de l'éternel retour de Ursula LE GUIN : Ce roman est tout simplement un chef d'oeuvre, pas parce qu'il fera partie forcément de mes préférés de cet auteur, mais parce que juste la qualité de l'envergure d'un tel essai vaut le détour : inventer complètement un civilisation du futur qui se serait reconstruite après des cataclysmes et en détailler tous les modes de vie, coutumes et autre, moi je dis chapeau : c'est du grand art !
4,5/5

Alors le bilan ? Eh bien dans l'ensemble, il est franchement positif si l'on en croit les notes, je suis vraiment satisfaite de la plupart des romans que j'ai pu lire, dont tout de même un gros coup de coeur, et pas mal de bonnes surprises. On peut dire que cet été aura été placé sous l'auspice de la qualité tout autant que la quantité.
Je peux rajouter à ce bilan les lectures extra Top Ten comme Hunger Games et l'Ecole est finie.

Et maintenant l'été est fini, en avant pour l'automne, on verra si je ferai si bient ^^

vendredi 21 septembre 2012

La Ballade de Pern de Anne Mc Caffrey : Les tambours de Pern

Trois cycles après l'arrivée de Menolly au Fort, Piémur, l'un de ses meilleurs amis, à 14 ans, voit à son grand désarroi sa voix muer, ce qui lui interdit de chanter dans la ballade de Lessa. Heureusement le Maître Harpiste Robinton lui propose pas moins d'être son apprenti, en devenant à la fois messager et espion. Ainsi il sera apte à aider Robinton à comprendre ce que trament les Anciens renvoyés au Fort Méridionnal.

Un rôle sur mesure pour l'esprit vif de ce jeune garçon qui ne rêve désormais plus que d'une chose : posséder un lézard-de-feu, dusse-t-il voler un oeuf pour réaliser son souhait.

Si ce dernier tome de l'Intégrale IV de la Ballade de Pern se lit aussi bien et avec plaisir que les précédents, j'avoue qu'il m'a moins enthousiasmée. Tout simplement parce qu'en quelque sorte, l'histoire de Piémur ressemble un peu trop à celle de Menolly : un jeune garçon prometteur qui attire les convoitises et la jalousie de ses pairs qui le malmènent alors qu'il est porté aux nues par les "bons" de l'histoire. C'est exactement ce qui était arrivé à Menolly, à la fois persécutée par d'ignobles petites pestes et soutenue par Robinton, Sylvana et Sebell.  Avec une fin heureuse pour chacun d'entre eux.
C'est un petit peu dommage, surtout qu'on a la sensation de stagner en ce qui concerne les dangers qui menacent toujours Pern, à savoir les Fils qui continuent toujours à tomber.
D'ailleurs on n'a que très peu de vues sur les autres personnages de cette saga, à peine Lessa et F'Lar sont évoqués au moment de l'empreinte de leur fils Felessan, et un petit rappel sur Jaxom et son dragon blanc dont on apprend succinctement qu'il n'a pas atteint une taille normale, ce qui soulage pas mal de personnes.

En contrepartie, ce roman porte davantage sur le retour des soucis avec les Anciens et l'on retrouve aussi le Lord Meron qui était responsable en partie de la mort des deux reines dans La Quête du Dragon.
Ce tome ci est probablement une ouverture à de nouveaux conflits qui se préparent entre les Anciens exilés malgré eux et les chevaliers dragons. De plus il y a un véritable trafic d'oeufs de lézards de feu qui s'instaure avec une certaine arnaque en ce qui concerne particulièrement les lézards Verts qui ne sont pas les plus intéressants de cette race là. Il commence d'ailleurs à avoir pas mal de Lézards, ce qui est regrettable aussi car ils perdent de leur côté rare.
Cela dit ceux de Menolly tiennent toujours un rôle important dans l'histoire.

Ainsi, un roman qui se parcoure bien mais que je ne mettrai pas dans mes préférés de la Ballade de Pern, j'ai hâte maintenant de retrouver les habitants de Benden et de replonger un peu plus dans l'action et le combat contre les Fils.

Ailleurs
Vert ; Zahlya ...

mardi 18 septembre 2012

Top Ten (21)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon un thème littéraire défini sur le blog de Iani - rendez-vous initialement prévu créé par The Broke and The Bookish.

Voici donc le thème de cette semaine

Les 10 personnages les plus énervants (que ce soit des principaux ou des secondaires)

Pas facile de retrouver des personnages qui nous ont agacé à un moment ou autre de nos lectures.

Alors qui a le privilège d'en faire partie ?

1) Harry Potter dans L'Ordre du Phénix de ROWLING
C'est le premier qui m'est venu à l'esprit tant je l'avais trouvé désagréable au début du roman. Certes il a 15 ans, il a vécu le retour de Voldemort et c'est agaçant que personne ne le croie mais son comportement envers ses meilleurs amis était vraiment exécrable. Une véritable tête à claque.

2) Jamère dans le Soldat Chamane de Robin HOBB
Ce personnage a la palme de l'énervement maximum pour moi. Pourtant les personnages de Hobb sont d'ordinaire attachants  mais celui-ci manifestait tellement de mollesse que je n'ai jamais accroché, autant il a pu être intéressant dans le début de la saga, autant lorsqu'il a commencé à se métamorphosé, il est devenu sans charisme ni caractère.

Ce que va m'amener à citer l'un de mes personnages préférés de tous les livres que j'ai pu lire, dans ce Top Ten, à savoir ..

3) Fitz un autre personnages de Robin HOBB dans la Citadelle des Ombres.
Mais en tempérant mon propos. Comme je le disais plus haut, il fait partie de mes personnages favoris : sensible, doué du Vif, juste, je l'ai toujours profondément apprécié. Sauf qu'il a toujours eu ce petit côté énervant de l'homme qui se victimise. Lorsqu'il était enfant et non maître de son destin, cela paraissait normal et je le plaignais plus qu'autre chose, je compatissais à son sort. Sauf que lorsqu'il est devenu adulte, notamment dans les tomes qui ont suivi l'Assassin Royal, son côté victime des évènements a commencé à m'agacer quelque peu.
Mais cela n'empêche qu'il reste un de mes chouchous ! D'ailleurs qu'il ait des défauts ne l'en rend que plus humain.

4) Sansa une des deux filles Stark dans le Trône de Fer de MARTIN
Dès le début elle  m'a paru fade et précieuse, en comparaison avec sa petite soeur, débrouillarde et intelligente. Sansa est certes victime des évènements mais son côté soumis et jeune fille bien élevée, béat d'admiration devant son jeune promis, est carrément écoeurant. C'est l'un des personnages que j'apprécie le moins dans cette série.

Son côté Lara Croft m'a vraiment refroidie alors que je l'appréciais dans les autres tomes parce qu'elle était grincheuse et froide, d'où intéressante car je me demandais toujours si Jasper allait parvenir à briser la carapace. Or là, transformée en une espère de Ninja guerrière, elle m'a carrément parue ridicule.

6 et 7) Parce qu'ils font tous les deux partie du même roman, je cite les fameux Bella et Edward dans Fascination et Tentation de Stéphanie MEYER
Impossible pour moi de ne pas les citer, parce que je crois qu'ils tiennent la dragée haute en matière de personnages énervants, sans saveur et inintéressants. Tout d'abord Bella et son amour complètement inconsistant pour son bellâtre d'Edward dont je  n'ai pas plus compris  l'attirance pour une fille qui se trouve en dessous de tout. Difficile de s'attacher à des personnages aussi niais.

Celui-ci n'est pas mal non plus dans le Top des personnages agaçants : trop beau, trop parfait, trop  de tout ... et du coup trop agaçant. Les propos même de l'auteure n'ont rien arrangé pour le faire paraître autrement, les cheveux auréolés par les rayons argentés de la lune, les vagues qui meurent à ses pieds ... Le pauvre ....

9) Nawel dans Les Âmes Croisées de Pierre BOTTERO
Ce personnage là est mise dans ce Top Ten, un peu à la manière de Fitz, parce que si elle m'a parue fortement désagréable, voire même insupportable dans le début du récit de Bottero, elle a eu une évolution tout à fait positive et intéressante, ce qui a fait au final que je ne l'ai pas détestée très longtemps. Néanmoins son statut de "m'a énervée durant les premiers chapitres" fait qu'elle a quand même sa place dans ce Top.

10) Anna dans La Vestale du Calix d'Anne LARUE
Aucun des personnages de ce roman ne m'a séduite mais Anna encore moins, de par son côté mièvre et et maladroite, un personnage sans âme.


dimanche 16 septembre 2012

Le déchronologue de Stéphane Beauverger

Je suis le capitaine Henri Villon et je mourrai bientôt.
Non, ne ricanez pas en lisant cette sentencieuse présentation. N'est-ce pas l'ultime privilège d'un condamné d'annoncer son trépas comme il l'entend ? C'est mon droit. Et si vous ne me l'accordez pas, alors disons que je le prends. Quant à celles et ceux qui liront mon récit jusqu'au bout, j'espère qu'ils sauront pardonner un peu de mon impertinence et à l'instant de refermer ces chroniques, m'accorder leur indulgence.

Ainsi démarre le Déchronologue, en 1653, à bord de son fabuleux vaisseaux où le capitaine écrit ses derniers mots. Alors en premier lieu j'ai envie de lui dire : "Oui capitaine, j'ai lu votre récit jusqu'au bout et oui je vous pardonne votre impertinence (et dieu sait si vous l'êtes ) et je vous accorde mon indulgence".

Pas facile pourtant de suivre ce récit intemporel ... pour la bonne raison que ces chroniques sont rédigées dans n'importe quel ordre.
Chapitre 1 :  1640 Port Magot
Chapitre 16 : 1646 Océan Atlantique
Chapitre 17 : 1646 Océan Atlantique
Chapitre 6 : 1640 Carthagène des Indes
Chapitre 2 : 1640 Océan Atlantique
Etc ......

Voilà qui fait tout le charme de ce récit dont le rythme est haletant, sans temps mort, dont le capitaine Villon, avec son langage cru et sa gouaille, tient le premier rôle avec force et honneur.
Evidement à moins d'avoir une mémoire extraordinaire, il est impossible de suivre le récit sans prise de notes, enfin ce fut de toute façon mon cas, ce qui a considérablement ralenti ma lecture mais m'a permis de la suivre sans me décourager et avec un réel plaisir. Car c'est réellement un roman qui prend aux tripes, c'est vivant, c'est prenant, cela mélange de la SF avec l'histoire des flibustiers, pirates, corsaires et autres sous Louis XIII, les combats navals avec les burbujas (sortes de montgolfières géantes).

J'aurais pu lire ces chapitres dans l'ordre mais pour moi cela aurait perdu tout son charme, surtout que tout est fait pour que les révélations et les explications sur les évènements et personnages, sur certaines retrouvailles, apparaissent en fin de livre, même si cela mêle plusieurs années.
Comment résumer le Déchronologue ? Une chasse aux merveilles, les maravillas, qui conduit le capitaine Villon à un combat d'un autre temps ? Une distorsion du temps qui conduit son équipage à combattre Alexandre le Grand ? Une aventure maritime à échelle temporelle ? Une guerre menée sans merci contre les Espagnols et la reconquête de leurs possessions par des peuples du futur ?

En fait je me rends compte qu'aucun résumé ne rendra compte de ce roman atypique, alors je préfère laisser le soin aux lecteurs de découvrir par eux-même.
Pour ma part, j'ai accroché, à la fois au style d'écriture de Beauverger, au caractère entier, brutal et sans limites du capitaine Villon, à cette distorsion du temps qui entraîne immanquablement celle du cerveau, à cette entrée dans une époque que je connais très peu qui se passe dans les mers de Caraïbes, au milieu de corsaires et de pirates, et de combats navals.
Et il y a les bateaux .... ces fabuleux voiliers, le Chronos puis le fameux Déchronologue, qui n'est jamais vraiment décrit mais que l'on imagine sans peine grâce à la fabuleuse couverture des Editions la Volte (j'ai du la contempler une centaine de fois au cours de ma lecture, rien que pour revoir ce voilier). Je ne suis pas objective bien sûr ces frégates, brigantins des temps anciens me fascinent depuis de nombreuses années.

En conclusion un livre vraiment génial et original. A lire absolument. Je vais certainement lire d'autres romans de cet auteur.

Extrait
Marées hautes et basses alternaient si vite que l'estran palpitait, suintant et sec, liquide et sableux, gorgé de poissons scintillants qui mourraient et baignaient comme nous tous dans ses vertes lueurs. C'était Génésareth. C'était le Tartare. C'était l'union impie de Téthys et de Chronos "Tous à la côte", hurlai-je à l'infini, mais ma voix se noyait dans le sablier brisé du temps. Des êtres se pouvaient autour de nous, gluants et glacés, arachés à leur époque pour s'échouer dans les filets des Clampin. Oh, la pêche infâme ! Oh, l'ignoble saignée des siècles !

Ailleurs

vendredi 14 septembre 2012

La Ballade de Pern de Ann Mc Caffrey : La chanteuse-dragon de Pern

Après avoir été recueillie au Fort de Benden et retrouvée par le maitre harpiste Robinton, Menolly s'envole pour le Fort où elle poursuivra sa formation de musicienne auprès des meilleurs maîtres d'art de Pern. Rendue timide, réservée et méfiante suite à l'interdiction qu'elle avait auprès des siens de s'adonner à sa passion, Menolly craint de ne pas parvenir à s'intégrer dans son nouveau lieu. De plus les maîtres se montrent fort sévères à son égards, à l'exception de quelques-uns, et elle se retrouve en butte aux brimades de filles jalouses de ses qualités et de sa position auprès de Robinton. Heureusement elle a pour compagnie ses neuf lézards de feu et trouve un allié en la personne de Piémur un jeune apprenti à la voix d'or.

Présenté ainsi, La Chanteuse- dragon de Pern, qui fait suite directement au tome Le Chant du dragon, on a vraiment l'impression de se trouver face à un récit de littérature jeunesse, avec les ingrédients parfaits qui constituent des défauts dans beaucoup de romans : la jeune fille fragile face aux méchantes pestes, heureusement soutenue par le jeune garçon et défendue par ses adorables animaux de compagnie (cela fait un peu Candy non ?), mais qui surdouée de la musique va finir par vaincre tous les obstacles et triompher.

Ce sont les réflexions qui m'ont suivies durant ma lecture dévoreuse de ce tome (oui car la Ballade de Pern, je ne les lis pas, je les dévore) et dans n'importe quel autre livre, je les aurais faites passer pour des critiques d'un récit bien trop caricatural,  manichéen et un peu mièvre ...

Sauf ..... qu'il s'agit de la Ballade de Pern ... non que les romans de Mac Caffrey la mettent à l'abri de toute récrimination mais seulement que le côté que j'aurais trouvé bien trop gentillet dans tout autre livre, passe comme une lettre à la poste ici ... 
Tout simplement parce que l'univers créé est tellement magique, tellement poétique - c'est un magnifique hymne à la musique et au pouvoir de la composition, à la transmission d'un savoir primordial dans l'histoire de l'humanité ... sans musique, les humains ne seraient pas tout à fait ce qu'ils sont et c'est justement cet art qui leur donne encore un peu d'humanité - qu'on ne peut que gommer l'aspect plus juvénile des aventures de Menolly.

Alors oui c'est une jeune fille parfaite tellement douée qu'elle pourrait en être agaçante, oui les autres jeunes filles sont des pestes méchantes sans aucune qualité, oui le jeune Piémur est tellement dévoué à son amie qu'il pourrait en être ridicule ... Or il n'en est rien.
Non seulement on accède à cet état des choses mais en plus on l'accepte et pour moi Menolly n'était absolument pas agaçante et Piémue pas du tout ridicule. Quant aux jeunes filles mesquines, je jubile lorsqu'elles sont remises à leur place.
Il subsiste une naïveté, une fraicheur et une innocence dans cette trilogie sur la vie des apprentis musiciens que j'ai été emballée de la même manière que pour les tomes précédents.

Et les lézards de feu, leur rôle, leurs nouvelles capacités dévoilées, n'y sont évidement pas pour rien, ils prennent tellement d'importance dans ce roman, ils sont tellement attachants qu'à eux seuls, ils font tout l'intérêt de la Chanteuse-Dragon de Pern. Et qui n'a pas rêvé, ado, d'avoir un animal fidèle qui fonde sur votre ennemi dès qu'il sent votre désarroi, qui vous défend dès que l'on tente de vous faire du mal ?
Qui ne rêverait pas d'avoir pour compagnon ces petits dragons miniatures qui, une fois la marque faite, sont les plus loyaux de vos amis ?
J'ai peut-être été trop imprégnée, adolescente des romans de la Table Ronde, de ces chevaliers défenseurs, mais cette saga des nobles Chevaliers Dragons, toujours prompts à faire la justice, m'y font beaucoup penser et il n'y a rien à faire, cela m'enchante.

Et du coup, je suis très attachée à tous ces personnages, Menolly qu'on est heureux de voir prendre enfin de l'assurance, Piémur qui est un petit bonhomme rigolo, Robinton loyal et aussi noble qu'un chevalier très touchant lorsqu'il marque son premier lézard de feu, Camo l'homme handicapé mais si sensible, sans oublier l'ombre des autres, que l'on évoque de temps en temps, F'lar et Lessa, F'Nor ( le passage de son retour de l'Etoile Rouge, ressenti par toute la détresse de Menolly, transmise par ses lézards de feu, est très émouvant). Ces évocations des autres personnages ancrent ce récit parallèle aux évènements de la Quête du Dragon.

Alors tant pis pour le côté un peu gentillet de l'histoire de Menolly, j'aime toujours autant, je lis ces pages comme elle dévore sa passion, et je n'ai qu'un mot à ajouter : moi aussi je veux un lézard de feu !!!

Extraits
"Soudain, leur terreur monta en elle avec une telle intensité qu'elle cria :
- Non !
Son injonction était spontanée. Elle essaya de lever les bras pour se protéger de ce danger inconnu, mais ils étaient liés par les lézards. Leur peur était sienne, complètement, totalement. Et de manière incohérente, elle poussa de nouveau le même cri.
- Non ! Non !"

"Brudegan dirigea le choeur, donnant la réplique en divers endroits et chantant le déchant au refrain. Au-dessus des voix d'hommes, les tons des lézards de feu, purs, et d'une hauteur extrême, tissaient leurs propres harmonies autour de la mélodie."

Ailleurs
Vert ; Zahlya ....





mardi 11 septembre 2012

La Vallée de l'éternel retour d'Ursula Le Guin

"Que ressent donc le savant obstiné lorsque les touffes d'herbes informes et les fossés imprécis sous les chardons et les broussailles commencent à prendre forme et à se dessiner : ici, c'était le rempart extérieur - ici la porte - là, le grenier à blé ! Nous allons creuser ici, puis ici, et ensuite je veux jeter un coup d'oeil à cette protubérance au flanc de la colline ... 
Quelle gloire immense ils savourent quand glisse entre leurs doigts, avec la terre tamisée, un disque mince qui, nettoyé d'un coup de pouce, révèle, frappé dans le bronze fragile, le dieu cornu ! Comme je leur envie leurs pelles, leurs tamis et leurs mètres à ruban, tous leurs outils et leurs mains savantes et expertes qui se ferment sur leur trouvaille ! Pas pour longtemps ; ils la donneront au musée, bien sûr ; mais ils l'ont tenue un instant entre leur doigts."

Voilà ce que doivent ressentir ces ethnologues du passé lorsqu'ils reconstituent villages, temples ou colonnes, enterrés ou brisés par le temps ..... Sauf qu'Ursula Le Guin n'est pas une ethnologue comme ceux-ci ... elle, elle construit l'avenir ... une ethnologie du futur. Et pour cela elle se doit de tout imaginer, à partir de rien ou presque. Là une ville entre les ruisseaux, là-bas un pont qui les enjambe, plus loin des bâtiments sacrés et le lieu de danse .....
"Je peux marcher dans la folle avoine et les chardons, entre les maisons du petit bourg que je cherchais, Sinshan. Je peux traverser la Charnière et déboucher sur le lieu de danse. Là, non loin de l'endroit où  se dresse maintenant ce chêne de la vallée, se trouvera l'Obsidienne, au nord-est ; l'Argile bleue tout près, creusée dans le flanc de la colline, au nord-ouest ; plus près de moi, vers le centre, Serpentine des Quatre Directions ; puis les deux Adobes dans une courbe en bas vers le ruisseau, sur-est, sud-ouest."

La Vallée de l'éternel retour est un extraordinaire recueil sur la vie d'un peuple, les Kesh, qui vivent dans une Vallée, dans un futur lointain, après de multiples désastres (dont on ne sait que peu de choses), dans une Californie qui est devenue une île. A travers l'histoire de Roche Qui Raconte, Ursula Le Guin nous présente le mode de vie des habitants de la Vallée. 
Mais elle ne se contente pas de raconter une histoire, elle décrit tous les us et coutumes des Kesh à travers des poèmes, des chants, des pièces de théâtre, des contes, des histoires et des dictons mais aussi leur médecine, leurs traditions, leurs danses et instruments, et puis leurs maisons, la structure de leur société, à la fois proche et éloignée de la nôtre, leur vision de la mort, de l'amour et de la sexualité ,  les célébrations et les rites, les détails de leur alimentation (avec recette à l'appui) et de leur habillement.
C'est assez extraordinaire et je n'ai eu cesse de me demander, au cours de ma lecture, où elle avait été inventer toute cette richesse en la présentant comme une véritable découverte ethnologique.
Dans ses autres récits, je pense notamment aux Chroniques de l'Ouest, Ursula Le Guin a inventé des sociétés très structurées, des personnages qui vivent en harmonie avec la nature, qui respectent les animaux.
Cependant, avec ce roman-là, elle est allée le plus loin possible, une invention totale de la vie d'un peuple avec tout ce qui en découle.

Si le roman démarre avec l'histoire de Roche Qui Raconte, enfant Kesh née d'une mère de Sinshan et d'un père Condor, une tribu lointaine et guerrière, celle-ci n'occupera en fait qu'environ deux cent pages sur les quelques cinq cents que contiennent le livre. Et Le Guin a structuré très intelligemment son récit en entrecoupant le récit de Roche Qui Raconte, de poèmes, contes et autres histoires.
Du coup si l'on reste sur sa faim en voyant cette indication "La seconde partie de l'histoire de Roche Qui Raconte commence p.179", on ne peut qu'avoir envie de découvrir les autres thèmes abordés dans le roman.
J'avoue avoir beaucoup hésité, à savoir foncer sur la page 179 pour découvrir la suite de l'histoire immédiatement mais voilà tout le génie d'Ursula Le Guin, si elle avait d'abord raconté l'histoire en entier pour présenter ensuite les moeurs et coutumes des Kesh, pas sûre que je n'aurais pas refermé le livre avant d'en arriver là.

Alors qu'avec sa stratégie de lecture, elle amène à tout lire, et au fur et à mesure tout découvrir. C'est d'une telle richesse qu'il est difficile de résumer en quelques lignes :  en plus des contes, chants et autres, il y a des cartes, schémas et dessins, le tout souligné par l'écriture extraordinaire de cette auteure de talent. 
Si j'ai beaucoup accroché à son récit de Roche Qui Raconte, c'est pour un coup moins pour son écriture que pour l'intérêt généré par cette histoire, non que je démente juste ce que j'ai affirmé avant sur son talent, mais tout simplement parce que pour la première fois dans un de ces récits, je n'ai pas eu la sensation habituelle de la plume qui glissait au cours d'un ruisseau que l'on emprunte en s'y laissant glisser doucement. Il subsiste un peu plus de recul face à ses personnages, tout simplement parce qu'elle est dans un mode de description et qu'il n'y a pas là seulement récit.
C'est la seule différence au niveau de l'écriture avec ses autres romans car tout se lit parfaitement et merveilleusement bien, avec toujours une grande qualité littéraire.

Le peuple Kesh semble être un mélange de nos peuples d'aujourd'hui et des légendes amérindiennes, mais étrangement s'il y a eu cataclysme et si le monde s'est reconstruit autrement d'une manière plus proche de la nature (respect de l'animal que l'on tue, célébrations en fonction du cours de la vie), avec un rythme plus lent, une société moins malade que la notre, l'électricité et l'informatique (sous forme de l'Echange qui fait penser à Internet) existent toujours ... et les machines de guerre aussi, les tanks refont leur apparition chez le peuple Condor, dans sa frénésie de lutte et destruction, les avions ensuite.
Ainsi même en recommençant, le peuple humain réinvente les technologies d'aujourd'hui, y compris les pires des pires.

Un roman néanmoins rempli de leçons de sagesse, de moralité, d'approches différentes de la vie, de danses de la nature (de la Lune, du Soleil), d'histoires d'animaux qui parlent (notamment le Coyote qui est un animal récurrent dans les récits, ainsi que l'ours), de la maladie et de la mort. Avec quelques mots crus de temps à autres (comme "le con" "baiser" "chier") qui à vrai dire, je ne sais pas si c'était l'intention de l'auteure, détonnent si parfaitement avec son style irréprochable que ça en était presque vulgaire et choquant.

En conclusion, je ne peux que conseiller ce roman incroyable, riche et original, pas toujours facile à lire (de par la profusion de ses informations et l'abondance de ses références :  elle est allée jusqu'à créer un véritable langage avec alphabet et phonétique à l'appui) mais tellement bien narré et passionnant, ne serais-ce pour avoir inventé un tel peuple. Décidément, Ursula Le Guin ne cessera jamais de me surprendre et de m'enchanter.
Je rajoute aussi que la couverture, le papier de l'édition, la couleur des lettres contribuent à faire de cet ouvrage le chef d'oeuvre qu'il est.

Merci à Tigger Lilly pour ce cadeau d'anniversaire.

Ailleurs

dimanche 9 septembre 2012

L'école est finie de Yves Grevet

2028.... Cela commence par une dictée portant sur les débroussailleuses et les tronçonneuses qui seront en promotion dans tous les magasins Jardins et Maisons. Ensuite la récréation est déclamée par une petite élève pour son évaluation de lecture à voix haute : "C'est l'heure pour tous les élèves de l'école Jardins et Maisons d'aller se détendre et de profiter de tous les merveilleux équipements de plein air offerts par notre magasin préféré. "....

L'école du futur .. vous l'avez cauchemardée ? ? Yves Grevet l'a faite !
C'est que désormais pour espérer un minimum d'éducation, les enfants doivent signer dès le CP un contrat d'apprentissage dans une entreprise laquelle prend en charge la scolarité contre des heures de compensation en travail. Chaque fin de semaine, chaque élève cumule des bons d'achats dans son cahier du jour, afin de le récompenser de ses efforts. Damned voici l'école du futur pour les enfants pauvres !

Un tout petit livre d'anticipation dans lequel Grevet nous dépeint une société dans laquelle riches peuvent encore prétendre à une éducation en bonne et due forme alors que pauvres sont contraints à travailler pour apprendre à lire et à écrire. Et encore, il s'agit là de lire des catalogues de jardinerie ou de calculer des pourcentages de réduction durant les soldes, certes c'est une bonne école de la vie mais c'est surtout une monstrueuse exploitation d'enfants. Une société dans laquelle les patients sont tirés au sort pour leurs soins dentaires.
Et pour les parents refusant le système, il n'existe qu'une seul moyen : l'école du maquis, l'école clandestine mais c'est à leurs risques et périls !

Le seul reproche que je pourrais faire à ce livre, c'est justement sa brièveté, Grevet tenait là un sujet qui aurait pu faire l'office d'un roman bien plus long, il m'a laissée en définitive sur ma faim.

Du coup je ne suis pas vraiment entrée dedans, même si le sujet abordé est terrible et nous pend au nez si les gouvernements successifs continuent à sacrifier ainsi l'école et ces enfants qui seront les adultes de demain. Cela m'a fait repenser à un reportage que j'avais vu sur des écoles américaines où les élèves devaient acheter leur propre papier toilette et des feutres velleda pour leurs maitres .... Certes nous n'en sommes pas encore là en France mais au train où vont les choses, dans une société où les inégalités sociales se creusent de plus en plus, où elle devient de plus en plus apparente dans cette micro société représentative du pays qu'est l'école, peut être qu'un jour les établissements seront sponsorisés par Mac Donald, ou Point Vert ou encore Leclerc (après tout, cela existe déjà, l'opération Nettoyons la Nature qui a lieu chaque automne est sponsorisé par Leclerc qui fournit alors des gants et surtout des tee shirt portant leur logo ainsi qu'une "magnifique"  banderole à accrocher sur la grille d'entrée.)
En tous les cas un bon petit roman pour débroussailler les idées et réflexions des élèves ... je vais tester, peut-être que cela leur fera réaliser la chance qu'ils ont d'être dans une école encore relativement gratuite et les motivera pour apprendre leurs leçons et se concentrer .... 
On peut toujours rêver ....

Merci à Olya de m'avoir faire découvrir ce petit livre ^^.

Extrait
- Alors tu sais pourquoi notre vie est si dure maintenant ? Et pourquoi mon père regrette tant le passé ?
- Au début du XXIè siècle, m'a-t-elle expliqué, les gens n'ont pas su refuser ce qu'on leur imposait.
-Mais qu'est-ce qu'ils auraient pu faire ?
- S'opposer, s'opposer par tous les moyens.


vendredi 7 septembre 2012

La ballade de Pern de Anne Mc Caffrey : Le chant du dragon

A la mort de Petiron, harpiste du Fort, Menolly, jeune fille passionnée de musique à qui il a tout appris, se voit contrainte d'abandonner le chant et la pratique de ses instruments. Uniquement parce que c'est une fille et qu'une fille ne peut prétendre être harpiste à son tour. Qu'importe si elle chante et joue divinement bien, son père Yanus, le Seigneur du Fort de Mer, avant tout pêcheur, tient à ce qu'elle remplisse uniquement ses devoirs de jeune fille. Révoltés, Menolly s'enfuit vers les roches du Dragon, tandis que le nouvel harpiste, Elgion, cherche qui aurait pu composer ces chants que Petiron lui a transmis avant sa mort .... Mais les Fils continuent de pleuvoir sur Pern, mettant en danger Menolly.

Le chant du dragon débute sept cycles après le saut dans le passé de Lessa et sa Reine dragon Ramoth, d'où elles avaient ramenés les anciens chevaliers des Wehr, afin de lutter contre les Fils revenus. C'est donc un roman parallèle aux évènements qui suivent les chutes des filaments argentés. Fondamentalement, ce roman là n'apporte rien de plus à La quête du dragon, on n'y apprend rien de nouveau sur les chutes erratiques des Fils et la façon de lutter contre. Sauf sur les Lézards de Feu dont on comprend leur mode de vie, de reproduction, c'est une parfaite étude éthologue de cette espèce.

Pourtant il a son intérêt dans la mesure où il ancre son action avec un point de vue différent sur les mêmes évènements. Menolly, secourue, arrive au Fort de Benden, après la mort tragique des deux reines et juste avant la nouvelle empreinte de la dernière couvée de Ramoth ... avant la fameuse empreinte de Jason sur le dragon blanc. Ayant vécue à l'écart de tout, elle ne connait rien des faits passés et pose un regard neuf sur la vie du Wehr, sur la découverte des dragons, et sur la cérémonie qui lie nouveaux chevaliers et dragonneaux.
Cela permet du coup de replonger dans le récit et de revivre les faits d'une autre manière, extérieure à Lessa et F'Lar (même s'ils sont évoqués et que Menolly rencontre Lessa).

De la même manière il est aussi un prolongement du Vol du dragon dans lequel Lessa bouleversait le rôle qui devait lui être attribué pour devenir plus qu'une Dame du Wehr, destinée juste à préparer sa dragonne pour ses vols nuptiaux. Comme Lessa qui se révolte contre sa condition féminine et qui entre en conflit contre F'Lar pour être considérée pour ce qu'elle vaut et non ce qu'elle est, Menolly n'accepte pas de laisser de côté sa passion pour se contenter de repriser des filets de pêche ou de faire la cuisine.
Leur rebellion est fondamentalement différente pourtant, si Lessa monte au créneau, faisant montre de son fort caractère, Menolly fuit une destinée qui n'est pas pour elle, et se réfugie dans les grottes des roches du Dragon là où elle vivra une aventure incroyable avec une couvée d'oeufs de lézards de feu qu'elle aura sauvé de la noyade.
J'ai particulièrement aimé ce passage du récit, dans lequel elle confère l'empreinte aux petits lézards, où elle survit avec eux et se livre à sa passion, le chant et la musique, seulement entendue par ses nouveaux protégés et la mer.

C'est un roman très court, 214 pages seulement mais il est plutôt dense. Certes il y a beaucoup moins d'actions que dans les deux précédents, après tout le regard n'est plus sur les combats de chevaliers vécus par eux-même, mais il ne manque pas de moments d'émotion et de tension. On ne vit plus dans un Wehr mais dans un Fort dans lesquels les habitants travaillent dur pour subvenir à leurs besoins, et même si Yanus est présenté comme un homme rude et injuste envers sa fille cadette, c'est un bon Seigneur qui sait tenir son Fort.

Si les dragons sont au second plan, les lézards de feu tiennent une place qui n'est pas négligeable, ils nous deviennent peu à peu au fil des pages, aussi familiers et attachants que leurs homologues géants. Ils n'ont pas leurs noblesse mais ne manquent pas de panache. La scène où Menolly, se laissant aller à chanter, entraine avec elle ses petits compagnons, est juste formidable.
Elle est d'ailleurs terriblement attachante cette jeune fille qui à sa manière bouleverse des traditions ancestrales et parvient à réaliser sa passion. Elle a à la fois un côté innocent et volontaire qui nous la rend très proche.

Inutile de dire que j'ai fortement accroché à cette autre entrée dans la Ballade de Pern, d'ailleurs je l'ai dévoré en quelques heures. Il n'y a rien d'autre à dire. J'adore.

Extrait
Au début, Menolly leur parlait pour entendre le son de sa propre voix. Plus tard, elle s'adressait à eux parce qu'ils paraissaient comprendre ce qu'elle disait. Il était certain qu'ils donnaient tous les signes d'une écoute attentive, fredonnant ou modulant une réponses encourageante quand elle s'arrêtait. Et ils semblaient ne jamais se lasser de ses chansons ou de ses récitals de flûte. Elle n'aurait pas pu dire qu'ils étaient en parfaite harmonie avec elle mais ils fredonnaient vraiment dans le ton quand elle jouait.

Ailleurs
Vert ; Zahlya ...

mardi 4 septembre 2012

Top Ten (20)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon un thème littéraire défini sur le blog de Iani - rendez-vous initialement prévu créé par The Broke and The Bookish.

Voici donc le thème de cette semaine

Les 10 livres à lire cet automne

Après l'été, moment de lecture intense, vient l'automne où les feuilles tombant et les jours raccourcissant pourraient induire un cocoonage plus intensif sous sa couette avec un bon livre. Ce serait l'idéal pour supporter la baisse des jours et de la luminosité et l'entrée progressive vers les jours froids .... sauf que le temps manque souvent pour cela ...
Du coup je ne suis pas sure du tout de pouvoir tenir mon Top Ten de l'automne mais la fin du mois de décembre nous le dira .... au moment du Top Ten Hiver 
 
1) Le Seigneur des Anneaux de TOLKIEN
Voilà ce coup ci c'est programmé, ce sera pour l'automne !

2) La Ballade de Pern de Mc CAFFEY 
Comme il me restera encore 3 Intégrales à lire, cela compte donc pour .... 3

5) La trilogie de Wielstad de Pierre PEVEL
Rien que la couverture me donne diablement envie, elle est juste sublime. Quant à son contenu, je ne suis pas trop inquiète, si c'est de la qualité des Lames du Cardinal je ne risque pas d'être déçue.

6) La guerre des mondes n'aura pas lieu ! de Johan HELIOT
Il me semble l'avoir acheté aux Imaginales 2010, cela commence à dater, donc il est temps de le lire.

7) Blade Runner de Philip DICK
 Celui-ci doit trainer depuis plus de 2 ans dans ma Pàl alors mieux vaut tard que jamais.




Je vais stopper mon Top Ten ici, non que je ne trouve pas d'autres lectures en vue mais tout simplement parce que je me réserve le droit d'y rajouter quelques nouveaux arrivants que je serais particulièrement impatientes de lire.
En Novembre ce sont les Utopiales et forcément il y aura achat de livres et peut-être des lectures en vue.

samedi 1 septembre 2012

Lecture en cours (25)

Je suis plus que satisfaite de mes lectures de cet été,  je ne pense pas que je ferai aussi bien en Septembre surtout que le glas de la rentrée aura sonné et qu'il faut bien rempiler pour gagner sa croûte.

Alors quelles lectures pour Septembre ?

- La Ballade de Pern Intégrale IV de MC CAFFEY : difficile de passer à côté, je ne rêve que de m'y replonger puis que j'ai achevée l'Intégrale III
Menolly est une jeune fille passionnée de musique. Petiron, le harpiste du Fort, la laisse chanter en secret les grands poèmes dans lesquels se transmet la tradition de la planète, que seuls les hommes sont sensés interpréter. Mais les parents de Menolly, à la mort du vieux maître, croient le moment venu de la remettre dans le droit chemin ...

- Bilbo le Hobbit de TOLKIEN : sa lecture étant proposée en commune avec le Cercle d'Atuan, il aurait été dommage de passer à côté, surtout qu'ensuite je pourrai enchaîner sur le Seigneur des Anneaux.
Alors par contre, chapeau à ceux qui ont rédigé la quatrième de couverture, ils ont réussi à raconter en quelques lignes quasiment l'intégralité du récit, je pourrais presque dire que je connais déjà l'histoire sans en avoir lu une ligne ... C'est un peu navrant. Du coup je vais me contenter de transcrire uniquement les deux premières phrases ici.
Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible. L'aventure tombe sur lui un beau jour, lorsque Gandalf le magicien et treize nains l'entraînent dans une chasse au trésor périlleuse à la Montagne Solitaire gardée par le dragon Smaug ...

- Des nouvelles de Tibbar de Timothée Rey : Cela fait un petit moment qu'il traine dans ma Pàl et que je le délaisse au profit d'autre alors qu'à chaque fois que je relis la quatrième de couverture, je me dis que j'ai drôlement envie de le découvrir
Voici en exclusivité des nouvelles fraîches du Tibbar Occidental. Sur ce bout de continent, jadis, des dieux fantasques, depuis longtemps repartis, ont éveillé les deux sortes de magie, la haute et la basse. Depuis, ce monde a développé une civilisation, où l'on envoie des aérohamsters postaux ; où l'on cuisine du dragon (le plus raffiné des mets, quoiqu'on le déguste à ses risques et périls) ; où l'on tente de se vacciner contre des sortilèges-virus par l'écoute de musiques prophylactiques ...

jeudi 30 août 2012

Hunger Games de Suzanne Collins

Dans un futur indéterminé, et post apocalyptique, Panem, autrefois les Etats Unis, s'est relevé de ses cendres ... il est désormais entouré de douze districts, chacun spécialisé dans une production (comme l'agriculture, ou l'industrie, ou encore les mines de charbon) sur lesquels le Capitole fait régner la tyrannie. Et parce qu'un jour les Districts se sont rebellés, il a accordé de nouvelles lois : désormais, chaque année, un garçon et une fille de chaque district de 12 à 18 ans, sont jetés au sort pour être lâchés dans une immense arène naturelle pouvant contenir n'importe quel décor. Ils doivent alors s'affronter à mort jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un survivant, lequel sera riche et adulé : ce sont les Hunger Games qu'en outre, il est obligatoire de regarder les retranscriptions télévisées. Un immense jeu de téléréalité barbare et odieux.

Quand sa petite soeur est tirée au sort, Katniss, jeune fille de 16 ans, vivant dans le District 12, décide de la sauver en la remplaçant. Katniss est une survivante dans l'âme seulement aura-t-elle le courage d'aller jusqu'au bout, voire même de tuer, pour ne pas succomber ?

Ce livre a rencontré un immense succès, au point qu'il a été adapté au cinéma, comme c'est souvent le cas. Je n'ai rien contre les adaptations cinématographiques des romans, sauf que la plupart du temps (pas toujours je le reconnais, je citerais volontiers le Seigneur des Anneaux ou Game Of Thrones dans les adaptations très réussies) elles sont plutôt ratées et que surtout au final lorsqu'on évoque le titre d'un livre, il y a toujours une petite voix qui s'exclament : "Ah oui  j'ai vu le film". .... Oui enfin sauf qu'à la base c'était un livre, no coment ...
Bref je ne vais pas m'attarder plus longtemps sur ce point, car au final c'est bien du livre qu'il s'agit dans ce billet, livre qui donc a rencontré un franc succès, notamment dans la blogo.

Le moins que l'on puisse dire c'est que c'est un roman prenant, il m'a valu deux soirées tardives car je ne parvenais pas à m'en décrocher. C'est bien conçu, c'est haletant, ce n'est pas nunuche et s'il y a quelques évidences, quelques faits que l'on peut aisément deviner, dont le dénouement, il existe certains faits finaux qui n'étaient pas prévisibles et valent le coup d'être soulignés, comme notamment les changements de règles de jeu en pleine partie .... non la première qui paraitrait un peu facile mais pour les suivantes qui mettent les derniers joueurs face à un choix. 
De plus c'est bien écrit, pas d'une grande qualité non, mais c'est bien rédigé et sans rupture de rythme.

Ces Hunger Games ... où l'on prépare ces enfants comme des bêtes de foire, que l'on expose à la recherche de sponsors, que l'on gave avant de les envoyer à l'abattoir .... en fin de compte ce n'est pas si loin de la représentation de la téléréalité d'aujourd'hui, avec ces téléspectateurs qui se repaissent et jouissent du malheur, de la tristesse montrées et misent sur les potentiels vainqueurs. Certes on n'en est pas encore à mettre en scène des lofts dans lesquels il n'y aurait qu'un seul survivant, on en reste encore à des jeux dans lesquels les épreuves se contentent d'éliminer et de renvoyer chez eux, les joueurs malchanceux. 
Néanmoins pour rappel, il faut un temps, pas si lointain sur l'échelle de l'humanité, où des spectateurs venaient assister à des combats entre gladiateurs, ou entre esclaves, ou entre animaux et humains .... 
Alors jusqu'où les humains seront-ils capables d'aller pour montrer du sensationnel à la télé, seul l'avenir nous le dira .... J'espère juste que je ne serai plus de ce monde si l'on en arrive là un jour.

En conclusion, c'est un bon début de trilogie jeunesse, il n'y a pas de misérabilisme, ni de niaiserie, les personnages tiennent bien la route, notamment Katniss qui, derrière son côté sauvage, est attachante, d'autant plus qu'elle ne passe pas pour un héros ... La chance l'a privilégiée un certain nombre de fois, de plus, la plupart des actes réalisés pour la survie ne sont pas irréels, ni impossibles. Les personnages sont tout à fait crédibles et la façon dont c'est narré tient en haleine d'un bout à l'autre du récit. Sans compter que la rédaction à la première personne donne tout de suite de l'intensité et du réalisme à l'histoire.
Ce livre me fait penser à Sa Majesté des Mouches dans lequel des enfants se retrouvaient livrés à eux mêmes et agissaient avec cruauté les uns envers les autres.

Je ne sais pas ce que réservera la suite de ce premier roman mais dans tous les cas, celui-ci vaut le coup d'être découvert. Je n'ai pas été transportée mais j'ai passé un très bon moment de lecture.

Ailleurs


mardi 28 août 2012

CLEER de L.L. Kloetzer

Votre candidature est acceptée. Soyez demain à huit heures,, au Siège, dans le quartier d'affaires de la capitale. Vous êtes un peu tendu(e), excité(e), votre vie change. Demain, vous appartiendrez à la Cohésion Interne, vous serez consultant, enquêteur professionnel aux limites du surnaturel, membre de l'élite, de l'Inquisition  d'un monde parfait. Quelque chose s'ouvre devant vous, une nouvelle perspective, une révélation.
Le sigle de votre nouvel employeur vous reste présent en permanence à l'esprit. Cinq lettres, le blanc, le bleu, le ciel, la lumière. Et ces mots, simplement : 
CLEER
Be yourself

Charlotte Audiberti, jeune femme sensible, intuitive et altruiste et Vinh Tran, jeune homme dur, sportif et intransigeant, viennent d'être recrutés pour travailler pour cette corporation, cette multinationale qui tend vers l'absolu. Ce sont des sortes de policiers politiques chargés de résoudre des problèmes mettant en jeu l'image du Groupe. Et les soucis ne manquent pas : suicides de personnels, consommation en masse, utilisation de pesticides, les deux employés ont fort à faire.
Présenté sous forme de diverses enquêtes, un peu à la manière de série dont les épisodes, bien que se suivant dans le temps, n'ont pas forcément de continuité, CLEER mêle habilement le fantastique et la science fiction à la réalité de l'entreprise : lumières blanches étranges, manipulation d'esprits, expériences sensorielles et temporelles se mélangent au jargon professionnel de l'entreprise et à tout ce qui a trait à cette réalité économique. Chacun leur tour, Charlotte et Vinh vivent des expériences surnaturelles alors qu'ils enquêtent sur des faits tout à fait réalistes, on n'est pas loin des X Files d'antant.

Et ils se doivent d'être les meilleurs, c'est un univers impitoyable, les deux enquêteurs sont sous pression permanente, en particulier Charlotte l'élément qui doute  :
"Il essaie de mettre autant d'aiguillon que possible dans sa voix, pour sortir la bête de sa coquille. S'il la tenait sous sa main, il lui tordrait le poignet, à lui faire mal. Elle est sensible toujours à deux doigts des larmes. Pour London, elle avait réussi. La pression qu'ils avaient exercée avait fait des miracles. Sur elle."

CLEER pour moi c'est toute une histoire ... en premier lieu une histoire de Prix et une histoire de rencontre.
Le Prix Planète SF des blogueurs qui eut lieu aux Utopiales de Nantes 2011
Et une rencontre vraiment riche avec les deux auteurs de ce livre écrit à quatre mains, des auteurs abordables et vraiment très sympathiques : ce fut une expérience très chouette.

Du coup j'appréhendais vraiment cette lecture, de peur que cela ne me plaise pas. J'ai été vite rassurée, je suis très vite entrée dedans et même si certains termes spécifiquement liés au monde l'entreprise m'ont échappés, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman totalement atypique. En particulier parce que le personnage de Charlotte avec ses doutes, ses remises en question, sa sensibilité, mais aussi son côté fonceur qui la met plus d'une fois en danger, est éminemment sympathique. En même temps j'ai eu souvent envie de claquer son partenaire que j'ai trouvé à mainte reprise froid et distant, voire impitoyable envers elle, seulement c'est aussi ce qui fait tout l'intérêt de ce personnage bien plus énigmatique qu'il y paraît au premier regard.

Aussi parce que le roman est servi par une écriture vraiment splendide, très imagé, ce qui m'a évidemment beaucoup plu, le style étant un critère essentiel à mes yeux pour taxer de qualité un livre :
" L'aurait-elle ignoré que ce fait lui aurait paru maintenant d'une parfaite évidence : le sol est couvert d'un tapis de mousse lumineuse d'un blanc bleuté, pointilliste, aussi improbable qu'en effet spécial de cinéma, la référence à Van Gogh n'est pas usurpée, on dirait des tourbillons de ses nuits étoilées. Un milliard de vers luisants. Une poussière d'étoiles saupoudrée sur les collines, réponse de la terre à la Voie lactée s'étendant au-dessus."

Ces enquêtes sont relativement lentes au préalables, pourtant ce n'est pas dans un bureau que Charlotte et Vinh résolvent leurs affaires, alors on a droit à des courses poursuite, à des empoisonnements, à des emprisonnements, bref les protagonistes se retrouvent souvent en danger alors on se laisse prendre au jeu, on a hâte de voir si l'enquête progresse et va se résoudre.
Ce n'est certes pas un roman facile à lire, il faut rester concentré pour tout suivre et ne pas perdre le fil mais c'est un livre qui sort complètement des normes qui nous fait pénétrer un monde pas très reluisant, celui des entreprises et de leurs exactions pour avoir toujours et toujours plus d'argent, qu'importe les conséquences sur les individus.

Une excellente lecture.

Ailleurs