mercredi 19 janvier 2011

Alexandre le Grand et les Aigles de Rome de Javier NEGRETE

Je l'avoue, cette chronique a bien failli ne jamais voir le jour tant j'ai eu du mal à entrer dans ce livre. Durant environ les 80 premières pages, je n'ai vraiment pas accroché, rythme trop lent, personnages trop peu charismatiques ... seulement autant pour un Werber je n'hésite pas à fermer le livre et à l'oublier aussi sec, autant pour un auteur que je ne connais pas du tout et en plus lors d'une lecture faite pour un Challenge, je persévère un peu ...

ET ... j'ai bien fait ... car l'alchimie a fini par fonctionner et peu à peu j'ai apprivoisé les personnages (ou plutôt les personnages m'ont apprivoisée, ce qui n'est pas chose facile), le récit a pris de l'ampleur et en fin de compte .... j'ai été séduite par cette grande fresque ...

Alexandre le Grand et les aigles de Rome rentre dans ce qu'on appelle une uchronie ... selon le postulat "et si ...."
Et si les anglais avaient gagné la Guerre de 100 ans ? et si les allemands n'avaient pas perdu l'une ou l'autre des Guerres Mondiales ?
Et si Alexandre le Grand n'avait pas été empoisonné et avait continué son emprise sur l'Europe et commencé à regarder vers l'Italie ?

Ce qui est difficile avec un roman historique, uchronique ou pas, c'est qu'il faut avoir des connaissances certaines en histoire pour suivre un tant soit peu l'intrigue ... Or j'admets que ma culture en terme d'antiquité grecque n'est pas très étoffée ...en dehors du fait que ce roi a régné de 334 à 324 avant JC, qu'il est le fils de Philippe de Macédoine et qu'il a conquis l'Empire perse de l'Egypte à l'Asie mineure et à l'Inde ...
Pour le reste il faudrait me plonger dans Wiquipédia ou un bouquin de 6ième (enfin de mon temps c'était au programme de la 6ième, lol), enfin heureusement Javier Negrete y pourvoit parfaitement en nous faisant partager les us et coutumes d'une armée du temps d'Alexandre mais aussi le mode de vie des grecs et de romains, sans oublier les philosophes qui sont mis à l'honneur, tels Aristote et Platon ... Si on s'intéresse un tant soit peu à cette époque historique, cela devient vite passionnant car pas du tout rébarbatif.

Alexandre le Grand ne meurt donc pas empoisonné grâce à un médecin surgi mystérieusement pour le sauver et qui ne sait pas lui même d'où il vient et comment il a été parachuté là ... c'est un des éléments de fantastique de ce roman ... avec Myrmidon le Chef de la Forêt dont la manière de se battre est presque irréelle ... pour le reste la fantasy n'est pas le point principal de ce roman et cela ne gêne en rien.
On suit donc plusieurs personnages, dont Alexandre bien sûr mais qui finalement n'est pas tellement le principal, Nestor donc le médecin qui a un rôle d'observateur pacifique mais qui pour autant joue un rôle primordial dans les évènements, notamment à la fin ... Lysinias le serviteur dévoué et fidèle du roi, Perdiccas le chef de la Cavalerie des compagnons du roi, presque traître malgré lui mais qui saura se racheter, Euctémon un des soldats d'Alexandre dont tous les actes font penser à un comportement autistique et Caïs Julius, tribun de l'armée romaine de Papirus ...
Ce qui est appréciable c'est que l'auteur ne prend parti pour aucune des deux armées, au contraire, en aucun lieu il fait preuve de manichéisme, les personnages de deux clans sont mis en valeur avec leurs qualités et leurs défauts. Et en fin de compte ils se révèlent attachants.

Tous ces ingrédients donnent au final un roman agréable à lire, qui allie intelligemment récit et éléments historiques sans que cela soit ennuyeux ... Je ne regrette pas en fin de compte d'avoir persévéré.

Extraits
"Son regard intérieur contemplait le monde d'une telle hauteur qu'on l'eût dit en train de chevaucher la comète Icare. Mais là-haut, depuis cette cime si éloignée du reste des humains, Alexandre se sentait très seul."

"Toi, tu ne veux pas être le Roi de la Forêt, dit-il. Tu veux seulement tout observer sans rien altérer, passer dans la vie sans souille ce que tu touches. Mais c'est impossible.

- Je sais.

- Non, tu ne sais pas. Tu l'as oublié."


"Là se tenaient les juges de l'Enfer, des géants à tête de bête, aux regards acérés comme des épées de glace, aux voix hurlantes et retentissantes. C'étaient les anciens dieux, terribles et incompréhensibles aux mortels, lesquels avaient cherché à les modeler sous les traits d'être anthropomorphes afin de s'imaginer qu'ils pourraient les apprivoiser et, de cette façon, éviter d'éprouver devant eux l'effroyable panique que Platon ressentait maintenant."


Ailleurs
Cafard Cosmique ; Fantasy au petit déjeuner (un billet original fait à l'oral) ; if is Dead

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge Winter Time Travel chez Lhisbei.

dimanche 16 janvier 2011

Les poubelles pleurent toujours de Guillaume Suzanne

Ce livre fait suite direct au livre "Les poubelles pleurent aussi" et reprend le récit 10 ans après que les Nods aient laissé la Terre à son funeste sort.
Et quand ils reviennent sur Terre, les survivants et les CoDets (les poubelles qu'ils ont abandonnées en repartant) les attendent de pied ferme, bien décidés à ne pas s'en laisser conter et surtout à gagner leur place dans la liste des espèces évoluées. On n'a pas fini de rire, surtout lorsqu'ils se retrouvent confrontés à toute une panoplie d'extra terrestres aussi bizzaroïdes que dans Men in Black.

Avec son ton pince sans rire, Guillaume Suzanne nous embarque donc dans une nouvelle aventure loufoque, ponctuée de traits d'humour noir -dont les terriens font largement les frais (et en même temps pas à tort)- et dont lui-même se délecte (par des apartés en bas de certaines pages ; on sent qu'il a pris plaisir à écrire et rien que cela me plaît beaucoup).
C'est frais, c'est sympa, c'est détendant ... C'est à lire...

Extraits
"Les printemps rappelaient immuablement la date fatidique, le 5 Avril, celle de la déflagration ultime, celle qui avait fait basculer l'Humanité dans la terreur et mué l'Europe de l'Ouest en zone touristique déconseillé pour les prochains siècles."

"Vous auriez du développer votre cerveau au lieu de vous focaliser sur votre apparence. Surtout vu le résultat."


"- C'est la loi du nombre, c'est tout. On est plus nombreux donc on va forcément dans le bon sens.

- Super. Si tu savais ce que ce genre de raisonnement a donné sur ma planète ..."

Ailleurs
Dragon Galactique ; Chroniques de l'imaginaire ; Le blog de la fée paradis
Pour en savoir plus
Le site de Guillaume Suzanne

NB : ce livre est fourni avec un marque ta page, idée que j'approuve ^^



mercredi 12 janvier 2011

Le rire du cyclope de Bernard Werber

Ou devrais-je dire .. le livre inachevé .. parce qu'après plusieurs jours à rechigner à poursuivre la lecture de ce livre, j'ai décidé d'appliquer l'un des 10 droits imprescriptibles du lecteur de Daniel Pennac (dans Comme un roman, que je recommande fortement celui là !) , à savoir le numéro
3) Le droit de ne pas finir un livre

Alors autant je culpabilise de ne pas parvenir à la fin d'un livre, autant pour une trilogie comme Le Seigneur des Anneaux, je m'en veux terriblement de n'être pas parvenue à la fin (et du coup c'est ma résolution unique de 2011, le relire, en entier cette fois ci, Olya y veille !) , autant là j'avoue n'avoir aucun scrupule .... car je vais apposer au roman de Werber un grand puéril : j'aime pas !!!

Dès les premières pages, je me suis posée la question suivante, est-ce que je n'aime plus Werber (j'ai pourtant lu presque tous ses livres auparavant mais coincé déjà sur son avant dernier Le miroir de Cassandre) parce que :
- j'ai lu du tellement mieux depuis que son écriture à lui, ses intrigues me paraissent fades et sans intérêts ?
- il a fait le tour de tout ce qu'il pouvait produire et ne reste que de la répétition d'un schéma moulte fois mis en scène ?

Un peu des deux je pense ...

Pour résumer un peu .... un grand comique meurt mystérieusement dans une loge fermée de l'intérieur, après avoir ouvert un coffret et éclaté de rire ... Suite à cela la journaliste Lucrèce Nemrod pense qu'il s'agit d'un meurtre et se met en chasse d'un scoop qui lancera enfin sa carrière.
Werber ressort son couple favori, la journaliste donc et Isidore Katzenberg (ancien journaliste scientifique à la retraite, qui vit à Paris dans un château d'eau et nage dans une immense citerne avec des dauphins et ... nouvellement arrivé un requin blanc, mais bien sûr !!!) , déjà réunis dans 2 de ses précédents romans : Le père de nos pères et L'ultime secret :il n'y a pas à chercher longtemps pour retrouver ces titres, Werber nous fait le "plaisir" de ressortir régulièrement les titres de ses romans au cours du récit (a-t-il besoin de leur faire de la publicité ? ).
Ce célèbre couple donc, en complète dysharmonie, comme à chaque début de ses livres vont finir par enquêter, comme au bon vieux temps ... au pays du rire ... donc nous avons le droit à un historique de l'humour à peu près toutes les 10 pages et à des blagues d'humoriste ....
Qui ne m'ont pas fait rire ... tout ceci sous un fond de pseudo enquête, d'interview de diverses personnalités, de courses poursuites des méchants contre les gentils, bref ....

Sans compter que Werber doit oublier que ses lecteurs ont une mémoire et qu'il est inutile de nous rappeler à chaque nouvelle histoire de ses deux personnages que :
- la grande chef de Lucrèce est une vieille peste qui ne croit pas en sa jeune et talentueuse journaliste
- Isidore est un ours mal léché qui refuse de suivre Lucrèce (mais le fera quand même)
- Lucrèce est une rebelle de la vie (et par là même n'est pas du tout mais alors pas du tout sympathique ...)

Alors voilà ... j'ai tenu exactement 222 pages (sur les 617 au total) avant de refermer tranquillement le livre et d'avoir un sursaut de révolte en me disant : non je ne continuerai pas à perdre mon temps (que je peux consacrer à d'autres livres qui en valent plus la peine) en lisant celui-ci ... et tant pis pour la résolution de l'intrigue, elle ne m'intrigue tellement pas que je n'ai même pas envie d'en savoir le dénouement !

Ceci signe je pense ma dernière lecture de Werber, heureusement je suis soulagée, le livre m'avait été prêté, cela m'aurait navrée d'avoir dépensé de l'argent pour ça ...

PS : Pour achever sur une note positive tout de même, j'avais beaucoup apprécié la trilogie des fourmis, celle des Dieux et le Papillon des Etoiles ... la page est tournée ... et bien tournée ...

lundi 10 janvier 2011

Challenge 2011 Bis

J'étais tentée de participer à ce Challenge mais je m'en étais abstenue dans la mesure où il s'achevait en Décembre 2010 et que je venais juste d'acheter La Quête d'Ewilan.

Edelwe ayant eu la riche idée de prolonger ce Challenge, je peux m'y inscrire.

Plus qu'un challenge, il s'agit de rendre hommage à Pierre Bottero disparu tragiquement en 2009. En plus il n'y a aucune limite de temps, ni de lecture, donc ce sera au rythme de chacun et selon leurs envies ^^

Je vais donc pouvoir programmer ma Quête et d'autres livres de cet auteur si j'accroche bien.

Ce Challenge s'ajoute ainsi à mes deux autres déjà en cours
- Challenge Fin du Monde chez Tigger Lilly
- Challenge Winter Time Travel chez Lhisbei

Je me souhaite donc bonne lecture ^^

dimanche 9 janvier 2011

Une rose au paradis et La nuit des temps de Barjavel

Barjavel cela évoque immédiatement mon adolescence, j'étais fan, d'abord par l'Enchanteur (il faut que je le relise celui ci pour voir s'il me fera le même effet qu'à l'époque) et puis ces deux là dont je vais parler (j'en ai lu pas mal d'autres aussi mais ma vie ne sera pas assez longue pour relire en plus de découvrir les millions de livres qu'il me reste :p).
J'avais redécouvert cet auteur avec Ravages il y a quelques mois, bon roman mais avis un peu mitigé en ce qui concerne sa perception des relations (un peu trop fleur bleue à mon goût à présent) entre les personnages.

Alors comme on parle de cela, je vais commencer par La nuit des temps qui a été mon livre fétiche durant un bon moment, lu et relu un certain nombre de fois.

La nuit des temps

Dans un monde où la haine entre les humains est à son paroxysme (comme quoi Barjavel était un véritable visionnaire : "Leur monstrueuse imbécillité évoquait pour moi des chiens énormes enchaînés les uns en face des autres, chacun tirant sur sa chaîne pour aller égorger le chien d'en face. Sans raison."), une expédition polaire tombe sur l'inconcevable : un signal profondément enfoui sous la glace qui émet des milliers d'années après son enterrement ... Signal qui va les conduite à la découverte la plus fabuleuse : deux corps maintenus artificiellement en vie dans la glace depuis la nuit des temps .. Signal qui va amener les grandes puissances à oublier leurs griefs pour travailler ensemble dans le même but.

Au delà de l'aspect science fantastique du récit, il s'agit surtout d'une histoire d'amour , tels ces grands couples de l'histoire, Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, entre deux personnages qui ont vécu sur une Terre en avance sur son temps : Eléa et Païkan ont été choisis pour grandir ensemble dans une cité très évoluée, tels les peuples de l'antiquité, mayas, aztèques à l'origine de tant de découvertes, enfouies dans la barbarie et l'obscurantisme religieux du Moyen Age.
Mais parce que lors de ce temps là aussi c'est la guerre et que le cataclysme va s'abattre sur Enisoraï, un homme Coban décide de les séparer pour sauver la femme parfaite qui sera celle qui, avec lui, reconstruira le monde.

Je l'avoue ... même plusieurs années après, la sauce a pris ... en premier lieu, Barjavel sait écrire, bon avec un brin d'exaltation à certains moments, de poésie aussi, mais le récit nous entraîne selon son schéma habituel : l'enchainement de la folie qu'on sent ne plus maîtriser (c'est encore plus flagrant dans Une rose au Paradis) après une période de pleine accalmie voire même de plénitude absolue. Et puis l'histoire de Païkan et Eléa, certes romancée au possible, est toujours aussi prenante .. un petit moment de bonheur dans un monde où les sentiments sont tellement difficile à construire de façon durable.
La fin du monde n'est pas à venir, elle est antérieure au récit, elle a été telle que la Terre a basculé, effectué une rotation sur elle-même, permettant à la vie peu à peu de se reconstruire et aux humains de réapparaitre ... sans arriver au point d'avancée du peuple de Coban qui avait découvert comment ne plus souffrir de la faim, ni consommer trop d'énergie

Extraits :
"JE VOIS ! ... C'est l'Apocalypse ... Une plaine immense ... brûlée vive ! ... vitrifiée ! ... Des armées tombent du ciel ! ... Des armes crachent la mort et les détruisent ! ... Il en tombe encore ! ..."

" Dans doute un rayon d'une température fantastique, fondant la terre et les roches, liquéfiant les monts et les villes, labourant le continent jusque dans ses racines, le coupant en morceaux, le bouleversant, le retournant comme une charrue d'enfer, et l'abîmant dans les eaux."

Ailleurs
Bartimeus
Une rose au paradis

Le schéma de récit de Barjavel : temps de calme, plénitude et subitement tout bascule, c'est l'horreur, on ne maîtrise plus rien, les évènements s'enchaînent et il n'y a plus de retour en arrière, sont parfaitement mis en place dans Une rose au paradis.
Contrairement au roman précédent, la fin du monde est vécue en direct (une fin du monde hallucinante d'ailleurs et ... effrayante) .... mais seuls ,un couple, dont la femme attend des jumeaux, et leur sauveur -celui qui va leur construire un abri sous terrain, une Arche de Noé, sans eaux (avec un couple de chaque animaux maintenus en hibernation, les cellules de chaque plante afin de recoloniser la planète une fois les chances de survies possibles) vont survivre ... durant presque 20 ans. Encore une fois c'est une civilisation futuriste, qui n'a besoin que de pilules pour manger, qui utilise des vêtements jetables et une énergie renouvelable.

Seulement la sortie de l'Arche va devoir se faire plus tôt que prévu .. la vie sur Terre est-elle à nouveau possible ?
De la même façon que La nuit des temps, le récit porte et n'a pas de temps morts, par contre j'ai été à nouveau moins séduites par l'abord des relations entre les personnages, trop poussé dans la perfection, comme ceci "Ses yeux, comme ses cheveux, étaient marron avec un reflet d'or. son regard était une lumière. Il donnait de la la joie, et en gardait une source inépuisable. Mme Jonas en pouvait le recevoir sur elle sans fondre de bonheur."
Certes on pourra dire que c'est poétique mais pour moi cela fait un peu rétro quand même.

Extraits
On s'imagine toujours que le cataclysme s'arrêtera à quelques mètres et que s'il n'y a qu'un rescapé on sera celui-là, avec ceux qu'on chérit et qui font partie de soi. Mais cette fois-ci il n'y aurait pas de rescapé, pas un seul ... Au sud-ouest, l'horizon brûlait d'une immense lueur verte bouillonnante. Des milliers de sphères y grouillaient, vertes, blanches, blêmes, écarlates, tourbillonnaient lentement, s'enflaient, se pénétraient, éclataient en silence, engendraient des sphères plus petites qui grossissaient, grouillaient, tourbillonnaient, éclataient ... L'enfer se déversait dans la moitié du ciel.

Ces deux livres ont été relus dans le cadre du Challenge Fin du Monde de Tigger Lilly.

jeudi 6 janvier 2011

Chroniques d'une prof qui en saigne Princesse Soso

Princesse Soso est prof d’anglais.

Princesse Sosso est une de ces "enseignantes-feignasses-tortionnaires- payés-à-rien-foutre-toujours-en-vacances-sinon-en-grèves- ces-lopettes ! "

Princesse Soso en saigne [enseigne] en collège depuis 6 ans, tout d’abord en tant que TZR, comprenez intermittents du spectacle autrement dit enseignante remplaçante puis en tant que titulaire dans un collège de campagne (et non ce n’est pas petites fleurs et enfants choupis, comme elle aime à les appeler lorsqu’ils sont bien mignons, c’est la ZEP aussi au pays des vaches et du fumier).

Princesse Soso n’a pas la langue dans sa poche, peut jurer comme un charretier, emploie le langage djeun’s de ses élèves (petite précision au début de son livre : « vous remarquerez qu’une culture générale de premier ordre est conseillée pour bien comprendre cet ouvrage », mince je fuis tout magazine people chez le dentiste et n’y connais strictement rien sur les chanteurs et autres en vogue, ma culture générale people se borne au CM2 maximum, mon langage aussi, sic ! ) mais parle juste en posant un état des lieux plus qu’inquiétant du système scolaire.

Princesse Soso devrait être urgemment convoquée au Parlement pour exposer ses faits et ses idées pas si inintéressantes (ah oui qui mieux que quelqu’un qui est sur le terrain peut savoir ce qui est bon ou pas pour ces chers choupis d’élèves ?).

C’est un livre que l’on découvre le sourire aux lèvres face à l’humour dont son auteur fait preuve mais néanmoins un rire un peu jaune tant est véridique ce qui est dépeint (forcément je suis dedans je ne vais pas dire le contraire !) … ce genre de rire que je partage avec mes collègues lors du repas de midi pour décompresser un peu alors qu’au fond on se sent un peu … désemparés de :
- L qui sait à peine lire en CM2 mais qu’allons nous en faire ?
- C qui a des poux depuis des années, qui est sale et sent mauvais mais qu’il est inutile de signaler puisque le médecin l’a vue (elle et sa fratrie, dans le même état sanitaire) et qui, puisque non battue violemment non violée, restera chez elle, tout va bien dans le meilleur des mondes. Et aussi qui a un tout petit niveau CE1 en CM2, qu'allons nous lui proposer pour l'an prochain OMG ?
- N qui est autiste asperger, une gueule d’ange mais pousse des petits cris dans une classe de CP où les autres ne valent pas tellement mieux ; limite grimperaient aux rideaux s’ils n’étaient pas [dressés] canalisés fermement, tel E qui chez lui, lorsqu’il est enfermé dans sa chambre, puni, hurle non stop « je veux sortir » pendant une heure, jusqu’à ce que ses parents craquent (on le ferait à moins je pense)
- L qui tort le cou de sa camarade durant la récré « Mais elle t’a fait quelque chose auparavant ? » « Non j'ai fait ça comme ça », no coment …

Bon des exemples comme ça j’en aurais à la pelle, des enfants sans limites, des enfants qui ne respectent plus personne ni rien, ("Mais pourquoi tu lui a cogné la tête par terre enfin ?" " Bah il a traité ma mère, on traite pas ma mère" gentil choupinet qui lui même parle tellement mal à sa mère qu'on se demande ce qu'il comprend du respect), des enfants qui ne savent pas pourquoi ils sont à l’école, des enfants dont les parents n’ont tellement rien à faire de leur scolarité qu’ils ne peuvent forcément pas investir les apprentissages, des enfants négligés, des enfants en perdition totale .. et ouf heureusement des enfants encore aimés, bien élevés et qui ont envie d’apprendre …
Et ouf encore des parents qui ne nous attendent pas à la sortie de l’école (ou à grands renforts de mots écrits rageusement dans les cahiers de correspondance) pour vous asséner :
« Bah vous ne faites pas de sortie scolaire zoo cette année ? oh mon pauvre doudou tu es vraiment tombé dans la mauvaise classe ! » ; « Vous êtes sure que c’est comme ça qu’on apprend les soustractions ? Moi je n’ai jamais appris comme ça, enfin si vous le dites hein ? » ; « De mon temps (qui date d’environ 15 ans, pas de doute, ça fait très longtemps !!) les élèves se levaient quand un adulte rentrait en classe et maintenant cela va faire quoi hein ? Des ados qui vont brûler des voitures !!! »

Enfin pour conclure tout ceci je n’aurais qu’un mot à dire à nos chez ministres de l’Education Nationale
« Par pitié, lisez le livre de Princesse Soso, c’est un bien meilleur état des lieux qu’aucun rapport erroné ne le fera ! »

L’autre conclusion je la laisse à Princesse Soso
« Entre les claques qui se perdent et les procès qui se gagnent, l’école va mal et notre crédibilité s’estompe un peu plus chaque jour. Quand les parents fixeront de véritables limites à leur enfant et seront du côté de la connaissance et du respect, quand nous aurons plus de moyens humains pour encadrer, encourager, surveiller les élèves, quand la violence ne sera plus la norme sociale, peut-être que l’école retrouvera-t-elle son aura d’autrefois. »

Autres extraits
« C’est la prérentrée. Concept qui consiste à progressivement réhabituer le prof à un environnement hostile. »

« Alors effectivement, vu de l’extérieur, le métier d’enseignant ressemble un peu à une soirée tee-shirt mouillé au Club Med mais quand on gratte le vernis pailleté de cette profession qui ne semble offrir que de gros avantages (dix-huit heures de présence au collège + des vacances en veux-tu, en voilà + sécurité de l’emploi = comment oser faire grève ou se plaindre de ses conditions de travail ?), on se rend compte que c’est un peu quand on achète un hôtel particulier de 280 m2 dans le VIIIe arrondissement de Paris pour 200 000 euros, il y a des vices cachés … »

Pour la petite histoire, Princesse Soso tient un blog, très visité, et qui lui a valu une proposition d’une maison d’Edition pour écrire un livre, elle a dit oui et le résultat est là. C'est un livre à découvrir histoire de savoir que non tu n'es pas rose dans le plus beau métier du monde !

J'en profite aussi pour remercier Anudar grâce à qui j'ai pu connaître ce blog.

Ailleurs
le blog de deliregirl ; les carnets de lecture de Pimprenelle

mercredi 5 janvier 2011

Les enfants de Noé de Jean Joubert

Février 2006 dans les Hautes Alpes ... Simon est un jeune garçon de 13 ans qui vit avec sa soeur et ses parents dans un chalet récupéré d'un héritage, ils ont quitté la ville pour vivre en symbiose avec la nature .... seulement un soir, le ciel s'obscurcit de manière inquiétante et il se met à neiger .. des flocons énormes, une neige à la consistance étrange ... un véritable déluge blanc qui peu à peu recouvre tout sur une profondeur de sept mètres ..

Telle la Genèse qui annonçait "un déluge d'eau sur la Terre, pour détruire toute chair ayant souffle de vie sous le ciel" la famille de Simon a mérité "un déluge blanc, glacé, figé " : seront-ils sauvés tels Noé ?

Ce roman est un livre jeunesse, très bien écrit, ce qui ne me surprend pas, les Editions "Ecole des Loisirs" publient de manière générale d'excellents romans pour enfants, bien rédigés, avec du vocabulaire (ce qui est à mes yeux indispensable dans une société qui s'appauvrit de plus en plus en vocabulaire .. tragédie pour notre langue qui en est si riche .. mais ceci est un autre débat) d'ailleurs ce livre a reçu le Prix de la Fondation de France en 1988.

Il est donc très agréable à lire, même pour des adultes et surtout il induit une situation inédite de catastrophe naturelle : une tempête de neige !
Rapidement on rentre dans le récit, on s'attache aux personnages et on vit avec eux leurs angoisses et leurs questions. L'ambiance est oppressante, le récit est rédigé à la première personne ce qui permet d'entrer encore plus intimement dans le quotidien de cette famille qui fait face sans électricité, communication, qui doit retrouver des gestes d'antan pour survivre.
Et toujours dans ce genre de narration, on ne peut s'empêcher de se demander : et moi qu'est ce que j'aurais fait ou plutôt comment aurais- je supporté cela ?
Le pire étant la privation de communication, le fait de ne pas savoir ce qui se passe, si d'autres personnes ont survécu, ou s'ils sont les derniers sur Terre ...
"L'homme n'est pas un animal solitaire, même s'il est condamné - pour son mal plutôt que pour son bien- à des instants de solitude."
Mieux vaut ne pas être seul pour affronter ce genre d'évènement .. et aussi d'avoir provisions de livres pour ne pas sombrer dans la dépression .. le père de Simon l'a bien compris, lui qui décide de faire la lecture chaque jour à ses enfants pour les occuper mais aussi pour les sauver de leur angoisse et pour leur donner courage et patience.
"Les mots devenaient notre seule ouverture : ils étaient comme des fenêtres et des trouées dans la muraille de neige."

Ce livre a été lu dans le cadre du Challenge Fin du Monde de Tigger Lilly.

Extraits
Oui c'était un autre monde, nivelé, simplifié, et sous cette vaste étendue blanche que la tempête avait modelé comme une houle, j'avais de la peine à situer le jardin, le pré, la route ou, plus loin, les crêtes et les vallées qui m'étaient familières. Au-dessus pesait un ciel bas, uniformément gris, mais comme phosphorescent. Le soleil restait invisible. Il n'y avait ,dans l'air immobile, aucun signe de vie.

Consternés, nous regardions cette masse de nuages, semblable à une meule prête à nous broyer, et je pensais que si elle présageait une autre tempête, nous risquions cette fois d'être tout à fait ensevelis.

Je comprenais aussi que c'est dans le dénuement que l'on sent tout le prix des choses les plus simples et combien leur absence nous appauvrit.


mardi 4 janvier 2011

Achats d'hivernaux et lectures en cours

C'est avec une bannière tout neuve pour mon blog que je commence l'année 2011.
Je tiens à remercier Loïc qui si gentiment, m'a réservée la surprise de ce cadeau, aujourd'hui, un cadeau vraiment royal .... que j'apprécie d'autant plus qu'il symbolise vraiment ce que j'aime :
- le loup qui est mon animal sauvage préféré
- qui hurle aux étoiles, souvenirs de mon enfance où j'avais une véritable passion pour le ciel (je passais mes soirées la tête levée vers les étoiles sans rien y connaître d'ailleurs sauf la Constellation d'Orion )
- et bien sûr un livre, passion qui remonte au moment où j'ai su lire comme une grande, sans l'aide de personne.
Sans oublier le titre, dans les sombres et clairs, je m'en suis déjà expliquée pourquoi ...
Le tout qui forme une bien jolie bannière qui me plait énormément.

Si vous passez par ici, n'hésitez pas à aller faire un tour sur le blog de Loïc, je suis fan de sa BD Tcherno Bill ^^

Une nouvelle bannière donc pour de nouveaux achats, arrivés aujourd'hui, une autre surprise de la journée , bon pas si surprenante celle ci mais les découvrir dans ma boite aux lettres après 11 H passées au taf est toujours un moment de bonheur.

Les voici donc :

- Aqua de Jean Marc Ligny
-Le cycle des robots 3 : Les cavernes d'acier d'Asimov
- Le maître du haut château de Philip K Dick
- Les enfants de Noé de Jean Joubert





Ainsi je peux lancer mon : Quelles lectures pour le mois de Janvier ?

- Le rire du cyclope de Bernard WERBER
Un coffret renferme l'arme absolue. La plus inattendue, la plus imparable. Le célèbre comique, le Cyclope, est mort d'avoir voulu le posséder. On ne l'ouvre qu'à ses risques et périls.
Bon j'avoue, ce livre n'est pas un achat, un ami me l'a prêté en me certifiant qu'il était mieux que Le Miroir de Cassandre (que je n'avais pas aimé), donc je tente .... sauf que ... je rechigne déjà à continuer après les 126 pages, très très mauvais signe !!!!

- Chroniques d'une prof qui en saigne de PRINCESSE SOSO
Non, les élèves ne sont pas tous des angelots facétieux assoiffés de connaissance. Non, les parents ne sont pas tous des éducateurs perfectionnistes désireux de transmettre des valeurs fondamentales leurs rejetons. Non , les profs ne s'habillent pas tous à la CAMIF !
Cet ouvrage n'a évidement rien à voir avec la SFFF mais connaissance le blog de son auteur, il était indispensable que je lise son fameux livre. En fait je l'ai déjà dévoré à l'heure actuelle, en deux jours, chronique à venir.

- Les enfants de Noé de Jean JOUBERT
En février 2006, des expériences dans la zone polaire provoquent une gigantesque tempête qui ensevelit l'hémisphère nord sous plusieurs mètres de neige, paralysant toute activité ...
Ce livre jeunesse va être lu dans le cadre du Challenge Fin du Mondes de Tigger Lilly.

- Alexandre le Grand et les aigles de Rome de Javier NEGRETE
Alexandre le Grand est mort à Babylone le 28 daisios au soir, c'est-à-dire le 10 juin de l'an 323 avant J.C., à l'âge de trente-trois ans. Alexandre le Grand ne meurt pas ce jour-là. Un mystérieux médecin qui se fit envoyé de l'oracle de Delphes le sauve d'une tentative d'empoisonnement ...
Ce livre va être lu dans le cadre du Challenge Winter Time Travel de Lhisbei.

- Le cycle des robots 3 Les cavernes d'acier de Isaac ASIMOV
L'assassinat du docteur Sarton à Spacetown jette le trouble dans la communauté. Qui aurait intérêt à faire disparaître celui-là même qui milite pour le rapprochement entre Terriens et Spaciens ? ...
Ce livre va être parcouru en Lecture Commune avec Spocky et Lael. Je tente une expérience inédite pour moi, commencer une série au Tome 3 , ce que je n'ai jamais fait auparavant car même lorsque les tomes sont indépendants les uns des autres, je ne supporte pas de commencer une série dans le désordre. Mais c'était l'occasion de découvrir un auteur que je connais sans jamais avoir lu aucun de ses ouvrages et de plus, en LC, donc voici l'exception quoi confirme la règle !

- Aqua de Jean Marc LIGNY
En 2030, l'enjeu vital autour duquel se battent les peuples et les nations n'est plus le pétrole mais l'eau potable. Sécheresse et réchauffement climatique obligent. Aussi, quand un petit pays d'Afrique assoiffé découvre, grâce à une image satellite piratée, une nappe phréatique dans son sous-sol, c'est la survie assurée ! ...
Je n'ai entendu que du bien de ce roman j'espère donc que je ne serai pas déçue et que surtout j'aurai bien l'occasion de le lire ce mois ci car je me rends compte que ma prévision de lecture est peut être un peu surdimensionnée ^^

dimanche 2 janvier 2011

Le Trône de Fer Intégrale 3 de George R.R. Martin

Première chroniques de l'année sur un de mes coups de coeur de l'année achevée, je trouve que cela tombe plutôt pas mal...
Néanmoins ce n'est pas le billet le plus facile à rédiger, car comment parler du Trône de Fer sans spoiler ? Et comment bien parler d'un livre dont un seul tome fait à lui tout seul 1150 pages ?

En premier lieu, mon tout premier constat est que l'on peut passer plusieurs mois en "sevrage" de ce roman et pourtant replonger derechef dedans dès la première page.
Quel bonheur de retrouver les personnages, de renouer avec eux comme s'ils étaient de vieux amis que l'on retrouve, sans besoin d'adaptation, de savourer à nouveau le style fluide et agréable de Martin, de replonger dans les intrigues et les inquiétudes... Le côté purement fantasy est toujours aussi discret mais prend peu à peu son importance avec la menace des Autres qui grandit, le pouvoir de Bran qui se précise, la présence et le rôle des dragons auprès de Daenrys ...

En deuxième lieu, mon sentiment à la fermeture de ce pavé fut la ... frustration .... frustration parce que je sais que je ne commencerai pas le Tome 4 de suite (parce que j'ai d'autres livres à lire et que si je commence le 4, je me retrouverai encore plus frustrée de ne pas avoir le 5 en main car non terminé par l'auteur, Martin je t'en supplie passe la vitesse supérieure !!!) et que forcément encore une fois Martin a le chic de nous laisser en plein suspense.

Je demeure époustouflée par la capacité de cet auteur qui après plus de 3 000 pages arrive encore à captiver, à surprendre, à susciter l'émotion, la colère, l'ahurissement ... à nous emmener au gré des pages et nous de suivre, captivés, ; au point que pour ma part, certaines fois ,j'ai eu l' envie furieuse de sauter des pages pour revenir au personnage que je venais de quitter.

Je dirais aussi que Martin n'a peur de rien, il ne craint pas de décevoir en créant des pertes auxquelles on ne s'attend absolument pas (on m'avait dit que Martin ne préservait pas ses personnages, je le sais maintenant !), de surprendre en mettant en place des revirements de situations incroyables, de se servir de ses personnages comme des pions pour créer des alliances qui se font et se défont au gré des évènements (les femmes notamment en font les frais, forcément au temps des rois, elles étaient souvent monnaie d'union entre royaumes et n'avaient pas le droit à la parole, encore moins à la décision) ... et toujours je suis dedans, je me laisse porter, des fois je proteste "ah non là il exagère, pourquoi faire cela c'est trop terrible" et puis j'applaudis "mince il l'a fait, oui il l'a fait".
C'est presque épuisant émotionnellement une lecture pareille et pourtant on n'a pas envie que cela se termine.

Quant aux personnages ... j'ai toujours énormément d'affection pour Tyrion, le mal aimé qui tente de faire sa route malgré les embûches de plus en plus nombreuses, pour Jon qui, droit et loyal, suit la route qu'il s'est tracée, pour Arya qui bravement tente de faire face à son destin alors que c'est toujours une toute petite fille bien faible malgré son courage, pour Bran qui malgré son handicap a trouvé une nouvelle manière de s'approprier ses déplacements ...
J'aime aussi beaucoup les loups garous qui accompagnent les Stark car ils font partie intégrante de l'histoire ; j'attends toujours désespérément qu'Arya revoit le sien d'ailleurs !
Certains personnages secondaires deviennent aussi très importants dans cette intégrale, notamment Davos le bras droit du roi Stannis et Samwell Tarly le froussard de la Garde de Nuit qui enfin se révêle.

Je n'en dirai pas plus .. je suis toujours autant séduite par cette série superbement bien écrite, entrainante et attachante ...
Ce livre a un côté magique certain, autant par son contenu en fait que par son pouvoir d'attraction et de séduction.

Ailleurs (attention il peut y avoir des spoilers dans les autres billets ^^)
Yozone , actusf,

samedi 1 janvier 2011

En avant pour une nouvelle année

Alors déjà je souhaite à tous une très bonne année 2011, une année de lecture et de découvertes !
Je ne vais pas rentrer dans la tradition qui consiste à prendre des bonnes résolutions de début d'année, je ne les tiendrai probablement pas donc j'ai pris la décision il y a quelques années de ne plus en prendre les 1er Janvier, c'est beaucoup plus simple !!!
(si à la rigueur il y en aurait une : re tenter enfin de lire le Seigneur des Anneaux :p)

Par contre je profite du premier jour de cette année toute nouvelle pour poser un petit bilan de l'année écoulée ...

L'année 2010 aura été l'année de la création de mon blog Clair Obscur qui compte exactement 6 mois de vie (je me souviens de mes débuts laborieux et de mes danses de sioux chez moi lorsque j'y voyais poster mes tout premiers commentaires, on se rend heureux avec peu de choses hein ?). J'en profite pour remercier tous ceux qui sont venus faire un petit coucou ou poster un commentaire, vous l'aurez compris, cela fait toujours très plaisir ^^

L'année aussi de mon entrée dans le Cercle d'Atuan.

L'année des découvertes avec mes premiers festivals : les Imaginales à Epinal et puis le Festival du Livre Jeunesse à Montreuil.

L'année de mes premiers contacts avec toute une communauté de bloggeurs qui partagent la même passions que moi, contacts qui se sont soldés par une première rencontre à Montreuil et qui se referont je l'espère.

Une année placée sous le signe de la lecture bien évidemment, lecture vécue différemment puisque chroniquée, lue en commun ou partagée ...

Quelques réels coups de coeurs :
- Des fleurs pour Algernon de Daneil Keyes
- La route de Cormac Mac Acrthy
- La Horde du contrevent de Damasio
- Le trône de fer de Martin

Quelques très bonnes découvertes
- A vos souhaits de Colin
- Les annales du disque monde de Pratchett

Et pour achever ce premier billet de l'an 2011, mes derniers cadeaux de Noël reçus aujourd'hui,
- Chroniques d'une prof qui en saigne de Princesse Soso
- Alexandre le Grand et les aigles de Rome de Negrete
- La belle aux ours nains d'Emile Bravo (album jeunesse),
monte à 34 ma PAL (qui sera à 38 lorsque j'aurai reçu les 4 derniers libres commandés), ce qui ne me stresse pas plus que cela, je m'angoissais tant il y a quelques mois de me retrouver sans aucun livre à lire, à présent je suis parée !


Encore une très heureuse année à tous ^^

vendredi 31 décembre 2010

Le lézard lubrique de Melancholy Cove de Christopher Moore

Melancholy Cove est une petite station balnéaire de le côté Ouest américaine ... une de ces petites villes un peu étranges dont les scénaristes aiment à raconter des histoires incroyables, voire un peu effrayantes ... petites villes souvent peuplées de gens insolites, pour le moins déjantés ...

Melancholy Cove ne fait pas exception à la règle ... le récit commence par un mystérieux suicide qui conduira le policier Theophile Crowe à mener l'enquête dans une ville brusquement atteinte de dingomanie (voire même un clapier géant pour gens dont la libido explose littéralement) pour aboutir à un trafic de drogue de grande ampleur mais pour autant l'intrigue policière s'efface assez rapidement au profit des individus à la personnalité pour le moins particulière :

- un policier donc accro à la marijuana
- une ex actrice de films de série B, psychotique
- une psychiatre qui décide de remplacer tous ses antidépresseurs par des placebo
- un pharmacien obsédé par les dauphins
- un joueur de blues qui fuit un monstre marin
- une sorte de dragon qui sort de ses profondeurs abyssales pour dévorer celui qui a tué son petit, se révèle tel un caméléon capable de se fondre dans la nature (ou se transformer en caravane) et possède un mécanisme particulier lui permettant de modifier le métabolisme de ses proies.

Chaque personnage est savoureux dans ce genre, (j'ai un gros faible pour le monstre marin et Molly notamment) le monstre compris qui en forme un à part entière, qui s'il éprouve de simples sensations au début du roman, ressent de véritables sentiments humains à la fin (il vit son premier vrai chagrin d'amour, c'est épique !) ... le tout sur un style déjanté, bien écrit .... avec beaucoup d'humour.
N'oublions pas le saloon nommé "Balle perdue" où les gens atterrissent justement telles des balles perdues, buvant pour retrouver un semblant d'existence, établissement tenu fermement par une femme terminator remodelée de partout. et qui en fin de compte jouera un rôle primordial dans la résolution de l'intrigue.
Et sans omettre de citer LA définition de la névrose et de la psychose que je proposerais bien de mettre à l'ordre des programmes des Fac de psycho, cela consisterait en un bon résumé desces deux pathologies :p
"Vous êtes un névrosé, Théo. C'est-à-dire quelqu'un qui pense que quelque chose cloche en lui alors que son entourage le croit tout à fait normal. A l'inverse, une psychotique pense qu'elle est normal alors que tout le monde pense qu'elle est déconnante."
Un bon livre de divertissement, de qualité où l'on ne s'ennuie pas, avec quelques longueurs néanmoins à certains moments mais qui pour autant ne gâchent pas l'impression générale de plaisir. Bref, à lire.
Ce roman a été lu en lecture commune avec le Cercle d'Atuan, la première lecture pour ma part avec le Cercle mais non la dernière car j'ai beaucoup apprécié découvrir les impressions des autres bloggeurs.

Extraits
L'énorme monstre marin marque une pause dans sa quête de la délicieuse odeur radioactive. Il expédia un message subsonique à une baleine grise qui croisait à quelques milles de lui. Grossièrement traduit, le message disait : "Salut mon chou, ça te dirait pas si toi et moi on se faisait un gueuleton de plancton avant de jouer à la bête à deux dos ?"
La baleine grise [...] répondit par un autre message subsonique qui disait : "Je t'ai reconnu. Marche à l'ombre."


Les gosses s'amusent à renverser les vaches c'est tout. Celles-là, on dirait qu'on les a larguées d'un Boeing en plein vol.

Ailleurs
Tigger Lillly ; Calenwen ; Shaya
Les autres billets du Cercle sont à venir ^^





jeudi 30 décembre 2010

Les poubelles pleurent aussi de Guillaume Suzanne

Ou comment en trois phases des gentils ET, plus exactement des Nods venus de Nodule dont personne ne sait où cela se trouve, venus pacifiquement " Nous ne venons pas pour vous exterminer. Nous sommes là pour vous aider à évoluer dans le bon sens" mais de façon omnipotente "Chaque décision que les Nods prenaient avait valeur d'application immédiate" s'installer sur la Terre, parviennent à mettre tout sens dessus, dessous, avec classe et ironie ... et à dégager tout simplement les humains de leur planète.
Ce qu'au final on ne leur reprochera pas, tant ces humains sont fidèles à eux même : destructeurs, brutaux, vaniteux et fielleux bref des humains en somme.
"En vérité les Nods étaient des individus bien plus évolués que ces pauvres deux-pattes qui ne réussissaient même pas à quitter leur atmosphère sans provoquer de catastrophe."

Avec beaucoup d'humour, Guillaume Suzanne met donc en place des envahisseurs qui se font devancer par des poubelles afin d'aider les humains à garder propre leur planète, lesdites poubelles ou CoCop sont capables de penser ("Un deux-pattes, c'est bête à bouffer de la viande"), un président élu uniquement pour faire de la figuration pendant que son premier ministre tire toutes les ficelles, un terroriste bien décidé à faire sauter les Nods ....

Et surtout un plan machiavélique de la part des ces si gentils ET pour arriver à leurs fins, c'est savoureux, original et drôle .. le tout dans un tout petit livre, seulement 73 pages qui se parcourt très facilement.
J'ai aimé particulièrement le président qui vient parler aux Nods afin que ces derniers lui livrent les sujets de l'examen de son fils, ou le Grille synapses mal réglé qui cause malencontreusement des explosions de cerveaux, (mais les techniciens ont été incarcérés pour crime contre l'Humanité !) ou encore la façon qu'ont les Nods de retourner toute situation à leur avantage, faisant vraiment passer les humains que nous sommes pour des benêts de première !

Ce livre est suivi de Les poubelles pleurent toujours, cela tombe bien je l'ai chez moi ^^

Extraits

"Ils étaient trois et (coïncidence) ce détail survient au moment propice pour introduire le fait que beaucoup de choses allaient pas trois chez les Nods. Par exemple les canettes de bière, les freins sur les soucoupes, les éternuements intempestifs, les yeux, les bras et les jambes."

"Quand il fut sorti de la salle, heureux pour son fils et frustré pour lui-même, les Nods se mirent à rire, ou en tout cas à s'adonner à une sombre activité de nature extraterrestre qui s'apparentait à une franche rigolade, barbotant dans la noirceur du liquide franchement insipide qui les entourait."


"Les Nods destituaient l'Humanité de ce que Dieu lui-même lui avait laissé : le libre arbitre.
Arnold le résumait en ces mots dignes et sobres : "On a perdu jusqu'à la liberté de s'intoxiquer en paix""

Ailleurs
Dragon Galactique , SCIFI Universe , La mer à lire , actuSF

mardi 28 décembre 2010

Surprises au club ! de Sylvie Overnoy

"Surprises au club !" est la suite directe de "Bienvenue au Club", à savoir que le livre commence exactement où s'achève le premier. On y retrouve Crac, ce cheval ancien sauteur, reconverti avec bonheur en cheval de club, bien sympathique, curieux de tout, qui nous livre à la première personne ses impressions et sa vie au club.
Le deuxième tome est moins ciblé sur lui mais plus sur les arrivées au club (tant humaines qu'équines), les tracas divers dans ce genre de structure, la vie du club ..

Cadeau de Noël, aussitôt reçu, aussitôt lu.. il faut dire que c'est l'ouvrage idéal pour lire bien calée dans un confortable canapé un lendemain de réveillon ... il ne mobilise pas une intense concentration et reste un agréable divertissement.
Mais sans plus car n'en déplaise au titre, il n'a plus l'effet de surprise du premier tome, on reste exactement sur le même registre, même façon d'écrire, même humour (qui prend moins du coup), mêmes personnages ... à force cela aurait tendance à lasser quelque peu.

Petit moment d'émotion tout de même à la mort de la mascotte du Club, qui évoque fatalement en soi les pertes qu'on a pu vivre avec nos animaux de compagnie auxquels on s'attache parfois énormément ...

Extrait
Je crie :
Quel cheval ? Je suis Crac !

Kip répond, tout doux :
Je vois son oeil qui brille dans le ciel .. C'est un Cheval immense et noir ... Tait-toi ! Il me parle ... Je ne comprends pas ce qu'il dit ...
Et alors Kip tombe à genoux.


lundi 27 décembre 2010

Un Noël blanc

Si Noël avait été semblable à tous ceux des dernières années, il n'aura pas mérité la moindre ligne sur ce blog, néanmoins en cette année 2010 il a eu ce petit plus d'être .... un Noël blanc ....
Un vrai de vrai avec la neige qui tombe toute la soirée et tout le lendemain, recouvrant absolument tout .... une vraie féérie ....
Car là pour le coup, on en oublie tous les tracas liés à ce temps (routes glissantes, portières gelées, déblayage en masse des trottoirs .... forcément je n'étais plus chez moi :p)

Petit reportage photo ....

Soir du 24, il neige ....



Ambiance chaude à l'intérieur ....




Le 25 .... tout est blanc ....

Le 26, retour du soleil, c'est vraiment magnifique du coup ...







Et les premiers cadeaux (tiens comme c'est original ... des livres :)) avec, pour faire un peu plus Noël l'unique décoration qui trône chez moi ... reçue aussi à Noël !

jeudi 23 décembre 2010

Festival du Livre Jeunesse Montreuil 2010

Bon je n'ai que trop traîné à faire ce CR ... il est temps de m'y mettre avant de partir vers d'autres lieux durant quelques jours !

Le Festival Jeunesse de Montreuil a donc lieu tous les ans courant décembre et rassemble la plus belle collection de livres jeunesse qu'il est donné de voir, c'est assez incroyable ! Le Salon se tient sur deux niveaux, le premier un peu plus consacré aux albums jeunesse et aux livres pour les plus jeunes, et une bonne partie du second niveau réservé à la littérature plutôt adolescente.
On est sûr en tout cas de trouver des idées de cadeaux avec un tel choix ! (pour soi ou pour les autres, petits et grands).

Les livres étaient répartis non par auteurs mais par maisons d'éditions, les plus grosses évidemment comme Nathan, Albin Michel, Bragelonne (un peu déçue de leur stand d'ailleurs qui rassemblait très peu de livres et même pas "A vos souhaits" de Colin alors que ce dernier était présent, certes pas chez la même maison d'édition mais tout de même !), Atalante et d'autres moins connues telles que les éditions l'édune ... ou Actes Sud Junior ...


Pour ma part, j'abordais ce Festival sous deux casquettes :

- celle professionnelle, toujours à la recherche d'idées de lecture, de recueils et d'auteurs à découvrir. C'était aussi l'occasion de revoir des auteurs qui sont déjà intervenus dans mon école, notamment Thomas Scotto qui dédicaçait son dernier livre (illustré par Thierry Murat) Pensées en suspension ou d'en voir de nouveaux tels que Franck Prévot et Carole Chaix, auteurs d'un très joli album intitulé Paradiso.






- celle personnelle, non particulièrement dans l'optique d'acheter (quoique j'avoue m'être fait joliment avoir une fois de plus ^^), mais pour découvrir des auteurs encore inconnus, faire faire quelques dédicaces ...

En même temps ce Festival était l'occasion de rencontres avec les bloggeurs du Cercle, j'étais pour ma part venue avec mes potes de boulot et je devais rejoindre Tigger Lilly puis j'ai pu faire la connaissance de Vert, Spocky, shaya, Martlet et elysio.
Certes jongler avec tout le monde, ainsi que mes deux casquettes plus mes différents pseudos (eh oui j'ai même mon pseudo d'école qui est parti d'une énorme boutade mais qui est resté :p), n'a pas été affaire facile mais pour autant j'ai passé une très bonne journée.

Je suis revenue avec pas moins de 3 livres pour l'école et 4 livres pour moi, avec 4 dédicaces dont une de Fabrice Colin.
(merci à twi pour avoir pris cette photo ^^)
Pour l'anecdote, lorsque j'ai épelé mon pseudo pour la dédicace, Colin a immédiatement remis l'article publié par le blog Bragelonne pour notre lecture commune de son livre "A vos souhaits" et a demandé quand nous allions publier nos chroniques. J'ai trouvé ça plutôt sympa qu'il se rappelle aussi bien de ce fait, cela rapproche les auteurs du simple commun des mortels que nous sommes et les fait paraître moins inabordables (d'ailleurs dans le domaine de la SFF, je constate que les auteurs sont plutôt simples et modestes, tout à fait abordables en vérité même pour les indécrottables timides comme moi).

Seul regret, avoir zappé l'achat d' Aqua (et la dédicace de Jean Marc Ligny par la même occasion) dont j'ai entendu le plus grand bien depuis !

mercredi 22 décembre 2010

Quand Nancy se pare de lumières ....

Il fut un temps .. peut être pas si lointain (mais quand même un peu) où Noël avait encore des résonances en moi de fête simple, de réjouissances ... un peu comme ces dessins animés très colorés où la neige tombait à gros flocons sur les maisons décorées et ornées d'un immense sapin, au pied duquel brillaient les cadeaux et le sourire des gosses ...

L'esprit de Noël quoi .... les cadeaux cachés dans les pièces
des maisons grand parentales (avec la trouille d'être découvert pris la main dans le sac !!), le réveil au milieu de la nuit alors que l'on vient juste de s'endormir, qu'on est dans le coton complet mais qu'on se dépêche de chasser le sommeil de ses yeux pour vite vite entrer dans la magie (même si l'on sait pertinemment que ce sont les parents qui descendent les paquets au pied du sapin, on les a suffisamment espionnés pour cela :p), le bruit du papier que l'on déchire, les constructions hâtives des premiers jouets déballés, les pâtes d'amande et les chocolats mangés alors qu'on s'est lavé les dents ...
Souvenirs un peu nostalgique quand même d'un temps qui semble révolu quand on voit la débauche de cette fête devenue totalement commerciale ... avec sa bouffe à profusion (quand certains meurent de faim, oui je sais cela fait cliché mais c'est pourtant une réalité ...), son espoir de merveilleuses réjouissances familiales (alors que certains sont seuls chez eux ...), bref .. j'avoue je n'aime plus Noël .. enfin disons que cela n'évoque plus grand chose pour moi, voire même une sensation de ne pas y être, d'être un peu en retrait lorsque cet évènement revient ...


Par contre j'aime les illuminations .. parce qu'elles apportent un peu de chaleur et de lumière dans une région, qui est la mienne, trop souvent humide, grise et brumeuse à cette saison ...









Du coup hier en me promenant dans ma ville natale, je n'ai pu résister à mitrailler un peu dans tous les sens ... et toutes ces guirlandes, ce sapin au milieu de la plus belle place d'Europe (oui un peu de chauvinisme nancéen de temps en temps, cela ne fait pas de mal, lol) ... eh bien cela ferait presque ... esprit de Noël ...

jeudi 16 décembre 2010

Challenge 2011

Allez c'est parti, ce soir est la grande décision d'inscription à mes tout premiers challenges littéraires. Une grande première !!!

Le premier chez Tigger Lilly, sur les thèmes de la survie apocalytique, la fin du monde, l'apocalypse .... Je ne suis pas sure de résister à un Hiver Nucléaire (dans la réalité je suis même sûre que non vu mon état lors d'un manque chronique de soleil, ce qui est souvent le cas dans ma région :() alors je tente une Guerre Bactériologique qui consiste à lire 3 Livres/ BD sur l'an prochain.
Ce thème ne m'est pas tout à fait inconnu puisque j'ai déjà lu, il y a fort longtemps, La Nuit des Temps et Une rose au Paradis de Barjavel ainsi que Le Fléau de Stephen King (seront donc en re lecture afin de pouvoir les chroniquer) plus Ravages, toujours de Barjavel et La Route de Mac Carthy.




Pour ce Challenge je serais assez tentée par :
Je suis une légende de Richard Matheson
Rhinocérox de Brussolo
Et peut être un livre ou deux jeunesse ...

Le deuxième Challenge sur le thème de l'uchronie chez Lhisbei.
Qu'est ce donc que ce mot barbare d'uchronie ? selon Wikipédia, c'est un néologisme fondé sur le thème de l'utopie, avec un "U" négatif et "chronos" temps (soit un "non temps"). Soit un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l'Histoire à partir de la modification d'un fait passé.
J'avais déjà en commande le livre Alexandre le Grand et les Aigles de Rome de Javier Negrete.
Je pense que je lirai aussi
Le maitre du Haut Château de Dick et si j'ai le courage (car c'est un gros gros livre) Chronique des années noires de Kim Stanley Robinson.

mercredi 15 décembre 2010

Une seconde avant Noël de Romain SARDOU

Dans une Angleterre pauvre et misérable des années 1850, Sardou nous pose un décor à la Dickens .. sauf que ce n’est pas Dickens .. Certes les ingrédients sont là, l’enfant malheureux et innocent sur qui le sort s’acharne (accusé de vol, de complicité d’assassinat …), l’orphelinat dirigé par une mégère, l’exploitation ignoble des enfants, leurs morts qui n’émeuvent personne … mais on ne se laisse pas prendre … probablement parce que sans cesse l’auteur nous invite à nous interroger, nous prend par la main pour nous montrer telle ou telle chose ..

Intention louable probablement pour nous faire entrer dans l’histoire, pour nous la faire partager sauf que pour moi cela a l’effet totalement inverse : une mise à distance immédiate …
Selon moi le principe même de la lecture est l’imaginaire, le rêve, les non dits …. Si on nous guide, comment se faire ses propres images, ses propres ressentis ?
Un petit exemple
« […] ne trouvant aucune nouveauté assez sévère pour le garçon, elle résolut de lui faire appliquer toute sa panoplie en même temps (il s’agit de sévices corporels et de privations). Je vous laisse deviner la nuit que passa le pauvre Harold »

Cette dernière phrase destinée à émouvoir sur ce qui attend justement cet enfant a eu l’effet totalement contraire sur moi, je m’en suis dégagée immédiatement, le fait qu’on me force la main pour ressentir de la compassion m’empêche justement d’en avoir.

Et ce n’est pas le pire, l’auteur nous invite carrément à survoler la scène, sans métaphore, nous sommes en l’air, « Le lecteur, étant assez haut pour ne rien perdre du la scène, pourrait alors se poser la question soufflée depuis quelques lignes par l’auteur : mais que se passait-il ? »
Euh … sincèrement je me suis posé la question de savoir si Sardou prenait ses lecteurs pour des imbéciles …

Et sous peu qu’on parvienne à oublier qu’on est sans les airs à observer la scène, pour justement prendre l’initiative d’entrer dans l’histoire, il s’empresse de nous rappeler à notre tâche de simple observateur quelques pages plus loin : « Non, je n’ai pas oublié mon lecteur témérairement lâché à cinquante pieds au –dessus du sol de Cokecuttle, et qui –hormis grave insoumission de sa part- n’a pas encore posé reposé le talon sur terre depuis le début de ce récit . »
Si justement moi je suis une insoumise, car depuis le temps, j’avais bel et bien oublié que j’étais sensée rester en l’air à contempler tout cela ….
Drôle de procédé … sans parler des ses incessants bonds en avant dans l'histoire pour revenir ensuite en arrière pour une explication, donnée à grand renfort de "cher lecteur je vais enfin vous dire ce qui se passe, reprenons notre histoire !" .... OMG !!!!!

Ce qui est fort dommage car l’histoire à la base aurait pu être intéressante, dans un monde déserté par les fées, les lutins, les anges …. à cause des hommes qui ont tenté de s’approprier le Pouvoir de tous ces êtres fantastiques, un génie doit recréer la magie de Noël à travers un petit garçon.
Mon âme d’enfant aurait pu se réjouir de ce conte de Noël s’il n’avait pas été sans cesse pollué par les interventions de l’auteur, ses réflexions, ses explications inutiles, ses commentaires ….

Extraits
J’ai eu le plus grand mal à ressortir un extrait qui aurait pu traduire un certain esprit de conte de Noël :
« Le paysage était sans équivalent : la lune réfléchissait son éclat argenté sur une mer de nages blancs, loin au-dessous du traineau. Harold assistait à un ballet étourdissant d’étoiles filantes, figées en pleine descente. Temps suspendu, le ciel était splendide. »

Les citations ayant retenu mon attention sont malheureusement celles qui m’ont exaspérée le plus
"Bon. Là, cher lecteur, tu te demandes si l'auteur n'aurait pas eu jusqu'à présent deux ouvrages en préparation ; d'abord un conte à la sauce dickensienne, puis un autre roman fantastique et affranchi de tout réalisme ; et si, par l'esprit fatigué du même romancier, ces deux histoires ne se télescoperaient pas sous tes yeux, s'emmêlant d'une façon révoltante. Eh bien non !"

« Cher lecteur, si je t’invitais à reprendre ta position suspendue au-dessus du sol comme au début de notre aventure (nous en avons fait du chemin depuis les toits de Cokecuttle, n’est-ce pas ?), eh bien, une nouvelle fois, tu n’en croirais pas tes yeux ! »

Puis me permettre de dire : "cher auteur, si tu avais pu me laisser découvrir ton roman en toute liberté, sans contraintes, sans aide (je sais lire merci, même entre les lignes !), avec mon imaginaire, j’aurais probablement passé un bien meilleur moment ?"