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lundi 20 juin 2016

Entre Clair et Obscur (3)

Quelles lectures depuis le 1er Mai ?



Deux gros pavés, trois livres un peu moins gros dont un de littérature générale.


- La voie des Rois, les archives de Roshar de Brandon SANDERSON Tomes 1 et 2

Brandon SANDERSON c'est un auteur que je considère comme sûr, peu de risque d'être déçue ... 
Les archives de Roshar ne déroge pas à la règle, je me suis enfilé les quelques 749 et 655 pages plutôt rapidement. Ce que j'aime avant tout chez cet auteur, c'est que bien qu'il parle toujours de magies étranges et atypiques, il se renouvelle toujours .... Dans Fils de Brume, il évoquait les éléments liés à des pouvoirs, dans Warbreaker il mettait en scène les Souffles donnant des sens surhumains et là il invente une magie portant sur les sphères ... ainsi que des armes de guerre comme les cuirasses et les lames d'éclat qui donnent des pouvoirs presque surnaturels à ceux qui parviennent à les gagner ; ils deviennent alors des Porte Eclats.

En dehors de cette magie particulière, on suit particulièrement trois personnages très attachants qui ont chacun une personnalité très fouillée, j'avoue avoir une nette préférence pour Kaladin, l'ancien militaire devenu esclave mais qui va se battre pour survivre .... 
 
Tout le roman prend forme autour d'une guerre insensée, où interviennent vengeance, prise de pierres sur des monstres chrysalides et batailles sur des plateaux qu'il faut relier par les ponts portés à dos d'hommes ... le tout dans un univers aride, balayé par des tempêtes majeures et peuplé d'animaux étranges, sorte de crustacés fauves géants.

Bref, un récit vraiment passionnant, qui malgré quelques longueurs, nous entraine dans un monde de fantasy vraiment original, j'ai adoré. 
Par contre il parait qu'il y en aura 10 tomes en tout, je ne suis pas prête de finir cette série et de  trépigner en guettant les sorties des prochains tomes !



 - Le roi des fauves de Aurélie WELLENSTEIN

Je ne connaissais pas du tout cette auteure et d'un coup aux Imaginales, j'ai acheté deux livres, celui-ci et Chevaux de Foudre (qui tourne actuellement dans ma classe). 

Dans le Roi des Fauves, trois jeunes hommes, accusés injustement de meurtre, sont condamnés à un sort pire que la mort, il leur reste sept jours d'humanité avant de sombrer dans la bestialité.
L'univers créé par Aurélie WELLENSTEIN est très brutal, violent et brute et l'on ne s'ennuie vraiment pas, le récit est très entrainant avec des moments de tension et d'inquiétude bien frissonnant.

Elle aborde intelligemment le thème de la transformation de l'humain en animal en jouant sur la bestialité de créatures, les Bersekirs, qui au fond sont plus des victimes que des bourreaux.
Qui de l'animal et de l'humain va l'emporter ?

Si l'on ajoute à tout cela que la plume de l'auteur est vraiment fluide et agréable à lire (une belle mention pour Chevaux de foudre un roman pour adolescents vraiment prenant), je pense que je lirai d'autres romans de sa part, d'ailleurs son dernier en date me fait fortement de l'oeil.
Une belle découverte.

- Les chaussures italiennes de Henning MANKELL

C'est mon père qui m'a offert ce roman pour mon anniversaire. 
Fredrik Welin vit reclus sur une île de la Baltique avec pour compagnons un chat et une chienne. A 66 ans, il n'a pour seule activité qu'une baignade dans un trou d'eau glacial. Jusqu'au jour où Harriet, son amour d'enfance resurgit ... La vie de Fredrik vient de recommencer. 
C'est un roman qui même s'il met en scène un personnage relativement âgé, peut toucher n'importe quel lecteur de par la justesse de ses réflexions psychologiques et philosophiques. Fredrik est un homme égoiste et égocentrique, qui pourtant va se tourner peu à peu vers les autres (tout en se livrant à une belle introspection qui va le remettre peu à peu en cause) et en cela il est touchant (car dans le fond c'est tout de même un mec pas très sympathique), son évolution est plus qu'enrichissante.
Cela fait du bien de lire de temps en temps de la littérature générale aussi riche en humanité.
Je ne sais pas si je lirai d'autres romans de cet auteur mais celui-ci est vraiment chouette.

- Les dames blanches de Pierre BORDAGE

"Une étrange bulle blanche d'une cinquantaine de mètres de diamètres est découverte un jour dans une bourgade de l'ouest de la France. Elle attire et capture Léo, trois ans, le fils d'Elodie." 

Voici l'étrange début d'un roman de Science fiction se passant sur Terre, sur plusieurs années.  D'autres Dames Blanches apparaissant un peu partout dans le monde et étant à l'origine de la disparition de centaines d'enfants, les humains vont alors se livrer à une bataille sans merci et complètement immonde. 
Car si ces Dames Blanches créent des turbulences électromagnétiques, plongeant la Terre des années en arrière, sans réseaux sociaux, ni téléphone, ni même électricité .... une sorte de post-apo progressif, elles ne se montrent ni hostiles, ni agressives, or la réaction des humains, elle, l'est, multipliée par 100, n'hésitant pas à sacrifier des millions d'enfants.

Ce roman a quelque chose d'à la fois hallucinant et de terriblement cruel. La façon dont la lutte contre ces envahisseuse extraterrestres prend des proportions dantesques met presque mal à l'aise et on constate une fois de plus que lorsque tout va mal, les gens se tournent vers les partis extrêmes et ceux qui proposent les solutions les plus radicales. C'est à la fois prenant et terrible.
 

vendredi 15 mars 2013

Warbreaker de Brandon Sanderson

Idris et Hallanden sont deux cités ennemies et antagonistes par bien des points : leurs religions, leurs cultures sont fondamentalement différentes. La première croit en un dieu invisible alors que la seconde adule des Dieux bien vivants, ce sont les rappelés, des morts rappelés à la vie par le Souffle.
Vivenna, la soeur aînée du roi d'Idris doit ainsi épouser Susebron le Dieu-Roi d'Hallanden et lui donner un héritier, la guerre pourrait peut-être comme cela évitée. C'est pourtant Siri que l'on envoie se marier, la cadette, celle qui n'a pas de rôle dans la famille.
Et voici la jeune fille dans un monde qui lui est totalement étranger, un univers où les Dieux semblent avoir tout pouvoir et pourtant .... elle fera la connaissance de Chanteflamme un Rappelé qui n'aime pas son métier de Dieu et fait tout pour le contrarier. Tandis que Vivenna, partie au secours de sa soeur, va vivre une aventure qui la conduire loin de sa condition de princesse et à la rencontre de Vasher un homme accompagné d'une étrange épée noire Saignenuit.

Brandon Sanderson ..... après ma lecture plus qu'enthousiasme de Fils de Brumes, autant dire que j'en attendais beaucoup. Dans un sens je n'ai pas été déçue. Sanderson signe là un roman original porté sur la Magie du Souffle, qui met en jeu complots, intrigues politiques et surtout trahisons .... 
Cependant j'ai eu quelques réserves en le lisant .... alors peut-être que je n'étais pas dans une période optimum pour y entrer complètement parce qu'au final je l'ai lu de façon très morcelée et cela ne lui a pas profité. J'ai oscillé entre un grand  intérêt lorsque je parvenais à lire quelques chapitres de suite et un certain ennui à certains passages. Il faut dire que le roman a un rythme assez lent au démarrage, qui n'aurait pas été gênant s'il était prévu d'en écrire plusieurs tomes mais qui du coup n'est pas assez actif pour un tome unique, alors qu'en contrepartie la fin est complètement haletante et du coup j'en suis sortie en me disant, waohh j'adore !
J'aurais tendance à penser que si Warbreaker avait bénéficié d'un récit plus étalé au moins sur deux tomes, il y aurait gagné en qualité, ce n'est pas si facile d'écrire un roman complet en un seul livre. Il y a un décalage entre les moments du début qui semblent ne plus en finir ( l'arrivée à la cour de Siri, les premières rencontres de Vivenna, les interrogations interminables de Chanteflamme sur sa condition, c'était presque pénible) et le dénouement qui m'a tellement happée que j'ai profité d'une insomnie pour continuer à le dévorer (à se demander si je ne me suis pas réveillée exprès car au lieu de tenter de me rendormir j'ai vite allumé pour lire).

Après ne soyons pas mesquine, c'est la seule critique que j'apporte à ce roman, qui a souffert aussi de passer après Fils de Brumes, je suis certaine que si je l'avais découvert avant, j'aurais accroché plus facilement.
Bon il n'en reste pas moins que Brandon Sanderson, j'aime beaucoup.
D'abord il parvient à crééer une autre magie aussi originale que celle de sa trilogie, qui porte sur la détention de Souffles : selon le nombre détenu, l'individu accède à certains pouvoirs, qui portent sur les sens.
La Première Elévation par exemple (détention de 50 Souffles) permet la reconnaissance des auras, tandis que la Seconde entraine l'oreille absolue ... et ce jusqu'à la Dixième Elévation (50 000 Souffle) donne l'accès à la distorsion des couleurs, l'invocation parfaite (donner vie aux objets par exemple).
Seuls les Dieux rois peuvent posséder la dernière Elévation.
Cette magie conduit aussi à la dépossession du Souffle, on devient alors un Morne, quelqu'un dépourvu de Couleurs. Quant aux Sans Vie ce sont de sortes de morts vivants, animés par des Souffles mais dépourvue de sentiments. Ce sont les Commandement qui les peuvent les mettre en marche. Ils m'ont fait penser aux Autres du Trône de Fer ou aux Forgisés de la Citadelle des Ombres, à la différence que ces derniers sont en libre arbitre alors que les Sans Vie constituent une sorte d'armée qui l'on anime à volonté. Mais leur manque de sentiments et de compassion les réunit tous.
Une magie qui porte sur les Couleurs et le Souffle, voilà qui est pour le moins original, c'est cela que j'aime chez cet auteur, il créé des magies très particulières.

Ensuite ce que j'ai apprécié dans ce roman, c'est tout ce jeu sur les apparences, lesquelles sont trompeuses. Ainsi ce n'est pas la fille qui avait été élevée pour être mariée au Dieu Roi qui le sera, qui plus est non seulement c'est la plus follette des deux qui épouse le Dieu mais en plus son tempérament finit par être totalement en symbiose avec son nouvel univers. Tout comme la transformation de Vivenna, jeune princesse gâtée et bourrée de principes qui va se transformer de manière radicale, un bon point pour elle car elle ne m'était vraiment pas sympathique au commencement de l'histoire.
Le Dieu Roi ensuite, présenté comme une sorte de monstre sacré .. mais qui en réalité est beaucoup plus humain que les Prêtes qui gouvernent sa vie. Et l'évolution de la rencontre entre Susebron et Siri est intéressante (heureusement car là encore ce n'était pas gagné.)
Les personnes en qui se fier pour terminer ne sont pas celles que l'on croit et Vivenna en fera la cruelle expérience (moi y comprise car je ne m'attendais pas du tout à certaines trahisons, j'en ai même été déçue car je m'étais attachée à ces personnages mais c'est Sanderson ça, il se joue de nous et on plonge ! ). Tout se joue sur ce qui aurait du être mais ne l'est pas en vérité et c'est vraiment l'autre aspect intéressant de ce Warbreaker.

Et enfin l'histoire en elle-même est plutôt sympathique, certes basée sur un fait classique : l'opposition entre deux peuples, l'imminence d'une guerre mais accompagnée de faits moins banals comme la cour de ces Dieux, les habitants colorés de la cité d'Hallandren et bien entendu la fameuse Magie des Souffles.

En conclusion, si Warbreaker a donc souffert d'inégalités dans l'intérêt de son récit, d'une fin trop abrupte en comparaison avec certaines lenteurs, c'est tout de même un sacré bon bouquin et Brandon Sanderson est un sacré bon auteur !

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dimanche 1 juillet 2012

Fils des Brumes *** Le Héros des Siècles de Brandon Sanderson

En refusant de prendre le pouvoir du Puits de l'Ascension, Vin a délivré, malgré elle, une puissance plus grande encore que celle de feu le Seigneur Maître : celle de l'Insondable qui va tenter de ravager totalement le monde. C'est ainsi que la jeune fille et Elend, devenu lui aussi Fils de Brumes, vont tenter de l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard. Mais il leur faut pour cela découvrir les derniers secrets du Seigneur Maître et l'identité du Héros des Siècles, tout en continuant à protéger l'Empire des brumes qui tuent de plus en plus et les cendres menacent d'ensevelir tout le royaume.

C'est dans un véritable monde apocalyptique que débute ce final de la trilogie de Sanderson, un an après  Le Puits de L'ascension : tremblements de terre incessants, pluies continues de cendres qui recouvrent les cultures et entraînent la famine, éruptions volcaniques : une Fin du Monde qui s'annonce de plus en plus proche. Encore une fois Sanderson parvient à nous entraîner dans un récit qui surprend, dans lequel on ne s'attend absolument pas au dénouement qu'il met peu à peu en place.
En même temps, les intrigues se révèlent, de caches en caches, comme un jeu de piste, Elend et Vin découvrent peu à peu les derniers secrets de l'Empire Ultime, mais aussi les secrets des peuples qu'ils côtoient comme les Kandras, les Koloss, les Inquisiteurs et les Terrisiens, sans oublier les découverte des ultimes métaux des Fils de Brumes. Il y a d'ailleurs de sacrés révélations qui m'ont laissée pantoise, ne serais-ce qu'en ce qui concerne Vin et le rôle qu'elle aura joué dans toute cette aventure.

Elend est désormais Fils de Brumes comme Vin et peut combattre à ses côtés. Pour autant Sanderson n'en a pas fait le double de son héroïne : plus puissant que Vin mais moins adroit, leurs façons de combattre sont très différentes : plus pesante, plus hésitante, pour le premier et plus légère et aérienne pour la seconde, l'écriture fait parfaitement ressentir ces dissemblances. 
Elend était un personnage que j'appréciais très modérément dans le premier Tome L'Empire Ultime parce que son côté idéaliste m'exaspérait, et voilà qu'il se révèle dans ce final : toujours idéaliste certes mais réaliste, il se rend peu à peu compte que régner implique des choix qui ne sont pas toujours ceux qu'on aurait voulu, qu'il est facile de tomber dans le piège de la tyrannie et que certaines fois on est presque obligé d'en être un pour en sauver un peu plus. De la même manière, ses relations avec Vin sont plus équilibrées, plus sereines et même si les personnages continuent à se poser beaucoup de questions sur eux, leurs décisions, leurs vies, cela ne concerne plus tellement leur lien et du coup leur évolution continue à se faire.

Le fait que les personnages se remettent si souvent en question, ou réfléchissent sans cesse sur eux-même, renforce leur côté réel et humain. Il est bon de montrer qu'un héros finalement doute et n'est pas toujours sûr de lui, cela nous le fait paraître plus proche. Et surtout on a la sensation qu'ils vivent réellement, car dans la vie on se pose forcément des questions sur ces choix et ses décisions.
En même temps je trouve très intéressant le fait que c'est Vin qui veille sur Elend et non le contraire, car bien que Fils de Brume, ce dernier continue à compter sur elle tant sa confiance en ses pouvoirs est absolue.
Vin, elle-même, est enfin aboutie, ce n'est plus l'enfant qui doutait d'elle dans le premier opus, c'est une femme qui s'est affirmée, qui sait où elle va, ce qu'elle vaut et ce qu'elle doit faire pour atteindre ses buts, en ça elle se pose beaucoup moins de questions qu'Elend, agissant beaucoup plus par instinct.

Les personnages secondaires prennent toute leur importance aussi, notamment Sazed et sa vision de la religion : alors qu'il cherchait à convaincre ses compagnons du choix de la religion qui pourrait leur correspondre, il s'est mis à la recherche des réponses que pouvaient lui apporter ces croyances, s'il en existe ....  Et en fin de compte ses interrogations peuvent renvoyer à celles que l'on peut se poser en tant qu'athée :
"Comment les hommes pouvaient-ils croire en quelque chose qui prêchait l'amour d'un côté, mais enseignait de l'autre la destruction des non-croyants ? Comment pouvait-on justifier une croyance sans preuve ? Comment pouvaient-ils sincèrement s'attendre à ce qu'il croie à quelque chose qui parlait de miracles et de merveilles dans un lointain passé, mais qui prenait grand soin de fournir des prétextes justifiant que ces choses-là n'aient plus lieu dans le présent ?"
Ce combat alors devient le sien  et prend toute son ampleur dans le dénouement. Ce personnage reste mon préféré de toute la trilogie, c'est celui que je trouve le plus mûr et dont l'évolution est la plus aboutie.
On retrouve  TeenSoon, qui combat désormais aux côtés de Vin, au péril de sa vie (et la mort d'un Kandra n'a rien de réjouissant), mais aussi un personnage resté en retrait jusque là et qui prend tout son importance dans Le Héros des Siècles : le jeune Spectre, si timide jusque là, qui se révèle enfin. La troupe réunie par Kelsier il y a quelques années, bien que réduite, est toujours présente, plus combative que jamais.

Je ne parlerai bien évidement pas de la fin qui m'a complètement estomaquée, en tout cas aucun moyen durant le cours du récit de la prévoir, c'est cela que j'apprécie tant dans cette trilogie c'est que rien n'est anticipable. Puis le récit est soutenu, les combats toujours aussi haletants, on frémit, on se réjouit, bref c'est du grand de grand. C'est une fantasy tout à fait originale et nouvelle qui m'aura enchantée du début à la fin.

Quoi de mieux pour conclure que de citer David Farland et Robin Hobb qui ont écrit, le premier "Un conteur de génie doté d'une inspiration puissante et unique" et la seconde "Vivement recommandé pour tous les amoureux de grandes aventures."

Cette trilogie fait assurément partie de mes coups de coeur de l'année.

Extrait
Elend jeta une pièce dans les airs. Un unique fragment de cuivre étincelant se mit à tournoyer à travers les flocons de cendre. L'Inquisiteur le vit et sourit de nouveau, anticipant de toute évidence la Poussée d'Elend. Il supposa que son poids allait se reporter à travers la pièce, puis se heurter à celui d'Elend, puisque celui-ci exercerait également une Poussée. Deux allomanciens de poids quasiment similaire, agissant l'un contre l'autre. Ils allaient se retrouver projetés en arrière - l'Inquisiteur pour attaquer Vin, Elend repoussé contre un tas de koloss.
Sauf que l'Inquisiteur n'avait pas anticipé la force allomantique d'Elend. Comment l'aurait-il pu ? Elend trébucha bien, mais l'Inquisiteur se retrouva écarté d'une soudaine et violente Poussée.
Comme il est puissant ! songea Vin, qui regarda tomber l'Inquisiteur surpris.

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dimanche 27 mai 2012

Fils des Brumes ** : Le puits de l'Ascension de Brandon Sanderson

Vin, la jeune Fille des Brumes, durement entraînée par son mentor et ami Kelsier, a réussi à vaincre le Seigneur Maître, délivrant ainsi l'Empire Ultime du joug de ce tyran. Pourtant les choses ne se révèlent pas si simples par la suite. Une guerre de pouvoir commence pour s'emparer de Luthadel où règne pour l'instant Elend Venture le jeune noble qu'elle a connu il y a quelques mois, un noble, qui contrairement aux autres, se sent concerné par le sort des Skaa, ces esclaves du temps du règne du Seigneur Maître.
Les dangers sont nombreux : des armées campent à l'orée de la ville tandis qu'une ombre mystérieuse rôde autour de Vin, qu'un Fils de Brume tente de la séduire et que les Brumes semblent tuer .... Et si quelque chose de plus terrible encore que le Seigneur Maître se réveillait ?

Le Puits de l'Ascension, Tome 2 de la trilogie de Sanderson, suit de près L'Empire Ultime et  nous plonge dans une atmosphère toujours aussi lourde, un peu moins angoissante que lorsque le Seigneur Maître régnait, mais qui nous laisse toujours dans l'incertitude. Avec Sanderson rien n'est acquis, certes Vin semble avoir vaincu et Elend règne mais rien n'est facile et rien n'est sûr .... Et d'ailleurs les surprises continuent de pleuvoir, il n'y a aucune anticipation possible sur les évènements, c'est ce qui fait un gros point fort de ce récit.

En outre la mort du tyran est une remise en cause totale d'un système qui s'il était injuste fonctionnait quand même. Les Skaa en sont le témoignage et posent la question de la liberté. Qu'est-ce qu'être libre lorsqu'on a peur et que l'on meurt de faim ? Qu'est-il préférable ? Rester soumis à un régime qui au final n'induit aucune réflexion et aucune révolte ou avoir la liberté de penser mais par là même devoir faire des choix ?
 
" Il semblerait que les rebelles aient trouvé le chaos de la transition plus difficile à accepter que la tyrannie qu'ils connaissaient précédemment. Ils acceptaient le coeur léger le retour de l'autorité - même oppressante - car elle leur était moins pénible que l'incertitude."

Parce qu'aussi pour certains ce tyran les protégeait en les dirigeant et qu'à présent un danger plus grand que lui les terrifie, construire une nouvelle société basée sur la liberté n'est pas facile et Elend Venture en fait les frais tout en apprenant à être un bon roi, sous la gouverne d'une Terrisienne Tindwyl, une amie de Sazed.

Ce qui fait un autre point fort de ces romans, c'est le côté profondément humain des protagonistes. Certes Vin est une Fille des Brumes particulièrement douée, porteuse d'espoirs insensés de la part de ceux qu'elle a libérés, le lien de plus personnel et puissant du peuple avec le Survivant, un véritable symbole, mais elle reste au fond d'elle la petite fille à qui on a appris à se méfier de tous. Même si elle a progressé, elle garde une certaine fragilité qui nous la rend profondément attachante. Ses relations hésitantes avec Elend, ses doutes, ses peurs forment une part importante de sa personnalité .... alors qu'en dehors de cela, elle peut se montrer implacable lorsqu'elle se doit de protéger celui qu'elle aime.
Il est marrant de constater que du côté d'Elend les choses ne sont guère plus simples .. . Ces deux là s'aiment mais n'ont pas confiance en eux et pensent ne pas mériter l'amour de l'autre.
Pas facile ! Heureusement ils sont entourés d'amis un peu plus lucides sur leur relation, comme Tindwyl et Sazed.

Dans les nouveaux personnages qui gravitent autour du petit groupe formé par Kelsier, il y a Oreseur, un Kandra que peu à peu on apprend à connaitre à travers Vin et à apprécier. J'avoue avoir beaucoup accroché à la forme qu'il a pris pour protéger Vin, à savoir un chien loup ^^
Il y a aussi Zane, l'autre Fils des Brumes ....  tantôt l'ennemi tantôt l'ami, un être torturé dont les combats avec Vin forment des morceaux palpitants du récit. N'étant pas particulièrement attachée à Elend, bien qu'il s'améliore au fil des pages, j'aurais bien aimé un rapprochement avec Vin parce que si le premier ne m'émeut pas plus que cela, je trouvais ce Zane diablement mystérieux et intéressant.

Voilà au terme de ce second Tome, mon avis est toujours aussi enthousiaste .... c'est une série de fantasy que je placerais au niveau de la Citadelle des Ombres, ce qui pour moi est une sacré référence .. (et une bien meilleure que la citation sur la quatrième de couverture qui dit "Une fantasy épique grandiose .. Les fans de Terry Goodkind liront avec passion Le Puits de l'Ascension " ;  pour avoir lu une partie de l'Epée de Vérite, j'ai envie de dire qu'il ne faut tout de même pas trop pousser dans la comparaison ! Il y a là un gouffre en matière de qualité entre les deux séries, voilà c'est dit !!!).

Un seul regret ...  c'est de l'avoir trop lu en morcelé parce que j'avais d'autres livres en cours ....  ce qui me fait réaliser une fois de plus que je déteste lire plusieurs romans en même temps, surtout que je le fais des fois pour de mauvaises raisons : quand je suis sur un gros roman comme cela, j'ai peur de ne pas avoir matière à écrire pour mon blog et je me rajoute quelquefois des lectures intermédiaires.
Du coup cela gâche un peu ma plongée dans des livres comme Fils des Brumes pour lesquels j'aurais envie de m'y consacrer entièrement.
En tout cas lorsque je lirai le troisième Tome (ce qui à mon sens le sera au mois de Juin) je n'ouvrirai aucun autre livre !

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dimanche 29 avril 2012

Fils-des-Brumes * L'Empire Ultime de Brandon SANDERSON

Dans un monde de brumes et de pluie de cendres règne le Seigneur Maitre, un homme, presque un Dieu, qui gouverne et dirige de façon tyrannique les hommes depuis de 1 000 ans. Il a conçu un système rigide dans lequel chaque catégorie d'hommes a une place précise et inchangeable :
Les Nobles, sous le couvert des Obligateurs qui valident tout échanges commerciaux, évènement ou documents, ainsi que les relations, emploient à leurs service les Skaa, sorte de serfs dont ils usent et abusent à volonté : des esclaves qui peuvent être mis à mort selon le bon vouloir de leurs maîtres. Et les Inquisiteurs, sombres personnages qui protègent le Seigneur Maître et le défendent.

C'est dans cette société sombre et sans espoir que tente de survivre la jeune Vin, employée par une bonne de voleurs, avant de connaître Kelsier un homme brisé par le Seigneur Maître, mais qui, après avoir résisté, ne vit que pour renverser l'Empire et tuer le Dieu.
C'est que Vin et Kelsier possèdent un pouvoir dont seuls les Nobles ont le droit d'être affublés : l'allomancie, un pouvoir lié aux métaux, à chaque métal correspond un pouvoir particulier et ils sont au nombre de 8. Seuls un nombre restreint d'humains possèdent les 8, ce sont les Fils-de-Brume .. Vin et Kelsier le sont tous les deux.

Voici un roman que j'ai dévoré d'une traite et auquel j'ai accroché dès les premières lignes. Le récit est soutenu, angoissant, sombre et jusqu'au bout on reste sur le qui-vive. C'est qu'une grande part de l'histoire est consacrée à la confiance et l'amitié. Vin, élevée par son frère, dans la peur d'être trahie et rejetée, a construit une personnalité qui déteint sur le lecteur, à chaque instant on redoute que ses craintes soient réelles. Et pourtant elle va tomber sur des personnages dont on a envie qu'elle leur fasse confiance.

Du coup les personnages de L'Empire Ultime sont riches et complexes avec une capacité d'évolution énorme.
La Vin du début est à mille lieue de celle de la fin et idem pour Kelsier. Ce sont les deux personnages principaux mais ceux qui gravitent autour d'eux ne sont pas moins intéressants, notamment Sazed, un terrisien, un peuple qui possède un tel pouvoir que le Seigneur Maître a voulu tous les exterminer.
Chaque membre de la bande de Kelsier possède d'ailleurs un pouvoir particulier lié au métal qu'il sait extraire et utiliser.

Et voici une autre particularité de ce roman qui me l'a fait tant apprécier ... des pouvoirs tout à fait originaux ceux liés à cette allomancie qui se découvre peu à peu au cours du récit. C'est passionnant et leur utilisation donne lieu à des combats assez intenses, faits de Poussés et de Tractions sur des objets métalliques. Je n'en dirai pas plus, cela enlèverait tout le charme de la découverte de  Tome 1. Qui plus est un pouvoir qui reste mystérieux et qui demande beaucoup de travail pour l'utiliser correctement. Ce qui donne un autre cachet car le posséder n'est pas garanti de victoire ni d'invisibilité.

Les choses ne sont pas figées non plus, ni manichéennes, il existe des Skaa qui préfèrent rallier le pouvoir, par protection, comme des Nobles qui tentent de lutter contre cet état de choses, tel Elend Venture, fils d'une des plus grande maison de la Noblesse, qui se révèlera au cours du roman. La fin est déroutante (avec un passage que je ne dévoilerai pas mais qui m'a profondément émue  et donné envie de crier "non ce n'est pas vrai !!!" ), parce que tout est construit pour que l'on reste dans l'incertitude et les épreuves et tragédies ne manquent pas. Et en même temps les choses ont été posées de telle sorte qu'on est soi-même dans une angoisse perpétuelle, un Seigneur Maître entouré de gardes indestructibles face à des humains tout ce qu'il y a de mortels ... cela a de quoi faire sérieusement craindre pour leur vie d'un bout à l'autre de l'histoire.
Je me rends compte que je pourrai encore longuement en parler car ce fut un réel coup de coeur, mais il faut bien arrêter là, un dernier mot concernant les Inquisiteurs, ce sont des personnages réellement effrayants qui font vraiment mais vraiment flipper. J'ai ressenti à leur description et leurs actions les mêmes angoisses qu'envers les Nazgul dans le Seigneur des Anneaux (le film je précise).

Juste un tout petit point faible du roman, qui m'a un tantinet gêné : la répétition de certains faits, alors que c'était inutile, un peu comme si l'auteur craignait que le lecteur oublie. Et pourtant cela ne risquait vraiment rien. Cela dit je l'ai constaté à deux ou trois reprises, donc cela reste très largement supportable et n'entache en rien la réelle qualité de ce roman.
Une très très chouette découverte que  j'ai hâte de prolonger dans les tomes suivants, ils sont en commande (vive les cartes-cadeaux-FNAC-anniversaire ^^) et je me jette sur Le Puits de l'Ascension dès que je l'aurai reçu.

Extraits
L'homme qui se trouvait derrière lui l'attaqua, et Kelsier bondit hors d'atteinte, exerçant une Traction sur le coffre pour s'attirer vers le centre de la pièce. Dès qu'il atteignit le sol près du coffre, il s'élança dans les airs en diagonale. Il bondit par-dessus les têtes de deux de ses agresseurs, et atterrit sur le sol près de plantations. Il pivota, attisant son potin et levant le bras pour parer le coup qu'il anticipait.

Il jeta son sac sur son épaule et ouvrit nonchalamment la porte. Une brume épaisse commença aussitôt à s'engouffrer sur le corps de Kelsier pour se déverser sur le sol et ramper à terre comme un animal hésitant. Plusieurs personnages émirent des hoquets horrifiés, bien que la plupart soient trop stupéfaites pour proférer le moindre son. Kelsier resta planté là un moment, à fixer au-dehors les brumes sombres dont les braises éclairaient faiblement les courants changeants.

Quelque chose s'abattit contre sa flèche. Vin poussa un cri et s'écarta d'un bond. Elle s'attira vers une autres flèche, l'agrippa faiblement et s'en éloigna aussitôt d'une poussée. L'Inquisiteur la suivit, accompagné d'une série de chocs à mesure qu'il sautait d'une flèche à l'autre derrière elle.
Il m'a trouvée. Il ne pouvait ni me voir, ni m'entendre, ni sentir ma présence. Mais il m'a trouvée quand même.

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