vendredi 30 mai 2014

D'une pierre .... trois coups

Ou comment faire trois articles en un seul ...


* En premier lieu, un cadeau qui date du mois de Février ... le calendrier 2014 de Pratchett gagné sur le blog de Tortoise, il s'agissait de poster un commentaire sur le 8ième anniversaire de son blog et on pouvait gagner ce calendrier .... 

Chose exceptionnelle, ce fut moi et désormais il trône à mon mur, je le trouve très sympa. Un grand merci à Tortoise (bon je vous rassure je l'avais déjà remerciée auparavant :p)




* Deuxième cadeau, celui de mon anni ce coup-ci ..... arrivé le WE dernier dans les bagages de l'héroïne qui réussit l'exploit insensé d'acheter 33 livres ne comptant pas dans sa Pàl ^^
 

Enfin plus exactement, un cadeau pour l'esprit et quelques petits présents pour le corps ... le premier étant déjà entamé et les seconds .... aussi. 
Merci à toi copine :)






 * Plus de cadeau à présent mais ..... des Challenges (oui rien à voir , seulement d'une pierre trois coups n'est-ce pas ?)
Je me suis inscrite il y a déjà quelques mois au Challenge de Tigger Lilly : le SFFF au féminin qui consiste à lire des auteurs féminines : nouvelles, romans , essais, tout sera bon pour ce Challenge qui s'achèvera le 8 Mars 2015.

Je compte lire :
- L'Opéra de Shaya de Sylvie LAINE
- Lasser Mystère en Atlantide de Sylvie MILLER (et accessoirement de Philippe WARD mais lui ne rentre pas dans le Challenge)
Et certainement d'autres, donc Mordred de Justine NIOGRET.



Deuxième Challenge auquel je viens de m'inscrire, il s'agit de celui annuel de Mr Lhisbei relayé sur le blog de Lhisbei : le Summer Star Wars II qui débutera le 21 Juin et durera tout l'été.

Le temps pour moi de lire :
- Omale, l'Intégrale 2 de Laurent GENEFORT.
Je n'ai rien prévu d'autre pour l'instant, je ne sais pas si j'ai d'autres livres de Space ou Planet Opéra en perspective.

Qui lira vivra !!


mercredi 28 mai 2014

Méto La maison de Yves Grevet

Ils sont soixante-quatre enfants, répartis par couleurs selon leur âge, enfermés dans une maison aux règles extrêmement codifiées et sévères, surveillés par des adultes appelés des Césars. Chacun d'eux sait qu'il devra un jour en partir, mais sans avoir ensuite ce qu'il deviendra. Ces enfants n'ont plus de passé, ils vivent dans un climat de suspicion et d'angoisse, maintenus dans une discipline de fer par un emploi du temps qui ne laisse aucune place pour la réflexion ni pour la révolte.

Et pourtant Méto, jeune garçon, qui sait qu'il est prêt à "casser " son lit et partir, décide de rompre avec les règles et de comprendre ce qui se passe ....

D'Yves Grevet, je ne connaissais que le court roman que j'avais lu il y a quelques années : L'école est finie, et il m'avait suffisamment intriguée pour avoir envie de lire d'autres choses de lui. Ce fut chose faite aux Imaginales, lieu de rencontre par excellence où l'on peut discuter avec les auteurs. Du coup je suis revenue nantie des tomes 1 et 2 de cette trilogie saluée par la critique et détentrice de pas moins de 13 prix littéraires, c'est dire si ce roman fut apprécié.

Qu'en fut-il pour ma part ? eh bien Tigger Lilly pourra attester que j'ai passé mon WE spinalien à le dévorer (tu as gagné ton pari au fait, je l'ai bel et bien terminé dimanche soir). C'est que l'auteur a su parfaitement développer une ambiance sombre, angoissante et mystérieuse et une fois dedans pas, moyen d'en décrocher, il me fallait savoir ce qui allait arriver à Méto et ses camarades.
Pourquoi ces enfants vivent-ils là ? Pourquoi dorment-ils sans soucis la nuit alors que de mystérieux soldats rôdent près de leurs lits ? Quel est cet étrange individu qui vit dans le Frigo, lieu d'une terrible punition ? A savoir que toutes les réponses à ces questions ne se trouvent pas dans le premier tome.
Pour un livre destiné à la jeunesse, la trame épouvantable est bien menée; même en tant qu'adulte, j'ai été saisie d'appréhension à l'idée de ce qui pouvait suivre : qu'arrive-t-il aux enfants lorsqu'ils sortent des règles, lorsqu'ils enfreignent le règlement ? Quels sont ces jeux cruels et violents auxquels on les oblige à participer et pas forcément sans déplaisir ?

Car en-dehors de l'histoire en elle-même, la réflexion de ce roman sur la notion de règles et de liberté est très intéressante. Ces enfants qui sont soumis à une vie extrêmement structurée sont incapables de recréer, eux-même, autre chose. De même, confrontés à une violence de pensée mais aussi physique, ils prennent plaisir à se faire du mal ou à blesser autrui. Si l'on peut penser qu'ils pourraient tenter de vivre un monde plus doux, il n'en est rien, vivant dans la violence, c'est une sorte de violence qu'ils inventent lorsqu'ils se révoltent contre le système qui les opprime. Comme si on ne pouvait régner que par la force et le pouvoir. Seul Méto semble sortir un peu du cadre, encore qu'il soit tout aussi capable que les autres de cruauté. C'est une réflexion intéressante sur le monde de l'enfance car l'enfant -je suis bien placée pour le savoir - est naturellement impitoyable envers les autres, il se moque, il se bat, il frappe, il règne par une certaine violence et ce sont toutes les règles que l'on lui inculque qui l' amènera progressivement au respect de l'autre.

En tout cas un roman vraiment prenant, qui tient en haleine et nous laisse sur notre faim sitôt la dernière page tournée (j'avoue que je suis déjà dans le tome 2 et je ne suis pas sure d'avoir la patience d'attendre la sortie poche du tome 3). Parce que Yves Grevet ne manque pas d'imagination, inventant des jeux comme l'Inche, des règles incroyables comme attendre un certain nombre des condres entre chaque bouchée de nourriture, cela met en scène un roman très abouti.  Je vais tenter de l'initier dans ma classe en lecture orale du premier pour voir si la sauce prend.

dimanche 25 mai 2014

Brèves d'Imaginales




Les Imaginales à Epinal sont un incontournable du mois de Mai depuis maintenant 5 ans pour ma part. A chaque année ses ressemblances ou ses différences mais dans tous les cas, le plaisir est toujours au rendez-vous. Avant le vrai compte-rendu qui arrivera dans quelques temps, quelques brèves pour inaugurer ce nouveau passage dans un des Festival les plus appréciés.

IMAGINALES 2014 ..... en quelques points

- Cette année nous eûmes le presque plein soleil et le presque pleine chaleur (en occultant juste le vent et les nuages qui de temps en temps rabaissaient la température de 10 degrés ..... oui nous sommes en Lorraine rappelons-le et en Lorraine au mois de Mai, il peut encore faire FROID, pour rappel l'an dernier !) .... Ce qui est bien aux Imaginales, c'est que le temps est toujours différent d'une année à l'autre.

- Le Festival a commencé en force Samedi vers 10H lorsqu'une blogueuse bien connue de tous et toutes a été prises d'une frénésie boulimique d'achat de  l'une de ses séries préférées d'enfance ..... et la matinée de débuter à courir à la recherche d'un distributeur de billets afin d'assouvir l'envie de dévaliser toute une pile (en réalité 2) de livres d'occasion.

- Je connais une blogueuse qui a réussi l'exploit d'acheter 33 livres ..... qui ne comptent pas dans sa Pàl. Je vous dirai juste qu'elle a quelque point commun avec celle dont je parlais dans mon précédent point.



- Aux Imaginales on mange bien, me suis enfilée trois desserts savoureux en l'espace de ... trois repas. Avons mangé aussi dans une Brasserie et une crêperie et c'était très bon.

- Avons passé une grande partie du samedi après-midi à se prélasser dans l'herbe et à cligner des yeux face au soleil, en discutant bien agréablement entre blogopotes et éditeurs ... Il faut savoir que les expressions "elle avait des jambes interminables" et "il haussa les épaules" n'est pas super preneur en matière d'envie d'éditer un roman

- Il y avait moins de blogopotes cette années que les années précédents : mais j'ai pu revoir notamment Tigger Lilly, Mr et Mme Lhisbei, Snow, Tortoise et Galoo, Lynae, Cédric et Julien.

- Nous avons discuté entre blogueurs des disparités langagières selon les régions mais surtout les pays (et c'est marrant car nous avions eu presque la même discussion un an auparavant). A savoir qu'en Suisse une quetsche se dit pruneau .... et le pruneau : pruneau d'agen, merci à Cédric pour ces informations locales)

- Dimanche j'ai du courir partout dès mon lever pour aller remplir mon devoir de citoyenne et mon devoir de fille .... élections et fête des mères, c'était important avant de partir pour Epinal.

- Les auteurs de SFFF sont toujours aussi adorables, je ne me lasse pas de le dire chaque année .... Mention spéciale à Jean-Philippe JAWORSKY qui, dans une dédicace rédigée en celtique, m'a déifiée .... J'ai même une témoin  qui en attestera ..... Celle-ci a encore un point commun avec la blogueuse des premiers et deuxièmes points.



- Aux Imaginales, on voit les auteurs au bar ... et étalés dans l'herbe, exactement comme nous et c'est très chouette.

- Je me suis sentie plus à l'aise dimanche que samedi, le temps probablement de me mettre dans le bain ..... je rêve du jour où il ne me faudra plus 24H pour me sentir un peu chez moi dans les Festivals.

- Je trouve qu'il y a de plus en plus de monde au fil des années, samedi on se marchait sur les pieds. Note à conserver pour l'an prochain : arriver tôt le samedi pour faire le tour de la Bulle du Livre et acheter les livres que l'on fait dédicacer le dimanche. 

- Les livres sont toujours aussi nombreux et cela donne envie !!!



- J'ai acheté 7 livres samedi et 7 livres dimanche ..... CB en colère mais Gugusse Sacapuce
en joie, il trône à nouveau sur ma Pàl qui a repris de la hauteur.









ET quelques autres photos pour terminer ces brèves du jour ... pour un Festival qui est toujours aussi plaisant, vivement l'an prochain que l'on recommence !!!






mercredi 21 mai 2014

Gugusse Sacapuce .....cherche ..... apporte !!

Brave Gugusse Sacapuce .... qui veille fidèlement depuis plusieurs mois sur une Pàl qui ni se remplit, ni se désemplit .... le pauvre qui n'a plus assez de puces pour tromper son ennui ..... alors c'est avec un grand enthousiasme que lorsqu'on l'envoie chercher Clair Obscur, c'est par la peau du dos qu'il le ramène !!!

Il faut dire que les Imaginales approchant à grands pas, se profite une petite lueur d'espoir concernant la remise en route de ce blog, laissé pour compte depuis le mois de Février. Je n'ai pas cessé de lire durant cette période et les livres de s'entasser en attente de chronique, jusqu'au moment où leur lecture commence tellement à dater que l'on ne sait même plus quoi dire dessus.
Alors ce soir je prends mon courage à deux mains et je fais un bilan de tout cela !!!

Alors quelles lectures durant ces derniers mois ?

- Haut-Royaume Le chevalier de Pierre PEVEL : Bon là je rends mon tablier, ce livre fut acheté il y a presque un an, c'est bien simple aux Imaginales 2013, je l'ai lu peu de temps après mais jamais chroniqué .....Alors ce que je vais pouvoir en dire va être très court : j'avais beaucoup aimé sa lecture tout comme j'apprécie les écrits de PEVEL, tout comme j'apprécie la profondeur de ses personnages, lesquels sont le plus souvent sombres et déchirés par leur passé. J'avais trouvé qu'à la différence des autres héros de ces précédents romans, on approchait Lorn, nouveau personnage de ce Haut-Royaume d'une autre façon : un chevalier plus jeune, dont on connait plus facilement ce qui a pu lui donner cette personnalité à la fois forte et affirmée mais aussi un personnage double qui a accompli certains actes troublants .... J'ai toujours adoré l'approche psychologique des protagonistes de PEVEL, je n'ai pas été déçue de ce roman. Puis alors la fin, OMG, j'ai maudis l'auteur ! Vivement la suite !
Ailleurs : Olya

- Artemis Fowl tome 3 Code Eternity de Eoin COLFER : suite de mes lectures des romans commandés à mon école, j'ai beaucoup plus accroché à ce tome-ci qu'aux précédents, probablement parce que pour la première fois, le grand Artemis, à qui rien ne fait peur, qui n'est jamais mis en défaut, échoue enfin !!! tout du moins se trompe, se fait avoir  et surtout montre qu'il peut avoir de l'affection pour quelqu'un. Il était temps qu'il devienne humain celui-ci !

- Les souffles ne laissent pas de traces de Timothée REY : J'avais complètement craqué sur sa couverture lors du Festival de Sèvres, de plus Timothée Rey est un auteur plus que sympathique. Quant au sujet du livre : une enquête au pays de la Préhistoire, rien de tel pour allécher. Pourtant, en dépit de l'humour de l'auteur que j'aime toujours autant, de ses jeux de mots dont certains m'ont fait éclater de rire (notamment dans les noms de ses personnages et les citations), j'ai trouvé l'intrigue assez longue. Certes c'est la qualité de la description d'une enquête prenant vie dans une époque aussi reculée est vraiment de haut de gamme, mais j'avoue qu'en fait je n'ai jamais été très passionnée par les romans pré-historiques. Par contre j'ai beaucoup aimé les interludes histoires et contes qui émaillent le roman.
Ailleurs : Vert

- Le Trône de Fer Intégrale 4 de George R.R. MARTIN : Ah le TDF, ce fut une grande découverte, un vrai coup de coeur lorsque je commençais cette série, de plus  l'Intégrale 3 fut particulièrement réussie en termes de coups d'éclats, de rebondissements et de surprises. Aussi cette Intégrale 4 fut-elle en contrepartie lente, une sorte de break entre les évènements passés et ceux à venir, en oubliant un peu les personnages les plus importants pour se consacrer aux secondaires. Aussi l'ai-je trouvée très frustrante et si le style de Martin est toujours aussi plaisant à lire, j'y ai pris beaucoup moins de plaisir que pour les Intégrales précédentes et du coup, j'ai eu la pénible sensation que beaucoup d'éléments prenaient place dans la violence, la torture ..... Pas qu'ils aient été plus présents que dans les précédents tomes, car le Trône de Fer relate une histoire dure, sombre, violente, mais tout simplement parce qu'ils n'étaient plus gommés par l'action et la précipitation-passion à retrouver les personnages que j'appréciais. La lecture m'en a été que plus pénible. Déception donc.
Ailleurs : Tigger Lilly

- Un an dans les airs d'après l'oeuvre de Jules Verne : album qui me fut offert par Tigger Lilly et lu en LC avec elle. Une belle surprise que ce magnifique ouvrage dont les illustrations signées par l'excellent Nicolas Fructus sont juste à couper le souffle. D'ailleurs j'ai été scotchée par sa faculté à inventer un tel monde avec tant de foisonnement de détails. Quel magnifique album à feuilleter, à contempler, donc l'histoire narre des aventures de l'auteur Jules Verne, accompagné de quelques uns de ses amis, dans une cité volante absolument incroyable de par ses moeurs, son histoire et son mode de vie. Une grande réussite. A lire absolument.

Voilà pour les retards de chroniques (quoiqu'en matière de chronique on repassera je pense !). Je n'ai pas lu que ceux là mais beaucoup d'autres, dont une envie de me replonger dans les romans de FRISON-ROCHE : j'ai relu ainsi 
- Premier de cordée
- La grande crevasse
- Retour à la montagne
- Le versant du soleil : roman autobiographique de Frison-Roche que je trouve passionnant.

J'ai eu aussi envie de relire du Dean R- KOONTZ
- Chasse à mort
- Une porte sur l'hiver

Et voilà pour ce bilan. Actuellement je suis dans le Dragon Griaule et j'attends avec impatience les Imaginales en espérant qu'elles me donnent envie de re-blogguer un peu !



mardi 18 février 2014

A ceux qui tuent le savoir ......

Vous ministres, qui depuis le confortable abri de vos bureaux, restez sourds aux larmes, aux cris ou aux rires de ceux dont vous décidez d'un coup de cuillère à pot de leur destinée, de leurs horaires, de leurs vies scolaires ..... Vous qui vous cachez derrière de faux semblants et qui pondez sans cesse réformes, arrêtés, lois sous prétexte de faire mieux mais qui en réalité ne sont que le reflet de votre intensif branlage de neurones, parce qu'il faut bien justifier le salaire mirobolant que vous vous faites, vous qui lancez des pics, des remarques au lieu de soutenir, qui affirmez des vérités erronées parce que vous n'avez plus remis les pieds dans une école depuis la nuit des temps, qui pensez savoir mieux que ceux qui sont sur le terrain et qui refusez de les écouter et de les comprendre ... Vous qui voulez faire une école d'élite -au point que certaines notions apprises en élémentaires ne sont reprises qu'en cinquième ou quatrième au collège - pour ce sacro accès au Socle Commun des Connaissances en oubliant la base de tout enseignement et qui laissez des tas d'élèves en perdition en mettant publiquement la faute sur les enseignants ...

Vous Inspecteurs, qui d'une main nous soutenez mais de l'autre nous poussez à toujours faire plus, faire mieux, intégrer l'handicapé, l'enfant en difficulté extrême dans des classes surchargées, l'enfant pour qui il faut faire ESS, équipes éducatives, PPRE en masse, qui tirez à ce point sur la corde qu'elle va finir par se rompre -parce que de l'autre côté on tire aussi sur votre propre corde .... Vous qu'on aimerait savoir à nos côtés plutôt que dans vos bureaux, à lire réclamations ou soupirs sans jamais être -ou si peu -sur le terrain, qui ne vivez aucun quotidien, aucune souffrance, aucun espoir ou désespoir ... Vous en qui on aimerait tellement avoir confiance mais qui nous jugent qu'une fois tous les trois ans, sur quelques heures de vie scolaire qui ne reflètent en rien le tous les jours, le quotidien qui peut blesser aussi bien qu'il réconforte .....

Vous acteurs sociaux - enseignants référents, ergothérapeutes, kinésithérapeutes, assistances sociales ou infirmières scolaires - avec qui nous devrions travailler main dans la main et qui préfèrent descendre ceux qui passent tant de temps avec ces fameux MDPH ou donner des leçons alors qu'il serait tellement plus simple de travailler dans le même sens, vous qui vous permettez de juger, de décider ou de baisser les bras, de fermer les yeux devant l'impensable ....

Vous parents qui préférez enfoncer vos têtes dans le sable plutôt qu'affronter la réalité, qui affirmez haut et fort que jamais au grand jamais la chair de votre chair ne serait capable d'insulter, de se battre ou de dire des gros mots, qui exigez de nous des résultats mais sans travail à la maison, sans contraintes, sans punitions, sans règles de vie ..... Vous qui maltraitez intellectuellement vos enfants, qui les tirez vers le bas, qui leur apprenez que l'école c'est fait pour lutter, mentir et tromper et non pour apprendre, vous qui les affamez, les envoyez en sport en pyjama, ne les soignez pas, qui les poursuivez dans la rue avec une arbalète et les menacez de les placer s'ils parlent,  ne les traitez pas contre poux et gale ou vous qui au contraire leur donnez tous les droits, toutes les permissions, vous qui allez engueuler les chauffeurs de bus, les personnels de cantine et les professeurs parce que forcément c'est de leur faute à eux mais surtout pas de votre fils ou de votre fille qui pourtant a insulté, manqué de respect , vous qui avant demandiez à vos enfants "tu as été sage à l'école ?" et qui maintenant les interrogez "la maitresse a été gentille avec toi ?", vous qui exigez de choisir vos classes, vos enseignants selon vos préférences, vous qui affirmez que si votre enfant est en perdition, c'est forcément de la faute des autres, qui parlez mal dans les couloirs de l'école, qui menacez de tuer ceux qui touchent à vos enfants, qui nous agressez verbalement ou physiquement et en guise d'excuse annoncez "oh mais j'étais énervé c'est normal" .....

Nous professeurs ou instits comme on dit communément .... qui baissons les bras ou avons encore la foi .... qui avançons dans une société qui évolue plus vite que nous, qui croyons encore aux valeurs de l'enseignement ou du respect mais qui avons la sensation de vivre dans un monde parallèle où les valeurs ne sont plus les mêmes ..... Nous qui sommes tout autant psychologues, assistants sociaux, éducateurs qu'enseignants ..... voire plus des premiers que du dernier, nous qui certaines fois envoyons tout promener, devenons mauvais, aigris, prêts à mettre au rencart parce que pour certains d'entre nous, trop c'est trop mais aussi parce que pour certains, l'orientation, la formation n'ont pas été à la hauteur des capacités et que nous nous retrouvons débordés par un métier pour lequel il faut être tous les jours disponible psychiquement et mentalement ..... Nous qui nous mettons en scène à chaque moment pour attiser les curiosités, intéresser, inculquer, former mais qui en retour nous prenons retours de vestes, insultes, maltraitance psychologique de la part d'adultes qui ne savent plus avancer sur les mêmes chemins ......

Toi l'élève qui est au coeur de tous ces adultes qui décident pour toi de ton chemin et de ton destin, qui aurait besoin qu'on te tienne la main mais qu'on lâche des fois dans l'arène ... Toi qui a  tout compris parce que tu sais pourquoi tu es là tous les jours à ta table d'écolier, qui dis bonjour lorsque tu arrives, bon appétit à midi et au revoir le soir, merci lorsqu'on te donne quelque chose, toi qui as de la chance d'avoir des parents qui te suivent, sont du côté de ceux qui t'enseignent, qui connais une certaine valeur des choses, qui sais que tu ne travailles au final que pour toi et qui iras probablement loin sur ce chemin que l'on t'a ouvert, toi qui souris et nous confortes dans notre métier ..... 
Mais toi qui ne sais pas pourquoi tu es à l'école, pourquoi tu dois travailler, apprendre parce que papa ou maman sont alcooliques ou défaitistes ou haineux ou en guerre contre tout le monde et surtout contre l'école exutoire de toutes les souffrances, toi qui oscilles sans cesse entre ceux qui te montrent une voie et ceux qui t'attirent vers le bas, toi  qui nous manques de respect parce que tu ne sais pas, toi qui te bats ou qui insultes dans la cour parce qu'on ne t'a jamais appris à t'exprimer autrement, toi qui ne soignes pas ton travail, qui ne fais pas tes devoirs, qui n'apprends pas parce que chez toi on t'enseigne à t'en ficher ou on ne prête que guère d'attention à ta scolarité, toi qui nous désespères car on a la sensation de se battre contre des moulins à vents, qui des fois nous donnes un peu d'espoir mais souvent repart sur la mauvaise pente, toi qui mériterais tellement mieux mais qui risques à tout moment d'être en perdition ... 
Toi qu'on aimerait aider mais qu'on ne peut pas toujours parce qu'on doit se battre ou se défendre contre tous et surtout contre tes parents .... Toi pour qui rien, au niveau de ceux qui décident depuis leur piédestal, n'est réellement fait, toi sur qui il faudrait tout mobiliser et que tout le monde -nous y compris - laisse tomber .... Toi le seul objectif du rôle de tous les autres, qui seras le futur adulte de cette société qui te trahit et te laisse choir .....



Parce qu'il fallait le dire .... Il est évident que ce sont des cas extrêmes (mais tous véridiques, je n'ai rien inventé) et que des partenaires sociaux, des parents, des élèves géniaux, cela existe aussi mais que malheureusement, ils sont de moins en moins nombreux .... Et évident aussi qu'il existe des profs qui n'en ont plus rien à faire, qui sont des branleurs finis, qui se mettent en arrêt, en congé pour un oui ou pour un non, qui font du tort à tous les autres.
Mais ce n'est pas le cas de tous .... en ce qui me concerne, j'ai encore envie de penser que j'ai la foi pour continuer à avancer et espérer faire sauter les barrières, pour qu'au final on revienne sur la réelle motivation de mon métier : enseigner aux élèves .....

dimanche 2 février 2014

Lasser mariage à l'Egyptienne de Sylvie Miller et Philippe Ward

Depuis ses aventures dans Un privé sur le Nil, Jean-Philippe Lasser est consacré par Isis elle-même, détective officiel des Dieux, plaque officielle et tout et tout. Mais il a à peine de temps de se réjouir de sa promotion qu'elle lui confie une nouvelle affaire : retrouver Aglaé l'une des Trois Grâces, fille de Zeus et Eurynomé. En effet cette demoiselle -une vraie peste en dit-on- a disparu alors qu'elle devait se marier avec Horus, fils d'Isis et Osiris. Or ce mariage est un évènement inédit, c'est la première alliance entre une divinité grecque et une divinité égyptienne. Autant dire que Lasser a une sacré responsabilité, qu'il n'est pas très heureux d'hériter mais on ne refuse rien aux Dieux.

Le détective aura besoin de tous les amis et appuis possibles car certaines personnes ne voient pas d'un très bon oeil sa réussite, ainsi son enquête le conduira du Caire jusqu'à Babylone, en passant par Alexandrie et faisant même un petit séjour aux portes de l'Enfer. De plus il se retrouve confronté à une certaine Médée, journaliste de son état, employée en réalité par Zeus, qui tantôt lui lui fera la coeur, tantôt lui mettra des bâtons dans les roues. Et un Lasser sous le charme d'une belle fille séduisante, cela vaut le détour !

Retrouver un personnage et tout un univers que l'on a appris à apprécier dans des nouvelles, sur un roman, est un vrai délice. Parce que si les jalons ont été posée précédemment, l'histoire a tout le temps là de se mettre en place et de nous remettre dans cette ambiance si particulière de la vie dans les années 30 en Egypte où les Dieux côtoient les hommes de près et interviennent dans leurs affaires. Ainsi les références sur ces divinités fourmillent de partout. De plus cela donne l'occasion d'approfondir le personnage de Lasser, cet anti-héros qui préférerait rester tranquillement dans un bon fauteuil, à siroter son seize ans d'âge, au lieu de courir l'aventure. Pourtant en dépit de son côté un peu looser (il est prompt à se lamenter lorsqu'il échoue), il est suffisamment malin (et dispose aussi des aides nécessaires au bon moment) pour se sortir de toute situation, le tout avec un certain humour.
D'ailleurs le fait qu'il soit si peu crédible dans son rôle de super détective nous le rend tellement humain et proche qu'on craint à chaque moment qu'il échoue. Un passage notamment m'a renvoyé cette sensation là, celui (dont je parlerai par la suite) où il doit se jeter dans le vide, sa peur est tellement palpable qu'on ne peut que se projeter sur ce qu'il va vivre et reculer des quatre fers comme lui, j'ai vraiment eu la sensation qu'au final j'allais sauter à ses côtés et que je n'en avais pas plus envie que lui. Du coup je me suis mise à souhaiter que cela ne se fasse pas .... 

C'est marrant car j'ai lu ce roman avec l'image de Sylvie Miller me racontant (à Sèvres) comment ils écrivaient ces histoires à quatre mains, Philippe Ward et elle, et cela rajoutait un petit plus à ma lecture. Je les imaginais lisant chacun les écrits de l'autre et se marrant de leurs trouvailles mutuelles.

J'ai adoré certains passages comme le moment où Lasser fait ses premiers pas avec sa nouvelle voiture, une sorte de Kitt (K 2000) sans paroles mais qui se pilote toute seule, ou encore mieux son saut monstrueux depuis le Phare d'Alexandrie : ce passage précisément m'a même fait éclater de rire.

"J'avais beau chuter comme une pierre, j'étais tellement saoul que je n'avais même pas peur.  Je me contentais de rire comme un âne et de hurler :
 - Je vooooooooooooooooooole !!!!!!!!!!"

Bref, ce nouveau roman de Sylvie Miller et de Philippe Ward se lit avec beaucoup de plaisir et même de délectation, j'ai vraiment passé un bon moment et j'ai hâte de poursuivre les aventures de ce détective pas comme les autres !

Ailleurs

Et ici, un site fort intéressant sur la série.

Roman qui entre dans le Challenge de Lhisbei : Winter Mythic Fiction.






mardi 28 janvier 2014

Artemis Fowl Mission polaire de Eoin Colfer

Après avoir été ennemis, le Peuple des Fées et le jeune Artémis Fowl sont amenés à travailler ensemble, pour leur intérêt à tous : en effet le surdoué et rusé Terrien cherche à retrouver son père, détenu par la Mafiya en Russie, tandis que les Fées doivent faire face à une révolte de gobelins. Le génie d'Artémis combiné à la haute technologie du Peuple peut faire des étincelles !

Autant j'avais été mitigée lors de ma relecture du premier tome, autant celui-ci m'a confortée dans le fait que c'était une série que j'avais appréciée il y a quelques années. En effet  je n'ai rien contre les anti-héros mesquins mais pas lorsqu'ils luttent contre de bons individus : je n'avais vraiment pas aimé la personnalité impitoyable et sans conscience d'Artémis lorsqu'il s'était mis dans la tête d'enlever une Fée pour s'approprier son or. Alors qu'en fin de compte, son côté rusé et particulièrement intelligent me plait infiniment plus lorsqu'il s'agit de combattre des voyous, en l'occurrence là les gens peu scrupuleux qui font partie de cette Mafiya. Du coup Artémis Fowl y gagne en humanité et moi en amitié pour lui. Eh oui, je ne déteste pas les méchants mais il y a des limites à tout !

Du coup j'ai pris beaucoup plus de plaisir à retrouver les personnages de ce second opus : la Fée Holly Short, son commandant Root, l'éternel grincheux, le super informaticien technicien Foaly, le nain péteur mangeur de terre Mulch et bien sûr les humains qui secondent Artémis : son garde du corps Butler (que je trouve en réalité bien plus humain et sympathique que celui qu'il protège) et sa fille Juliet. 
En ce qui concerne Artémis, comme il gagne en humanité, on le sent moins sûr de lui, tout du moins, capable de douter et de faire preuve de sensibilité et de sentiment, bien que son intelligence brillante soit toujours à l'oeuvre. Enfin au moins est -il bien moins insupportable que lors de ses premiers pas dans le monde du crime technologique.

Quant aux ingrédients qui ont jalonné le premier récit, ils sont toujours présents : humour, gags et action.

Bref un petit roman jeunesse sympa et en fait je pense qu'il est voué à s'améliorer de livres en livres, les personnages s'approfondissent peu à peu, l'histoire s'étoffe et le rapprochement des deux espèces s'annonce de plus en plus probable.

dimanche 26 janvier 2014

Le sommet des dieux de Baku Yumemakura, adapté par Jiro Taniguchi

Je ne suis pas particulièrement une lectrice assidue de mangas. En fait je n'ai que deux expériences dans le domaine
- Capitaine Albator de Matsumoto (mais obligé, c'était LE héros de mon enfance)
- Le premier tome de One Piece ... pour la petite histoire, l'an dernier j'avais une élève passionnée par cette série et le virus aidant, tous mes CM2 se sont emparés de ces livres, couvrant régulièrement leurs tables de tel ou tel tome. Il était donc obligé que je lise au moins le tout premier. Je me souviens encore du contexte de cette lecture : en concours d'agility et prise de pas mal d'éclats de rire tellement c'était limite ridicule, genre un des héros passant plusieurs jours ligoté sur une croix, sans boire ni manger, et, délivré, se battant en pleine possession de ses moyens. Bon après mes élèves adoraient, perso c'était tout à fait à l'image des ces anciens dessins animés tels Ken le Survivant. 

Mais pour autant, lorsque j'ai l'occasion d'avoir un livre à découvrir je ne fais pas la difficile. En fait je me suis trouvée avec ce manga en ma possession, tout simplement à Noël, lorsque ma cousine en a fait cadeau à son frère ... sauf qu'il l'avait déjà. Quelques minutes plus tard il était dans mes mains, xD

Je ne le regrette pas .... Le sommet des dieux est un donc un manga adapté d'un roman de Baku Yumemakura qui part d'un des plus grands mystères de l'histoire de l'alpinisme : l'affaire de la disparition de Mallory lors de son ascension du Mont Everest.
Se pourrait-il qu'il ait été le premier à réussir cette ascension ? C'est ainsi qu'un jeune photographe, en Juin 1993, découvre dans une boutique au Katmandou, un vieil appareil qui aurait pu appartenir à Mallory et retrouvé à sa mort. Seule sa pellicule, développée, pourrait résoudre peut-être ce mystère. Mais Fukamachi se fait voler cet appareil peu de temps après en être entré en possession. Ses recherches le conduiront à tomber sur un homme au passé sombre : le fameux Habu Jôji, ancien possesseur de l'appareil photo, et surtout un homme sauvage, un grimpeur hors pair qui aura marqué le monde de l'alpinisme avant de disparaître quelque part dans l'Himalaya.


Ce premier tome (qui en compte 5, damned je vais être obligée de les acheter !!!) relate essentiellement l'histoire de ce Habu Jôji, narrée par les différentes personnages qui ont pu le côtoyer ou grimper à ses côtés :  ses débuts dans l'alpinisme, son caractère sauvage et impitoyable, sa personnalité complexe et sombre, cet homme était un loup solitaire mais un phénomène de la montage qui repousse toujours plus loin ses limites pour vaincre les sommets.

Point de SFFF dans le sommet des dieux mais de la montagne, rien que de la montagne, cette montagne dangereuse, inaccessible au commun des mortels, cette montagne qui prend chaque jour des hommes, qui les renvoie sans remord ni regret à ses pieds, morts ou vifs, cette montagne qui génère une passion démesurée, des exploits insensés. C'est un véritable hymne à ses sommets que traduit le roman de Baku Yumemakura sous le dessin de Jiro Taniguchi qui a su parfaitement rendre tout cela. Les dessins sont superbes, donnent des sensations de vertige, de grandeur, sont d'une précision incroyable. Et sur tout ce fond, il y a les destin de ces hommes qui ont voué leur vie aux cimes enneigées et qui risquent leurs vies pour franchir cols, moraines et glaciers.  

J'ai trouvé cela passionnant et vraiment beau. Il faut dire que j'ai passé une bonne vingtaine d'années à mourir d'amour pour un coin des Alpes du Sud où mes grands parents possèdent un chalet : ski l'hiver, balades l'été, j'étais juste amoureuse, au point de vouloir y  vivre (j'avais même fait mes petits plans pour habiter Briançon, je connaissais la ville par coeur, ses commerces, ses rues etc ...). Je dévorais Frison Roche, j'aimais ses récits où les hommes se confrontaient à cette nature immense, pure et terriblement traitresse.
Alors, en souvenir des toutes ces années, je ne pouvais qu'apprécier ce manga superbement bien dessiné.


Me reste à économiser pour m'offrir les autres tomes ^^

Ailleurs
Efelle .....

mercredi 22 janvier 2014

Tara Duncan Les sortceliers de Sophie Audouin-Mamikonian

"La mère de Tara a été enlevée ! Tara et Manitou, son grand-père, transformé en labrador, partent sur Autre-Monde affronter dragons, Vampyrs et Sangraves. Mais bientôt le trop puissant pouvoir de Tara fait des envieux, et elle devient la cible de complots dont seuls son sens de l'humour et son courage pourront la sauver ..."

Comment faire un billet sur Tara Duncan sans se contenter de qualifier ce premier tome de la série une grosse daubasse ? .... Bon alors non Tara Duncan n'est pas une daub, enfin pas à 100% .... je vais donc commencer par les quelques points positifs de cette lecture (que j'ai faite parce que le livre est arrivé dans la BCD de mon école et qu'en matière de SFFF j'aime bien lire avant mes élèves afin de voir ce qu'ils vont avoir entre les mains) ....

- Cela se lit très bien, sans ennui (pourtant il y a tout de même 533 pages), le vocabulaire n'est pas trop difficile, la syntaxe non plus
- Je suis certaine que cela peut effectivement plaire à des tas d'adolescentes, voire même je pense à quelques unes ou uns de mes élèves (mais plus "unes) qui aimeraient découvrir cet univers et accrocheront.
- On a droit à toute une foison des créatures de la fantasy, de la mythologie, du conte et j'en passe, au moins cela fait une belle entrée dans le monde de la fantasy
- Tara Duncan est juste insupportable pour moi mais je peux admettre qu'elle puisse être adulée par ce jeunes esprits qui n'ont pas encore la maturité nécessaire et assez d'expérience littéraire pour développer un esprit critique très élaboré. D'ailleurs elle a ce qu'il faut pour plaire à des adolescents, il est vrai.
- Action, humour (enfin tentative d'humour), endroits variés et colorés, suspense, amitié, balbutiement d'amour, les ingrédients sont là pour encore une fois attirer le jeune lecteur ou la jeune lectrice.

SAUF que ... ces points positifs sont justement le pendant de tout ce qui est négatif dans Tara Duncan et ont fait que je n'ai pas accroché du tout.
En premier lieu, il paraît que ce roman a été écrit 17 ans avant Harry Potter mais qu'il n'aurait été publié qu'après le succès du petit sorcier de Poudlard, certes .... La première question que je me suis alors posée c'est "quelles sont les raisons de sa non publication 17ans auparavant alors qu'il connait maintenant un bon succès ?" : La France n'était-elle pas prête à accepter ce genre de littérature ? Le roman était-il trop mauvais ? Sophie Audouin-Mamikonian l'aurait-elle retravaillé pour le rendre plus attractif et ainsi plus proche de l'univers de Harry Potter ?

Car il faut bien l'avouer, il ne s'est pas déroulé un chapitre sans que je m'exclame en mon fort intérieur, mais purée c'est du copier coller d'Harry Potter quoi ! Alors pourquoi je pense dans le sens là et non dans l'autre (genre vu que Tara Duncan a été écrit 17 ans avant Harry Potter, c'est donc Rowling qui a piqué des idées à Audouin-Mamikonian) ? ....
Tout simplement parce que tout dans Harry Potter (malgré ses défauts, il n'est pas parfait non plus) a l'air naturel, a l'air original et se tient alors que tout ce que j'ai pu trouver de commun dans Tara Duncan fait du surjoué ..... C'est peut-être du parti pris, mais vraiment au détour des pages, rien ne me paraissait une invention naturelle de cette auteure ou alors c'est parce qu'il y trop de tout mais j'y reviendrai.
Olya a cité pas mal de points communs entre les deux séries, alors je vous invite à visiter son billet pour en avoir un meilleur aperçu.

Pour ma part, ce qui m'a frappée : la carte magique de Tara Duncan, les murs qui  bougent dans le château d'Autre Monde, les bonbons qui ont des goûts particuliers, le méchant Magister qui en veut à Tara Duncan (certes pas pour les mêmes raisons) mais qui surtout détestent les NonSorts (ceux qui ne possèdent pas de magie) et qui entretient une armée de Sangrave, masqués et habillés de gris ...

Mais le summum dans tout cela : les Familiers !!!!! Alors rien à voir avec Harry Potter pour le coup là, mais bel et bien avec les Daemon de la fabuleuse trilogie de Pullman A la croisée des mondes. Si on ajoute que dans cette dernière la relation à l'humain avec son animal de lien (comme celui du Vif dans La Citadelle des Ombres ou encore les dragons avec leurs chevaliers dans La Ballade de Pern) est puissante, émouvante, touchante et j'en passe, celle des Familiers avec leurs sortceliers est juste banal et artificielle.
Rien que l'arrivée du Familier de Tara .... pas n'importe lequel hein ? rien qu'un cheval Pégase, elle aurait voulu le Best du Best qu'elle n'aurait pas eu mieux .... Même qu'elle parvient à s'en trouver un peu de temps après son arrivée alors que son ennemie jurée, à 16 ans, s'en trouve dépourvue encore quelques temps ..... j'ai trouvé ça pitoyable.

J'étais d'ailleurs tellement partie dans ces comparaisons et ces copier coller, que même les noms me faisaient tiquer : Fafnir la naine amie de Tara (c'est le nom de l'espion de Jasper dans A comme association, mais pour un coup ce dernier est bien postérieur à la saga de Audouin-Mamikonian) ou Kimi le Familier lézard volant doré d'Angelica (je suis certains qu'il existe bel et bien un lézard de feu portant le même nom dans La Ballade de Pern).

Quant à l'histoire .... je parlais en premier lieu qu'on ne risquait pas de s'ennuyer, que c'était varié ... sauf que justement j'ai eu la sensation que c'était trop ... Dans un seul tome, on aurait pu faire tenir deux. trois histoires différentes .. Voyons ... Tara Duncan se rend compte qu'elle a un pouvoir magique, elle est obligée de se rendre sur Autre Monde pour être protégée de Magister,  elle est ensuite infectée par un démon, soignée par les Omoisiens puis capturée par Magister, et j'en oublie certainement ! Ah oui elle résout la dernière énigme dans une sorte d'Atlantide disparu, sauve ses amis, sa mère et tutti quanti ..... Bref tout cela pour un seul tome, j'ai trouvé ça trop tout simplement.
Tout comme tout ce monde de fantasy qui  se côtoie dans le même univers et est apporté dès le premier tome : des géants, des nains, des trolls, des vampyrs, des elfes, des dragons et des tas d'autres créatures mythologiques (Chimères. Harpies). Alors certes l'auteure s'est très bien documentée sur le tout mais était-ce vraiment nécessaire de tous les mettre dans le même monde ?

A présent le pouvoir de Tara Duncan ....  voilà qu'elle se découvre son immense pouvoir, dont elle est sensée ne pas savoir se servir, sauf qu'elle y parvient très bien, et de manière qui apparait facile et aisé, le tout dans un certain humour qui en fait ne m'a même pas fait sourire tellement il est convenu. Le tout en détestant ses pouvoirs magiques et en souhaitant en être débarrassée.

Parlons maintenant des autres personnages : les amis de Tara (immédiatement ses meilleurs amis) en dehors de Robin le semi-elfe (et encore le personnage aurait pu être plus travaillé, plus profond), les autres sont d'un fade ! Quant à Angelica, l'ennemie jurée de Tara.... ennemie dès les premières rencontres - exactement comme Dago Malefoy envers Harry Potter, sauf que ce dernier lui rendait bien son animosité et n'était pas particulièrement clément envers lui, alors que Tara est d'une patience et d'une gentillesse envers Angelica que cela en devenait très agaçant ...... En fait ce n'est pas tellement à Harry Potter que j'ai pensé à ce moment là mais, pardonnez moi de la comparaison, à Candy, xD .... La gentille et formidable Tara face à la méchante Angelica, jalouse et mauvaise comme la gale (elle s'appelait comment la peste qui déteste la mignonne et niaise Candy dès le premier regard ?).

Alors voilà pourquoi je taxais méchamment ce tome 1 de mauvais dans mes premières lignes, je ne doute pas qu'il puisse plaire, qu'il puisse même engendrer un formidable fan club, mais pour un adulte, il est juste insupportable, à l'image de cette Tara Duncan qui m'a excédée d'un bout à l'autre du roman.
Alors si j'en crois Phooka, il parait que c'est le plus mauvais de tous et que les suites sont mieux .... Personnellement je suis contente d'avoir lu le premier opus, pour ma culture générale, mais je m'abstiendrai de découvrir la suite.

Une dernière chose qui m'a fait bondir ....

"Tara se rendit compte que c'était une énorme araignée ! Enfin, pas tout à fait une araignée, car si elle avait bien huit pattes et huit yeux, sa queue se recourbait comme celle d'un scorpion et un vilain dard laissait sourdre une goutte de poison. [...]
- Alors voici, répondit l'insecte monstrueux...."

Parce que Tara, il faut bien le savoir, déteste les insectes hein ? sauf que l'araignée n'est pas ... un insecte mais un arachnide ....

Ailleurs
Olya Instantané .....

dimanche 19 janvier 2014

Trois soeurcières de Terry Pratchett

"Le vent hurlait. La foudre lardait le pays comme un assassin maladroit. Le tonnerre roulait en va-et-vient sur les collines sombres cinglées de pluie.
La nuit était aussi noire que l'intimité d'un chat. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l'échiquier du destin. Au coeur des éléments déchaînés, parmi les bouquets d'ajoncs dégoulinants, luisait un feu, telle la folie dans l'oeil d'une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix effrayante criailla :
- Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ?
Une pause suivit.
Enfin, une autre voix, beaucoup plus naturelle, répondit :
- Ben, moi, j'peux mardi prochain."

Ce début des Trois soeurcières, tome 3  des Annales du Disque Monde, introduit bien l'ambiance de ce roman. Autant j'avais pu être un tantinet déçue par certains des tomes lus précédents, autant celui-ci m'a enthousiasmée au même point que lorsque j'avais découvert Pratchett au travers La huitième couleur.
On m'avait dit que Trois soeurcières comptait parmi les meilleurs de Pratchett, je peux alors le confirmer, oui il l'est.

C'est l'histoire d'un roi assassiné (et qui, dans le même temps, devient un fantôme destiné à hanter les murs de son château) par le duc Kasqueth dont l'enfant se retrouve sous la responsabilité de trois sorcières mais pas n'importe lesquelles : Magrat Goussedail la benjamine, Nounou Ogg et la fameuse Mémé Ciredutemps. Or comment protéger un enfant si ce n'est le faire adopter par une troupe de théâtre ambulant (avec sa couronne tant qu'à faire) ? : de quoi faire de belles parodies des pièces de Shakespeare.
Et nous voici partis pour une belle série d'épisodes loufoques, de dialogues savoureux et plein d'humour, de décalage (notamment entre les trois soeurcières qui ne sont quasiment jamais en accord, un vrai régal), des moments à mourir de rire ... bref du grand Pratchett.

Le passage où Mémé Ciredutemps assiste à sa première pièce de théâtre est juste désopilante.

"...et Magrat commençait à se dire que Mémé n'avait pas encore saisi tous les principes de l'art dramatique.
Pour l'heure, elle trépignait de rage sur son siège.
- Il l'a tué, souffla-t-elle. Pourquoi est-ce que personne ne fait rien ? Il m'a tué ! Là, devant tout le monde !
Magrat s'accrocha désespérément au bras de sa collègue qui se débattait pour se mettre debout.
- Tout va bien, chuchota-t-elle. Il n'est pas mort !
- Est-ce que tu me traiterais de menteuse, ma fille ? fit sèchement Mémé. J'ai tout vu !"

Il est inutile de dire que Mémé a un sacré tempérament, un sacré caractère et que c'est mon personnage préféré.

Dans le même genre, les relations entre le fou et Magrat, le passage au cachot de Nounou font aussi partie des meilleurs moments de cet opus des Annales du Disque Monde.

En conclusion (je ne peux faire guère plus en matière de billet, ma lecture remonte à un sacré bout de temps !) j'ai vraiment adoré Trois soeurcières à tout point de vue, je pense même que c'est mon favori dans tous ceux que j'ai lu, du coup cela m'a redonné envie de me replonger dans les Annales du Disque Monde.
S'il y a bien un Pratchett qu'il faut lire, c'est celui-ci !

Seule déception (qui n'a rien à voir avec le roman), j'ai reçu ce livre là à un Noël et pas en livre de poche alors que ma collection avait débuté avec ce format là, de plus la couverture d'Atalante est juste hideuse !

Ailleurs

vendredi 17 janvier 2014

Artemis Fowl de Eoin Colfer

Artemis Fowl est un anti-héros, il est dangereux, impitoyable voire cruel. Descendant d'une grande famille de voleurs, il a pris la décision de la renflouer par un coup de génie : voler l'or réputé imprenable des Fées, petit Peuple qui vit sous terre, à l'abri des folies des hommes, en compagnie de gobelins, trolls et autres nains.
Artemis Fowl est un génie, ce que l'on appelle un prodige et il n'a que douze ans.

Son plan ? récupérer le Livre et enlever une Fée .... ce sera le commandant Holly.
Ses atouts en dehors de sa brillante intelligence ? son majordome et garde du corps Butler et la fille de ce denier Juliet.

J'avais déjà lu Artemis Fowl il y a plusieurs années et cela m'avait bien plu. Un peu moins là à sa relecture bien que ce soit un livre pour le moins original : en effet il est rare les romans dans lesquels on a envie que le héros perde et soit puni. Pour le reste, ce personnage est tout de même fortement antipathique et si l'humour donne de l'intérêt au début, celui-ci ne suffit plus ensuite à masquer un petit ennui en cours de lecture.

Les personnages sont très stéréotypés et pas très étoffés. Une petite mention d'honneur pour Mulch le nain qui creuse des tunnels à la façon des vers de terre, en absorbant de la terre par la bouche et en la rejetant par l'autre trou .... ce qui a valu quelques gags plutôt marrants, car ce pauvre Mulch après une absorption massive a des gaz .....

Donc j'avoue un peu avoir été déçue par cette relecture, après voilà il s'agit d'une série jeunesse qui probablement plaira au public concerné. Et puis le Peuple des fées est tout aussi atypique, à la tête d'une technologie avancée et utilisent, en plus de la magie, des pistolets à neutrino et des ailes porteuses téléguidées.
Il est quelque fois difficile de rédiger des billets sur des romans dont on n'est pas le public visé en premier lieu, en tant qu'adulte, on a forcément certaines attentes qui ne sont pas les mêmes que celles de jeunes, après j'aime découvrir la littérature jeunesse, parce que, en dehors du côté professionnel, c'est toujours intéressant de voir ce qui est publié actuellement (surtout lorsqu'on a grandi avec les bibliothèques roses, vertes, rouge et or etc .... qui avaient tout de même à la fois un côté moralisateur et un côté apprentissage de la vie : on ne trouvait guère de personnage à l'image d'un mauvais Artemis Fowl).
Alors je ne veux pas non plus condamner trop rudement ce livre-ci, il  n'est certes pas digne de série excellente comme A comme association mais il ne touche pas non plus les mêmes âges ; Artemis Fowl est fait pour de jeunes ados de 10. 11 ans et je pense sincèrement qu'il peut plaire.

Je vais tout de même lire les deux suites puisqu'elles sont présentes à mon école, on verra pour les tomes suivants, si j'accroche, si Artemis se révèle un peu plus humain et sensible par la suite ( j'avais lu le tome 2 mais je n'en ai guère de souvenirs).

Ailleurs