samedi 30 octobre 2010

Le grand passage de Cormac McCarthy

Arizona .. à la veille de la seconde Guerre Mondiale ... Billy traque inlassablement une louve qui s'attaque au troupeau familial jusqu'au moment où , parvenu à la piéger, il choisit de lui conserver la vie et de la ramener sur ses terres natales .. au Mexique.
S'ensuit alors un long voyage, dans le style puissant et intense de McCarthy, dans le monde impitoyable d'hommes sans foi ni loi ....

Le grand passage est le second roman de la Trilogie des Confins, il ne fait pas suite directement au premier puisqu'il ne s'agit aucunement des mêmes personnages mais met en scène les mêmes lieux, les mêmes paysages et les mêmes tragédies.
Oserais-je dire que l'on prend "presque" les mêmes et que l'on recommence ?
Oui j'ose ... car ce roman est tellement semblable au premier que j'avoue m'y être ennuyée, voire plutôt lassée de ce voyage .. ou même de ces trois voyages ... le premier pour ramener la louve, le deuxième pour récupérer les chevaux volés familiaux, le troisième pour rechercher le frère disparu .. trois voyages qui se soldent par des échecs ... trois voyages dans lesquels les mêmes questions se posent : que fait-on ? je ne sais pas, où va-t-on ? je ne sais pas ... comme si les personnages se laissaient glisser dans un destin qu'ils ne choisissent plus ...

On fait presque les mêmes rencontres que dans De si jolis chevaux, des mexicains qui, dans un pays touché par la révolution, ne connaissent plus d'autre loi que la leur, en contrepartie avec ces paysans pauvres mais généreux, solidaires .. on retrouve cette chasse aux disparus, la rencontre avec un personnage qui change le cours des évènements (ici une jeune fille que Billy et son frère sauvent de violeurs et qui les suivra durant un temps et qui par la suite s'enfuira avec le frère de Billy), l'histoire d'un personnage marqué par la révolution (là un vieil aveugle qui raconte son histoire à Billy) ...
Le premier tome de la trilogie renvoyait à un voyage initiatique ... j'ai découvert et aimé une autre façon d'écrire de Mc Carthy ... mais là non la sauce n'a pas pris malgré la qualité d'écriture (mais qui somme toute est, elle aussi, parfaitement égale au premier tome).

Et puis je rajouterai un point de détail qui ,s'il m'a gênée durant le premier tome, m'a carrément horripilée sur ce second tome, ce sont tous ces passages de dialogue en espagnol, j'ai beau en avoir fait 6 ans au lycée, j'avoue ne plus en avoir le moindre souvenir, à peine quelques mots par ci par là, ce qui fait que la plupart des échanges entre le personnage principal et ses rencontres me sont totalement incompréhensibles et qu'il faut bien lire le récit qui suit pour avoir une idée de ce qui a pu se dire ... c'est franchement pénible ...
Bilan donc très mitigé cette fois ci ... ce qui m'amène à douter si je vais lire le troisième tome de cette trilogie, en tout cas pas pour l'instant ...

Citations
Ils couraient dans la plaine à la poursuite des antilopes et les antilopes se déplaçaient comme des fantômes dans la neige et voltaient et tournoyaient et la poudre sèche soufflait autour d'elles dans la froide lueur de la lune et leur haleine montait en pâle fumée dans le froid comme si elles avaient brûlé d'on ne savait quel feu intérieur et les loups se tordaient et tournoyaient et bondissaient dans un tel silence qu'ils semblaient d'un autre monde tout à fait différent. Quand reprenaient les flammes ses yeux brûlaient comme des lampes aux portes d'un autre monde. Un monde qui brûlait au bord d'un vide inconnaissable.

Il dit que le monde ne peut être connu que tel qu'il existe dans le coeur des hommes. Car si le monde semble être un lieu où résident les hommes c'est dans l'homme en réalité que réside le monde et pour le connaître c'est donc là qu'il faut chercher et apprendre à connaître le coeur des hommes et pour cela il faut vivre avec les hommes sans se contenter de passer parmi eux.

Achats d'Automne (2)

Mince là je me cache sous ma PAL, de honte, j'ai encore craquéééééé !
4 livres arrivés ce matin qui viennent compléter ma bibliothèque que j'avais savamment rangée pour pouvoir en accueillir d'autres (c'est fait ! )

- A vos souhaits de Fabrice Collin
- Le lézard lubrique de Melancholy Cove de Christopher Moore
- Une seconde avant Noël de Romain Sardou
- Le livre des choses perdues de John Connolly

Ce qui fait qu'à l'heure d'aujourd'hui il me reste exactement 25 livres encore à lire !!!

Ces livres sont tous dans des lectures potentielles à faire avec le Cercle d'Atuan, le premier étant prévu en lecture annexe et les 3 suivants soumis au vote pour une lecture commune du mois de Décembre (oui j'avoue j'ai anticipé leurs achats, avant même que l'un d'entre eux ne soit élu ou pas, lol, mais ils me tentaient trop tous les trois !) : ce sera ma première LC avec ce forum.

Et je profite de ce billet pour justement faire un petit clin d'oeil au Cercle d'Atuan qui réunit des passionnés de lectures imaginaires, afin de partager leurs lectures mais aussi de proposer de lire ensemble des oeuvres proposées et ceci dans une ambiance détendue et réellement conviviale ..
Je ne suis pas une habituée des forums de façon générale (timidité quand tu nous tiens !) mais je tiens à dire que je suis vraiment heureuse que l'on m'ait forcée la main (au passage merci à Tigger Lilly pour ses nombreux coups de pieds au derrière pour m'inciter à franchir le pas, j'avoue que je lui ai donné pas mal de travail :p) parce que c'est une réelle découverte de personnes accueillantes, humaines, vraiment sympathiques et surtout qui ne jugent pas ... et cela c'est vraiment rare de nos jours, surtout derrière un écran d'ordinateur.
Alors je dis merci au Cercle de m'avoir accueillie si gentiment et longue vie !!!

dimanche 17 octobre 2010

La Horde du Contrevent de Alain DAMASIO

A livre atypique, billet atypique ...
Non non je n'ai pas fini La Horde , pas encore car je le lis plutôt lentement et ce pour deux raisons:
- d'une part il n'est pas facile à lire, du fait du style, des tournures de phrases, des jeux de mots ... qui sont très élaborés.
- d'autre part, c'est un livre qui se ... savoure ....

Comment je suis arrivée à la Horde ? tout simplement dans le cadre d'une lecture commune avec Tigger Lilly et Lael ...
Pourquoi je fais déjà un petit billet sur ce roman ? parce que j'ai envie , j'ai très envie de partager ce que je ressens à la lecture de ce livre et pourquoi pas échanger dessus ?

La Horde ... ce sont 23 personnages, 23 héros, 23 "fous" ? 23 individus donc qui remontent la Terre à pied pour rencontrer les 9 formes du vent et surtout arriver à sa source ... 23 hommes et femmes qui tels, des chevaliers du Moyen Age cherchent le Saint Graal ... au delà de leurs forces, au delà de leur courage ...
Vont-ils y parvenir ? vont-ils seulement arriver au bout de leur route ?
On pourrait presque en douter rien qu'en observant que le livre se décompte à l'envers, on débute à la page 700 pour descendre vers la page 0 ... vers où ? un compte à rebours vers leur fin ? vers leur réussite ? sont-ils les derniers à tenter ce contre ? la façon dont ils peuvent y parvenir aurait-il finalement plus d'importance que le fait même s'y arriver ?

Chaque personnage est symbolisé par un signe grec et raconte la façon dont il vit les évènements, les tragédies et les peurs, le fait de changer sans cesse de narrateur n'est pas gênant en soi , le récit suit une continuité qui fait qu'on pourrait presque se passer de savoir qui raconte (bon pas moi, car j'ai encore le nez dans le marque page à la recherche du nom qui symbolise Golgoth, Caracole, Sov etc ... ah ah triste mémoire !!!)

La Horde chemine en formation (qu'on pourrait taxer de militaire) en trois parties (telles les 3 parties du squelette humain : la tête, le tronc et les membres)
- Le Fer qui compte 6 membres : un traceur, un scribe, un prince, un géomaître, un pilier et un combattant protecteur
-Le Pack qui compte 13 piétons (16 est écrit dans un passage du livre, erreur de frappe ? ou est-ce le total normal d'un pack ?) : 4 artisans, 2 ailiers, une sourcière, une soigneuse et un aéromaître ; 2 oiseliers chasseurs, un fleuron et un éclaireur.
Après j'avoue que je sèche sur la place du troubadour Caracole, fait-il partie du pack ou gravite-t-il autour des 3 axes sans place définie ?
La logique voudrait qu'il soit dans le pack puisque tous ont un rôle bien défini, mais ce n'est pas dit de façon explicite.
- La traîne ; les Crocs qui trainent les traineaux, ils sont trois.

Je trouve que ce livre a une puissance peu commune, de par sa rédaction de qualité, de son histoire qui prend aux tripes dès les premières pages (sans rien savoir des personnages, de leur histoire, du pourquoi du comment, on est immédiatement projeté dans l'action).
Je crois que j'ai presque pas cligné des yeux durant tout le premier chapitre tellement que j'étais scotchée par l'intensité du récit. Et je n'en suis sorti qu'au deuxième chapitre, quand enfin on peut un peu souffler .... pour me dire : waohh mais c'est quoi ce livre là ?
Et depuis je ne le quitte plus !
C'est un livre univers, tel un Herbert, où tout un monde est créé, vit, a sa logique, son histoire, d'ailleurs la vie impitoyable de la Horde, leur opiniâtreté, leur dureté au mal et aux épreuves m'évoquent un peu les Fremens de Dune qui survivent aussi dans un monde inhumain.
Après je n'en dirai pas plus pour aujourd'hui, je ne veux surtout pas gâcher la découverte de mes deux partenaires de lecture, mais peut être ce billet sera-t-il l'occasion de partager nos première impressions ?

Juste deux citations pour commencer :
"On faisait bloc. On était bloc. Inexpugnable. Indélogé."

" Ceux qui vous disent "pendant la vague, j'ai pensé à ceci et à cela" mentent. Quand elle passe, tu ne penses plus. Tu oublies ce que tu voulais faire, rêvais d'être, croyais pouvoir. Le corps seul répond. Et il répond ce qu'il peut."


mercredi 13 octobre 2010

La huitième fille de Terry PRATCHETT


La huitième fille est le 3ième opus des Annales du Disque Monde, pour autant il n'est pas obligé de lire celui ci en 3ième position, seuls les deux premiers : La Huitième couleur et le Huitième sortilège se suivent.
Pour des raisons de praticité, j'ai décidé de les acheter et de les lire dans l'ordre.

Nous revoici donc sur le Disque-Monde, univers atypique où la magie n'a guère de règles, sauf celle ci : les successions de mages se font de huitième fils en huitième fils.
Sauf que dans ce cas là, le huitième fils à qui transmettre le fameux bourdon (sorte de bâton qui peur servir à la fois de baguette magique et de balai, et qui a une conscience propre, un peu comme le Bagage de Deux-Fleurs le touriste des 2 premiers tomes) qui le sacre mage, est une ... fille. Et pas n'importe quelle fille, Eskarina est une enfant qui n'a pas froid aux yeux et surtout qui pratique la magie complètement à l'intuition et aux sensations ... ce qui donne quelques sueurs froides à ceux qui en subissent les conséquences ou qui tout simplement, tentent de lui mettre des bâtons dans les roues.
Car si sur le Disque Monde, seuls les garçons peuvent devenir mages (et les filles sorcières), Eskarina et sa grand mère, la sorcière Mémé Cirdutemps (une vieille femme revêche et têtue mais qui aime beaucoup sa petite fille) ne l'entendent pas de cette oreille ...

Ce troisième tome est moins décousu que les deux premiers et se lit donc plus aisément, de plus l'univers particulier de Pratchett, son humour atypique, sa parodie de la fantasy n'est plus une nouveauté, ("Les cavernes des nains résonnaient d coups de marteaux, mais c'était surtout pour faire de l'effet. Les nains avaient du mal à réfléchir sans le bruit des marteaux pour les apaiser. Les bureaucrates nantis payaient des lutins pour cogner sur de petites enclumes de cérémonie, uniquement pour maintenir leur bonne image de marque." ) On se laisse donc tout doucement glisser dans ce monde que l'on connait, avec un certain plaisir, voire une délectation certaine .... on rit même franchement à certains passages. Bref lire les Annales du Disque Monde reste une grande détente et la perspective de passer de bons moments.

Citations :
Un instant plus tard ils réapparaissaient, retiraient prestement la main d'un sac ou d'une poche et concourraient pour le titre mondial de Marche Nonchalante avec un réalisme à faire douter un observateur de ce qu'il venait de voir.

Pour un télépathe, le cerveau humain n'est que vacarme. C'est un terminus de chemin de fer quand tous les haut-parleurs s'égosillent en même temps. C'est une bande FM complète -et certaines stations ne sont pas recommandables, stations pirates bannies sur des mers interdites qui passent tard dans la nuit des chansons aux paroles limbiques
.

Ailleurs
Dragon galactique
elbakin

samedi 9 octobre 2010

Robe de marié de Pierre LEMAITRE


Cela faisait un bon bout de temps que je n'avais pas lu de thriller, au point que le dernier lu en date avait été une catastrophe : cela dit c'était une catastrophe tout court tant d'un point de vue intrigues que style littéraire, si je me souviens bien du titre c'était Sans un mot de Harlan Corben.
Je l'avais chroniqué dans Babélio à l'époque où ce blog n'existait pas mais j'ai renoncé à le transmettre ici par la suite.
Je me lance alors pour le roman de Pierre Lemaitre (livre qu'on m'a prêté).

Sophie est une jeune femme dont rien ne présageait qu'elle sombrerait dans une folie proche dans la démence, une vie sans histoires, un mari, un appartement à Paris, un métier dans lequel elle se réalise. Et brusquement tout bascule, peu à peu elle commence à perdre des objets, à ne plus se rappeler de ce qu'elle fait, elle perd peu à peu les pédales et son chemin se parchemine de cadavres sans qu'elle ait le moindre souvenir de les avoir tués. Toute la première partie du roman est axé sur elle, sur sa lente descente aux enfers, sa fuite en avant, la construction de sa nouvelle vie ....
La deuxième partie se focalise sur Franz, celui dont on va apprendre qu'il est la cause de tous ses tourments .. et ce qui m'a frappée c'est que le manque d'empathie que je ressentais envers Sophie durant tout le début du roman, s'est enfin révélé à travers les actions de son bourreau mental, lorsqu'on réalise peu à peu de quelle manière il a réussi, de façon monstrueuse, à la détruire. Probablement parce qu'on n'en revient pas qu'un individu, même psychopathe, puisse à ce point vouloir systématiquement briser quelqu'un ... tout en donnant l'illusion de vouloir prendre soin d'elle. Et surtout en restant comme spectateur de ce qu'il induit .... C'est plutôt intéressant comme façon d'appréhender la psychologie des personnages.
Cela commence très vite, le rythme est très soutenu, ce qui fait que l'on rentre très rapidement dans l'histoire. En dehors du manque de compassion pour Sophie, qui a été comblé par la suite, c'est presque le personnage monstrueux qui est le plus attachant. Et surtout les personnages ne sont pas positionnés dans leur rôle de victime, bourreau, les rôles vont même s'inverser à la fin.

Après je regrette avoir trop vite deviné qui allait devenir Franz dans la vie de Sophie, du coup l'intrigue en a pâti un peu. Néanmoins la fin ne démérite pas, le dénouement est même l'oeuvre d'un personnage totalement secondaire.
Je dirais que c'est un bon thriller de détente, rapidement lu, sans difficultés, une intrigue qui tient la route, mais néanmoins pas un livre dont on sort transformé ou bouleversé.
Maintenant, peut-être aussi que je n'accroche plus à ce genre littéraire ?

Pour en savoir plus
Ce livre a reçu plusieurs prix :
Le Prix des lectrices Confidentielles 2009 ; le Prix Goutte de Sang d'Encre, Vienne 2009 ; le Prix d'Encre lycéens, Vienne 2009 et le Prox du Polar de Montigny les Cormeilles 2009.

Une interview de l'auteur ici

Ailleurs
Moisson Noire ; Liratouva2


jeudi 7 octobre 2010

Lectures en cours (4)

Quelles lectures prévues pour le mois d'Octobre ?
Ce mois ci, je me limite, par manque de temps et livre assez conséquent à entamer :

- La Horde du Contrevent de Alain DAMASIO
Un groupe d'élite, formé dès l'enfance à faire face, part des confins d'une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l'origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un noeud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d'un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou.

-Robe de marié de Pierre LEMAITRE
Nul n'est à l'abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s'accumulent puis tout s'accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n'a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite ; elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape ...

Achats d'automne


Bon j'ai un peu dérogé à ma règle qui consistait à ne plus acheter de livres .... non pas pour faire baisser la quantité de livres qui m'attendent encore (au contraire j'aime accumuler les livres d'avance, cela me rassure, le fait de ne pas manquer de lecture avant quelques mois !) mais pour épargner un peu ma CB !

Bon néanmoins j'ai été raisonnable, deux achats seulement ce mois ci :
- La Horde du Contrevent de Damasio
- Le Trône de Fer Intégrale 4 de Martin (indispensable même si j'ai réussi à résister à la lecture de l'intégrale 3 pour l'instant)

A ceci s'ajoute un CD d'Omnia, (pas encore reçu à ce jour) parce que je suis lassée de l'écouter en boucle et par petits morceaux sur YouTube, et que j'ai envie de découvrir enfin un album en entier !
Et aussi deux livres qui sont arrivés par surprise dans ma boite aux lettres (merci élo ^^) il y a une semaine et qui vont bien entendu entrer dans ma bibliothèque parmi les livres en attente de lecture.
- Un visage pour l'éternité de C.S. Lewis
- L'Insigne du chancelier Les lames du roi 1 de Dave Duncan

mercredi 6 octobre 2010

Prix Les Incorruptibles

Suite à ma présentation du Prix des Incorruptibles dans mon précédent billet, et après lecture des 6 livres prévus au vote, je vais écrire quelques mots sur ceux qui sont plutôt ciblés fantasy et SF.

Tim-sans-dragon d’Agnès LAROCHE

Timothée, surnommé ironiquement Tim-sans-dragon par les enfants de son âge, vit seul en Ironde avec sa mère dans une petite chaumière, à la lisière d’une cité gouvernée par un despote qui, pour garder la main mis sur son royaume a exilé en Andalie tous ceux qui potentiellement pourraient lui résister, dont le père de Tim …
Quand Tim l’apprend, son plus cher désir devient alors de le retrouver … en cela il va être aidé par son cadeau d’anniversaire, un poussidragon, animal étrange, qui va se révéler plus intéressant qu’il l’aurait cru de prime abord.

Bon .. nous sommes dans un roman de fantasy pour enfants … on en a les éléments : une quête qui semble impossible, des dragons .. l’originalité du roman consiste en cette race étrange : que sont ces poussidragons ? ce sont en fait de gros poussins jaunes, mais dont les plumes recouvrent un corps écaillé vert sombre, leur tête est prolongée d’un bec, ils vivent en troupeau, sont des animaux très doux que l’on peut manger ou dresser à être montés.
Mais celui de Tim est particulier, non seulement il a des pattes qui ressemblent de façon troublante à celles des vrais dragons mais en plus, il peut voler !

C’est bien rédigé et l’histoire est bien construire : l'écriture est fluide et agréable. Certes c’est horriblement manichéen, les méchants sont vraiment méchants et les gentils pétris de bonnes intentions, le personnage principal est attachant et s’il a tout pour échouer, il réussit parce qu’il est aidé quand il le faut … une belle histoire qui se termine bien en somme. Idéal en fait pour travailler la construction du récit dans la production d'écrit : situation initiale / élément déclencheur / aventures et péripéties / dénouement / situation finale.
Bon je n'ai pas été transportée plus que cela pour ce roman dont je déplore le manque de piquant et bien sûr le manichéisme dont j'ai déjà parlé mais pour autant c'est accessible à des lecteurs moyens, c’est un roman qui s’adresse non à des adolescents mais à des enfants et en fin de compte c’est une bonne entrée en matière pour découvrir la littérature fantastique.

Extrait
Incrédule, il contempla les ailes que le poussidragon avait cachées jusque là sous son plumage : immenses, vert foncé, écailleuses, robustes, elles battaient l’air d’un mouvement puissant qui leur faisait gagner de l’altitude à chaque seconde.

La guerre des livres de Alain GROUSSET

Shadi, jeune pilote de la Sécession, un groupe qui s’oppose à l’Empereur qui menace de contrôler tout l’univers, échoue sur une planète inconnue, la planète Libel sur laquelle sont stockés tous les livres qu’un conservateur passionné tente de sauver de leur disparition, à cause de leur numérisation à tout va. Et cette bibliothèque va se révéler un atout de taille lorsqu'il s'agira de retrouver le remède à la maladie de la fille de l'Empereur .. un livre pour sauver une vie ...

Livre de SF adapté aux enfants, le style est relativement simple et facile à comprendre, on a là tous les éléments du genre : planètes, vaisseaux, haute technologie des équipements … A la rigueur c’est vraiment très stéréotypé. Et j'avoue que si cela se lit très bien, cela ne m’a pas vraiment emballée sauf par le sujet principal : dans un monde où tout a été numérisé, où les livres n’ont plus leur place, c’est un herbier conservé dans une bibliothèque, qui va détourner le cours des évènements.
Voilà d'ailleurs un bon sujet de débat à mener en classe : que pensez vous de la disparition de l'objet livre au profit des livres numérisés ?

Extraits
Serais-tu de ceux, qui comme l’Empereur, ont décidé que les livres ne servaient plus à rien, qu’ils prenaient beaucoup de place, et que les consulter était trop long ? C’est oublier un peu vite qu’un livre est un objet que l’on peut toucher.

Lui, qui possédait sur sa planète un e-book dans lequel était téléchargés des centaines de romans et de documentaires, découvrait ici la lecture à travers le support papier. La grande différence, outre la texture et le bruit des pages qu’on tourne, était l’odeur. Chaque livre dégageait un parfum différent, mélange subtil entre la qualité du papier et l’encre utilisée.

Je fais un petit aparté sur quelque chose qui m'a par contre beaucoup plu dans ce roman, les citations portant sur la lecture qui précèdent chaque chapitre, je ne résiste pas à en recopier quelques unes :
Citations
Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois Pierre Dumayet
Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux Jules Renard
Une pièce sans livres, c’est comme un corps sans âme Cicéron
Les livres nous obligent à perdre notre temps de manière intelligente Mircea Eliade
Le monde se divise en deux : ceux qui lisent des livres et ceux qui écoutent ceux qui ont lu des livres Bernard Werber
La lecture : une porte ouverte sur un monde enchanté François Mauriac
Une lecture bien menée sauve de toute, y compris de soi-même Daniel Pennac
Ceux qui brûlent les livres finissent tôt ou tard par brûler des hommes Heinrich Heine
Peu de livres changent une vie. Quand ils la changent, c’est pour toujours Christian Bobin
Un livre est une fenêtre par laquelle on s’évade Julien Green

lundi 27 septembre 2010

Litterature Jeunesse (1)

Parce que boulot et passion peuvent tout à fait se coupler, je fais un petit break dans mes lectures "adultes" pour aborder la lecture jeunesse.
Type littéraire que je côtoie depuis sommes d'années d'une part parce que nos programmes nous y obligent mais surtout parce que l'univers magique dans lequel me plongeaient mes lectures enfantines n'est pas si loin dans mes souvenirs et que je prends toujours autant de plaisir à en lire ainsi qu'à les faire partager à mes élèves, eux même passionnés ou non ...

Depuis plusieurs années, en dehors de leur lire à voix haute des livres, je les inscris à des Prix littéraires ou des manifestations de lecture
L'an dernier ma classe a participé au Prix Chronos, qui, fondé en 1996 par la Fondation Nationale de Gérontologie, propose aux participants de lire des ouvrages ayant pour thème : la mort, la vieillesse, les relations inter-générationnelles ....et de sélectionner celui qui leur a le plus plu.
Voici les résultats de l'an dernier : prix Chronos 2010 ; livre qui a aussi été plébiscité par mes lecteurs.

En même temps, ils ont pris part à une manifestation littéraire intitulée Notes de Lecture,
dont le thème portait sur Objets insolites (maison, arbre, nounours, chaussures ..) et dont le projet consiste à théâtraliser et mettre en son et musique un album, ce qui est loin d'être facile.
Notre choix s'est porté sur le Pacificateur (qui n'a rien à voir avec le film mais a permis de faire une bonne introduction à la mise en scène).

Cette année, en plus du Prix Chronos, mon choix s'est porté sur le Prix des Incorruptibles, dont voici la sélection
- Angèle ma Babayaga de Kerménéven de Richard COUAILLET (livre qui fait partie aussi de la sélection du Prix Chronos ce qui va permettre de faire un pont intéressant entre les deux)
- Cascades et Gaufres à gogo de Maria PARR
- Tim sans-dragon de Agnès LAROCHE
- La guerre des livres de Alain GROUSSET
- Les arbres pleurent aussi , album de Irène COHEN-JANCA (illustrations de Maurizio A.C. QUARELLO)
- Thiên An ou la grande traversée, album de Valentine GOBY (illustrations de Ronan BADEL)

La sélection me plaît beaucoup car les thèmes sont très variés : relations humaines, fantasy, science fiction, documentaire et guerre, ce qui ouvre à beaucoup de styles différents.

Pour terminer ce billet j'énoncerai les points essentiels d'un BON livre de littérature jeunesse
- Pour commencer, point primordial, à l'ère du langage SMS et MSN, la rédaction soit être soignée, elle s'adresse à des enfants mais sans rentrer dans un langage bêtifiant, car s'ils utilisent couramment le langage raccourci sur les téléphones portables et les ordinateurs, les enfants savent pertinemment qu'on emploie le français ... en classe et ... dans les livres. Et ils savent aussi apprécier une bonne littérature.
- Ensuite, pour rester dans le même ordre d'idée, si le livre s'adresse à des enfants il ne doit pas pour autant les prendre pour des ânes bâtés à qui il faut tout mâcher avec des phrases simples, un vocabulaire enfantin ou pauvre ; mais plutôt les ouvrir aux références culturelles et à l'implicite ! à un vocabulaire compréhensible dans le contexte !
- Et enfin, laisser livre cours à l'imaginaire et au rêve afin qu'ils apprivoisent un monde un peu différent de leurs jeux vidéos et de la télévision.

RV à la fin de l'année pour leurs choix sur les deux prix, pour ma part j'ai quelques livres sous le coude à rapidement dévorer (ils les réclament déjà !!!)

mercredi 15 septembre 2010

Chien du Heaume de Justine NIOGRET


Si je veux être honnête, ce n'est ni la couverture (somme toute relativement glauque voire même plutôt laide au premier abord mais qui après lecture cadre parfaitement avec l'ambiance) ni la quatrième de couverture qui m'a incitée à acheter ce premier roman de Justine Niogret .. juste le fait qu'elle avait été primée aux Imaginales 2010, festival auquel je me suis rendue au mois de mai dernier. (CR ici).
Si je continue dans l'honnêteté, j'avoue aussi que le livre ne m'a pas accrochée de suite ... sensation d'un roman qui peinait à se mettre en place, qui n'allait même nul part, avec des personnage, notamment la principale, qui semblaient rester en surface, auxquels je peinais à m'attacher ...

Tout ceci durant les premières pages ... et puis .. l'alchimie s'est accomplie .. d'un coup je suis entrée dedans et n'en suis plus ressortie ...
Car c'est bien écrit déjà ... c'est même excellemment bien rédigé ... le style est puissant, convaincant, presque cru et tout simplement beau ... et les personnages sont, en dépit de leur laideur, de leurs affres, de leur saleté, profondément attachants .. ce sont des anti héros, ce sont des humains tout simplement avec leurs peurs, leurs angoisses, leurs envies d'être aimés et de ne pas trop vite être oubliés .. le tout dans un monde moyenâgeux aucunement enjolivé, un moyen âge où la pauvreté sévit, la saleté des rues, la froidure des hivers et des castels règnent en maitre ... un roman médiéval principalement ... avec des termes médiévaux qui témoignent d'une très bonne connaissance de la période de la part de l'auteur.

Avec quelques éléments de fantasy tout de même .. déjà la quête insolite du personnage principal .. ensuite la présence hypothétique d'un enfant fée au détour d'un bois et surtout l'arrivée inopinée d'un personnage mystérieux, la Salamandre, dont les déplacements ne sont pas réellement humains ... personnage ô combien étrange qui symbolise essentiellement les questions que se pose le Sanglier sur sa vie, son passé, ses combats, ses pertes et son avenir ....
Car certains personnages ont nom d'animaux (pour nous les rendre plus inhumains alors qu'ils le sont plus que tout ?) : le Sanglier, (Bruec de son vrai nom) petit seigneur d'un castel qu'il a souffert pour posséder, et surtout Chien du Heaume .... qui est une femme ... une femme laide et un peu grasse qu'on croirait forte au premier abord car c'est une mercenaire qui n'hésite pas à trancher dans le vif et l'os, mais il n'en est rien ... et c'est sa sensibilité, sa solitude surtout qui touchent, qui émeuvent .... cette femme qui est à la recherche de son nom et de son identité ... de son passé ..
Une véritable quête qui en fin de compte l'amènera au devant de l'autre ... avec une fin somme toute assez frustrante car ouverte !

Pour terminer il ne faut surtout pas passer à côté du Lexique à l'usage des étrangers aux armes, armures et pièces d'équipements médiévaux ... qui explique avec beaucoup d'humour tous les mots employés dans le récit .. c'est tordant surtout après la lecture de ce roman relativement sombre ... et donne à penser que Justine Niogret a plus d'un tour dans son sac .. je suis curieuse de découvrir ce qu'elle écrira par la suite.
Je ne résiste pas à quelques passages de ce lexique :
CRUOR : Sang, boyaux, tripes, tout ce qui sort d'un animal fraîchement abattu. Bref, tout ce que votre chat laisse en cadeau sur votre paillasson après avoir attrapé un oiseau, une souris, un rat.
CUISINE La cuisine médiévale c'est simple, il suffit de faire la guerre, mais dans la cuisine.

Extraits
"On les aime car ils tiennent les veillées par leurs histoires, certes, mais on les craint aussi, puisqu'ils savent faire pire que ceux qui coupent la chair avec leurs lames. Eux peuvent couper les âmes avec un seul mot."

"Je suis mercenaire, et je crois que le métier des armes n'a qu'un but : survivre. Que ce soit aux coups ou au temps. Je n'ai plus de famille, je l'ai perdue avec mon nom ; qui me pleurera lorsque je serai passée ? Je ne survivrai ni dans le regard ni dans les rêves de ceux que je laisse derrière moi ; je suis seule."

"Un nom fait toute la différence, parce que tout ce qui a de l'importance, sur cette terre, en porte un. " "Bruec était ce que Chien connaissait de mieux d'un racine, d'un sang, d'un pays et d'une famille." "Et rien, de la colère qui brûlait Chien depuis sa naissance, ne sut la sauver à ce moment ; rien de sa rage, rien de ses combats. Il n'y avait plus que la solitude qu'elle avait toujours connue, celle-ci tout entière plantait à nouveau ses crocs en elle, venait de geler son coeur si profond qu'il n'en restait que poudre de glace."

Pour en savoir plus

Une interview sur le Cafard Cosmique : J'en cite juste un passage "coup de poing" : "Et puis je trouve , à mon sens, qu'un bon livre est un peu comme un coup de pied dans le ventre, ça coupe le souffle et on s'en redresse avec les joues rouges et les larmes aux yeux."
Personnellement j'accepte de reprendre quelques bons coups de pieds !

Et aussi toujours sur le Cafard Cosmique la critique c'est ici ...
Ou chez Les voyages immobiles de Madame Charlotte.
Et enfin sur le RSF Blog ... (qui référence d'autres chroniques sur d'autres blogs)

Pour finir le blog de Justine Niogret.

Chien du Heaume a reçu le Prix du roman aux Imaginales 2010 et Le Grand Prix de l'Imaginaire 2010.

mercredi 8 septembre 2010

Ravages de René BARJAVEL

Je trouve toujours hallucinant et extraordinaire la façon dont des auteurs des années 40.50 appréhendent leur monde de demain, l’imagination dont ils font preuve.
Au contraire d’auteurs de Science Fiction qui, comme Herbert, inventent totalement d’autres civilisations, cultures, mondes différents ; Barjavel, lui, projette la France dans un futur lointain.
Somme toute plus si lointain pour nous, lecteurs du XXIiè siècle : l’histoire se passe en 2050, on peut rallier Paris-Vladivostok à 600 km heures sur un chemin de fer suspendu, on se déplace dans des automotrices à suspension aérienne (Paris-Lyon) en une heure, il n’y a plus de serveuses dans les cafés sauf pour égayer un peu ces lieux devenus trop abandonnés et le Sacré- Cœur s’est retrouvé juchée sur une des quatre nouvelles villes construites en hauteur sur Paris.
On peut boire tout autant de l'eau que du lait au robinet et surtout on conserve les morts dans des chambres froides afin de leur rendre hommage, de les respecter et de venir leur parler .. ce qui a fait baisser de façon extraordinaire le taux de criminalité car ces morts là finissent brûlés à l'acide dans les profondeurs de l'oubli .. d'un caniveau ...
De quoi dissuader ....

Voici donc le monde que nous propose l'auteur dans lequel prennent vie notamment François Deschamps et son amie d'enfance, future star, Blanche Rouget.
Et subitement ce monde bien réglé par fée électricité bascule ... brutalement tout est coupé ... tout s'éteint, les automotrices tombent du ciel, les usines de production de légumes et viande s'arrêtent ... les gens se retrouvent dans la rue totalement démunis, incapables presque de marcher par eux-même et c'est l'escalade dans l'horreur ... un incendie se déclenche détruisant Paris, envahissant ses alentours, à des centaines de kilomètres à la ronde .. les gens fuient, les gens meurent, les morts dégèlent, le choléra s'installe, les gangs organisés font surface pour piller et tuer ....
Et certains s'organisent pour leur survie et leur fuite en avant ...
C 'est alors une longue marche pour survivre dans un désert de cendres jusqu'au retour à la vie d'avant l'électricité, à la vie presque primitive, l'organisation en clans, la vie kolkhozienne ...

Ce livre m'a été conseillé suite à la découverte de La Route, puisqu'ils traitent tous deux du même sujet .. avec une question fondamentale dans Barjavel qui ne porte plus sur la survie comme dans le roman de Mc Carthy ("comment aurions nous survécu dans ce monde d'horreur"?) mais sur : à l'heure actuelle comment supporterions nous l'absence de cette électricité qui régit notre confort et notre vie sociale ? Pourrions-nous, à l'instar des personnages de Ravage, régresser, revenir à un mode de vie antérieur ?
Bon notre dépendance à l'électricité n'est pas poussée à l'extrême comme dans ce roman, néanmoins une simple panne temporaire nous fait mesurer à quel point nous avons du mal à nous en passer (ne serais-ce que pour écrire ce billet à la lueur de mon plafonnier !!!)

Ravage se lit facilement évidemment ... je dirais que c'est ... du Barjavel ... auteur que j'appréciais beaucoup dans mes années adolescentes mais un peu moins actuellement j'avoue, je cite un passage qui m'horripile à présent et qui est vraiment sa marque de description des personnages : "Des épaules nues, des bras ronds de l'adolescente montaient une lumière et un parfum de moisson. Dans leur nid de dentelles, ses deux seins semblaient deux pigeons blottis."
Oserai-je dire que c'est un peu ... cucul la praline ? Bah oui j'ose ...

Mon avis reste donc mitigé, pas sur l'histoire elle même, pour la même raison que j'énonçais au tout début de ce post mais pour la façon de rédiger qui n'est plus celle pour laquelle j'accroche (bon tout n'est pas condamnable, loin de là !). Et aussi pour la fin à laquelle je ne crois pas du tout parce que si un jour un cataclysme se déclenche, soit les hommes mourront tous, soit ils se relèveront pour créer un monde peut être encore pire ... je sais, j'ai peu de foi en l'humanité ...

Extraits
"Or si l'électricité ne revient pas rapidement, les morts vont nous mettre à la porte. Messieurs, les morts sont en train de dégeler !"

"C'était une odeur de monde qui naît et qui meurt, une odeur d'étoile"


"Nus, mais debout, maigres, affamés, las, mais décidés à la lutte, ils étaient loin de cette déchéance atroce. Ils n'avaient pas renoncé. Ils étaient encore des hommes."




dimanche 5 septembre 2010

Lectures en cours (3)

Quelle lectures prévues pour le mois de Septembre ?

- Chien du Heaume de Justine Niogret
On l'appelle Chien du Heaume parce qu'elle n'a plus ni nom ni passé, juste une hache ornée de serpents à qui elle a confié sa vie. La quête de ses origines la mène sur les terres brumeuses du chevalier Sanglier, qui règne sans partage sur le castel de Broe. Elle y rencontre Regehir, le forgeron à la gueule barrée d'une croix, Iynge, le jeune guerrier à la voix douce, mais aussi des ennemis à la langue fourchue et à l'épée traîtresse. Comme la Salamandre, cauchemar des hommes de guerre ... Dans l'univers âpre et sans merci du haut Moyen Age, loin de l'image idéalisée que l'on se fait de ces temps cruels, une femme se bat pour retrouver ce qu'elle a de plus cher, son passé et son identité.

- Le grand passage de Cormac Mc Carthy ; la Trilogie des Confins Tome 2
Achever cette louve prisonnière du piège qu'il a posé est au-dessus des forces de Billy. Sa décision est prise : il quittera le ranche familial pour la ramener sur sa terre natale. De l'Arizona au Mexique, la route est longue et périlleuse. Il faut franchir la frontière, le grand passage et pénétrer dans un monde où la révolution gronde ... Le moment est venu de faire face à la sauvagerie des hommes.


- La huitième fille de Terry PRATCHETT Les annales du Disque-Monde
Sentant venir sa mort prochaine, le mage Tambour Billette organise la transmission de ses pouvoirs, de son bourdon, de son fonds de commerce. Nous sommes sur le Disque-Monde. La succession s'y effectue de huitième fils en huitième fils. Logique. Ainsi opère le mage. Puis il meurt. Or, il apparait que le huitième fils est cette fois ... une fille. Stupeur, désarroi, confusion : jamais on n'a vu pareille incongruité. Trop tard, la transmission s'est accomplie au profit de la petite Eskarina. Elle entame son apprentissage sous la houlette rétive de la sorcière Mémé Ciredutemps ...

J'ai décidé de ne pas entamer le Trône de Fer Intégrale 3, espérons que je tiendrai tout le mois de Septembre sur cette bonne résolution car j'avoue que ce n'est pas l'envie qui manque !

samedi 4 septembre 2010

Des fleurs pour Algernon de Daniel KEYES


Dans un laboratoire de psychologie, Algernon une souris bénéficie d'un traitement qui décuple de façon spectaculaire son intelligence .... Charlie, un handicapé mental, va alors être choisi pour servir de cobaye humain à cette expérience ... et voit ainsi ses capacités intellectuelles atteindre des sommets inespérés ... jusqu'au jour où l'incroyable intelligence d'Algernon va décliner ...

J'ai trouvé ce roman époustouflant et ce par plusieurs aspects :
- Déjà pour l'originalité de l'histoire et sa façon d'être rédigée sous la forme d'un journal dans lequel Charlie raconte ce qui lui arrive, ses sensations, son vécu, avec une structure grammaticale et une orthographe qui suivront ses progrès ... et ses régressions. Il fallait oser ce type d'écrit qui n'est pas forcément très facile à lire au premier abord de par les nombreuses fautes.
- Ensuite par le fait que l'auteur rédige à la première personne : j'ai toujours trouvé que ce type de livre avait un souffle différent des autres, qu'on entrait (lorsque c'est bien écrit bien entendu) bien plus profondément dans l'histoire et qu'on vivait plus intensément les évènements.
- Et enfin parce que le personnage principal Charlie est tellement attachant et vivant qu'on ressent ce qu'il vit voire même qu'on est à ce point impliqué dans l'histoire qu'on anticipe ses réactions

Le constat de "plus on est intelligent et plus l’on souffre car on se pose beaucoup plus de questions, sur sa vie, sur les autres" est très flagrant dans ce roman. Charlie n’avait d’autre souhait que devenir intelligent or quand son QI était à 70 il se sentait bien moins malheureux que lorsque son QI a fait ce bond prodigieux à 185.
Par là même, être intelligent ne signifie pas forcément avoir une intelligence sociale, Keyes fait un peu une généralité de l’intelligence en se référant au seul critère QI, néanmoins on sait qu’il existe plus types d’intelligences : l’intelligence pratique, l’intelligence sociale, l’intelligence culturelle …
Certains individus géniaux et très forts intellectuellement sont complètement démunis face à des papiers administratifs ou dans leur vie courante.
En gagnant en potentiel intellectuel, Charlie y a perdu un peu en intelligence sociale, son bouleversement est tel qu’il en oublie les valeurs morales qu’il tenait (sans s’en rendre compte) lorsqu’il se jugeait bête.

Voilà le genre de livre où on est tellement proche du personnage qu’on le sent intuitivement, que l’on peut anticiper ses réactions et en l’occurrence dans ce récit, ses réflexions, car il s’agit de la grande introspection d’un homme sur ce qui lui arrive.
Une introspection douloureuse car on sait, comme lui la durée relative de l’expérience qu’il vit.
J’avais constaté avant « lui » tout ce qu’il avait perdu en relations humaines, pris dans son formidable quotient intellectuel, qui le transformait en machine à pense, à raisonner … mais en même temps lui enlevait ses capacités à aimer et communiquer.
Et ayant noté déjà mon premier avis, avant d’en arriver au passage où il réalise que lorsqu’il était arriéré, il avait des tas d’amis et qu’intelligent, pas un.

Ce livre est à la fois une découverte pour moi et un vrai coup de coeur.

Extraits
L’intelligence est l’un des plus grands dons humains. Mais trop souvent, la recherche du savoir chasse la recherche de l’amour. C’est encore une chose que j’ai découverte pour moi-même récemment. Je vous l’offre sous forme d’hypothèse : l’intelligence sans la capacité de donner et de recevoir une affection mène à l’écroulement mental et moral, à la névrose et peut-être même à la psychose. Et je dis que l’esprit humain qui n’a d’autre fin qu’un intérêt et une absorption égoïste en lui-même, à l’exclusion de toute relation humaine, ne peut qu’aboutir à la violence et à la douleur.

Je crois que j’ai changé durant ces semaines loin du labo, dis-je. D’abord je n’arrivais pas à voir comment faire, mais cette nuit, en errant à travers la ville, cela m’est venu à l’esprit. La bêtise c’était d’essayer de résoudre le problème tout seul. Mais plus je m’emmêle dans la masse de mes rêves et de mes souvenirs, plus je m’aperçois que les problèmes émotionnels ne peuvent être résolus comme les problèmes intellectuels. […] Sans que je sache pourquoi, je m’étais détaché émotionnellement de tout, des êtres et des choses. Et ce que je cherchais réellement, la nuit, dans les rues sombres –le dernier endroit où j’aurais jamais pu le trouver -, c’était un moyen de me rapprocher de nouveau des gens, émotionnellement, de faire partie de la foule, tout en gardant mon indépendance intellectuelle.

Pour en savoir plus :
Des fleurs pour Algernon a obtenu le prix Nebula du meilleur roman en 1986.
Un téléfilm franco-suisse en a été tiré en 2006.
Plusieurs épisodes de la série Les Simpson font explicitement référence à ce roman, dans l'un d'eux Omer tient le rôle de Charlie, tandis que dans un autre Lisa tient un journal intime sur sa dégénérescence intellectuelle.

vendredi 27 août 2010

Cristal qui songe de Théodore STURGEON


Pour moi la SF revêtait l’aspect de planètes inconnues, de vaisseaux spatiaux, de monde futuriste à l’instar de la Guerre des Etoiles, du Meilleur des mondes ou de Dune de Frank Herbert.
Que nenni, balayés mes stéréotypes avec Cristal qui Songe, livre classé SF mais qui s’ouvre sur l’étrange de façon très humaniste.

Le livre commence sur un formidable quiproquo : le jeune Horty est renvoyé de son école pour un acte répugnant et tout conduit, dans les premières lignes à engager le lecteur sur son soi disant vice … jusqu’à révéler que l’acte répugnant consiste à manger des fourmis.
L'histoire se passe en grande partie dans un cirque peuplé de personnages attachants et d'un directeur complètement obsédé par les mystérieux cristaux qu'il possède et qu'il veut comprendre à tout prix.
Tout le livre est basé sur ce début qui engage sur de mauvaises pistes ou tout du moins qui éloigne de la vérité pour tout mettre en place dans les dernières pages, toutes les questions que l’on peut se poser, les hypothèses que l’on peut émettre se retrouvent explicitées habilement à la fin.

Le style est relativement simple, pas trop fouillé, j'aurais cependant aimé un approfondissement de la psychologie des personnages, un peu plus de charisme aussi, néanmoins chacun a sa personnalité et tout se tient, encore une fois grâce au dénouement final.

Extraits
Il jouissait du dégoût que lui inspirait l’humanité. Il avait bâti à sa haine une tour d’ivoire dans laquelle il s’enfermait pour contempler dédaigneusement le monde entier. Il y trouvait l’altitude dont il avait besoin pour respirer à l’aise. Certes, pendant ce temps-là, il crevait de faim, mais comme les richesses matérielles avaient de la valeur aux yeux de ce monde qu’il haïssait, il retirait de sa pauvreté une jouissance supplémentaire. Cela dura quelques temps mais pas toujours …

L’homme qui adopte une pareille attitude ressemble malheureusement à l’enfant qui possède un fouet ou à la grande nation pourvue de cuirassés : il leur suffit de se camper fièrement au soleil pour bien faire voir à tout le monde qu’ils disposent d’une enviable supériorité, mais bientôt il devient absolument indispensable à leur bonheur que le fouet siffle et claque, et que les canons tonnent. L’homme a besoin d’autre chose que d’un piédestal : il lui faut tôt ou tard passer à l’action.

lundi 23 août 2010

De si jolis chevaux de Cormac Mc Carthy


Ce roman est le premier d’une trilogie appelée Trilogie des Confins.

Ayant découvert cet auteur par La route (livre qui m’a ô combien marquée) j’étais assez curieuse de découvrir ses autres œuvres, j’avais surtout hâte de voir s’il avait conservé son style d’écriture bien particulier.

Sur La route, l’intensité d’écriture m’avait frappée avec des phrases courtes et pourtant très souvent poétiques, des dialogues brefs, un récit dans lequel il ne se passe presque rien au cours duquel pourtant j’étais tenue en haleine.
Dans De si jolis chevaux, on retrouve sa marque, son style dans des phrases à la fois très descriptives, l’emploi presque abusif de la préposition ET, des pronoms personnels répétés à n’en plus finir, et en compensation des passages qui sont de véritables envolées lyriques, un peu comme lorsqu’on écoute le dernier mouvement d’une symphonie avec l’apogée finale des instruments. Et encore une fois on tombe sous le charme de ce style si particulier qui lui est propre.

Ma deuxième interrogation portait sur la teneur du récit, allait-il être aussi bouleversant et pessimiste que La route ?
John Grady Cole et Lacey Rawlins, deux adolescents, quittent le Texas pour aller au Mexique, on ne sait pas vraiment ce qui les a poussés ni ce qui les pousse durant leur périple mais peu à peu leur voyage initiatique se transforme en cauchemar. Ce qui est frappant avec les personnages mis en scène par Carthy c’est qu’on a vraiment la sensation que, non maîtres de leur destin, ils se laissent porter par lui. Et surtout ils acceptent ce qui leur arrive sans révolte. Notamment pour John Grady, on se demande si lui sait ce qui le pousse en avant si ce n’est cet amour fou et impossible qu’il développe pour la fille du patron qui les embauche au Mexique, amour qui le conduira lui et son ami dans une prison dans les lois de survie sont impitoyables. Et là j’ai eu la sensation de replonger derechef dans l’ambiance de La route, on a peur car on ne peut absolument pas anticiper la suite des évènements et comme on sent que les personnages ne le peuvent non plus, cela augmente l’angoisse. Dans la même trame, la rencontre avec cet enfant étrange Blevins, dont on ne sait strictement rien , dont on ne peut prévoir non plus les réactions, (il est « no limit ») est source d’inquiétude, on se doute rapidement qu’il ne va apporter que des ennuis à ses compagnons, mais lesquels et sous quelle forme ?
J’ai donc passé une grande partie du récit à appréhender ce qui allait arriver et surtout à quel moment. Et puis finalement et heureusement cette fois ci cela ne se termine pas si mal, enfin je dirais même qu’il s’agit d’une fin ouverte …. tout comme l’enfant dans La route, on quitte John Grady sans savoir ce qui va advenir de lui … à la différence que je n’ai pas ressenti de désespoir en ce qui concerne le dernier, je n’ai pas fini ce livre là dans les larmes.

A savoir : ce roman a été porté à l'écran en 2001 mais bon j'avoue avoir jeté un coup d'oeil aux extraits sans me sentir vraiment inspirée ...
Bande Annonce

Extraits
Il regardait au fond de ces sombres yeux où il y avait des abîmes à découvrir. Toute une histoire maléfique qui brûlait d’une flamme froide et lointaine et noire.

Au même moment la détonation leur parvint depuis le bosquet d’ébéniers. Pas très forte. Juste une sorte de claquement assourdi. Puis une autre. Quand ils revinrent du bouquet d’arbres le capitaine tenait les menottes à la main.

Allongé par terre il écoutait le cheval au piquet brouter l'herbe près de sa corde et il écoutait le vent dans le vide et il regardait les étoiles filer sur la courbe de l'hémisphère et mourir dans l'obscurité aux confins du monde et tandis qu'il gisait là il sentait la souffrance dans son coeur comme une lance. Il imaginait la douleur du monde comme une sorte d'informe créature parasite cherchant la chaleur des âmes humaines pour y couver et il croyais savoir ce qui vous explosait à ses visites. Ce qu'il avait ignoré c'était que cette créature-là était dénuée de raison et n'avait donc aucun moyen de connaître les limites de ces âmes et ce qui l'effrayai c'était qu'il n'y eût peut-être pas de limites.

mercredi 18 août 2010

Le trône de Fer de George R.R MARTIN

Il est toujours difficile de chroniquer un livre d’une ampleur pareille, l’intégrale 2 ( titre anglais : A clash of kings) ne comporte pas moins de 3 tomes : La bataille des rois ; L’Ombre maléfique ; L’Invincible Forteresse.

L’intégrale 1 débutait dans un monde glace avec les Autres et l’arrivée de l’hiver et s’achevait dans le feu, avec la naissance des dragons de Deanerys.
L’intégrale 2 démarre sur l’apparition d’une étrange comète rouge dont personne ne sait la provenance et la signification mais qui de toute façon n’augure guère de positif, on en voit la preuve dans un final de feu, de destruction et de chaos. Et en même temps le royaume des Sept Couronnes s’enfonce peu à peu dans l’hiver.

On a quitté les personnages en plein changement politique, le roi du Trône de fer est mort, sa Main décapitée, c’est la guerre entre les 4 rois qui le convoitent
- Au Nord, le fils de Ned Stark : Robb
- A Castel Rock, le fils « légitime » du roi défunt ; le jeune Joffrey (de plus en plus antipathique au fil des pages)
- A Peyredragon, le seigneur Lord Stannis, frère du roi
- A Accalmie, le seigneur Lord Renly le frère benjamin du roi
Et à chacun de légitimer son droit au trône en toute légalité . George R.R. Martin va alors nous balader au fil des pages de batailles en batailles, de conflits en conflits, de drames en drames, sans hésiter à nous faire frémir, à nous inquiéter en jouant sur notre attachement à certains des personnages (lui, au contraire de certains auteurs, n’a crainte de faire disparaître des personnages aimés et c’est cela aussi qui fait la force de ce livre, on s’attend à tout), nous laissant un peu respirer en nous rassurant ensuite (la mort présumée de 2 personnages récurrents du livre n’a pas manqué de me démoraliser durant plusieurs pages tout en espérant à une fausse piste )tout en distillant peu à peu quelques éléments de magie (noire du côté de Lord Stannis avec l’arrivée de Mélissandre d’Asshai, la femme rouge et magie zoman, la magie de l’homme-bête, du côté de Bran et probablement même de Jon).

Certains personnages dans ce Tome 2 sont moins présents (Daenerys, Robb notamment) alors que d’autres sont à la hauteur de ce qu’ils promettaient, je pense surtout à Bran dont la vie prend une tournure très intéressante et à Thyrion qui, décidément, bien qu’étant dans le clan qu’on aimerait voir perdre, en demeure toujours aussi attachant ; je pense même que c’est le personnage central, celui qui fera tout basculer à un moment ou à un autre et c’est d’autant plus intéressant que c’est l’ anti héros par excellence : aucun charisme physique, décrié ou critiqué par sa famille, il est pourtant le plus intelligent, le plus stratège, le plus humain aussi (lui que l’on traite pourtant de semi-homme).

On assiste aussi à l’apparition de nouveaux personnages : Jojen et sa sœur Meera, habitants des paluds, qui révèleront beaucoup de choses des pouvoirs de Bran ; Théon ,élevé par les Stark comme pupille, qui se lance à corps perdu dans son combat pour regagner un titre et le respect de son père, croisade qui se transforme en véritable rage et le mènera probablement à sa perte.

Les autres personnages récurrents tels que Jon, Sansa, Arya, Catelyn nous sont désormais à ce point familiers que leur évolution ne surprend pas mais notre intérêt pour eux n’en faiblit pas pour autant. On se trouve même en plein suspense au sujet de Jon tout à la fin du dernier tome.

J’apprécie aussi le manque de manichéisme dont fait preuve Martin, ; en effet un personnage extrêmement antipathique comme la reine régente Cersei est pourtant une femme qui, comme toutes les mères, s’inquiète pour ses enfants et craint pour leur vie, nous apparaissant alors par là beaucoup plus humaine et nous touchant aussi à ces instants là.

L’intégrale 1 posait les éléments, faisait prendre une tournure brutale au tout pour nous laisser dans l’attente d’une suite … suite qui ne donne pas encore de réponses (fort heureusement), l’auteur continuant allégrement à brouiller les pistes, à nous faire pencher pour un clan ou pour un autre (on se doute même qu’il n’y aura pas forcément de victoire franche et massive de l’un ou de l’autre) … et surtout à affuter notre intérêt et notre passion pour vite vite découvrir l’Intégrale 3.
LA question est de savoir combien de temps je vais tenir avant d’ouvrir ses premières pages !

Extraits :
Etre prince ne l’avait jamais tenté. Son rêve de toujours, c’était chevalier, c’étaient l’éclat de l’armure et le flottement des bannières, c’étaient la lance et l’épée, c’était entre les cuisses un destrier. Pourquoi lui fallait-il gâcher ses jours à écouter des vieux parler de choses dont à peine comprenait-il la moitié ? Parce que tu es brisé, martelait la petite voix insidieuse.

Sur chaque feuille et chaque branche et chaque pierre chatoyait la pâleur roseur de l’aube. La moindre pointe d’herbe était taillée dans l’émeraude, et la moindre gouttelette dans le diamant. Les champignons comme les fleurs étaient revêtus de verre. Et il n’était jusqu’aux fondrières qui ne fussent d’un brun poli. Dans la verdure scintillante, une fine couche de givre faisait pétiller la noirceur des tentes. « Une part de vous est Eté, une part d’Eté est vous, et vous le savez, Bran. »
« Avec deux yeux, vous voyez mon visage. Avec trois, vous verriez mon cœur. Avec deux, vous voyez sans peine ce chêne-là. Avec trois, vous verriez sans peine et le gland dont il est issu et la souche qu’il deviendra tôt ou tard. Avec deux, vous ne voyez pas plus loin que vos murs. Avec trois, vous verriez au sud jusqu’à la mer d’Eté et au nord par-delà le Mur. » « Oui, et je suis en outre un monstre, hideux et contrefait, n’oublions jamais ce détail. » Son poing se serra violemment. « Me voilà édifié. Nous avons tous deux des tâches urgentes. Laissez- moi. »

Alors, une bouffée de froid subite lui hérissa la fourrure, l’air frémit d’un froissement d’ailes, et, comme il levait les yeux vers les sommets blanchis de givre, une ombre fondit des nues, un cri strident déchira l’atmosphère, il entr’aperçut, largement déployées, des pennes gris-bleu qui interceptèrent le soleil, et … « Fantôme ! » cria Jon en se mettant sur son séant. Il sentait encore les serres acérées, la douleur. « Fantôme, ici ! »

Ici la Garde de Nuit.

dimanche 15 août 2010

Ensemble c'est tout de Anna Gavalda et autre ...



Ensemble c’est tout

Ensemble c’est tout … ou rien … Ensemble nous formons un tout… nous sommes tout …
Le titre par lui-même pose question et donne envie d’aller plus loin, je ne le regrette pas. D’une plume sensible et profonde, Gavalda nous dépeint le portrait de quatre écorchés vifs, quatre personnes meurtries, chacune à leur façon, par la vie, qui vont se rencontrer, qui vont se heurter puis se soutenir, apprendre à vivre ensemble … jusqu’ à ne plus pouvoir se séparer.
La psychologie des personnages est très fouillée, Gavalda sait les rendre attachants, chacun d’entre eux a sa personnalité qui tient debout, ses défauts et ses qualités qui les rendent d’autant plus proches, on a envie de prolonger un peu notre passage avec eux.
Et on a la sensation que Gavalda elle-même y tient tellement qu’elle intervient dans le récit, en posant les choses sur ses quatre personnages, un peu comme un résumé pour aller plus loin.
J’avoue que cela m’a un peu surprise sur le coup, car cela m’a donné l’impression de devoir quitter le récit pour une sorte de mise au point. Mais qui ne dure que deux pages et ne gène pas pour la reprise de l’histoire.
Un roman juste et émouvant. A lire.

Extrait
C’est une hypothèse. L’histoire n’ira pas assez loin pour le confirmer. Et puis nos certitudes ne tiennent jamais debout. Un jour on voudrait mourir et le lendemain on réalise qu’il suffisait de descendre quelques marches pour trouver le commutateur et y voir un peu plus clair … Pourtant ces quatre-là s’apprêtaient à vivre ce qui allait rester, peut-être, comme les plus beaux jours de leurs vies.

L’échappée belle

Synopsis : Simon, Garance et Lola, trois frères et sœurs devenus grands (vieux ?) s’enfuient d’un mariage de famille qui s’annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d’un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle. Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s’offrir une dernière vraie belle journée d’enfance volée à leur vie d’adulte.

Voilà ce qu’on appelle un roman plein de fraîcheur, le style est direct, sans fioriture. Le thème principal est le fort amour qui lie les protagonistes, des frères et sœurs, comme au temps de leur enfance : les secrets, les fous rires partagés juste le temps d’une journée qui leur permet de laisser de côté le quotidien de leur vie et de se retrouver, comme avant.

Extrait
Nous n’avons besoin de personne pour nous appuyer sur la nuque. Nous sommes assez grands pour la courber seuls et quel que soit le nombre de bouteilles vides, nous en arrivons toujours à la même conclusion. Que si nous sommes ainsi, silencieux et déterminés mais toujours impuissants face aux cons, c’est justement parce que nous n’avons pas la moindre parcelle de confiance en nous. Nous ne nous aimons pas.

Autres livres lus :
J'aimerais que quelqu'un m'attende quelque part.
Je l'aimais.

Certains romans de Gavalda ont été adaptés au cinéma : Ensemble c'est tout et Je l'aimais.
Personnellement je suis souvent très déçue des adaptations cinématographiques d'ouvrages littéraires, néanmoins je tâcherai au moins de regarder une fois "Ensemble c'est tout".

Pour en savoir plus

jeudi 5 août 2010

Le miroir de Cassandre de Bernard Werber

Une adolescente qui peut prévoir le futur alors qu’elle a tout oublié de son passé antérieur à ses 13 ans ... Cassandre, en analogie avec la Cassandre de l'Antiquité à qui Apollon a donné le don de prévoir le futur .. en échange de quoi elle devra faire l'amour avec lui. Cassandre refuse et Apollon transforme alors son don : elle pourra voir l'avenir mais jamais personne ne la croira et tout le drame de Cassandre va se concrétiser lors de l'invasion des Grecs qu'elle prévoit sans pouvoir être crue ...
Cassandre est d'ailleurs la nièce du journaliste Katzenberg, personnage principal de "Le père de nos pères" et "L'ultime secret".

Werber, dans son roman, pose un décor atypique : une énorme décharge dans laquelle vivent, en tribus, des gitans, des libanais et 4 SDF qui se sont inventé un nom et un passé. Une vie comme au temps de la préhistoire où le mot d’ordre est : survivre.
C’est une grande ode aux odeurs !!!! Pas au point du livre Le Parfum , mais on a tout de même l’impression de sentir en même temps que Cassandre les odeurs pestilentielles qui accompagneront nos personnages tout au long du roman, "nareux" s'abstenir !
En ce qui concerne la trame, pas de grand changement, Werber distille peu à peu ses éléments surnaturels, mais toujours de façon à faire prendre la sauce par des références scientifiques, on a envie (ou pas envie selon les personnalités plus ou moins sceptiques) d’y croire.

Pour ma part, j’ai trouvé original d’intégrer à son roman des éléments de quelques uns de ses autres romans comme Le Papillon des Etoiles, (trouvé dans la décharge, dans un état tellement lamentable qu’on ne peut distinguer le titre, sic !) et l’Arbre des Possibles que les protagonistes recréent.
Original mais quelque peu décevant car on a une impression de déjà vu : les possibilités du futur, l’ange qui creuse en la touchant de son doigt la gouttière sous le nez du nourrisson afin qu’il oublie ses vies antérieures, cela devient d’autant plus redondant que ce dernier aspect est de + en + repris par d’autres auteurs, tel Marc Lévy dans son dernier roman.
Reste un livre agréable et facile à lire mais mon avis reste mitigé néanmoins, c'est loin d'être mon préféré.

Petite anecdote dans le roman : Bruno Bettelheim avait à traiter un enfant autiste qui dessinait partout la même forme. Le savant a cherché à identifier cette forme et a trouvé qu’il s’agissait de la carte du Connecticut. Restait à savoir pourquoi cet enfant autiste dessinait la carte du Connecticut. Bettelheim a fini par trouver. L’enfant par cette carte voulait signifier « Connect I Cut ». Ce qui signifie en anglais, « J’ai coupé la connexion ». Donc, « J’ai coupé la connexion avec le monde. »
Anecdote réelle ou inventée par l'auteur ?

Quelques futurs des Rédemptionais :
Le Baron : je vois une grande guerre nucléaire entre les pays dominés par des dictateurs fous et les nations civilisées. Les dictateurs gagneront parce qu’ils possèdent des armes de destruction massive et qu’ils ont un message simple.
La Duchesse : je vois la surpopulation. De plus en plus d’êtres humains partout. Au final nous n’aurons plus de nourriture. On finira par manger les vieux transformés en croquettes au goût barbecue.
Le Vicomte : je vois les grandes villes de plus en plus polluées. Après l’air deviendra irrespirable et l’eau imbuvable. Pour faire tourner les usines, on utilisera toujours plus de pétrole, toujours plus de minerai de charbon, on détruira toujours plus de forêts et les animaux sauvages qui y vivent. La nature sera vaincue. En retour l’homme sera malade et déprimé.
Le Marquis : moi ? Je vois un monde où les machines auront gagné. Les ordinateurs et les robots nous utiliseront comme esclaves car ils se seront aperçus que nous sommes incapables de nous diriger correctement nous-même.
La Princesse : je vois une dictature totalitaire religieuse planétaire. La religion la plus fanatique et la plus violente avalera toutes les autres et toutes les formes de pensées politiques. Pour se maintenir, elle sera entraînée dans une surenchère permanente. Toujours plus d’intégrisme, de violence, et toujours plus de lois d’interdiction.

Lequel cadrerait avec votre vision du futur ? Pour ma part, je verrais bien celui du Vicomte mais en pire, l'humain ne sera pas déprimé, il disparaitra purement et simplement .. à moins qu'un cataclysme nous épargne cette fin-là ...

Extrait

"C’est mon armée de super héros. On est quand même très loin de Superman, Batman, Catwoman et tous les standards habituels des sauveurs de l’humanité. Une vieille mère maquerelle qui louche. Un gros légionnaire qui ne sait pas conduire une voiture. Un sorcier africain loi de sa savane. Un Coréen de dix-sept ans sans papiers, recherché par la police. Sans parler du vieillard grabataire spécialiste en horoscope qui nous attend au Dépotoir. Et de moi-même, une adolescente qui a oublié son enfance… Et nous sommes seuls à lutter contre des terroristes professionnels qui ont pour principal souci de provoquer un maximum de morts et qui, en plus, possèdent l’immunité diplomatique."

Ici une interview de Bernard Werber
Son blog.

Et enfin Bernard Werber était présent aux Imaginales à Epinal en mai 2010.

mardi 3 août 2010

La Citadelle des Ombres Tome 1 et 2 de Robin Hobb

A la base je n'escomptais pas chroniquer les deux volumes en une seule fois, mais dans la mesure où je les ai (re) dévorés très rapidement et aussi que je n'avais pas accès à Internet lorsque j'ai fini le premier, je vais donc parler des deux en même temps.

L’intégrale 1 comporte donc les 3 premiers tomes : L’apprenti assassin (1995) ; L’assassin du roi ; La Nef du crépuscule.
Et l’intégrale 2 les 3 tomes suivants : Le poison de la vengeance ; La voie magique ; La reine solitaire.


Chaque chapitre commence par un petit texte en italique qui relate soit des évènements passés soit des écrits sur les us et coutumes, ou Histoire, des différents peuples. On n’est pas obligé de le lire pour suivre l’histoire mais c’est souvent intéressant et parfois nécessaire pour saisir certains aspects de l'intrigue.

J’ai une affection particulière pour l’épopée de Robin Hobb car c’est des premiers livres de fantasy de qualité auquel j’ai eu affaire il y a déjà un certain nombre d’années, épopée que j’ai du lire déjà au moins trois fois avant cette relecture-ci.

Elle met en jeu l’histoire principale d’un enfant, fils bâtard du roi servant, arraché des bras de sa mère lorsqu’il a 6 ans pour être projeté dans une histoire qu’il va construire au fur et à mesure de sa maturité mais aussi et surtout subir, car tout en étant le catalyseur de la plupart des évènements, il n’en est pas moins la victime.
Au moment où Fitz, (en anglais fils illégitime d’un prince), entre à Castelcerf, capitale du Royaume des Six Duchés (royaume menacé par les Outriliens, des pirates qui mettent à feu et à sang les villes sans aucune autre revendication et on comprendra leurs raisons qu'au tout dernier chapitre), c’est le roi Subtil qui règne ; son fils aîné Chevalerie ayant abdiqué pour gommer son erreur, c’est son second Vérité qui prend le rôle, bien à contre cœur car non élevé dans ce but, de roi servant, alors que le cadet Royal brigue ce rôle jusqu’au point de fomenter trahison, mensonge et meurtre. Elevé en premier lieu par Burrich, maître des écuries, puis par Umbre, maître assassin du roi, qui lui apprend à tuer, en secret, Fitz se rend peu à peu compte que sa vie n’est désormais régie que par son rôle d’homme lige du roi et qu’il n’a plus aucun libre arbitre sur sa vie ce dont il souffre, car au moment où il a accepté de se mettre au service de son roi, tous ses actes seront dictés par son serment d’allégeance.

Ce qui fait la force de la Citadelle des Ombres c’est en premier lieu le fait que le récit est rédigé à la première personne, on se sent d’autant plus proche et concerné par ce qui arrive à Fitz, de plus la psychologie des personnages est admirablement mise en œuvre et très approfondie.
Fitz est l’anti héros par définition, il n’accomplit aucun acte héroïque, ne s’appréhende pas comme un personnage de valeur, il en est profondément humain, avec ses qualités et ses défauts, ses coups de colère et d’espoir .. Il peut même agacer certaines fois … Mais surtout il touche par son énorme solitude, bien qu’entouré de quelques amis, son seul véritable compagnon est le loup avec lequel il va se lier.

Ce qui m’amène à aborder le côté fantasy de l’œuvre, la magie y étant présente sous deux aspects : l’Art et le Vif
- L’Art est la magie des nobles, elle jette un pont mental entre deux personnes c’ est à dire qu’elle permet de communiquer à distance mais aussi d’influencer l’esprit des gens, voire même de leur imprégner une sorte de conditionnement de fidélité extrême, elle peut tuer aussi. Vérité avait fait former tout un clan lié par l’Art afin de pouvoir communiquer à distance pour empêcher les attaques des Pirates rouges, clan qui n’aura été dévoué qu’à son frère cadet.
- Le Vif lui permet de communiquer avec les animaux, en réalité cette magie se partage entre les animaux et les hommes, il faut une réciprocité et une égalité entre les 2 êtres qui se lient. Mais certains voient le Vif comme une magie souillée, vile, car il est dit que ceux qui pratiquent trop longtemps le Vif finit par se transformer en la bête avec laquelle il est lié.
Fitz, lui, est capable de pratiquer les deux, ce qui lui apporte un supplément de pouvoir car il s’avère que son animal de Vif peut du coup emprunter la voie de l’Art pour défendre son frère mais lui causera la plupart de ses ennuis car à la cour, cette magie est punissable de mort.

L’autre aspect fantasy n’apparaît réellement dans la dernière partie de l’Intégrale 2 sous forme de dragons, les Anciens qui devront, s’ils sont réveillés, faire fuir la menace des Outriliens sur le Royaume des Six Duchés ; on a alorsla sensation de basculer dans un autre univers, on est en quelques sortes dans un roman à tendance médiévale qui comporte rois, intrigues à la cour, combats et brusquement le fantastique prend le pas peu à peu sur le réel …

Et c’est avec ce dernier constat que je vais faire le lien avec le livre qui m’a redonné envie de me replonger dans la Citadelle des Ombres : à savoir le Trône de Fer., non que les deux romans soient semblables mais on y trouve tout de même des points communs :
- Dans la rédaction très soignée
- Dans la psychologie fouillée des personnages (encore plus dans la Citadelle de part le nombre réduit des personnages principaux)
- Dans l’histoire elle-même de part les intrigues et conflits liés au pouvoir, avec un axe relativement réduit de la fantasy
- Par l’ampleur des deux écrits : on s’y laisse plonger, on dévore, on se prend au jeu …
Par ailleurs, on parle de dragons dans les deux ; de magie aussi, magie (noire) qui prendra de l’importance dans l’Intégrale 2 du Trône de fer.
J’ai relevé d’autres détails troublants de ressemblance entre les 2 : L’étrangeté des rêves de loups que fait Bran renvoie quelque peu au lien qui unit Fitz et son loup Œil de Nuit ; les hommes tués par les Autres qui se relèvent pour tuer sans ombre d’humanité font penser aux forgisés par les Pirates Rouges.
A savoir que la Citadelle des Ombres a démarré en 1995 et le Trône de Fer en 1996. Après il ne s’agit que de faits de ressemblance qui sont mêlés à des intrigues complètement différentes mais qui se rejoignent sur un point : on est captivé de bout en bout.

Extraits

"C'est à cette époque que la graine de la solitude absolue fut plantée en moi, et elle enfonça de profondes racines dans mon être."

"Je vacillai et dus me rattraper à un fauteuil ; mais je continuai de marcher, soumis, incapable d'imaginer de faire autre chose. Umbre, qui était devenu le pilier central de mon univers, qui m'avait convaincu de ma valeur, Umbre me dépouillait de tout. Pas seulement de ses compliments, mais du temps passé ensemble, de l'espoir de pouvoir faire un jour quelque chose de ma vie."

"Nous appartenons au roi, mon garçon. Nous sommes ses hommes liges. Nos vies sont à lui, chaque instant de chaque journée, que nous soyons réveillés ou endormis. Tu n'as pas de temps à consacrer à tes soucis personnels. Seulement aux siens."

"Le même froid furieux se tordait et bouillonnait en moi, passait de la colère à la haine, puis à la frustration, revenait à la colère, et faisait monter en moi une tension intolérable. Ils n'avaient pas le droit de me faire ça ! Je n'étais pas né pour être leur instrument ! Je devais pouvoir vivre librement mon existence, être celui que j'étais destiné à devenir. Croyaient-ils pouvoir me plier à leur volonté, m'utiliser quand bon leur semblait, sans jamais en payer le pris ? Non ! L'heure viendrait ! Mon heure viendrait !"

"NOUS SOMMES DE LA MEME MEUTE ! Justin fut repoussé contre la porte avec une telle force que sa tête rebondit contre le bois. Il avait été plus que repoussé : je ne trouvai pas de mot pour décrire ce qu'Oeil-de-Nuit avait fait à Justin de l'intérieur de son esprit ; c'était une magie hybride : Oeil-de-Nuit se servait du Vif en passant par le pont qu'avait créé l'Art et il attaquait le corps de Justin depuis l'esprit de Justin."

Robin Hobb a écrit deux autres épopées : Les aventuriers de la mer et le Soldat Chamane.
Pour en savoir plus.

Elle sera présente aux Imaginales à Epinal en mai 2011.

Ajout : il existe une suite à la Citadelle des Ombres Tome 1 et 2 dans laquelle on retrouve Fitz et son loup environ 15 ans + tard ; suite que Robin Hobb n'avait visiblement pas l'intention d'écrire quand on lit sa fin dans La reine solitaire. Pourquoi a-t-elle changé d'avis ?
Succès de ses premiers tomes ? pression des lecteurs ? envie de retrouver ses personnages et de voir comment ils avaient évolué ?Voilà une question qui serait intéressante à lui poser aux Imaginales ... à condition de posséder l'anglais ...
Dernière remarque, il y a un pont entre certains personnages de La Citadelle Tomes 3 et 4 et Les Aventuriers de la Mer ...