samedi 22 décembre 2012

Dragon de glace de George R.R.Martin

De MARTIN, je ne connaissais que le Trône de Fer, alors j'étais plutôt impatience de découvrir quelques autres de ses écrits. Commencer par des nouvelles est un pari risqué, on ne sait jamais si l'on va suffisamment entrer dans ce genre d'écrit pour savoir si l'on aime ou pas, ou quelquefois c'est beaucoup trop court pour se faire une opinion.
Bon au vu de la quatrième de couverture, je ne prenais toutefois guère de risque : dragon, froid, givre, neige .... le tout narré de manière à véritablement sentir le froid qui émane de cet animal mythique, j'étais presque sûre que j'allais aimer la première nouvelle.
Non seulement ce fut le cas mais en plus les autres m'ont étonnée et séduite. Si ses deux premières sont de type fantasy, les deux dernières nous projettent dans un monde contemporain, on s'éloigne alors grandement du Trône de Fer.

Petit aperçu de ces quatre nouvelles :
- Dragon de glace : à la manière d'un conte, Martin narre l'histoire d'Adara, née au coeur de l'hiver, le pire gel jamais arrivé qui tua sa mère et la rendit différente des autres enfants. En effet, elle est capable d'endurer la rigueur des hivers qui d'années en années deviennent de plus en plus longs : c'est qu'un dragon de glace survole le ciel annonçant à chaque fois un printemps tardif .... Winter is coming, évidement on ne peut pas s'empêcher d'y penser ! 
J'ai énormément apprécié cette nouvelle, de part son écrit que j'ai trouvé très poétique, et ensuite par son histoire qui lie Adara et son dragon de glace. Bon j'avoue, je suis complètement imprégnée des histoires de chevaliers dragons de Mc Caffrey, cela joue et pourtant la relation qui lie homme-dragon dans cette nouvelle-ci est totalement différente du lien télépathique qui existe entre les deux dans La Ballade de Pern. Je le faisais aussi remarquer dans mon billet sur le carnet 2 de La Piste des dragons oubliés, dans Dragon de glace, ces animaux mythiques ne sont que des montures de guerre, des destriers volants que l'on fouaille et traite comme des animaux de monte. On est loin de la magie des autres ouvrages lus dernièrement.
C'est le seul aspect qui m'a déplu dans cette nouvelle-ci, mais cela reste un petit point car j'ai vraiment été enchantée par ce récit glacial. Cela m'a rappelée des souvenirs d'autrefois lorsque j'aimais profondément la beauté des hivers enneigés et je rends hommage à Martin qui sait parfaitement la rendre.

- Dans les contrées perdues : "Chez Alys la grise, on peut se procurer tout ce dont on n'a jamais rêvé. Mais il vaut mieux ne jamais pousser sa porte." Dame Mélange désirerait changer de forme, devenir un loup, alors que Jerais le Bleu, son champion, souhaite qu'elle échoue. Or Alys se doit de réaliser tous les souhaits, comme elle l'a promis ... Comment va-t-elle pouvoir satisfaire ces deux-là contradictoires ? Un long périple va la conduire à travers des contrées hostiles et solitaires à la recherche du loup-garou. Cette nouvelle ci reste dans une atmosphère fantasy mais beaucoup plus glauque et étrange que la première. Certaines scènes décrites sont d'un réalisme à couper le souffler mais en fait paraître encore plus atroce et terrible les actes.
Personnages inquiétants, climat sombre où souffle un vent de désolation, cette nouvelle m'a mise un peu mal à l'aise.

- L'homme en forme de poire : La plus grande surprise de ce recueil, après avoir lu deux qui se passaient dans un univers proche de celui déjà créé par Martin, je ne m'attendais pas à basculer dans notre monde d'aujourd'hui et qui plus est, de façon aussi radicale. 
Jessie, jeune femme illustratrice, emménage, avec son amie Angela, dans un nouvel appartement. Tout irait bien dans le meilleur des mondes si elle ne se retrouvait pas en présence d'un personnage plus qu'intrigant ... un homme en forme de poire. Il parait, selon Martin, que tout le monde connaît un homme de poire. Je suis bien heureuse de le démentir car l'aventure qui arrive à Jessie est pour le moins flippante. Non seulement, il existe une certaine tension qui monte de pages en pages au fur et à mesure où cet étrange homme semble harceler la jeune femme jusque dans ses rêves (et ses illustrations) mais en plus l'auteur a su parfaitement décrire l'homme le plus repoussant, le plus répugnant qui soit. J'en frissonne encore ! Le dénouement est incroyable au terme d'une tension de plus en plus forte, je suis bien contente de ne pas l'avoir lue le soir, d'ailleurs j'en ai rêvé c'est pour dire à quel point cette nouvelle -excellente au demeurant- m'a marquée.

- Portrait de famille : Une nouvelle contemporaine aussi mais sur le mode fantastique lorsque les personnages de romans d'un écrivain Richard Caitling prennent vie à partir de tableaux peints par sa fille, en fuite depuis des années. Encore une nouvelle prenante et relativement oppressante car l'on ne sait pas trop à quoi s'attendre. Il faut attendre la fin pour comprendre les raisons qui ont poussé Michelle à peindre ces tableaux, ce qui m'a d'ailleurs rendu le personnage de Richard profondément antipathique. Martin est parti d'une affaire de famille, d'un fait divers pour ne bâtir une histoire fantastique. Bien vu bien que ce ne soit pas ma préférée.

En conclusion, une très belle découverte que j'ai lu en compagnie de Spocky.

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mercredi 19 décembre 2012

Sur la piste des Dragons Oubliés Du Ventre de Paris au Nord du monde de Elian Black'Mor

De retour de son premier périple, voici notre personnage découvreur en partance pour le  Nord après qu'on lui ait envoyé le cliché d'une apparition nocturne au 72ème parallèle.

Sur la Piste des Dragons Oubliés, c'est avant tout un album contemplatif, plus qu'une histoire, en effet en guise de récit, c'est en fait des fragments de compte rendu des voyages que fait le narrateur. Il évolue dans un monde de la fin du XIX, début du XXième siècle (ballons dirigeables, références à Sigmund Freud, photographies en noir et blanc), un monde où évoluent encore de splendides dragons ....

Allant de l'Islande à la Norvège, remontant les fjords, toujours plus au Nord, au pays des aurores boréales, il découvre de nouvelles merveilles : la licorne des mers, le dragon de l'Ile Volcan, le Nidogh ... et aussi de nouvelles caractéristiques de ces animaux fabuleux ainsi que des traces des vestiges d'une union homme-dragon "Il semblait exister entre le cavalier et sa monture une telle connivence qu'on pourrait la qualifier aujourd'hui de quasi télépathique ....".

Ce qui ne manque pas de faire évoquer évidement la relation fusionnelle dragons-chevaliers dans la Ballade de Pern de Mc CAFFREY, une relation très différente de celle relatée dans Le Dragon de Glace de George R.R. MARTIN où les dragons ne sont que des montures de combat et n'ont pas la grâce de ceux de Pern ou de ceux de Black'Mor.

Car si je citais l'aspect contemplatif de l'album-ci, c'est bien grâce à la magnificence des illustrations qui représentent ces animaux mythiques et fabuleux, tantôt en couleur, tantôt en noir et blanc. 
On ne se lasse pas de tourner et tourner à nouveau les pages, à la découverte du moindre petit détail, observant les cartes, les dessins et tombant en extase sur une nouvelle illustration qui nous saute à la figure.
Tous ces dragons ne sont pas beaux, certains font presque peur mais ils ont tous en commun une grande noblesse.

Ce second carnet est à la hauteur du premier. J'ai hâte de découvrir le troisième !
Pour achever, une citation de Tolkien : "Ainsi vient la neige après le feu et même les dragons ont une fin.





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dimanche 16 décembre 2012

La Ballade de Pern Les dauphins de Pern Intégrale 1 de Mc Caffrey

102 ans après l'atterrissage
Kibbe tira une dernière fois la corde de la cloche. Il s'était relayé avec Corey toute la matinée, mais maintenant le soleil déclinait, et on ne leur répondait toujours pas. Généralement, quelqu'un, ne fût-ce qu'un pêcheur, sortait du lieu de l'Homme sur la jetée. Mais les bateaux se balançaient sur leurs ancres, et, à l'évidence, ils n'étaient pas sortis depuis un certain temps.

Et les dauphins d'attendre désespérément que se renoue la tradition de l'union Homme-cétacé ... Heureusement Readis, le fils de Jayge et d'Aramina, sauvé d'un naufrage par ces étranges poissons-bateaux qui parlent, va tout mettre en oeuvre pour recréer la symbiose qui existait autrefois entre les deux espèces.

Nous voici dans une autre ramification de la Ballade de Pern, le récit se situe juste avant que les Chevaliers Dragons, avec l'aide de SIAAV, parviennent à détourner l'Etoile Rouge de sa trajectoire, et se prolonge encore après et cette fois-ci du côté des Seigneurs du Fort de la Rivière Paradis. Une histoire donc parallèle au roman Tous les Weyrs de Pern, comme l'aime à faire Mc Caffrey (et qu'elle accomplit si bien). 
Ainsi les rôles de personnages récurrents comme F'lar et Lessa, Menolly et Sebell, deviennent à nouveau secondaires au profit de Readis, au début du récit, petit garçon, d'Alémi son oncle qui va tout lui apprendre de la mer et de T'lion, jeune chevalier dragon, ami à la fois de Readis et des dauphins.
Ces fameux dauphins que l'on évoque lors de la colonisation de Pern, dans L'Aube des dragons. Rendus capables de communiquer par la parole, ils avaient été amenés sur la planète afin d'aider à l'apprivoisement des mers nouvelles, autrefois les hommes qui travaillaient en étroite collaboration avec les dauphins se nommaient les Dolphineurs et humains comme cétacés se rendaient mutuellement de grands services. Puis cette relation s'éteignit peu à peu au fil des générations, bien que les dauphins gardent en mémoire au cours des ans, comment parler et comment sauver les hommes. Et aussi comment les appeler.

Il est étrange de constater à quel point la mémoire de l'animal fut fidèle alors que celle de l'humain s'estompa peu à peu, celle des dauphins était mise à jour par des histoires et légendes sans cesse racontées comme les Ballades relataient les hauts faits des hommes. Et pourtant ceux-ci oublièrent les dauphins, jusqu'à même effacer de leurs souvenirs ce qu'ils étaient, pour les appeler bizarrement des poissons-bateaux.

Evidement dans ce récit là précisément, on est à fond dans le côté gentillet de Mc Caffrey, avec ses Flipper en herbe qui cherchent à tout prix à aider les humains (ces ingrats qui pourtant ne prêtaient même plus attention à eux ! ), on assiste ainsi à des parties de jeux, de solidarité de la part de ces sympathiques animaux. Celui qui n'aime pas les dauphins et la mer passera son chemin, voire même pourra s'ennuyer, ce n'est pas mon cas et puis c'est toujours la Ballade de Pern et j'aime avoir les points de vue différents des personnages sur les mêmes évènements.
Ces Dauphins de Pern, ont une similitude avec Le chant du dragon : un jeune homme qui veut faire ce que lui interdisent absolument ses parents, ce n'est pas sans rappeler la tragédie de Menolly qui n'avait pas le droit de chanter, heureusement pour Readis, ses parents sont moins monstrueux que ceux de la jeune fille mais il devra lui aussi passer par la fuite de son milieu familial pour imposer ses idées. Je vais finir par croire que la fuite est un bon moyen sur Pern pour faire entendre raison à son entourage !

En même temps cela se lit toujours aussi bien et puis peu à peu, au fil des romans annexes à l'histoire des chevaliers dragons, on entre de plus en plus profondément dans la vie des autres castes : après les Ateliers, après les Seigneurs, voici les Pêcheurs. Mc Caffrey sait toujours nous trouver des personnages éminemment sympathiques sans oublier de faire référence à l'empêcheur de tourner en rond je cite le nouveau Fax : Toric (un peu moins mesquin que le premier cela dit). Et elle a aussi le chic pour faire adhérer à toutes les idées des bons pour ennuyer les méchants : ainsi le plan de Lessa et F'lar contre Toric m'a grandement réjouie et du coup cela me permet de mettre le doigt sur ce que j'apprécie particulièrement dans la Ballade de Pern, en décalage complet avec la réalité :  c'est qu'il y a une justice et que ceux qui trichent, qui mentent ou qui font du mal, finissent toujours par être punis.
Et comme c'est ce que je supporte le plus mal dans notre Société (cette pseudo injustice qui fait qu'au final certaines personnes qui sont des véritables "saloperies" tirent toujours leur épingle du jeu au détriment des autres, ceux qui respectent, ceux qui n'enfreignent ni les lois ni les codes de la vie avec autrui), je suis profondément heureuse de lire une histoire qui se passe dans un monde où au final l'injustice finit toujours par se réparer, c'est complètement idyllique, mais tant pis, cela fait un bien fou.
Je devrais me plonger dans Pern à chaque fois que je constate cette injustice à l'oeuvre dans ma vie !

Voilà qui conclue ce billet, je me rapproche de la fin, je pressens que je vais être fort fort malheureuse !

Ah si en aparté tout de même : la traduction !!! Je parlais du tutoiement, vouvoiement aléatoire dans le tome précédent ? Eh bien là la traductrice a trouvé le truc : tout le monde, absolument tout le monde se tutoie et vive le grand n'importe quoi !

Extrait
Il s'ensuivit de longues nages avec la bande, fatigantes mais passionnantes. Quand il avait soif, ils connaissaient toujours un ruisseau qui se jetait dans la mer. Ils avaient toujours un poisson prêt quand il avait faim, et ils continuaient à lui faire cadeau des objets qui leur plaisaient. Il trouvait des offrandes tous les matins. 

Ailleurs
Vert ;


mardi 11 décembre 2012

Top Ten (27)


Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon un thème littéraire défini sur le blog de Iani - rendez-vous initialement prévu créé par The Broke and The Bookish.

Voici donc le thème de cette semaine

Les 10 auteurs découverts en 2012 que vous préférez

En premier lieu et sans hésiter

1) Ann Mc CAFFREY :  sa Ballade de Pern fut mon grand coup de coeur 2012, alors évidement je ne connais rien d'autre d'elle mais j'ai adoré sa façon de présenter son univers, même si cela a un côté un peu gentillet, cela fait du bien dans ce monde de brutes. J'ai plongé à corps perdu dans cette histoire de chevaliers-dragons et de leurs montures fusionnelles qui luttent contre les Fils. Je n'ai pas encore fini et c'est vraiment tant mieux car je sais déjà que ce monde me manquera.

2) Brandon SANDERSON : mon autre coup de coeur de l'année, sa trilogie de Fils des Brumes m'a littéralement ensorcelée, voilà une fantasy pour le moins originale avec des personnages très attachants et très forts, aux personnalités variées. J'ai complètement dévoré ces trois tomes et je compte bien continuer ma découverte de cet auteur aussi captivant.

3) J.R.R. TOLKIEN "Quoi tu ne connaissais pas Tolkien ??? " Si si je vous rassure, je connaissais Tolkien, pour avoir désespérément tenté de lire le Seigneur des Anneaux en vain. Il aura fallu une nouvelle fois, après la lecture du très bon Bilbo le Hobbit, pour rentrer enfin dans son incroyable trilogie. Il est très étonnant ce qu'on peut ressentir à la lecture de certains livres, ce qui est certain c'est que je n'ai eu cesse de m'interroger sur le pourquoi n'avoir jamais aimé auparavant alors que c'est juste génial ? Bref s'il y a un auteur que je suis heureuse d'avoir enfin réellement découvert cette année, c'est bien lui car très honnêtement cela me minait de ne pas aimer le Seigneur des Anneaux. Maintenant que je compte désormais parmi ses fans, la Fin du Monde peut bien arriver, j'ai ENFIN lu et aimé Tolkien !
Ensuite pour les autres :

4) Neil GAIMAN : auteur découvert avec bonheur aux Utopiales, j'avais déjà lu Stardust juste auparavant mais j'ai tellement aimé l'auteur en lui-même, ses anecdotes, sa façon de parler de ses oeuvres, que j'ai eu aussitôt envie d'en lire encore et encore d'autres. C'est déjà chose faite avec Neverwhere et Mes cheveux fous (un de plus beaux albums jeunesse découverts) et je compte poursuivre. J'aime sa façon d'écrire qui mène sérieux et humour très léger, ses personnages complètement normaux à qui il arrive plein de trucs incroyables, ce mélange de magie féérique et d'horreur. Un auteur à suivre.

5)  AYERDHAL : Quel grand auteur de thriller que cet Ayerdhal ! De plus un auteur absolument adorable et abordable dans les rencontres, plein d'humour et qui met à l'aise. En ajoutant le fait qu'il écrit fantastiquement bien, que ses romans sont haletants et de grande qualité, voilà un auteur à côté duquel il aurait été dommage de passer cette année ! J'ai adoré Transparences et Résurgences et je vais évidement en lire d'autres !

6) Pierre BORDAGE : Encore un auteur que je connaissais sans rien encore avoir lu de lui, ce fut chose faite en 2012 avec notamment Ceux qui sauront et Ceux qui rêvent mais surtout Les fables de l'Humpur qui m'a estomaquée, c'est simple ce roman est un chef d'oeuvre, il est juste hallucinant !

7) Elian Black'Mor : Mon incursion dans sa Piste des Dragons Oubliés fut un émerveillement, c'est un album féérique, une merveille d'illustrations superbes, soutenu par un texte poétique. Un beau voyage. Et puis les dragons, je les aime de plus en plus depuis la Ballade de Pern ! Alors merci à Elian de les peindre si bien !

8) Stéphane Beauverger : Pour l'instant je n'ai lu de lui que le Déchronologue et une nouvelle dans Contrepoint mais son style m'a séduite, notamment dans son roman : et puis il n'y a qu'à me parler de mers et de bateaux pour m'emballer ! Encore un auteur à suivre.

9) Scott WESTERFELD : Une bonne découverte que cet auteur de la trilogie de Leviathan, une chouette série jeunesse qui mêle steampunk et uchronie. La lecture du troisième tome de la trilogie est prévue pour début 2013.

10) Anne ROBILLARD : Je ne résiste pas à mettre en dixième position l'auteur flop découvert cette année, à travers le premier tome des Chevaliers d'Emeraude qui, pour moi  s'est assimilé à un magnifique navet. Voilà au moins une découverte qui me permettra de ne plus jamais rien lire de cette auteure !

dimanche 9 décembre 2012

Neverwhere de Neil Gaiman

"Cher journal, commença-t-il. Vendredi, j'avais un emploi, une fiancée, un domicile et une existence sensée. (Enfin dans la mesure où une vie peut avoir un sens.) Et puis, j'ai rencontré une jeune fille blessée qui se vidait se son sang sur le trottoir et j'ai joué au bon Samaritain. Désormais, je n'ai plus de fiancée, plus de domicile, plus d'emploi, et je me promène à quelques dizaines de mètres sous les rues de Londres avec une espérance de vie comparable à celle d'un éphémère animé de pulsions suicidaires."

Voilà un extrait qui résume si parfaitement l'esprit et l'histoire de ce roman de Neil Gaiman que je pourrais me contenter de le citer sans en dire plus. Néanmoins je ne vais pas faire ma feignasse et tenter d'en dire un peu plus sur cet excellent roman au pays des sous-terrains londoniens, hantés par une bête fauve, qui tient à la fois du sanglier et de l'éléphant, habités par le peuple des égouts, et autres personnages ou créatures plus qu'étranges. C'est dans ce bizarre monde d'en -dessous que Richard, jeune écossais expatrié à Londres pour y faire sa vie, tente de rester en vie et d'aider celle qu'il a secouru un soir, sans savoir alors qu'il deviendrait totalement invisible pour les gens de son monde.

Ce qui frappe en premier lieu dans les écrits de Neil Gaiman -je l'avais déjà remarqué dans Stardust mais c'est encore plus flagrant dans Neverwhere - c'est ce paradoxe entre le merveilleux et une sorte d'horreur vraiment angoissante (en l'occurrence symbolisée par là par ces fameux Mr Croup et Mr Vandemar qui peuvent prêter à rire mais alors très jaune car ils se rendent coupables d'exactions qui sont plus terrorisantes que drôles) et entre l'esprit léger, plein d'humour de Gaiman (un humour à la Pratchett mais qui me parait encore plus fin) et le côté sérieux de l'histoire. Ce deuxième côté est bien réuni dans le personnage de Richard, qui tout jeune homme humble et raisonnable soit-il, a une certaine image cynique de lui-même.
 C'est un autre trait de convergence avec l'autre roman que j'ai pu lire de Gaiman :  c'est son héros, toujours un personnage un tantinet à côté de la plaque, l'anti-héros par excellence -Richard a la vertige et n'est pas particulièrement courageux mais pour autant il ne recule pas et fait beaucoup d'efforts - qui le rend humain et proche de nous. Cette aventure ne touche pas un être exceptionnel, il touche un monsieur tout-le-monde qui, s'il gagne des galons de héros sur la fin, le doit à sa seule maturité et sa force d'âme. Et il a quelque chose de vulnérable qui fait que l'on s'attache très vite à lui.

Le monde sous-terrain présenté là est horrifique à souhait : sale, puant, peuplé de rats, dégoûtant, des gens y survivent en mangeant des trucs peu ragoûtants, en s'habillant avec des superpositions de vêtements, en oubliant l'hygiène la plus élémentaire, et en dépit de cela, on y rencontre des gens nobles, charismatiques ...
(On ne peut  évidement pas éviter de penser aux SDF, ici transformés en peuple sous-terrain d'un monde parallèle au nôtre, mais hors société, sans domicile, sans papiers, tentant de survivre comme ils le peuvent.
Le Marquis de Carabas notamment, cet homme sans foi ni loi, a la classe d'un grand homme ; la jeune Porte, toute frêle et fragile soit-elle, manifeste un sacré courage et possède surtout un don très particulier : celui de pouvoir ouvrir n'importe quelle porte .... Les autres personnages que va rencontrer Richard ne manquent pas d'originalité non plus : Chasseur, cette femme qui a combattu le grand alligator de New York, l'ours de Verlin, le tigre noir de Calcutta et qui rêve de tuer la Bête de Londres , les Sept Soeurs, les Velours (femmes glacées qui tentent de voler la chaleur des humains en buvant leur vie ) .....

Sans oublier cet univers incroyable dans lequel les rats parlent et sont considérés comme des Dieux par le Peuple Parle-Rats, où un Marché flottant a lieu à des endroits aussi divers que variés (et qui propose aussi des choses aussi diverses que variées), où l'on franchit par des ascenseurs des hauteurs vertigineuses (tout ceux qui ont éprouvé un jour le vertige en restant accroché à une paroi rocheuse comprendront et surtout ressentiront parfaitement ce qu'a pu éprouver Richard à 4  pattes sur sa planche surplombant le vide) et où les stations de métro passent d'un monde à l'autre .... sans oublier l'obscurité qui prend son tribu de gens et le Smog qui s'infiltre partout.

En fin de compte, plus que l'histoire de la quête de Porte, à la recherche de qui a pu tuer sa famille et d'une clé, c'est ce monde parallèle qui est fascinant dans ce roman .... merveilleux mais à la fois écoeurant.

Un chouette roman qui se lit vraiment bien et qui nous fait osciller entre magie et horreur.
Ah et aussi j'ai retrouvé la fameuse bête sous-terraine de Londres, dont parlait Neil lors de sa conférence aux Utopiales !

Extrait
"- Je suis la dame Porte. Je suis la fille de Portico, de la Maison de l'Arche.
- Je suis Chasseur. Je suis son garde du corps.
- Richard Mayhew, fit Richard. Je suis trempé.
[...] -  De qui s'agit-il, frère Sable ?
- Dame Porte, fille de lord Portico, de la Maison de l'Arche ; Chasseur, sa garde du corps, et Richard Mayhew Trempé, leur compagnon, expliqua le frère Sable malgré sa lèvre endommagé."

Ailleurs
Vert ; AcrO ; Olya ...

samedi 8 décembre 2012

A l'école lisons (3)

Acte 3 .... A l'école, lisons aussi ... du policier.
La collection Mini Syros Polar offre tout un panel de tous petits livres d'une trentaine de pages qui aborde la littérature policière à l'école primaire.
Cet automne nous en avons découvert deux :

- Les doigts rouges de Marc VILLARD

Ricky, en vacances avec son frère et sa soeur aînés, aime et admire plus que tout au monde son frère. Or celui-ci agit de façon étrange ...... et son ami Bruno Ségura a mystérieusement disparu après une dispute entre les deux adolescents ....

Ce que j'ai surtout apprécié dans ce petit roman c'est toute l'escalade des sentiments du petit garçon, entre son amour démesuré pour son frère, jusqu'au doute et à la suspicion, en passant par la déception, la sensation de trahison etc .... Et en parallèle tout le travail qui peut être fait sur le basculement progressif de la peur à la terreur .... Point de vue professionnel, c'est un excellent petit roman pour travailler toutes ces notions de vocabulaire et de pouvoir les relever au cours du récit.

Ce livre a permis aussi à mes élèves de mener leur propre enquête policière en relevant tous les indices qui accusaient Georges le frère de Ricky, d'amener leur propre explication et ensuite de recouper avec la réalité.
Ils ont donc accroché au plus haut point.
Pour ma part j'apprécie vraiment la chute qui n'est pas du tout celle à laquelle l'on peut s'attendre.
Pour anecdote, un extrait de ce roman "Les images épouvantables d'un film interdit aux moins de treize ans s'imposèrent à son esprit. Massacre à la tronçonneuse mettait en scène un assassin qui découpait les gens en morceaux" a permis de mettre à jour tout ce que des enfants de 9.10 ans regardent déjà à la télévision .... c'est édifiant ....
Inutile de dire qu'ils sont entrés aussi joyeusement dans des explications affreusement gores pour expliciter les indices trouvés ...

- Le chat de Tigali de Didier DAENINCKX

Même collection mais intrigue totalement différente du premier, dans sa conception et sa mise en scène, le Chat de Tigali trace quelques extraits d'un journal tenu par un instituteur qui, au terme de son contrat de coopération en Algérie, ramène en France, avec sa femme et sa petite fille, un chat né là-bas, à moitié sauvage.
Sauf que le chat Amchiche est loin d'être le bienvenu à Saint Martin, petit village près de Marseille, au point qu'un drame arrive ... Mais qui peut ainsi s'en prendre à un animal et surtout pourquoi ?
Plus qu'une enquête policière, ce roman-ci aborde finement les thèmes du racisme et de l'intolérance. De façon subtile parce qu'elle ne passe pas au travers de l'humain mais des vestiges ramenés d'un pays non toléré réunis en un chat qui symbolise une sorte de liberté sauvage et permissive. Certains mots sont très crus et très durs. 

Je pense que ce livre est assez pertinent pour aborder les aspects qui ont trait à l'intolérance, car malheureusement la xénophobie et le racisme sont déjà présents dans certains de ces jeunes esprits, cela sort souvent de façon très fortuite mais c'est présent quand même.
J'ai pu constater aussi que la haine de l'étranger (et pas celui que l'on croit, tout simplement le nouvel arrivant au village) est très exacerbée jusqu'à des conflits qui prennent lieu en dehors de l'école et finissent pas se régler dans la cour : je suis assez horrifiée de pouvoir entendre dans la bouche d'enfants aussi jeunes des mots aussi violents que "toi si je te coince je vais te tuer". 
La littérature devient alors le seul moyen de tenter de faire passer une lueur d'espoir pour ces adultes de demain. Enfin je l'espère encore ....

jeudi 6 décembre 2012

La Ballade de Pern Tous les Weyrs de Pern Intégrale V de Anne Mc Caffrey

Avec la découverte de SIAV (Système d'Intelligence Artificielle Activé par la Voix), endormi depuis 2 525 ans, c'est toute la planète de Pern qui s'en trouve bouleversée. Déjà l'histoire des premiers colons est portée au grand jour, de manière assez extraordinaire pour un peuple vivant selon des traditions moyenâgeuses, puis les inventions réactualisées des premiers habitants changent radicalement la vie dans les Forts, Ateliers et Weyrs, et ensuite, et je devrais dire, surtout, il devient envisageable de débarrasser à jamais la planète de ces dangereux Fils contre lesquels il faut toujours lutter.

Avec cet épisode ci de la Ballade de Pern, qui s'étend à peu près sur 4 Révolutions, la saga de Mc Caffrey continue de s'enfoncer plus profondément dans la SF mais encore mieux elle allie fantasy et SF de façon subtile et tellement naturelle que voir des dragons se téléporter dans un vaisseau spatial ou assister à leurs déplacements dans l'espace ne nous semble même pas bizarre. Mieux que cela, c'est vraiment passionnant.
Avec quelques réserves bien sûr sur l'aspect purement hard science (bon c'est du gentillet de gentillet en cette matière) que j'aime toujours un peu moins, mais sans que cela soit trop compliqué pour mon cerveau désespérément atrophié pour tout ce qui est du domaine de la chimie et de la physique.

Tous les personnages présentés depuis le premier tome de la Ballade sont présents, avec un accent évidemment plus mis sur Jaxom, Fl'ar, Lessa et Robinton, néanmoins sans oublier Mirrim, Menolly, Piémur, j'ai eu la sensation de retrouver tous mes amis pour un superbe final qui conduirait à un dénouement attendu.
Sauf que ce n'est toujours pas la fin de la Ballade de Pern et je dis tant mieux tant mieux, même si j'ai maudit MC Caffrey dans ses dernières pages parce qu'elle m'a fait pleurer comme une madeleine !

[Une petite anecdote ? Allez je me lance ! Üma a été très perturbée de mes larmes et est venue se blottir contre moi qui lui expliquais que ce n'était pas grave, que c'était totalement débile de pleurer pour un roman mais que j'avais de la peine, que cela passerait. 
Si si je suis une personne tout à fait saine d'esprit, je vous rassure. Fin de l'anecdote ....]

La découverte de cette incroyable machine omnipotente (et un tantinet agaçante en même temps) n'a évidemment pas entraîné que de l'enthousiasme et nos héros ont du faire face à ses détracteurs, ceux qui l'appellent l'Abomination et ont cherché à la détruire (voire même détruire ceux qui la protégeaient) :
" J'ai fait ce que me dictait ma conscience, pour débarrasser  ce monde de l'Abomination et toutes ses oeuvres mauvaises. Il encourage la paresse et l'oisiveté chez notre jeunesse, l'éloignant de ses devoirs traditionnels. Je prévois qu'il détruira la structure même de nos Ateliers et de nos Forts. Qu'il contaminera notre Pern de ses vicieuses complexités qui priveront d'honnêtes artisans de leur travail et de leur fierté, éloignant des familles entières de ce qui a été trouvé bon et salutaire pendant deux mille cinq cents Révolutions."
Certes il était normal qu'un bouleversement pareil ne fasse pas que des émules. J'ai moi-même eu des doutes quant à  son utilité, dans le sens où trop de bouleversements, trop de progrès dans un monde encore très primitif risquaient de dérégler des choses et d'entraîner des effets néfastes et changer le visage de la planète à jamais. Inquiétudes partagées par Robinton et désamorcées partiellement par SIAV :
"L'esprit des premiers colons est toujours intact. Même la technologie que nous devons utiliser pour empêcher le retour de la planète errante sera du même niveau que celle de vos ancêtres. [...] Une fois que vous aurez retrouvé ce niveau de base, vous pourrez, au choix, continuer ou non à progresser."

Et encore les habitants de Pern ont été relativement tolérants et adaptables, avec une volonté d'évoluer, car une telle découverte dans un monde médiéval en Europe aurait fait l'objet d'une Hérésie et ce pauvre SIAV aurait été mis sur le bûcher.
Quoique certaines fois je n'aurais pas été contre le fait de lui clouer le bec, cet incroyable ordinateur avait un côté très agaçant de donneur de leçons tout en cachant des faits importants, j'avais la sensation d'un professeur un peu hautain qui enseignait ce qu'il voulait, au moment où il le désirait, sans forcément expliquer les tenants et aboutissants de toutes ses leçons. Comme quoi l'auteure a du le rendre partiellement humain pour que l'on puisse ressentir de l'énervement contre lui.

Ainsi un tome vraiment palpitant, qui pose absolument tout ce qui a été développé auparavant, et fait intervenir à nouveau tous les Weyrs dans une sorte de combat final haletant. Et une bonne revanche en prime pour le petit dragon blanc de Jaxom qui prend une importance capitale, tout en permettant l'accomplissement de son jeune maitre qui passe définitivement à l'âge adulte.

J'ai adoré encore une fois seulement cela n'empêchera pas mon coup de gueule final qui couve depuis les tous premiers tomes .... sur ce que tout lecteur doit subir : à  savoir la lamentable traduction de cette Intégrale.
Je trouve incroyable que l'on puisse à se point gâcher une traduction ..... car depuis le début c'est
- erreurs de syntaxe
- erreurs de noms, notamment sur les lézards de feu qui d'un coup s'appellent autrement
- fautes d'orthographe
Mais alors dans Tous les Weyrs de Pern, cela bat des records : carrément des noms de personnages qui sont cités alors qu'ils n'ont rien à faire là et comble du comble les erreurs de traduction des paroles des personnages en ce qui concerne le tutoiement et le vouvoiement.
Depuis le début il est clair que Lessa et F'lar se vouvoient (ce que je trouve bizarre mais bon, admettons), ainsi que des personnages qui se fréquentent depuis tant d'années qu'ils sont des amis intimes, mais continuent de se dire Vous à tout va .... On va dire que bon c'est encore plausible, le You comptant pour Vous et Je dans notre langue, au traducteur de choisir. Et puis cela reste plausible dans ce monde-ci.

Mais lorsque d'un coup F'lar et Lessa se mettent à se tutoyer et qu'ensuite Ruth, qui a toujours vouvoyé Jaxom, lui dit de temps en temps "Tu" (d'ailleurs en ce qui concerne le choix du traducteur, il est aberrant de mon point de vue de faire se vouvoyer des êtres vivants ayant une telle proximité, un tel lien, jamais il ne serait venu à l'esprit du traducteur de la Citadelle des Ombres de faire se vouvoyer Fitz et Oeil de Nuit, ou encore celui de A la croisée de mondes pour Lyra et Pantalaimon !!!), c'est du grand n'importe quoi !
Pour moi c'est tout simplement du manque de respect à cette oeuvre que de bénéficier d'une traduction aussi minable et pitoyable.
Heureusement que je suis totalement conquise par l'univers de Mc Caffrey car elle est bien mal servie par cette mauvaise traduction hasardeuse et sans aucun sens commun.

Voilà c'est dit !
Sur ce je vais bien entendu achever cette Ballade. Prochain épisode : Les dauphins de Pern.

Ailleurs
Vert ;


mardi 4 décembre 2012

Top Ten (26)

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon un thème littéraire défini sur le blog de Iani - rendez-vous initialement prévu créé par The Broke and The Bookish.

Voici donc le thème de cette semaine

Quelles livres aimeriez-vous recevoir pour Noël ?

Très honnêtement j'ai hésité à faire ce Top tout simplement parce que l'an dernier, je n'ai reçu aucun livre à Noël (pas pour autant que je n'ai pas été gâtée non plus hein ?) et que du coup je m'étais procurée moi-même quelques uns de mes souhaits en dehors des fêtes.
Mais bon comme c'est marrant à faire quand même, je pourrais intituler ainsi mon Top

Les 10 livres que j'aimerais recevoir pour Noël mais que je n'aurai probablement pas pour cause d'autres cadeaux prévus et imprévus !

Omale Tome 2 de Laurent GENEFORT


A comme association Tome 8 : Le regard brûlant des étoiles d'Erik L'HOMME

Leviathan Tome 3 : Goliath de Scott WESTERFELD

Exodes de Jean-Marc LIGNY sélectionné pour le Prix Une Autre Terre 2013

Super triste histoire d'amour de Gary SHTEYNGART sélectionné pour le Prix Une Autre Terre 2013

La tyrannie de l'Arc en ciel de Jasper FFORDE, gagnant du Prix Verlanger 2013 aux Utopiales

Warbreaker de Brandon SANDERSON

Elle qui chevauche les tempêtes GRR MARTIN et Lisa TUTTLE

Lombres de China MIEVILLE

L'étrange vie de Nobody Owens de Neil GAIMAN

dimanche 2 décembre 2012

Anthologie des Utopiales 2012

L'an dernier je n'avais pas acheté l'anthologie, tout simplement parce que je ne suis pas particulièrement fan des nouvelles ... Après avoir lu celle de cette année, je le regrette un peu. Je n'ai jamais accroché au système de nouvelles publiées dans la revue Bifrost, j'en ai conclu que c'était parce que ce genre de lecture ne me convenait pas. En fait, pas réellement .... Car j'ai aimé les nouvelles dans Contrepoint et j'ai beaucoup apprécié celles que renferme cette anthologie .....

Je passerai sur l'introduction de R Lehouq et U Bellagamba qui ne m'a pas vraiment passionnée, un style bourré de métaphores complètement forcées et pas naturelles de ce genre :
"Né prématurément en Europe, de l'union imprévue de la science et de l'utopie, couvé dans les brumes chaudes de la révolution industrielle, bercé par les heurts sociaux et politiques qu'il a provoqués, et nourri au sein par l'hypothèse scientifique, dont le lait est forcément entier" ..... 

Cette anthologie réunissait cette année pas moins de 10 nouvelles dont certaines qui m'ont vraiment emballée comme notamment celle de Neil Gaiman ou celle de Claude Ecken .... ou encore celles de Princio et Queyssi / Mauméjan.

Passage en revue de ces nouvelles :

- Origo de Pierre BORDAGE dans laquelle 10 astronautes passent dans l'infiniment petit, en accélération moléculaire constante pour parvenir au delà du Mur de Planck, vers un  Big Bang, un nouveau départ de l'univers .....  Très sympa.

- Fae Space de Sara DOKE : les humains, vivant avec les Faes, partent à la découverte de la planète Shayol pour une rencontre d'un autre type. C'est une nouvelle sur la tolérance entre les peuple, inutile de dire que les humains sont une fois de plus pointés du doigt en matière de mépris envers les autres, convaincus d'être supérieurs. Une représentation fréquente dans la SF et ô combien vraie, il est marrant de constater que c'est leur union avec le peuple des Faes qui leur a permis de regarder autrement leur monde et de le soigner, de l'améliorer.

- L'observatrice de Robert Charles WILSON qui se passe dans les années 50 à l'époque du télescope Hubble. C'est une nouvelle étrange et un peu flippante sur les enlèvements de petits hommes gris, d'expérience, d'observation des humains. Wilson joue sur la corde de l'angoisse du noir et de l'apparition d'êtres mystérieux ..... avec une chute plutôt surprenante.

- La finale de Nancy KRESS : Et si le cerveau, débarrassé de ses pensées aléatoires qui le parasitent, pouvait se concentrer intensément sur une seule chose à la fois ? Que ce passerait-il ? Serait-il terriblement plus performant dans une discipline ? C'est ce qu'Allen tente d'accomplir sur Lucy Hartwitch, devenue ainsi une joueuse d'échec incroyable mais ... en perdant toute sociabilité. Cette nouvelle m'a fait penser à Des fleurs pour Algernon dans laquelle Charlie, en gagnant en intelligence, perdait un peu de son humanité.

- La chose du lac de Laurence SUHNER : Un hôtel en berge d'un lac Léman ... une chose bizarre dans l'eau, il n'en fait pas plus pour penser à un monstre du Loch Ness. Je n'ai pas été très convaincue par cette nouvelle à vrai dire, qui met en parallèle SF et intrigue policière du début du XXè siècle.

- Et pleurer comme Alexandre de Neil GAIMAN : Il fallait s'appeler Gaiman pour inventer Obediah de déinventeur de toutes les inventions sans lesquelles le monde se porterait bien mieux. Avec un magnifique pied de nez à tous les utilisateurs compulsifs de leurs téléphones portables à toutes les sauces .....
"Il est regrettable que sortir un téléphone puisse avoir autant d'effet sur l'assistance. Je pense parfois que ça nous rappelle l'époque où on pouvait fumer dans les pubs : on sort nos téléphones comme on sortait nos paquets de cigarettes. Mais c'est sans doute parce qu'on s'ennuie facilement. 
[...] Les téléphones étaient sortis et la conversation terminée."
Voilà qui donne à réfléchir  ...

- La fin de léthé de Claude ECKEN : Claire, à l'hôpital à la suite d'un accident dont elle ne se souvient pas, se fait visiter chaque semaine par un voyageur temporel qui lui montre des photos de son futur et lui parle de sa vie à venir. La réalité et la chute vont être fortement cruelles .... Une nouvelle qui m'a beaucoup touchée, qui aborde cette si terrible maladie qu'est Alzheimer. Un texte sensible et émouvant.

- Petite excursion à l'endroit des atomes de Tommaso PRINCIO : Voilà une belle nouvelle post apocalyptique qui donne froid dans le dos : suite à un accident nucléaire, tous les animaux ont disparu (sauf les insectes et les araignées) et les enfants naissent avec d'atroces difformités. On ne peut que songer à ces enfants orphelins russes et roumains dont les images m'avaient frappées à l'époque de leur diffusion. Dans le monde présenté par Princio, chaque enfant porte un nom de Dieu ou de Déesse pour l'aider à s'accepter et à conserver un optimisme à toute épreuve, pensée unique prônée par le Premier Ministre italien. C'est assez hypocrite et terrible.

- En attendant demain de Laurent QUEYSSI et Xavier MAUMEJAN : Espagne, années 75 .... un petit garçon, suite à un évanouissement en sport, devient capable de prédire l'avenir et en gâche toute sa vie .... Quelle souffrance de craindre que le moindre changement apporté au présent n'invalide le futur et d'avoir ainsi toute sa vie planifiée au point de ne plus pouvoir éprouver la moindre surprise.
Une nouvelle en somme plutôt triste et émouvante.

- RCW d'AYERDHAL : ou un grand hommage à son ami Roland C Wagner, plutôt que d'en parler je préfère citer quelques extraits
- Qui est RCW ? demandé-je sans forcer la voix. [...]
- L'écrivain qui s'est défait des chaînes de la science-fiction pour lui ouvrir toute la littérature, répond-il.
Zoroastre se réveille :
- L'écrivain qui a démontré que la science-fiction était à la fois l'essence et le devenir de la métaphysique.
- Le dernier créateur d'une longue tradition nationale d'innovation culturelle, assène Andronic.
- Le dernier auteur de cette littérature que le monde entier nous a enviées avant de la piller, renchérit Zoroastre.
- Le Donateur, soufflent une centaine de voix extatiques.

Ailleurs

samedi 1 décembre 2012

Lectures en cours (28)


J'avais prédit que ma Pàl redescendue à une vingtaine de livres, remonterait après les Utopiales .... Chose dite, chose faite, elle s'est vue pourvue joyeusement de 10 livres, bon cela dit ça aurait pu être pire ^^
Et puis je n'avais rien acheté depuis  mois alors na !

Donc quels achats lors de mon séjour à Nantes ?

- Omale Tome I de Laurent GENEFORT (dédicacé)
- This is not America de Thomas DAY (dédicacé)
- Chroniques d'un rêve enclavé d'AYERDHAL (dédicacé)
- Neverwhere de Neil GAIMAN (dédicacé)
- La fille automate de Paolo BACIGALUPI : qui a reçu pour rappel le Prix Planet SF des Blogueurs
- Dragon de Glace de George RR MARTIN
- Contrepoint, anthologie présentée par Laurent GIDON (dédicacée par Lionel DAVOUST et Laurent QUEYSSI
- L'Anthologie des Utopiales (dédicacée par Pierre BORDAGE et AYERDHAL)
- Des cheveux fous de Neil GAIMAN et Dave Mc KEAN (dédicacé par l'auteur et l'illustrateur)
- La Trilogie : Sur la piste des dragons oubliés d'Elian BLACK' MOR (dédicacé )

Plus La volonté du dragon de Lionel DAVOUST comme cadeau.

Compte-tenu que j'ai déjà lu 4 de ces acquisitions (enfin 3 et demie je n'ai lu que le premier carnet de l'album de BLACK' MOR), mon mois de Novembre fut plutôt réussi en terme de lectures.

Alors maintenant, quelles lectures pour le mois de Décembre ?

En premier lieu, deux lectures communes prévues
- Les Masques de Wielstadt, la suite des Ombres de Wielstadt de Pierre PEVEL, avec Spocky et Julien.

- Dragon de Glace de MARTIN, prévue avec Spocky
D'un blanc cristallin, ce blanc pur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d'un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds et glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales blanches dans la caverne bleue de sa bouche.
S'il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S'il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n'en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. Le dragon de glace soufflait du froid ...

Ensuite, encore et toujours !
- La Ballade de Pern de Mc CAFFREY : il me reste très exactement 3 tomes de la Ballade pour l'achever et j'en pleure déjà ! Je ne pense pas que je lirai les 3 ce mois-ci (histoire de prolonger un peu le plaisir si nous existons toujours en 2013, verdict dans pile poil 21 jours) mais au moins Les dauphins de Pern dans l'Intégrale I et peut-être L'Oeil du dragon dans l'Intégrale I aussi.

Et enfin :
- Nerverwhere de Neil GAIMAN
Dans une rue de Londres, un soir ordinaire, Richard trouve une jeune fille au sol, blessée. Il la prend dans ses bras, elle est d'une légèreté surprenante. Le lendemain, tout dérape : sa fiancée le quitte, on ne le reconnaît pas, certains ne le voient même plus. Le monde à l'envers, en quelque sorte ....

- La fille automate de Paolo BACIGALUPI : ce livre est sélectionné pour le Prix Une autre Terre, pris remis aux Imaginales 2013
La sublime Emiko n'est pas humaine. C'est une créature artificielle, élevée en crèche et programmé pour satisfaire les caprices décadents d'un homme d'affaire de Kyoto ...

- La guerre des mondes n'aura pas lieu ! de Johan HELIOT
Le jeune Herbert G. Wells rêve de devenir écrivain. Puisque son roman a été refusé par tous les éditeurs, il décide d'embarquer pour l'Amérique. On dit que là-bas, tout à l'ouest, se trouve une cité idéale ...

- Sur la piste des dragons oubliés Carnet 2 et 3  d'Elian BLACK'MOR