samedi 22 décembre 2012

Dragon de glace de George R.R.Martin

De MARTIN, je ne connaissais que le Trône de Fer, alors j'étais plutôt impatience de découvrir quelques autres de ses écrits. Commencer par des nouvelles est un pari risqué, on ne sait jamais si l'on va suffisamment entrer dans ce genre d'écrit pour savoir si l'on aime ou pas, ou quelquefois c'est beaucoup trop court pour se faire une opinion.
Bon au vu de la quatrième de couverture, je ne prenais toutefois guère de risque : dragon, froid, givre, neige .... le tout narré de manière à véritablement sentir le froid qui émane de cet animal mythique, j'étais presque sûre que j'allais aimer la première nouvelle.
Non seulement ce fut le cas mais en plus les autres m'ont étonnée et séduite. Si ses deux premières sont de type fantasy, les deux dernières nous projettent dans un monde contemporain, on s'éloigne alors grandement du Trône de Fer.

Petit aperçu de ces quatre nouvelles :
- Dragon de glace : à la manière d'un conte, Martin narre l'histoire d'Adara, née au coeur de l'hiver, le pire gel jamais arrivé qui tua sa mère et la rendit différente des autres enfants. En effet, elle est capable d'endurer la rigueur des hivers qui d'années en années deviennent de plus en plus longs : c'est qu'un dragon de glace survole le ciel annonçant à chaque fois un printemps tardif .... Winter is coming, évidement on ne peut pas s'empêcher d'y penser ! 
J'ai énormément apprécié cette nouvelle, de part son écrit que j'ai trouvé très poétique, et ensuite par son histoire qui lie Adara et son dragon de glace. Bon j'avoue, je suis complètement imprégnée des histoires de chevaliers dragons de Mc Caffrey, cela joue et pourtant la relation qui lie homme-dragon dans cette nouvelle-ci est totalement différente du lien télépathique qui existe entre les deux dans La Ballade de Pern. Je le faisais aussi remarquer dans mon billet sur le carnet 2 de La Piste des dragons oubliés, dans Dragon de glace, ces animaux mythiques ne sont que des montures de guerre, des destriers volants que l'on fouaille et traite comme des animaux de monte. On est loin de la magie des autres ouvrages lus dernièrement.
C'est le seul aspect qui m'a déplu dans cette nouvelle-ci, mais cela reste un petit point car j'ai vraiment été enchantée par ce récit glacial. Cela m'a rappelée des souvenirs d'autrefois lorsque j'aimais profondément la beauté des hivers enneigés et je rends hommage à Martin qui sait parfaitement la rendre.

- Dans les contrées perdues : "Chez Alys la grise, on peut se procurer tout ce dont on n'a jamais rêvé. Mais il vaut mieux ne jamais pousser sa porte." Dame Mélange désirerait changer de forme, devenir un loup, alors que Jerais le Bleu, son champion, souhaite qu'elle échoue. Or Alys se doit de réaliser tous les souhaits, comme elle l'a promis ... Comment va-t-elle pouvoir satisfaire ces deux-là contradictoires ? Un long périple va la conduire à travers des contrées hostiles et solitaires à la recherche du loup-garou. Cette nouvelle ci reste dans une atmosphère fantasy mais beaucoup plus glauque et étrange que la première. Certaines scènes décrites sont d'un réalisme à couper le souffler mais en fait paraître encore plus atroce et terrible les actes.
Personnages inquiétants, climat sombre où souffle un vent de désolation, cette nouvelle m'a mise un peu mal à l'aise.

- L'homme en forme de poire : La plus grande surprise de ce recueil, après avoir lu deux qui se passaient dans un univers proche de celui déjà créé par Martin, je ne m'attendais pas à basculer dans notre monde d'aujourd'hui et qui plus est, de façon aussi radicale. 
Jessie, jeune femme illustratrice, emménage, avec son amie Angela, dans un nouvel appartement. Tout irait bien dans le meilleur des mondes si elle ne se retrouvait pas en présence d'un personnage plus qu'intrigant ... un homme en forme de poire. Il parait, selon Martin, que tout le monde connaît un homme de poire. Je suis bien heureuse de le démentir car l'aventure qui arrive à Jessie est pour le moins flippante. Non seulement, il existe une certaine tension qui monte de pages en pages au fur et à mesure où cet étrange homme semble harceler la jeune femme jusque dans ses rêves (et ses illustrations) mais en plus l'auteur a su parfaitement décrire l'homme le plus repoussant, le plus répugnant qui soit. J'en frissonne encore ! Le dénouement est incroyable au terme d'une tension de plus en plus forte, je suis bien contente de ne pas l'avoir lue le soir, d'ailleurs j'en ai rêvé c'est pour dire à quel point cette nouvelle -excellente au demeurant- m'a marquée.

- Portrait de famille : Une nouvelle contemporaine aussi mais sur le mode fantastique lorsque les personnages de romans d'un écrivain Richard Caitling prennent vie à partir de tableaux peints par sa fille, en fuite depuis des années. Encore une nouvelle prenante et relativement oppressante car l'on ne sait pas trop à quoi s'attendre. Il faut attendre la fin pour comprendre les raisons qui ont poussé Michelle à peindre ces tableaux, ce qui m'a d'ailleurs rendu le personnage de Richard profondément antipathique. Martin est parti d'une affaire de famille, d'un fait divers pour ne bâtir une histoire fantastique. Bien vu bien que ce ne soit pas ma préférée.

En conclusion, une très belle découverte que j'ai lu en compagnie de Spocky.

Ailleurs

12 commentaires:

  1. Je viens juste de le finir, mon avis très bientôt. Mais wow, ces deux dernières nouvelles, remarquables, si ce n'est plus !

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    1. Ah j'irai voir ça alors ^^ La plus remarquable pour moi reste L'homme en forme de poire :)

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    1. Eh bien c'est du concis comme commentaire ça, xd

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  3. Tiens, il me faisait de l'oeil aux Utopiales celui-ci,mais j'attendais de voir passer des avis dessus. Je le note pour me le prendre une prochaine fois :)

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    1. Oui bonne idée, c'est une bonne redécouverte de cet auteur :)

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  4. Faudra que je le lise, ça fait déjà quelques mois qu'il est dans la pile.

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    1. J'espère qu'il te plaira :)

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    2. J'aurais mis le temps mais en effet il m'a plu.

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  5. Martin est percutant même en format court. J'ai lu 2 nouvelles de lui dans le Bifrost qui lui est consacré et ça claque bien. Bref, celui-là devrait tomber entre mes mains un jour.

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  6. Martin, c'est le bien !
    (merci pour le lien, je linke cet article)

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