vendredi 10 janvier 2014

Des yeux dans le ciel de Jean Marc Ligny

La Terre quelques siècles après les Âges Sombres, une société pastorale, dévouée toute entière au culte de Mère-Nature, s'est reconstruite. Loin des cataclysmes d'antan, il fait à nouveau bon vivre sur cette Terre rénovée, lavée des erreurs humaines. 
En même temps, comme dans Ravages de Barjavel, tout est fait pour ne pas basculer à nouveau dans les technologies d'autrefois, au point de réguler les tâches et les missions des habitants du petit village dans lequel vivent Jasmin et Violette deux adolescents qui possèdent chacun un don.
Dans cette nouvelle société Mère-Nature a ainsi donné des dons aux enfants : celui de voir dans l'avenir, celui de réussir à apaiser les êtres vivants ou encore déplacer les objets sans les toucher.

Tout se poursuivrait ainsi, sans obstacles dans cette vie bien rodée en harmonie avec la nature, si Jasmin ne se faisait pas sauver d'une attaque de panthère par un mystérieux homme vêtu d'argent et prétendant être tombé du ciel. C'est le début d'une quête qui va le conduite jusque sur la planète Mars en voie d'être terraformée par d'anciens terriens.

Autant certaines fois je peux hésiter sur le genre littéraire de tel ou tel roman, là aucun doute, il s'agit bien de la littérature jeunesse. Bien écrite, bien construite par un auteur qui a mainte et mainte fois prouvé qu'il était le maître en la matière de vision futuriste de la planète malmenée par les hommes. Pour autant s'il s'agit d'une histoire d'anticipation, c'est beaucoup moins noir que dans ses romans adultes, en effet nous ne sommes pas là en plein cataclysme naturel où les éléments se déchainent, mais dans un futur réparé.
Il est d'ailleurs intéressant de constater que certains auteurs touchant au post-apocalysme mettent en place une société revenue à ses premières valeurs, presque à l'échelle des premiers humains, vivant de récoltes et de cueillette, dans une peur constante de revenir à  ce qui a conduit à la perte de la Terre.

J'ai aussi fait l'analogie avec La Planète des Singes (celui avec Charlton Heston) avec l'histoire de Kruger parti dans l'espace à la recherche d'une nouvelle planète à conquérir pour les humains et qui au final se retrouve sur Terre sans l'avoir voulu .... une Terre tellement transformée qu'il ne peut évidement pas la reconnaître. 

La nouvelle société que dépeint Jean Marc Ligny a un côté très secte, les règles du village sont régis par un chaman qui fait régner les lois, de façon arbitraire ; ainsi pour respecter les codes de Mère Nature, il est normal de ne pas venir en aide à un habitant qui se fait dévorer par un fauve.

Evidemment le côté jeunesse a probablement entraîné chez lui un désir de positiver les choses beaucoup plus que dans ses autres romans, cela m'a un peu surprise, habituée que je suis à la noirceur de ses autres histoires, un peu dépitée aussi dans le sens que j'aurais aimé un peu moins de "tout est bien qui finit bien". Néanmoins cela n'enlève rien à ce très bon roman d'initiation anticipation jeunesse. 
Ce qui est surprenant aussi dans ce roman, c'est la transition entre la première partie qui se passe sur Terre où les émotions et les sentiments tiennent une bonne place (la relation d'amour entre Jasmin et Violette, le respect et l'amitié de Jasmin en faveur de Kruger, les réactions exagérées des villageois) et la seconde sur Mars, beaucoup plus froide à l'image d'une planète qui, si elle est terraformée, reste dangereuse et glacée. Transition accentuée aussi par des décors très différents et aussi une tournure qui prend un tout autre sens sur Mars, au point qu'on a la sensation de lire deux histoires différentes. J'ai beaucoup plus accroché à la première partie qu'à la seconde.

En résumé un très bon roman jeunesse, qu'on apprécie peut-être un peu moins en tant qu'adulte pour tous les points que j'ai développés auparavant, mais les qualités d'écriture et de récit n'en sont pas moins indéniables. Je prends toujours plaisir à lire de bons livres jeunesse et puis celui-ci a le mérite d'aborder des notions de respect de la nature et de ce qui peut arriver si les hommes continuent de bousiller la Terre.
A découvrir donc.

mardi 7 janvier 2014

La valse lente des tortues de Katherine Pancol

Ce roman fait directement suite à "Les yeux jaunes des crocodiles", reprenant les mêmes personnages peu de temps après. Cela fait un sacré moment que je l'ai lu alors mon billet risque d'être absolument flou.

Après avoir accepté de faire publier son roman historique par sa soeur, Joséphine a déménagé dans un quartier chic pour faire plaisir à sa fille aînée (plus peste et désagréable que jamais) et tombe amoureuse de son beau-frère - cela tombe bien, lui aussi- tandis que sa fille cadette découvre les affres de l'adolescence et qu'en parallèle son beau-père Marcel et son amante Josiane affrontent une femme vaudou qui a jeté un sort sur leur famille (si si véridique !), cadeau de son ex-femme qui veut se venger. Par dessus le tout, un criminel rôde et une secte hante l'immeuble de Joséphine (je crois même que les deux ont un lien !).

En quelques mots, comment écrire un roman qui tourne entre l'ésotérisme et le polar avec des ficelles grosses comme des cordes et surtout une telle dose d'irréalité que cela en devient gênant. Par exemple, Hortense, la fille aînée de Joséphine, réussit brillamment tout ce qu'elle veut dans la mode (j'oserais presque dire en claquant des doigts mais en fait, c'est plutôt en se montrant telle qu'elle est : une pure égoïste, égocentrique et méprisante avec les autres) ; Joséphine, elle, se sort de situations juste pas possibles ; le bébé de Marcel et Josiane (il s'appelle Junior, non mais faut oser quoi !) est tellement mâture que c'est lui tout seul qui parvient à faire comprendre à ses parents qu'ils sont maraboutés, à moins d'un an !
Bref ce que je reprochais déjà au roman précédent a pris là une ampleur insupportable.
Certes le mot est fort, cela ne m'a pas empêchée de le lire jusqu'au bout (j'étais dans ma période "besoin de lecture facile et pas prise de tête") car c'est suffisamment titillant pour avoir envie de savoir la fin, mais en dépit de cela, c'est tout-de-même fort de café !

Avec tout ceci, les personnages sont toujours aussi caricaturaux, une Joséphine toujours aussi faible malgré quelques progrès, on a la sensation qu'aucun d'entre eux n'évoluent vraiment, dans leurs caractères ou leurs vies, quelques petites choses qui changent mais rien de notable. Bref, je n'aime pas dire cela d'un livre, mais c'est tout de même assez mauvais.

mardi 31 décembre 2013

Et une nouvelle année a vécu ....


31 décembre, cela sonne l'heure des bilans annuels ... ces bilans dans lesquels on jette un coup d'oeil en arrière, on comptabilise le nombre de posts, on fait le point sur ses Challenges et coups de coeurs, on prend des bonnes résolutions pour l'année à venir .... 
L'an dernier avait été marqué par la fin du monde ....qui n'a pas eu lieu.
L'année 2013 aura été en contrepartie plutôt chaotique en matière de bloguing .......

En premier lieu après avoir publié 137 billets en 2012, je suis lamentablement descendue à 82 en 2013 ... c'est tout de même 55 de moins, ce qui n'est pas négligeable ....
Clair Obscur était tout prêt à survivre à la fin du monde mais n'a pas réussi à passer sereinement l'année suivante .... de coups d'arrêt aux coups de pause, certains moins ont été plutôt vides, c'est le moins que l'on puisse dire .....
Un gros coup de mou aux mois d'Avril et Mai (3 et 6 billets) qui a failli signer la fin définitive de Clair Obscur et puis cette pseudo pause depuis le début de l'automne pour cause de vie réelle bien occupée ....5 billets en Septembre, 2 au mois d'Octobre et 1 seul au mois de Novembre, oups !

En dépit de cela, je n'ai même pas perdu mon enthousiasme à bloguer ni mon envie, les derniers billets le prouvent je pense .... J'ai même envie de dire que mon recul "phase rêve-d'enfance-réalisé "m'a permis de voir enfin les choses autrement, envie de bloguer ? je blogue .... Pas envie ? je ne blogue pas.
Envie de lire ? je lis. Pas envie ou pas le temps ? Eh bien on patiente ....
En définitive, tout ce qui me pourrissait la vie dans ce blog s'est envolé à la vitesse d'un cheval au galop (pardon pour ce mauvais jeu de mots, ihih) : l'astreinte à bloguer absolument tel nombre de billets par mois, le stress de ne pas trouver du temps pour le faire dans la journée, la peine en absence de commentaires et le jugement personnel qui suit ("t'es trop nulle c'est pour cela que personne ne vient jamais") .... bref tous les côtés négatifs qui entachaient vraiment mon plaisir de venir ici et m'amenaient des fois à vouloir jeter l'éponge.

J'ai la sensation d'avoir trouvé enfin ma place ici sans me forcer et du coup tout le contentement qui doit aller avec. Et lorsque je viens bloguer, c'est pour le plaisir et le partage uniquement et rien d'autre.

Alors finalement quel bilan pour l'année 2013 ?

- 82 billets donc, passons ...

- deux coups de coeur : Coeur de pierre de Gauthier et Almanza ; Elle qui chevauche les tempêtes de Lisa Tuttle et George RR Martin  (je ne recompte pas ceux déjà amorcés en 2012 ) :  ce n'est tout de même pas beaucoup, il faut dire que j'ai moins lu forcément mais aussi que je suis probablement de plus en plus difficile pour décerner LE coup d'amour pour une oeuvre.

- ma Pàl a atteint le nombre pathétique de 6 livres il y a peu pour remonter un peu ce mois ci, actuellement en comptant les entrées et sorties, ainsi que les livres entamés mais non finis, elle se tient à 9 livres !

- top des billets les plus visités :
1) Coeurs de rouille de Justine Niogret : 51 vues
2) La magnificence des oiseaux de Barry Hughart : 44 vues
3) Fantôme et farfouilles de Fredric Brown  : 18 vues
4) Top Ten 13 : 16 vues
5) L'enfant des cimetières de Sire Cédric : 13 vues
Il est marrant de constater que dans ce top ten, 3 livres font partis des derniers billets.

- une seule lecture commune : Sans forme de Gail Carriger avec Lhisbei

- trois Challenges : le Summer Star Wars de Lhisbei ; My Summer Of (SFFFF) Love de Vert et juste commencé le Winter Mythic Fiction de Lhisbei

- deux festivals : Les Imaginales et Sèvres  ; un gros regret avoir loupé les Utopiales mais RV pris pour l'an prochain !

Au final un bilan qui en dépit du manque d'activité de Clair Obscur  n'est pas si négatif que cela. Ce blog existe maintenant depuis environ 3 ans et demi, il est passé par pas mal de phases mais il est toujours là, présent .....

J'en profite pour remercier tous ceux et celles qui sont venus poster, qui m'ont soutenues, qui sont présents de loin ou en IRL, sur lesquels je peux compter .... un énorme bisous spécial pour l'une d'entre elle qui se reconnaîtra je le sais ^^

Bonne année à tous et toutes et RV à l'année prochaine, 2014 cela sonne plutôt bien, j'aime :)
(Inutile de rajouter que cette année encore il n'y aura pas de bonnes résolutions à prendre xD)

dimanche 29 décembre 2013

L'enfant des cimetières de Sire Cédric

Ce pourrait être un simple fait divers : un fossoyeur tue sa femme et ses enfants au fusil à pompe avant de se donner la mort. David et Aurore, journalistes, sont sur les lieux, certaines de tenir un sujet en or ....

La suite de la quatrième de couverture en rajoutant un peu trop, je m'arrêterai là dans la copie.

Sire Cédric c'est une découverte pour moi, j'ai beaucoup hésité avant de l'acheter (c'est Gromovar qui m'a conseillé celui-ci) parce que je suis du genre sensible et que le gore et l'horreur me tourneboulent un peu trop la tête.
Mais après tout, rien de mal ne peut sortir d'un auteur qui signe ses dédicaces au feutre rose n'est-ce pas ? Donc je me suis lancée. Je ne suis pas novice en la manière, j'ai eu mon époque Dean Koontz et Masterton, le second versant plus dans l'horreur que le premier d'ailleurs, jusqu'au trop plein ; mais dans le fond Sire Cédric cela fait un moment que je le vois "hanter" les festivals alors il fallait tout de même que je découvre un jour ses oeuvres !

Je peux le dire de suite : je ne fus pas déçue, le rythme est haletant, j'ai dévoré les 500 pages sans sourciller et surtout à une allure folle (en prenant soin tout de même au cours de ma lecture d'éviter les heures de la nuit, eh oui on est trouillarde ou on ne l'est pas .... néanmoins j'avoue avoir très bien supporté cette lecture).
Ce thriller qui a pour fond une légende urbaine mettant en scène un enfant hantant un cimetière ne laisse pas de répit, de plus c'est bien écrit, vraiment bien écrit, Sire Cédric sait manier le phrasé et rendre son texte presque poétique .... du coup cela a eu un effet apaisant sur moi pour me faire accepter plus facilement le sang et le gore. Cela dit ce n'est pas si gore que cela .... et cela reste fort supportable. Il y a néanmoins quelques scènes qui restent dans les annales (et m'ont valu quelques cauchemars post lecture je l'avoue, ceci ajouté en plus à l'ambiance glauque de Coeurs de rouille de Justine Niogret et ce fut parfait pour alimenter certains songes nocturnes qui réveillent en sursaut !).

Car le personnage  coupable des pires exactions, capable d'entrer dans les pensées des autres pour les manipuler ou les torturer, est réellement terrifiant, de par son apparence et de par son insensibilité extrême et son manque d'empathie à la souffrance d'autrui , et plus encore les ombres qui l'accompagnent, l'enveloppent, le protègent et ... attaquent.
Sire Cédric sait parfaitement amener son sujet et faire ensuite monter peu à peu l'angoisse, prenant des personnages somme tout bien banals,  (deux journalistes) et relativement démunis  ; j'ai tout de même trouvé David un peu naïf et le côté "je trouve le bon livre magique pour repousser les démons et les formules magiques marchent formidablement bien du premier coup" un peu poussé et pas très crédible. Mais c'est le seul reproche que je ferai à ce roman mené tambour battant, à la fin qui ne déçoit pas.

J'ai beaucoup aimé l'entrée dans le monde des disparus ... pas seulement ceux qui reviennent pour hanter ou pour effrayer mais ceux qui sont présents pour protéger et veiller, je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler mais ce fut le côté le plus séduisant du roman à mes yeux.
Le contraste entre l'inhumanité extrême de l'adolescent tueur, son invulnérabilité et le sentimentalisme du journaliste, profondément humain, lui, profondément normal aussi, est bien posé et rend l'intrigue d'autant plus angoissante. L'atmosphère est oppressante, on sent le mal s'insinuer peu à peu au fil des pages et amener un certain mal être chez le lecteur qui se demande bien comment les "héros" vont pouvoir lutter contre ce mal absolu (et lui comment va-t-il se tirer de cette lecture !). Un bon thriller donc dans toutes les règles de l'art.

Et une très belle première découverte, j'y reviendrai !

Extrait :
L'individu qui venait à leur rencontre semblait avoir été dessiné dans les ténèbres pures, grouillantes et gémissantes, faites de pulsations et de crocs qui happaient l'air, sur ses bras, ses jambes. Des formes d'ailes impossibles se dressaient dans son dos, prenant l'espace d'un instant l'apparence d'une véritable personne torsadée et chimérique, avant de redevenir goudron bouillonnant et de couler sur les murs, serpenter et gonfler.

Ailleurs

vendredi 27 décembre 2013

Coeurs de rouille de Justine Niogret

En tout premier lieu, deux remarques :
- surtout ne pas lire la quatrième de couverture qui d'une part comprend un élément erroné de l'histoire et d'autre part spoile complètement la fin, c'est une honte ! Heureusement que je l'ai parcourue comme à mon habitude sans imprimer, cela aurait été dommage et m'aurait évitée une véritable surprise et même une exclamation en lisant.
- je n'aime pas mais alors pas du tout la couverture, certes elle traduit bien le côté porcelaine des golems mais je la trouve affreuse, tout simplement moche ....

Fin de la parenthèse "remarques" .... Après Chien du Heaume, Mordre le bouclier et Gueule de truie, Justine s'essaye à la littérature jeunesse .... quoiqu'en matière de jeunesse, je pense qu'il faut avoir déjà un certain âge ou une certaine maturité pour aborder ce monde cruel, sombre et sale. A ne pas mettre dans les mains de tous je pense .... Ce qui est "marrant", c'est que paradoxalement, il m'a beaucoup plus effrayée que "L'enfant des cimetières" de Sire Cédric (lu juste avant) qui logiquement aurait du me faire flipper.
Or en matière d'angoisse, j'ai trouvé tout de même ce roman de Niogret haut de gamme !
Son personnage qui ouvre le bal par exemple .... Pue-la-Viande, encore un nom lourd de sens comme elle aime à les trouver ... Ce golem a goûté au meurtre et revêt véritablement un côté effrayant, oppressant ..... générant une sorte d'ambiance glauque et sinistre à chaque fois qu'il intervient ...

" - Vous êtes entrés chez moi.
La voix était terrible ; sortie de ce bec pas plus gros que l'ongle, pleine de limaille de fer, et pourtant elle sonnait comme un marteau sur une enclume. Ni Saxe ni Dresde ne répondirent."

Mais je m'égare .... Dans Coeurs de rouille, sorte de roman post-apocalyptique,  ( à supposer car rien ne nous en donne vraiment la preuve), le jeune Saxe un matin se réveille en présence de Dresde une golem à la recherche de ses souvenirs. C'est qu'auparavant, il y a fort longtemps ces sortes d'automates évolués travaillaient aux côtés des humains avant que ceux-ci les détruisent parce qu'ils les trouvaient dangereux au profit des agolems juste bonnes à obéir aveuglément avant aussi que la porte de la cité ouvrant sur le monde ne soit définitivement fondue et scellée. Ces deux êtres que tout sépare décident pourtant de tenter de sortir de la Cité - cette Cité métallique, sale, remplie de cadavres de golems, vide d'humanité- mais pour ceci il faut fuir cet autre golem Pue-la -Viande qui  les traque impitoyablement.

Comme je l'ai dit précédemment, l'univers de Justine Niogret est particulièrement sombre et angoissant, à chaque moment j'ai été sous tension, à chaque chuchotement de la voix du monstre (car on ne peut guère taxer autrement ce golem fou), je sursautais .....Au fur et à mesure que Saxe et Dresde s'enfoncent dans les profondeurs de la cité, pris par leur quête, la peur latente se fait de plus en plus oppressante.
Justine Niogret signe là son roman le plus noir à mon sens, plus noir encore que Gueule de Truie, du fait de son atmosphère terrifiante et de manque d'espoir et de vie.
On retrouve aussi ce style fort qu'elle utilise, ce style qui au travers de mots, vise juste et vrai ... Je ne me suis pas sentie aussi touchée que dans Chien du Heaume par ses phrases chocs (telles que "Je ne survivrai ni dans le regard ni dans les rêves de ceux que je laisse derrière moi ; je suis seule") mais ses mots portent toujours aussi ardemment.

J'aime énormément la façon d'écrire de Justine Niogret la justesse de ses propos et l'analyse des sentiments de ses personnages ... une analyse d'autant plus intéressante qu'elle met en valeur là un individu censé ne rien ressentir .... Et c'est ce que j'ai trouvé de plus passionnant dans ce roman, le décalage entre l'humain, jeune, faible, en proie aux sensations et ressentis et entre l'automate, froid, dépourvu d'émotion, fort et qui pourtant protège son compagnon .... Dresde n'est qu'une sorte de robot et en dépit de cela elle prend soin de Saxe mieux que personne ne l'a jamais fait, elle le protège, le guide ..... Et le garçon, lui, de se mettre à éprouver des sentiments proches que ceux que l'on peut ressentir pour un être de chair et de sang. Saxe hurle .... en réalité et en silence, il est avide d'amour et de compassion, d'aide et de soutien, et c'est un automate, sans sentiment, qui parvient à les lui procurer.

En même temps le roman aborde intelligemment la façon dont sont traités ces robots, sous prétexte qu'ils ne ressentent rien, le mépris que ressentent les humains à leur égard, cette façon de se servir d'eux et de les jeter ou de les détruire sans état d'âme. Cela me fait fortement penser à une scène du film A.I. lorsque les automates sont jetés dans une sorte d'arène, victimes de jeux horribles où on les détruit atrocement tandis que le public jubile et se réjouit. De quoi mettre très mal à l'aise face à ces personnages certes faits de métal ou de porcelaine (dans Coeurs de rouille) et qui pourtant parlent et se comportent comme des humains .... et peut-être souffrent ? et qui sont traités comme des moins que rien ....

Parce que Dresde en arrive à être un personnage attachant, tout comme Pue-la-Viande génère la terreur ..... donc des sentiments, que Saxe, lui, perçoit ou veut encourager.

"Si tu meurs, dit Dresde, tu ne me manqueras pas. Tu ne me manqueras pas plus qu'elle. Je ne pleurerai pas. Je ne penserai pas à toi en tenant mon visage entre mes mains. C'est ça qui t'angoisse ? Que ça ne m'intéresse pas ? Tu voudrais que je tremble, que j'aie peur, parce que tu pourrais te dire que je ferai pareil quand nous serons séparés."

En conclusion, j'ai trouvé ce roman très fort, très prenant, haletant même, je l'ai dévoré d'un bout à l'autre, séduite à nouveau pas ce style puissant et cette justesse de ton, et par cette histoire de quête au centre d'un univers mourant. Décidément une auteure dont j'aime les écrits ! A lire.

Ailleurs
 AcrO ; Julien ; Ptitetrolle ....

lundi 23 décembre 2013

La magnificence des oiseaux de Barry Hughart

"Boeuf Numéro Dix , hum ? On exagère beaucoup l'importance des muscles, mais les tiens peuvent se révéler utiles, dit-il Nous allons devoir nous hâter et, pour diverses raisons, tu seras peut-être amené à dévisser la tête de quelqu'un"
J'en croyais à peine mes oreilles
""Maître Li, voulez-vous dire que vous allez venir jusque dans mon village pour découvrir comment une épidémie peut apprendre à compter ? m'écriai-je
- Je sais déjà comment ton épidémie a appris à compter, répondit-il calmement. Courbe-toi."
J'étais tellement abasourdi que je me pliai en arrière avant qu'il ne me conseille d'essayer dans l'autre sens. Maître Li bondit avec souplesse sur mon dos, entoura mon cou de ses bras et enfonça ses pieds minuscules dans les poches de ma tunique. Il était léger comme une plume.

Voilà comment se passe la rencontre entre le jeune Boeuf Numéro Dix, habitant du village de Kou-Fou où les enfants sont mystérieusement frappés par un mal, et Maître Li, dont le prénom est Kao et qui a un léger défaut de personnalité. Tous les deux vont parcourir la Chine à la recherche du remède qui sauvera les enfants, passant d'aventures en aventures, toutes plus périlleuses les uns que les autres, se retrouvant au seuil de la mort à chaque fois pour en triompher à chaque fois avec humour et calme.

Humour et calme .... voici ce qui peut résumer ce roman qui est le premier d'une trilogie sur ces deux personnages atypiques. Au détour de chaque chemin, on apprend diverses légendes et histoires de la Chine, on chemine avec nos deux héros sans précipitation, même les combats donnent la sensation de se passer en silence et dans la plus grande tranquillité. C'est que la quête se révèle plutôt difficile, à chaque fois qu'ils pensent avoir trouvé le bon remède, il s'avère que celui-ci, s'il agit, est encore insuffisant et qu'il faut repartir une fois de plus.

Le récit est bien mené, avec des personnages bien posés, j'aime le côté sentimental de celui qui a les plus gros muscles -c'est à dire Boeuf Numéro Dix - et l'esprit vit et quelque retors du vieux Sage faible mais prodigieusement intelligent (Maître Li). Je ne suis évidement pas coutumière des us et coutumes, ni des légendes de la Chine mais, même si ma lecture a été très sporadique, j'ai suivi avec intérêt l'avancement de la quête, c'est une sorte de conte fantastique, mêlant même des divinités (c'est d'ailleurs la partie que j'ai préféré : celle de l'histoire de la Princesse des Oiseaux).
C'est à la fois très caricatural, de façon volontaire car les personnalités sont poussées aux extrêmes et très poétique.
Quant à l'humour, toujours présent, il l'est de façon discrète, très naturelle, ce qui fait qu'en quelque sorte on ne prend pas vraiment au sérieux les horreurs ou les déconvenues qui se présentent aux héros. De plus la façon dont se sort toujours Maître Li, sans jamais paniquer et toujours en expliquant, souligne bien cette petite mise à distance des évènements. Pour autant cela n'en gène pas son déroulement, c'est pour cela aussi que j'ai pu si facilement sortir puis entrer à nouveau dans l'histoire.

Un roman sympa, donc, pas transcendant mais qui se lit agréablement, que Tigger Lilly m'a offert et qui est arrivé à point nommé pour faire partie du Challenge de Lhisbei : Winter Mythic Fiction.

Ailleurs
Cachou ; Efelle ...

mercredi 18 décembre 2013

Sèvres, Festival de l'Imaginaire .... entre intemporalité et bonheur ...

Il est des journée où le temps -tout en restant soumis à certains impondérables d'horaires - semble complètement irréel ... On part d'un endroit tôt le matin et on s'y retrouve tard le soir, dans les mêmes circonstances (en ce qui me concerne la même balade des chiens au même endroit, la première dans la nuit à 6H du matin et la dernière dans la nuit aussi à 22H), avec entre les deux plein de kilomètres et de souvenirs ..... Sensation très étrange .... En même temps une journée parenthèse aussi dans ma vie qui est devenue excessivement chargée, ce qui m'a fait un bien fou.

Sèvres je m'y étais rendue en 2011 pour la première fois et j'en gardais un excellent souvenir.
Cette année, l'invité d'honneur était Wotjtek SIUDMAK ( qui a signé l'affiche ) et surtout le Festival signait ses 10 ans d'existence ! Pour fêter tous les auteurs et éditeurs ayant contribué à la réussite de festival étaient présents et une anthologie intitulée "Vampires à contre-emploi" a été réalisée par un certains nombres d'auteurs de science-fiction.

Le matin, y'a personne ou presque
Le monde arrive
Sèvres .... c'est LE festival familial par excellence, c'est petit, (quoiqu'ils ont un peu étendu cette année dans le hall), c'est intime, tout le monde a l'air de se connaître, on croise évidement plus facilement auteurs et blogueurs. C'est très chouette, j'aime beaucoup ce festival (cela dit il n'y en a aucun que je n'aime pas, ce n'est pas difficile ).
Des livres des livres !!!
Arrivée vers 10H30 avec Vert (ma sauveuse et ma guide du train de banlieue !) j'ai commencé par stagner un bon moment devant la librairie, les yeux tout allumés devant les piles de livres. J'avoue que j'avais un peu peur de ne pas retrouver mes marques, au vu de mon éloignement de la blogo et des livres de SFFF durant ces trois derniers mois, et en réalité il n'en fut rien, au contraire, je me suis sentie mieux que jamais dans cet univers et tout à fait à ma place ...... heureuse aussi de retrouver tout cela.
 
Les affaires reprennent !!!

Des livres, toujours des livres !
Du coup j'ai loupé la remise du Prix Actu SF (remis à Sylvie MILLER et Philippe WARD pour Lasser Mariage à l'Egyptienne) mais pas l'arrivée de Tigger Lilly pis Lhisbei et Monsieur Lhisbei. Entre temps j'avais déjà fait la connaissance de JainaXF. Les rencontres blogueurs, l'un des grands moments de ces festivals .... A force on se connait et on est drôlement content de se retrouver ..... J'ai aussi pu revoir entre autres Spocky, Isil, Martlet, Gromovar et Tortoise ..... Le moment clé étant le fameux restau japonais juste en face du Festival où Spocky et Vert ont bien failli être privées de manger !!!!

L'autre moment clé de ces rencontres littéraires est évidement les instants dédicaces et cette année je me suis vraiment régalée ! Quelques uns de ces petits bonheurs en bref :
- Sire Cédric signe ses dédicaces au feutre rose et m'a promis que son livre ne serait pas trop flippant !
 
- Justine Niogret est toujours aussi sympathique et nous avons pu parler longuement de la perception de son Gueule de Truie dans la blogo. Elle fait partie de ces auteurs qui vous disent merci lorsqu'on leur dit que ses personnages sont forts et son style poétique .... Ce qui me fait toujours un peu bizarre car j'aurais tendance encore à les considérer à des héros (ces écrivains qui parviennent à transfigurer ces pages blanches et à nous entraîner dans leur univers féérique) alors qu'en fait ils sont tout simplement humains et tellement à notre portée. 

- Sylvie Miller et Philippe Ward, vraiment adorables. J'ai adoré discuté avec Sylvie qui nous a parlé de leur façon d'écrire à quatre mains et de son petit calepin qui ne la quitte pas pour noter ses idées lorsqu'elles lui viennent. Le troisième tome des aventures des Lasser sortira bientôt et cerise sur le gâteau, comme le roman est beaucoup récompensé (y compris par le Prix Actu SF) l'éditeur leur a donné le feu vert pour une suite !
 


- Ayerdhal  a déclaré "Il faisait beau en Belgique pendant que tous les nuages étaient sur la Lorraine, c'est la vengeance" ....
- Timothée Rey, qui se souvenait m'avoir dessiné un loup sur ma dédicace il y a deux ans, m'a gratifiée cette année d'un mammouth mort, pattes en l'air .... (je tiens à souligner que c'est une fois de plus Vert qui m'a amenée à lui). Nous avons passé un bon petit moment à délirer sur les Cro Magnon et les queues de mammouth en guise de plumeau pour nettoyer les grottes.




Et sinon il y avait aussi
- Les expositions
 Celle de Nicolas FRUCTUS qui exposait les planches originales de "Un an dans les airs" et celle de Wojtek SIUDMAK, toutes les deux magnifiques, je vous laisse en juger par les photos.

Nicolas Fructus

Nicolas Fructus
 
Wojtek Siudmak


Wojtek Siudmak

Wojtek Siudmak, c'est la couverture de l'Empereur Dieu de Dune


- Le fameux questionnaire annuel que nous avons fait, comme d'habitude vautrées sur les fauteuils du sous-sol avec Vert, Tigger Lilly, Spocky et JainaXF ..... en fait il s'agit de vaguement réfléchir pour une ou deux d'entre nous et ensuite de recopier les réponses des autres, xD. Cela dit cette année nous avons répondu correctement, j'ai même été tirée au sort et ai gagné un livre :  Biodiversité L'avenir du vivant de Patrick BLANDIN et un chèque Lire de 20 euros (eh oui !).

Pas de conférences cette année, de toute façon je n'aurais pas eu le temps.
Conclusion, j'ai réussi tout de même à attraper une méga crève (ma faute au métro j'en suis sure, non mais !!!) mais je garde un super souvenir de cette journée intemporelle.

Ah une dernière chose, mais c'est Gugusse Sacapuce qui vous le dire " Wouarf wha wha wha wouarf gniiiiii wouarf" .... traduction : "Enfin des livres revenus dans ma Pàl, je suis heureux !!!!"

lundi 16 décembre 2013

Gugusse Sacapuce ... reprend du poil de la bête ....

Yipiiiiiiiiii, dirait Gugusse Sacapuce, l'oeil brillant et la queue frétillante, tournant comme une toupie autour de ses nouvelles recrues .. Gare gare à celui qui oserait s'approcher, Gugusse Sacapusse reprend du service !

De 6, la Pàl se regonfle à 13, ihih, les affaires reprennent comme on dirait ^^
Aux Imaginaires des Sèvres -dont le billet viendra un peu plus tard - j'ai acheté les livres suivants :

- L'enfant des cimetières de SIRE CEDRIC
- Lasser mariage à l'Egyptienne de Sylvie MILLER et Philippe WARD
- Des yeux dans le ciel de Jean-Marc LIGNY
- Les légions dangereuses de Fabien CLAVEL
- Rainbow Warrior d'AYERDHAL
- Coeur de rouille de Justine NIOGRET
- Les souffles ne laissent pas de traces de Timothée REY
- Biodiversité l'avenir du vivant de Patrick BLANDIN (pas acheté celui-ci mais gagné)

Et voici comment on rend un Gugusse Sacapuce heureux (et moi avec car c'est trop beau cette Pàl qui s'est à nouveau un peu étoffée).

En projets pour cette fin d'année 2013 .... me restent quatre billets à écrire
- Haut Royaume Le chevalier de Pierre PEVEL lu il y a plus de 4 mois j'ai bien peur de fortement galérer pour pondre un billet potable
- La Valse lente des tortues de Katherine PANCOL
- Les trois soeurcières de Terry PRATCHETT
- La magnificence des oiseaux de Barry HUGHART (offert par Tigger Lilly, merci tout plein à toi :)) qui sera un livre chronique pour le Challenge hivernal de Lhisbei ..

Oui oui car du coup, grâce à ce livre et à l'achat de celui de Timothée REY, je vais pouvoir m'inscrire au Winter Mythic Fiction qui propose de lire de la fantasy proche du merveilleux et du conte ou qui brode sur les mythes et le folklore !  Magnifique non ?


lundi 11 novembre 2013

Cabot-Caboche de Daniel Pennac

"- D'abord, quand on est un chien trouvé, on ne fait pas de manières !
C'est La Poivrée qui glapit. Elle a une voix terriblement aiguë. Ses mots rebondissent contre les murs, le plafond et le plancher de la cuisine. Ils se mêlent aux tintements de la vaisselle. Trop de bruit. Le Chien n'y comprend rien. Il se contente d'aplatir ses oreilles et attendre que ça passe. De toute façon, il en a entendu d'autres ! Qu'on le traite de chien perdu ne le touche pas beaucoup. Oui, il a été chien perdu, et alors ? Il n'en a jamais eu honte."

Le Chien n'est pas très beau,  Le Chien est tout petit, Le Chien aurait du mourir à sa naissance ... Mais Le Chien a survécu et surtout il a un coeur .... un coeur de chien qui aimerait bien trouver une âme à aimer et si possible à dresser. Oui car les humains, il faut les dresser, foi de chien !

On ne présente plus Daniel Pennac, le nombre de billets sur ce blog le prouve : Pennac c'est un auteur que j'affectionne particulièrement, et surtout lorsqu'il s'adresse aux enfants. Car c'est un auteur qui ne s'encombre pas de niaiseries ou de simplicités, non il écrit, et il écrit fort bien. Ce roman là, que je ne connaissais pas avant de le lire à mes élèves, parle d'un chien mais pas de façon anthropomorphique comme souvent dans les histoires d'animaux, Le Chien en est le héros et le narrateur mais il reste un chien, avec ses sensations de chiens, ses "pensées" de chien, ses réactions de chiens .... Tout comme on peut le constater chaque jour chez nos amis à 4 pattes. 

Ce qui est original dans ce roman c'est le regard porté sur les hommes et leur mode de vie, vu par Le Chien ....  ces hommes imprévisibles, promptes à la colère, à la dominance (un peu comme chez les chiens), ces hommes qui vous prennent et vous abandonnent, vous adoptent et vous négligent, vous aiment puis vous délaissent ..... Le Chien, perdu à la naissance, élevé par Gueule Noire, cherche un humain ami .... Ce sera Pomme, une petite fille au caractère bien trempé qui s'entiche de lui, malgré sa laideur, puis le délaisse ... Alors Le Chien, qui se rend compte qu'il ne l'a pas si bien dressée, décide de s'en aller ....

"Le chagrin et la honte contre lui-même. Il n'avait pas su dresser Pomme, voilà la vérité ! Gueule Noire devait être furieuse contre lui. Elle ne l'avait pas seulement envoyé en ville pour qu'il y trouve une maîtresse, mais aussi pour qu'il la dresse ! Et il avait échoué. Il s'était laissé dorloter  par Pomme, comme un enfant gâté, tant que le caprice de la petite fille avait duré. Et, dès qu'elle s'était désintéressée de lui, il n'avait pas du tout su quoi faire."

Regard sur les hommes mais aussi sur les enfants, ces êtres "mélangés" .... 
"- Mélangée.
- Capricieuse, si tu préfères, c'est comme ça que disent les adultes. Mais ce n'est pas du caprice, c'est du mélange, elle ne sait pas encore ce qu'elle veut."

Les enfants mélangés .... comme ce petit garçon qui pleure toutes les larmes de son corps puis se plonge dans la contemplation d'une feuille en souriant béatement. Ou cette petite fille qui continue à parler à sa camarade qui vient de s'éloigner et rit toute seule. Ou enfin ce petit garçon qui construit amoureusement son château de sable pour brusquement sauter à pieds joints dessus pour le détruire ... Je crois que c'est le passage qui a le plus plu à mes élèves, ils ont littéralement éclaté de rire (faut dire que voir leur maitresse piétiner un château de sable imaginaire a de quoi les réjouir .... oui lorsque je lis, je fais pas mal le guignol, ils aiment, xd). Et finalement les enfants c'est tout à fait cela, entre rires et pleurs, passant de l'un à l'autre sans transition, de l'ami à l'ennemi pour redevenir l'ami .... ces êtres mélangés, j'adore cette expression !

Et avec tout cela, ces chiens qui jalonnent le roman (car Le Chien a des copains chiens bien entendu) sont plein d'émotion, de joie ou de tristesse, ils nous touchent ou nous émeuvent ... Pennac a grandi avec des chiens, il les aime et nous le fait bien ressentir. Encore un grand roman pour enfant de sa part !

A lire pour les petits et les moins petits qui aiment ces animaux loyaux et fidèles ...

jeudi 31 octobre 2013

Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol

Paris .... des crocodiles .... Deux soeurs que tout oppose, des hommes qui réussissent, d'autres qui échouent, des enfants qui se comportent comme des adultes ou qui séduisent par leur naïveté ... des mensonges, des amitiés, de l'amour, du profit, de l'argent, des sentiments, de la trahison, du rêve et des rires .....
C'est tout un condensé de ces moments de vie que nous propose Katherine Pancol dans son roman dont on  ne comprend le titre que plusieurs pages bien entamées.

Ce roman là trainait, non dans ma Pàl (je n'y mets que la SFFF dedans) mais dans l'une de mes bibliothèque, il m'avait été donné il y quelques années par Tigger Lilly (ainsi que son suivant : La Valse lente des tortues) et puis je l'avais un peu oublié. C'est en retombant par hasard dessus que j'ai eu envie de l'ouvrir .. après tout, vu la pauvreté de lecture en ce moment, une littérature générale me donnerait peut être un coup de boost ..

Lorsque j'ai démarré Les Yeux jaunes des crocodiles, j'ai de suite pensé à Gavalda ... sauf que ce n'est pas du Gavalda, ce n'est pas écrit comme Gavalda et ce n'est surtout pas ressenti comme Gavalda ... Ce sont des vies qui se croisent - j'ai d'ailleurs bien apprécié le début du roman qui présente tour à tour ses personnages, lesquels sont complètement antagonistes les uns des autres pour ensuite les relier par des liens de parenté, proches ou lointains, j'ai trouvé cet abord vraiment bien amené - des émotions qui sont fortes mais il manque le petit côté psychologie poussée des personnages, ce qui les rend tellement proches du lecteur qui se retrouve un peu dans chacun d'eux.
Bon ... fin de la comparaison entre les deux auteures .... Repassons juste au roman de Katherine Pancol.

En premier lieu j'en garde un bon souvenir, car cela se lit bien, une fois passé le choc de personnages très hétéroclites, très marqués - certains très vulgaires et d'autres très bourgeois dans le pire du sens - je suis bien entrée dans l'histoire et j'ai eu cette sensation bien familière d'avoir envie de retrouver le lire, de le feuilleter, de le lire un peu partout .... 

En dépit de cela, je suis restée tout de même un peu mitigée .... J'ai trouvé les personnages un peu trop caricaturaux : Joséphine tellement gentille et aimante, au point que cela en est trop, Iris sa soeur tellement insupportable, dégoulinante de fric, avec rien qui puisse la rattraper, idem pour les autres : Zoé la petite fille parfaite et son pendant Hortense, sa grande soeur qui est un véritable monstre qu'on a envie de claquer. Les hommes sont presque les victimes de leurs femmes, entre les faibles qui se font manipuler et le fort qui s'en sort mais par l'indifférence, sans oublier le l'homme secret qui est tellement égoïste qu'on ne comprend pas ce qui est séduisant chez lui.
Les personnages les plus hauts en couleur et les plus attachants sont au final les amis : Shirley l'amie de coeur de Joséphine, au passé secret, et son fils Gary, ce sont les plus crédibles alors que leur histoire personnelle l'est moins (une histoire de fille illégitime de la reine d'Angleterre il fallait le faire, mais cela ne sonne pas très juste). J'aurais aimé que l'auteure creuse plus fortement les caractères, les sentiments, elle raconte bien, c'est sympa mais ce n'est pas assez profond pour moi.

Par contre une chose qui m'a vraiment séduite, c'est l'histoire du livre qu'écrit Joséphine pour le compte de sa soeur : une histoire qui se passe au XIIè siècle, et là je me suis régalée .... Pour plusieurs raisons : 
- Ces passages fourmillent de détails historiques sur le MA et là .... j'adore !!!! Surtout que visiblement Pancol s'est bien documentée et cela foisonne de petits détails tout à fait intéressants.
- Tous ces moments où Joséphine construit son roman, fait connaissance avec ses personnages, les fait vivre, pense à eux, vit à travers eux et se révèle peu à peu, est vraiment le point clé du livre .... C'est étrange car on a la sensation que Pancol a plus réussi à mettre en scène et à rendre attachants les personnages que s'invente son personnage principal qu'elle même avec ses propres personnages.
Et ce roman dans le roman, je l'ai vécu plus fortement que l'histoire elle-même.

Le dernier reproche que je ferais à ce roman, c'est son côté "tout se termine bien dans le meilleur des mondes", certes tout ne se clôture par superbement pour tous mais c'est un peu "les méchants sont punis et les gentils gagnent", alors j'adorerais que cela soit ainsi dans la vie sauf .... que c'est complètement le contraire : dans notre société actuelle j'aurais plutôt envie de dire que ce sont les gentils qui se font avoir et les méchants qui s'en sortent, c'est aussi caricatural que l'autre maxime mais plus vérifiable dans la réalité.
Sans compter qu'au final quand les gentils s'en sortent c'est aussi grâce à l'argent, certes le monde tourne autour de l'argent mais celui-ci arrive un peu trop à point nommé pour sortir les personnages de leurs situations désastreuses ou pour en rendre d'autres totalement insupportables. Heureusement qu'on n'en est pas arrivé à "c'est l'argent qui fait le bonheur" (ce serait presque le contraire : Iris et sa mère qui nagent dans l'opulence sont au final bien plus malheureuses - même si elles n'en ont pas vraiment conscience, toutes convaincues que c'est la richesse qui leur fait la belle vie - qu'une Joséphine qui, du jour au lendemain sans mari et presque sans argent, se bat pour s'en sortir), car là je rendais mon tablier.

Un avis un peu mitigé donc pour ce roman que j'ai lu comme une bonne distraction, sans prise de tête, cela fait du bien aussi de temps en temps, sans ennui non plus, donc il n'est pas si dépourvu de qualités que mon billet pourrait le faire prétendre. Un autre point positif que j'ai adoré lire aussi : tous ces moments où Joséphine parle à son père décédé en gardant le regard rivé sur les étoiles .... J'ai une histoire un peu particulière aux étoiles, alors j'ai évidement été enchantée par ces instants un peu magiques.

Du coup j'ai tout de même décidé de retrouver ces personnages (auxquels on s'attache fatalement un peu au bout de 661 pages à leur côté) dans la suite : La Valse lente des tortues.
Ceci dans mon besoin de lecture un peu plus légères en ce moment ... Cela me va tout à fait parfaitement.

dimanche 27 octobre 2013

Utopiales 2013 .... Allez y !!!!

Il ne sera pas dit que je laisserai passer le mois d'Octobre sans signer le moindre article sur Clair Obscur, non mais ! Il me faut bien avouer que bloguer me manque quand même ... mais sans temps et sans lecture, c'est bien difficile de trouver matière à ...

Alors au moins parlons des Utopiales puisqu'elles vont bientôt avoir lieu, à savoir du 30 Octobre au 4 Novembre au Centre des Congrès à Nantes.

Cette treizième édition se tournera cette année vers le futur, ses possibilités et les autres mondes qu'il recèle. Ainsi pour souligner ce thème l'affiche signée Vincent Callebaut. Une exposition, intitulée "Les cités fertiles". sera d'ailleurs consacrée à cet artiste.





Alors quels chiffres pour cette édition 2013 ?
- 101 conférences, débats et rencontres
- 1 workshop
- 10 expositions
-  4 soirées à la Cité
- 1 exposition situé au Lieu Unique

Ne passons pas sous silence la fameuse soirée du Samedi soir qui récompense différents prix comme :
- Le Prix Européen des Utopiales (4 romans en concurrence dont Exodes de Jean Marc LIGNY, Rainbow Warriors d'AYERDHAL, L'homme qui savait la langue des serpents de Andrus KIVIRÄHL et La maison des Derviches de Ian Mc DONALD)
- Le Prix Utopiales Européne Jeunesse
- Et bien d'autres comme des prix récompensant BD, films etc ...
- Le Prix Julia Verlanger (récompensé Vendredi soir)

Sans oublier évidement le fameux Prix Planet SF des Blogueurs qui a sélectionné cette année les romans suivants : Anamnèse de Lady Star de L.L. KLOETZER, La maison des derviches de Ian Mc DONALD, 22/11/63 de Stephen KING et Le calice du Dragon de Lucius SHEPARD.

Les Utopiales, c'est aussi l'immense librairie paradisiaque où l'on tente de ne pas passer trop de temps mais qui nous attire comme un aimant (de plus c'est le lieu sacré des dédicaces !!!), c'est une anthologie rassemblant des nouvelles triées sur le volet, c'est 20 scientifiques et chercheurs et pas moins de 65 auteurs, donc Pierre Bordage, Lionel Davoust, Ayerdhal , Jean Marc Ligny, Alain Damasio, Orson Scott Card, Norma Spinrad, Thomas Day, Sylvie Lainé etc ..... Que du beau monde !
Sans oublier les projections régulières de courts et longs métrages.

Le tout dans un espace immense mais convivial -citons tout de même les fauteuils bien moelleux du Bar de Mme Spock - deux scènes pour les conférences, bref les Utos c'est tout un monde bien organisé où l'on finit par se sentir presque chez soi à force ....

Cette année hélas je n'y serai pas, à mon plus grand regret, ce ne sera que partie remise pour l'édition 2014 et en attendant je vous souhaite vraiment de passer de bons moments chanceux blogueurs qui s'y retrouveront cette année, quant aux autres qui hésiteraient encore, allez- y, foncez, c'est tout simplement génial ...